dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Partie 07

19 min read

Khalifa SOW

Cela fait une heure que Fatima est partie, je ne sais pas ce qui me retient dans la chambre sachant que les vieux m’attendent pour sceller le mariage, il est 17 heures passées. Je n’arrive toujours pas à me lever du tapis, ai-je aussi peur de perdre Fatima ? Je ne pensais pas qu’elle a autant de pouvoir sur moi et là j’ai déjà donné ma parole, je ne peux plus faire marche arrière. Quelle ironie n’est-ce pas ? Moi Khalifa Aboubacar Sow peur de perdre ma femme ? Ce n’est pas croyable !

Je me lève difficilement mais au lieu de quitter la chambre je m’assois sur le lit, je ne sais toujours pas ce que je vais faire. Oumou me rejoint dans la chambre le visage grave

– Tes ainés t’appellent ! Dit-elle sévère

– J’arrive, répondis-je en me levant

– Kaw réfléchie bien à ce que tu veux faire, je sais que défar mola takha diouk mais tu risques de perdre Fatima et par la même occasion créer des tensions et des clans dans cette famille !

– Tu parles de quoi ?

– Je ne suis pas la seule à être contre ce mariage même tes enfants sont contre. Tu sais qui est Malado et tout ce dont elle est capable. Ce mariage qui t’en a parlé en premier ?

– C’est Kaw Demba !

– Kaw Demba est le père de Malado donc il n’avait pas à te faire cette proposition ! Malado n’est pas ton genre d’épouse kaw tu le sais mieux que moi alors pourquoi tu veux la prendre, tu as des sentiments pour elle ?

– Mais non qu’est-ce qui te prend ? Je le fais juste pour les liens de famille mais pas parce que je ressens quelque chose pour elle !

– Les liens qu’ils ont brisés elle et son père ? N’oublie pas ndakh faté khadiou fi trois jours après le décès de kaw Samba, ils n’ont même pas attendu qu’on réunisse tous les biens du défunt pour demander leur part de l’héritage et kaw Demba a affirmé que kaw Samba avait offert la maison à sa famille alors que toi et moi savons que c’est archi faux ! Quel homme va épouser une femme aussi manipulatrice que cette Malado ?

– C’est vrai guidélam mais moi je pense aux enfants qui se retrouvent sans père !

– Tu seras toujours leur père ! Et puis, je ne voulais pas t’en parler mais hier matin en sortant pour balayer la cours j’ai rencontré Malado juste après la prière de Soubh, elle a enterré ça devant la porte, elle ne m’a pas vu alors j’ai dû attendre qu’elle parte pour le déterrer, expliqua-t-elle en me tendant un sachet qu’elle a sorti de son armoire

Je le prends et commence à le détacher, je sursaute quand je vois ce qu’il y avait à l’intérieur.

– Ahouzou bi Lâhi Minna Shaytani Rajîm !!!

– C’est quoi ? S’empressa de poser Oumou

– Tu es bien sûre que c’est Malado qui a enterré ça Oumou ?

– Certaine ! Pour que je mentirai sur un sujet aussi grave !

– Ah, je ne sais pas à quoi lui servirait de voir Fatima folle surtout qu’elle ne lui a rien fait !

Oumou ouvre la bouche, ébahie 

– Comment, Fatima folle ?

– Si tu n’avais pas déterré ce talisman, Fatima serait devenue folle à la minute où ses pieds toucheront le seuil de la porte ! Expliquai-je en tremblant

– Hasbounallahou wa niqmal Wakil !

– Elle va voir de quel bois je me chauffe ! Dis-je avant de sortir retrouvée l’assemblée

– Khalifa on t’attend depuis tout à l’heure, décidemment tu deviens de plus en plus irrespectueux depuis que tu as épousé cette Fatima qui se prend pour une blanche ! Cracha kaw Demba le père de Malado

– J’ai une chose à vous dire, répondis-je sans prendre la peine de lui répondre

– Tout le monde a entendu ta dispute avec elle alors impossible de nier quoi que ce soit. Si tu viens dire que tu veux annuler le mariage sache qu’on ne te laissera pas faire. Depuis quand tu te laisses diriger par une femme ? Tu vas épouser Malado par A ou par B et c’est notre dernier mot !

– Une personne a enterré ce talisman devant la porte de ma maison hier soir, heureusement qu’elle a été vue. La personne qui a fait ça avait pour but de faire du mal à une de mes épouses mais en réalité elle s’est faite du mal à elle-même, le sort retournera sur elle d’ici ce soir et elle n’en sera jamais guérie ! Criai-je, énervé

– Non kaw Khalifa ne me fait pas ça s’il te plaît, je te jure que je ne voulais pas ! Je ne veux pas mourir folle, mes enfants n’ont que moi, sortit Malado en se mettant devant moi

– Alors c’est toi ? Pour quel but ? Qu’est-ce que Fatima t’a fait ?

– Je voulais juste qu’elle parte pour que tu m’épouses, c’est un conseil de mon père qui voulait récupérer tes champs, dit Malado les larmes aux yeux en s’effondrant devant moi

Tout d’un coup la maison se remplie de monde, tout le quartier s’est retrouvé chez moi en moins de cinq minutes. Malado se roulait par terre comme si on lui avait annoncé un décès, elle est vraiment prête pour l’asile. Son père, furieux, tentait de nier mais personne ne l’écoutait, je regarde sa fille faire son show pendant des minutes, elle réfléchira à deux avant de vouloir faire ne se serait-ce qu’une petite égratignure  à quiconque.

– Lève-toi ! Exigeai-je mais elle fait comme si elle ne m’avait pas entendu

– Lève-toi, tu ne fais qu’aggraver ton cas !

– S’il te plait mon fils enlève le sort, je te le demande, supplia le père

– Je vais rien enlever kaw Demba ! Tu voulais faire du mal à mon épouse maintenant je le retourne sur ta fille tu verras ce que ça fait !

– Je t’en supplie…

– Je veux juste que vous sachez une chose. Vous ne pouvez rien contre moi et contre ma famille. Pour cette fois je laisse passer mais la prochaine fois je te jure que tu ne vas pas seulement devenir folle Malado mais dès l’instant le talisman sera fait c’est cet instant même que tu seras enterrée mais vivante !

– Oui, j’ai compris kaw Khalifa, bégaya-t-elle

– Comme vous êtes mauvais ! Cria l’ainé de la famille. Tu es un aigri Demba comment as-tu osé faire ça ? Tu fais honte à la famille Sow !!!

Je les laisse se disputer et rejoins ma maison. Fatima louné dinako dall nakh reuy lamigne. Elle est une grande gueule et elle ne respecte personne. Je ne suis pas marié mais ce n’est pas pour autant que je vais accepter qu’elle me manque de respect devant ma famille. Cette fois je ne compte pas me faire marcher dessus !!!

Fatima SALL SOW

Je suis à Paris depuis trois jours, je suis venue voir les enfants. Avant de partir j’ai reçu l’appel d’Oumou qui m’a dit que le mariage a été annulé sans vouloir entrer dans les détails, j’ai insisté mais elle ne voulait rien me dire alors j’en ai déduis que Khalifa a pris au sérieux mes menaces donc amna fouma ko diap ! J’ai bloqué son numéro sur mon téléphone, il ne peut me joindre nulle part. Oui, je suis toujours fâchée, il n’avait pas à penser à épouser une autre femme, il n’a pas le droit de regarder une autre que moi ! Oumou dafa am chance rek wayé souma ko ndieukone dou dougou ! Si j’étais la première Oumou n’aura pas sa place ici ! Je ne suis pas égoïste, je le partage déjà avec Oumou et c’est largement suffisant je ne vais pas accepter qu’une autre vienne nous déranger !

Je suis en train de faire du thiébou dieune pour les enfants quand je reçois un appel de Samira

– Hello mon amour, namenala ! Dis-je après avoir décroché

– Fatima yaw est-ce que nitt nga ?

– Pourquoi tu dis ça Sami ?

– Donc tu es partie en vacance sans prendre la peine d’informer ton mari et pire encore tu filtres ces numéros, Fatima diakhal ngama déh ! Tu es incroyable !

– Je n’ai pas besoin de son autorisation pour aller voir mes enfants ! Me défendis-je

– Soit ! Mais tu pouvais au moins l’informer, il est venu jusqu’à chez toi et il s’est trouvé que les serrures ont été changées donc il est parti passer la nuit chez Salma. Danga eupeul ba dof tek ci rew ba neup !

– Matay et je ne regrette rien la wakh ! Il réfléchira à deux avant de regarder une autre que moi !

– Tu es devenue folle !

– Je te prie de mettre en dehors de ça Samira. Il faut que je le marque au fer dès à présent alors laisse-moi faire sinon il serait capable d’épouser toutes ses cousines, limouy beugeu djiguenn yeup !

– Ok alors ne vient pas pleurer chez moi !

– Pleurer ? Yaw khamé nga dioy ? Je fais ce que j’ai à faire sans aucun bruit et j’assumerai tout ce qui en découlera !

Elle raccroche sans répondre, je sais qu’elle en rogne mais je ne vais accepter qu’aucun homme se foutre de moi !

Le soir je reçois un appel d’Oumou, elle va se mettre encore à me sermonner alors je laisse sonner mais têtue comme elle, y en a pas deux, elle finit par gagner la bataille

– Oumou s’il te plaît toi aussi mets-toi en dehors de ça !

– Fatima ay day diekh, tu as eu ce que tu voulais alors pourquoi continuer à jeter de l’huile sur le feu ? Tu te comportes comme une petite, sermonna-t-elle très calme

– Tu es tellement naïve ma pauvre…

– Appelles au moins ton mari et tu verras qu’il n’est pas rancunier, fait ça ma chérie, d’accord ?

– D’accord ! Alors qu’est-ce qu’il t’a dit ?

– Appelle-le et tu le sauras ! En tout cas il est très fâché !

– C’est son problème, qu’il accouche là on saura vraiment qui est fâché !

– Une vraie tête de mule !

Elle raccroche après m’avoir longuement sermonné. Je finis par éteindre mon porte le reste de mes vacances, je voulais profiter de mes enfants sans que l’on ne me dérange !

Deux semaines après, j’étais de retour sur Dakar. Samira m’en voulait alors je suis restée chez moi pendant deux jours et un soir vers 21 heures j’entends sonner…

– C’est qui ? Demandai-je sur l’interphone

– C’est moi !

Je reconnais aussitôt la voix mais je voulais que la personne sache je ne l’attendais pas du tout !

– Vous qui ? Insistai-je

– Fatima, tu sais qui s’est alors ouvres la porte ! Répondit-il agacé

– Je suis désolée mais si vous ne dites pas votre identité je ne vais pas vous ouvrir !

– Ok, c’est très clair ! Aboya-t-il

J’entends ses pas s’éloigner, il est parti alors. Tant mieux pour lui !

Un soir après le boulot, je suis rentrée mais je n’allais pas bien, une grippe me clouait au lit. J’ai tellement mal que je ne peux  me tenir debout une minute, il faut que j’aille à l’hôpital sinon je risque de mourir ici sans assistance. Je mets ma fierté de côté et me décide à appeler Samira mais elle m’ignore alors je lui envoie un message

‘’ Malade, Hôpital stp’’

Elle appelle aussitôt mais comme je ne pouvais pas dire grande chose, elle me dit qu’elle arrive avec Omar et quelques minutes après, ils étaient là, j’ai dû marcher à quatre pattes pour aller leurs ouvrir la porte

– Qu’est-ce que tu as ma chérie, je t’ai aperçu au bureau et tu allais bien mais là tu es brulante, mon Dieu ! Dit Sami, paniquée

– Je suis fatiguée, fis-je la voix pâteuse

C’est Omar qui me porte jusqu’à ka voiture il peut bien se le permettre puisque je suis en danger. Une fois à l’hôpital un médecin m’a pris en charge, je suppliais Sami d’appeler mon mari avec ma grande bouche

– Anh tu te souviens que tu as un mari ? Répondit Sami assise au bord du lit

– S’il te plait, je me sentirai mieux s’il était là…

– Tu crois qu’il pourra quelque chose pour toi ? Hein ma chérie récite tes sourates et laisse notre Imam se reposer de toutes les façons il est à Gaya alors ma belle mayniou thiep !

Je commence à pleurer comme une petite fille, Sami me regardait, ébahie

– Maintenant que la perfusion est finie rentrons, tu vas dormir chez moi, j’appelle le médecin ! Dit Sami en se levant

Le médecin arrive, il me pose encore des questions

– Mme vous n’avez pas la grippe mais je pense plus tôt que vous êtes enceinte, sortit le médecin

– Moyaw ça ne va pas la tête ? Crétin ôtez-vous de mon chemin ! Criai-je quittant la salle

– Mme je suis désolée si je vous ai offensé mais je suis médecin et je sais parfaitement ce que je dis ! Allez consulter un gynécologue…

– Kham va dire ça à ta femme !

– Fatima ? Dit Sami qui nous attendait avec Omar dans le couloir

– Ki dafa meuneu fenn ! Comment une vieille comme moi peut tomber enceinte ?!

– Enceinte ? Tu es enceinte ?

– Menteur, sim ! Rentrons

Je vois Sami se tordre de rire et son mari qui se retenait difficilement

– Ayway Ya’Allah bakh ci magg bou rew ! Allah fait bien les choses ! Khalifa est fooooooort !

– Merde yaw !

Je sors de l’hôpital énervée, je ne sais même pas comment j’ai fait pour monter dans la voiture. Enceinte, moi ? C’est impossible !!!

Madina Laliyah Mbengue

Après mon accouchement je suis rentrée à nouveau dans ma prison dorée et j’ai retrouvé ma fille saine et sauve. J’ai trouvé qu’elle avait beaucoup maigri, elle toussait beaucoup et la nuit j’entendais ses sifflements.

La maison était devenue le lieu de rencontre des amis du monstre, une soirée était organisée tous les jeudis dans le grand salon d’en bas. Il y a avait toutes sortes de personnes et ils s’habillaient tous de la même couleur hommes et femmes, ils faisaient peur à voir.

Habib me forçait à descendre tous les jeudis et c’est lui qui choisissait les tenues que je devais porter. Je ressemblais à une prostituée dans mes petites tenues. Et si jamais j’ose me plaindre, ça sera la fête pour moi. J’avais réussi à mettre dans ma poche une servante, elle s’occupait de ma fille quand je n’étais pas dans la chambre et ça me rassurait.

– Prépare-toi et met cette robe, nous allons sortir ! Dit le monstre ne jetant une robe longue sur le lit

– On va où ?

– Ce n’est pas ton problème, dépêche-toi de finir !

Je finis de prendre ma douche et mets la robe, mon Dieu elle est tellement décolletée au niveau de la poitrine. Je la mets quand même, je ne vais pas ouvrir ma bouche pour recevoir encore des coups devant ma fille. Elle me regarde longuement avant replonger ses yeux sur ses dessins

– Ma chérie, je vais sortir avec papa Habib, Khady va te garder jusqu’à mon retour d’accord ?

Elle ne répond pas, elle m’ignore comme d’habitude. Parfois j’ai l’impression qu’elle me déteste, c’est pour ce qu’elle ne veut plus parler et pourtant je sais qu’elle sait parler parce que je l’entends parler dans son sommeil.

Je sors retrouver Habib qui m’attendait dans le hall, il portait un smoking noir et ressemblait plus à un tueur en série qu’à un mec normal

Nous sommes arrivés devant l’hôtel King Fahd Palace et très vite je compris qu’on était à une soirée de Gala et je me suis sentie toute petite avec ma vulgaire tenue

– Tu as intérêt à bien te tenir sinon tu sais ce qui t’attends ! Dit-il quand la salle commence à se remplir

Je baisse la tête, puis je sens un parfum qui m’est familier. Une odeur que j’ai inhalée des centaines de fois. Je le reconnais ce parfum, je ferme les yeux et je me vois dans ses bras, je soupire ‘’ Sauvage’’ de Dior. C’était le parfum préféré de Cheikh… je ferme les yeux nostalgique. Je sentais qu’on me regardait je lève les yeux avant de baisser la tête, surprise

– Madina ! Dit Salma

– Qu’est-ce qu’il y a vous voulez manger ma femme ou quoi pourquoi vous la regarder comme ça ? S’énerva Habib

Je sentais le regard choqué de Cheikh et les autres ce qui me rendait encore plus mal à l’aise

– Nous sommes juste surprise de la voir on croyait qu’elle était encore aux USA c’est tout, répondit Rachid sur le même ton

– Nous sommes là et qu’est-ce que ça peut vous faire ? Cria-t-il encore

– Effectivement et on n’en a rien à foutre ! Appuya encore Rachid

– Si, moi je veux voir ma fille Madina, dit Cheikh

– Vous n’avez rien à exiger vous verrez votre fille quand je le déciderai, gueula-t-il encore

– Tu as menti mon gars ! Madina je veux ma fille demain ou je te retire sa garde !

– On verra !

– S’il te plaît Cheikh, tentai-je  

– La ferme !!! Mounan s’il te plaît ! Dit Habib ses dents

Je sursaute et la ferme. Je ne veux pas qu’il passe la nuit à me tabasser comme la dernière fois

– Apprenez à parler à votre, raisonna la voix de Cheikh

– Mêlez-vous ce qui vous regarde mon cher vous la baisiez avant maintenant c’est moi qui la baise alors, ne vous en mêlez pas ! Cracha-t-il arrogant

Oui, il est beaucoup plus arrogant que toi Cheikh, il est beaucoup plus vulgaire que toi mon ex-mari ! Mon cœur saignait, j’aurai payé tout l’or du monde pour ne pas assister à cette soirée. J’ai tellement honte, mes larmes coulent sans que je m’y attende…

Je sens Cheikh quitter la table, je tremblais de tout mon corps. Je lève la tête et vois Salma, elle me lance un sourire triste, les yeux brillants. Elle se retenait de pleurer, je crois qu’elle a compris ma situation mais je ne veux pas de ce regard de pitié je veux juste qu’ils viennent prendre ma fille avant qu’on ne la tue…

Habib se lève pour aller saluer des amis et Salma en profite pour me parler mais Habib avait ses yeux sur moi

– S’il te plait Madina, dis-nous où tu habites on va venir te chercher ?

Je ne pouvais rien dire mais je la suppliais du regard de m’aider. Je ne pouvais pas prendre le risque de m’évader de cette forteresse sinon je sais qu’Habib va nous tuer.

Une heure après, le monstre m’empoigne le bras et m’intime l’ordre de me lever

– On rentre ! Grogna-t-il

Nous rentrons et dans la voiture, il n’a pas arrêté de me menacer

– Si jamais tu oses contacter ton ex ou un membre de sa famille, je te tue ! Tu m’as entendu ? Je te tue !!!

J’éclate en sanglot, je me sentais mal que Cheikh m’ait vu dans ces conditions. Il doit bien se moquer de moi-même s’il m’a défendu, ce qui m’a fait d’ailleurs touchée

– Je t’en supplie Habib tu peux faire de moi tout ce que tu veux mais laisse Kiné partir, laisse la aller vivre avec son père ! Je t’en supplie !

– La ferme ! Yaw khamo sakh loulay khar ! Tu ne sais même pas ce qui t’attend !

Je prends peur, si Cheikh ne fait rien, il ne va plus jamais revoir sa fille !

Des jours se sont passés et pas la moindre nouvelle de Cheikh. J’espérais qu’il remuerait ciel et terre pour retrouver sa fille mais toujours rien. Ce soir y a encore une fête à la maison mais je n’ai pas reçu l’ordre d’y participer en plus ma Kiné n’allait pas bien du tout. J’ai supplié Habib de l’amener à l’hôpital mais il a refusé. Pour l’instant elle dort paisible mais sa respiration n’est pas normale. Je crois qu’elle a chopé une infection pulmonaire et je ne sais pas comment la soigner. Je finis par sombrer, fatiguée de réfléchir

Je sursaute dans mon sommeil, je regarde la montre en face du lit, il était deux heures du matin. Je me tourne et je ne vois pas ma fille à mes côtés. Je saute et commence à la chercher dans la chambre mais je ne la trouve pas

– Kiné, Kiné où es-tu ? Criai-je les larmes aux yeux

J’essaie d’ouvrir la porte mais elle est verrouillée. Je panique mais je ne me laisse pas faire. J’entre dans la salle de bain mais la fenêtre était trop petite pour que je puisse y passer, elle mène à la terrasse de la chambre d’à côté.  Je fais encore les cent pas dans la chambre ne sachant quoi faire puis je sens la porte se déverrouiller, j’ai attendu quelques secondes mais je ne vois personne mais j’aperçois une feuille sur les carreaux, je cours la prendre…

‘’J’ai crypté les caméras pour quelques minutes, profites en pour quitter cette maison et n’y revient plus jamais. Ta fille est dans la chambre d’à côté avec un ami de ton mari, fait vite sinon, il va lui faire du mal ! ‘’

Je n’ai pas la moindre idée de qui a bien pu écrire ce message mais je lui en serai éternellement reconnaissante. Je sors vite et me dirige vers ladite chambre, la porte n’était pas fermée, je vois ma fille complétement nue avec un homme nu aussi… je n’ose même pas dire ce qu’il s’apprêtait à faire, Kiné pleurait, perdue. Je prends une petite statue en bronze qui était posée sur la console qui meublait le couloir, je ne réfléchis pas, je le frappe direct sur la nuque de ce gros porc. Il tombe raide, qu’il meurt je m’en fous. Avec le peu de force qui me reste j’aide ma fille à s’habiller. Je vois un portefeuille sur la commode et j’en prends quelques billets et une clé de voiture, on verra laquelle elle ouvre. Je prends le soin de fermer la porte à clé avant de la mettre dans ma poche. Je prends la main de ma fille

– Maintenant à toi de m’aider ma chérie. On va courir pour échapper aux méchants d’accord ?

Elle fait oui de la tête mais elle était faible, je la mets sur mon dos et lui demande de bien s’accrocher. Je descends discrètement les escaliers, je vois des hommes noirs en train de dire des paroles incompréhensibles dans la grande salle. J’entre dans la salle à manger, elle a une porte qui mène vers le jardin. Je cours en me cachant des lumières pour ne pas attirer l’attention, je me retrouve de l’autre côté du jardin et bizarrement les agents de sécurité n’y était pas. J’active la commande de la voiture et une Mercedes clignote, j’ouvre la portière passagère et y mets ma fille. Je contourne rapidement avant de démarrer sans attendre 

Je gare la voiture deux cent mètres de la maison, je descends et prend ma fille dans mes bras après avoir hélé un taxi pour ne pas me faire remarquer, je laisse la clé de la voiture à l’intérieur. Je suis certaine que d’ici quelques minutes ou heures, il se mettra à ma recherche, alors il faut que je brouille les pistes. La première maison où il viendra me chercher c’est chez Cheikh alors je vais aller chez Tamara à la cité Keur Gorgui, le taxi m’amène jusqu’à la maison où je travaillais mais à ma grande surprise le gardien refuse de me laisser entrer alors qu’il faisait très froid et Kiné greloter derrière mon dos.

– Diéguane mane la Madina tu ne me reconnais pas ? Je travaillais ici comme bonne, tu te souviens ? Insistai-je pour qu’il appelle au moins sa patronne même s’il fait nuit

– Hey dégage la wakh, je ne te reconnais pas !

– Mais appelle-la, je n’ai nulle part où aller…

– Je m’en fous !

Perdue, je commence à marcher dans cette rue déserte. Après quelques mètres, je vois un gardien devant une maison en construction

– Seugne bi, mane déh dafa am koumadone sett ci kanam wayé gardien bayiwouma ma dougou, dama beugone nga mayma fouma werr sama bopp ba souba sinon rek dina niou ma raye ! Monsieur, je suis venue voir une amie mais le gardien ne m’a pas laissé entrer, je voudrai que vous me prêtiez un endroit où je pourrais me reposer jusqu’à demain In Sha’Allah

– Mme il fait nuit vous venez d’où comme ça ? Demanda-t-il perplexe

– Monsieur aidez-moi sinon on va me tuer, je t’en prie !

– Ta voix me dit quelque chose madame, tu t’appelles comment ?

– Madina la toudou, répondis-je impatiente

– Madina Aidara ! Madina loy def fi sa yaye weur nala ba sonou, mane la Ibou mane mala done woutal ligeye ! Qu’est-ce que tu fais là Madina t’a maman t’a cherché partout, c’est moi Ibou, je t’aidais à trouver du travail !

Je soupire et sanglote fort, il me prend la main et m’amène à l’intérieur de la maison en construction

– Ma femme et mes enfants sont là, repose-toi ici et demain In Sha’Allah on ira voir Mme Diop !

– Merci beaucoup Ibou et s’il te plait si des gens viennent te poser des questions, tu ne m’as jamais vu !

Il abdique et sort de la petite chambre, je couche Kiné qui avait un peu de fièvre sur un carton posé sur le sol et je me couche à ses côté, remerciant Allah d’avoir mis Ibou sur ma route. J’espère un lendemain meilleur…

Coucou namenalenn, désolée encore une fois, le temps me manque avec les vacances. Bisous et bonne Lecture !

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16 commentaires on “Partie 07

  1. Fatima tu m’as dead lol😂😂
    Médina yallah bakhna samakhol sakh dafa toy 😢😢 li métina 😭😭
    Belle partie et merci nana😍

  2. J’espère ke le calvaire de Madina sera b1tôt terminé 😰
    Mé Fatima mouguimaye raye impatiente de découvrir la s8te de sa grossesse Tamara va avwr 1 moyen de divertissement inégalable 😂😂😘😂😂

  3. Fatima no tu ma tué😂😂😂Jpp de toi 😂😂
    Shii Madina lila dal mété na nouné
    Partie méga super nékh 😍😍

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