dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Takku Suuf – Partie 16

5 min read

Ibrahim Kane

 

Cela fait une heure que je tape sur la porte mais elle ne daigne pas ouvrir. Elle a éteint son téléphone, impossible de lui parler. Je fais les cent pas devant l’entrée ne sachant pas quoi faire. Je veux juste lui expliquer pourquoi j’ai menti. Je n’aurai pas dû, c’est clair mais je voulais juste la protéger, je ne veux pas la voir souffrir à cause de mes problèmes et là ça commence déjà…

Une semaine qu’elle me fait la tête. Elle refuse que je m’approche d’elle, elle a changé les serrures de la porte de l’appartement ce qui veut dire clairement qu’elle ne me veut plus dans sa vie. Depuis ce matin, elle n’arrête pas de me bombarder de message, elle demande le divorce dans l’immédiat… et je ne pense pas la libérer sama niarri xel xalatouko !

Je reçois un appel de mon beau père et je commence à suer. Lui aurait-elle dit la vérité ?

– Papa, Sène !

– Ibrahim comment tu vas ? Salua-t-il chaleureux

Je laisse échapper un soupir de soulagement

– Je vais bien et vous ?

– Je t’ai mille fois demandé de me tutoyer Ibrahim, je sais que tu as du mal mais plus de vouvoiement s’il te plait !

– Oui, c’est la dernière, sortis-je en souriant

Cet homme a tellement confiance en moi. Si jamais il découvre tout ce que je suis en train de faire subir à sa fille, il va me tuer et me détestera pour toujours

– Ma fille vient de raccrocher, elle m’a dit que vous avez des problèmes et qu’elle souhaiterait que tu la libères mais elle ne m’a pas encore donné un motif valable. Je voudrai vous convoquer à la maison, ce soir à la descente vous allez m’expliquez le problème. Je peux compter sur ta présence ?

Mon Dieu !

– Oui In Shaa Allah ! Fis-je sentant mon cœur cogner fort

– Oh mon Dieu, c’est la fin !

Dix-huit heures, j’étais déjà chez les parents de Safi, elle était assise devant moi mais elle ne me regardait pas. Son père vient de nous rejoindre, je ne pouvais même plus me tenir correctement

– Alors les enfants, je vous écoute ! Dit-il sérieux

– Papa je ne veux plus de ce mariage, mane ma beugone, beugatouma nama may sama batt ! Qu’il me libère

– Soula mayé sa batt déh barasawdi moy takh ngenn seyat nala fassé kay ! S’il t’enlève la corde au cou sache que tu ne pourras devenir sa femme qu’après un autre mariage avec un autre homme, demande-lui de te libérer mais avant dis-moi pourquoi tu demandes le divorce !

– Je ne veux plus de lui, je ne l’aime plus ! Répliqua-t-elle, obstinée

– Mais pourquoi ? Questionna encore son père

– Papa ki c’est un homme malhonnête, il ne me respecte pas et passe tout son temps à me mentir ! Sortit-elle en pleurant

Le visage de mon beau-père change d’expression, il se tourne vers moi en enlevant ses lunettes…

– Qu’est-ce que tu lui as fait ?

– Euh… papa… elle est simplement fâchée parce qu’on s’est disputé mais il n’y a rien de grave. Je reconnais je me suis mal comporté avec elle ces dernières semaines mais je me suis excusé. Mes enfants et leur mère étaient malades et je devais m’occuper d’eux c’est pour cela qu’elle est fâchée. On ne se voyait pas trop, mentis-je, honteux

Mon Dieu pardonnez-moi mais je ne peux pas dire la vérité et ainsi perdre ma femme. Elle est tout ce que j’aime dans cette vie et je ne veux pas aussi décevoir son père

– Wa néné nak, il doit s’occuper de sa famille ça tu devrais le comprendre nak !

– Papa je ne veux plus de ce mariage, demande-lui de me libérer ! Cria-t-elle

– Tu arrêtes de crier compris ?! Allez régler votre problème chez vous et s’il n’y a pas d’issue tu lui rends sa dot et il te libère, c’est aussi simple ! Je vous donne une semaine ! Conseilla-t-il en se levant pour quitter le salon

Je baisse les yeux pour ne pas affronter le regard incendiaire de Safia

– Yaw do rouss sa aduna bi yeup danga ko doul ! Tu n’as même pas honte, Toute ta vie tu l’as menti ! Amo rassou, amo diom ! Cracha-t-elle, furieuse

Mieux veut que je ne réponde pas sinon ça va vite partir en couille. Elle veut que je lui accorde le divorce et je ne vais pas la suivre

– Tu vas me libérer sinon je dis toute la vérité à mon père nak c’est à toi de choisir !

– Je te demande pardon Safi ! Balma !

– Tu n’es qu’un pauvre lâche ! Regarde-toi ! Regarde comme tu es minable ! Je me demande encore qu’est-ce qui m’a pris de t’épouser ? Fenn rek ngay def wayé dinga ma fassé wala ma yekk légui wakh ak sama pape !

Je tremblais de colère face à ses insultes mais je n’avais rien à dire.

– Safia, allons régler ça à la maison. S’il te plait !

– Je ne veux aller nulle part avec toi ! Libère-moi !

– Ok suis-moi si tu veux ta liberté !

Je me lève et quitte le salon. Je patiente des minutes avant qu’elle ne daigne sortir de la maison…

– Je t’écoute ! Dit-elle en entrant dans voiture

– On ne va pas discuter dans la voiture quand même ?

– Je ne vais aller nulle part avec toi !

– Je suis désolé Safi mais Mariama commençait à douter et je ne voulais pas qu’elle s’attaque à toi. Je devais m’éloigner un peu de toi et régler ce problème. Safia, tu sais que je ne pourrai pas vivre sans toi, il hors de question que je t’accorde le divorce !

–  C’est ce qu’on va voir minable ! Tu n’as pas de couille pour affronter ta femme et tu fais de moi ta roue de secours ? C’est fini ! Je ne vais plus accepter que tu me traites comme une chienne ! Minable !

– Tu arrêtes de m’insulter ! Criai-je hors de moi

– Je te parle comme tu le mérites ! Enfoiré !

– Tu veux me pousser à bout c’est ça ? Ok mais sache que je ne suis pas prêt de te libérer !

– C’est ce qu’on va voir !

Commentaire Facebook

4 commentaires on “Takku Suuf – Partie 16

  1. Wayen safia mi dou reglé ki esk djiné maïmouna djapouko yen
    Dou yadone beugue goor ba dougue si ay takou souffe kay assume rek te bagn niou taall

Comments are closed.