mar. Sep 22nd, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Partie 18

18 min read

Tout allait bien dans la famille Bathily, le couple est plus uni que jamais. Finies les disputes sans queue ni tête, ils avaient mûri depuis la naissance de la petite Kiné qui a 18 mois aujourd’hui. Elle est la copie conforme de son père et d’ailleurs la petite chipie est beaucoup plus attachée à son père qu’à sa mère. Ce dernier la gatte un peu trop, il aime tout ce que sa petite princesse aime. Les premiers mois de se naissance elle dormait sur le torse de son père jusqu’à l’aube ce qui faisait rouspéter Madina, elle ne pouvait pas profiter des bras de son mari pour dormir.

Cheikh parvient à vivre normalement avec son secret, il ne se fait plus chanter par sa belle-sœur et Fary. Il s’est assagi avec le temps et respecte beaucoup sa femme. Il a aussi réussi à faire ce qui lui tenait vraiment à cœur, rencontrer ses ex femmes. Il est allé les voir et même si Madina n’était pas d’accord, elle l’a laissé y aller. La première s’était remariée mais elle l’a reçu chez elle avec son mari et elle lui a pardonné. La deuxième aussi non sans l’avoir traité de tous les noms de chien qu’elle connaisse mais elle a fini par lui pardonner et lui a demandé une nouvelle voiture chose qu’il a accepté sans broncher et pour la troisième qui était beaucoup plus rebelle, elle l’a pardonné mais il fallait qu’il l’aide à démarrer son activité, il lui a trouvé un local dans un centre commercial et il lui a donné beaucoup d’argent pour remplir la boutique… ça ne peut en aucune manière acheter tout le mal qu’il les a fait mais ça lui permettait de vivre avec ce poids.

Madina aussi gère sa propre boutique de parfums et de thiouraye de luxe venants de pays maghrébins. Elle en avait de toutes sortes, elle voyait dans sa boutique toutes sortes de personnes et surtout les marabouts qui travaillent avec ses encens certains lui proposaient leurs aides pour que son mari fasse tout ce qu’elle lui demande. D’autres lui disaient de lui donner un kilo d’un encens dont le prix était estimé à 3 millions de francs le kilo en échange, elle aura son mari rien qu’à elle sans qu’aucune autre dame vienne déranger. Si elle n’avait pas peur d’Allah, elle aurait accepté ses propositions, c’est tentant disait-elle…

Ils avaient pris un appartement pas très loin de chez maman Kiné, une trois chambres, salon pour plus d’intimité. Elle s’occupe de sa fille et de son mari avant de déposer la petite chez sa mamie puis elle part gérer sa boutique. Nabou la sœur de Cheikh s’est mariée et elle a rejoint son mari aux Etats-Unis et Mayna est allée poursuivre ses études à Londres, maman Kiné vit avec une de ses sœurs divorcée et ses enfants et tout va bien pour elle.

Ce matin de dimanche, le couple Bathily est invité à déjeuner Chez les Dramé, c’était leur anniversaire de mariage. Vêtue d’une robe en brodé bleu avec une doublure blanche, elle noue sa tête d’un foulard en soie duchesse bleu puis un foulard de la même couleur pour cacher son cou. Elle met des sandales à talon rose fuchsia et une petite sacoche de la même couleur…

– Sublime ma chérie, complimenta Cheikh

Madina se tourne sur elle-même en souriant toute ses dents

– Comme d’habitude Mr Bathily khamnga mane rek ci khalé !

– Modestie elle est où chez toi ?

– Je ne la connais pas ! Allons-y tu es aussi très beau sangue-bi

– Lolou dou débat amour, c’était avant ma naissance que le gynéco a dit à maman que je suis beau, dit Cheikh sérieux

Il porte un Kiba très jolie de couleurs beige, avec des mocassins marrons foncé

– Et toi où se cache ta modestie ? Posa Madina

– C’est ma femme chérie qui l’a volée, affirma-t-il en prenant la main de sa tendre épouse

Chez les Dramé, ils finissaient les derniers réglages. Samira a fait installer une très grande table dans le jardin pour profiter du barbecue au bord de la piscine. Elle avait décorée la table sous une tente avec goût. Tout était en place pour recevoir ses invités pas trop de monde juste les couples Bathily au carré, Ndiaye, Diop et Fatima. Elle a fait sortir la télé pour les hommes qui ne voudraient pas rater les matchs du dimanche ce qui veut dire qu’elles auront du temps pour discuter de l’autre côté avec les filles des choses que leurs hommes ne devraient pas entendre…

Samira retourne en cuisine et voit que Fatima est en train de préparer le taboulé qui va accompagner les grillades d’agneau de veau et de volailles. Elle s’attaque aux légumes sautés. Elle a commandé les amuses bouches et les desserts qui seront livrés plus tard.

Une heure après elle se précipite dans la salle de bain et y trouve son mari qu’elle croyait être dans son bureau. Elle sourit d’un sourire salace avant d’entrer dans la cabine

– Ce soir, souffla-t-elle quand elle sent les mains de son mari sur la poitrine

– Ce soir ? Demanda Omar

– Oui, si tu savais ce que je te prépare mon chou, tu vas sortir sagement de cette salle de bain et attendre ce soir…

– Samira, je ne suis pas sûr que je pourrai attendre jusqu’à ce soir, avoua le mari en se rapprochant davantage de son épouse

– J’ai dit ce soir Omar, tu veux gâcher la surprise dont je t’ai préparé wala ?

– Pfff, fit-il quittant la salle de bain

Samira sourit et continue de se doucher en pensant à la soirée qu’elle a préparée pour son mari

Elle finit de prendre sa douche et sort se sécher dans le dressing. Elle s’enduit de baume à base de beurre de cacao puis elle porte ses dessous. Elle met une taille basse en wax cousue spécialement pour la journée, elle l’accompagne avec des sandales à petit talon et un foulard de tête. Elle met ses bijoux un sautoir en or avec des boucles d’oreilles qui se remarquent à peine puis elle met un bracelet très fin et sa bague de fiançailles. Elle se souvient de ce soir là où Omar le lui avait donné à la plage, elle sourit et laisse échapper une larme. Que les années passent vite, se disait-elle…

Chez les Diop pareille situation, le couple se préparait à aller chez les Dramé. Tamara portait une robe en Bazin noire avec une broderie rouge juste sur le cou, elle l’associe avec sandales à talon très haut noires, elle pose négligemment son voile sur sa tête avec un maquillage qui se voyait à peine, elle l’était prête ainsi que son autre. Abdou Rahîm porte lui aussi une deux pièce en Bazin gris. Il prend la main de sa femme après l’avoir complimenté et direction chez le couple Ndiaye. Ils les trouvent dans le salon en train de les attendre. Marianne se lève dans sa jolie robe en Thioub vip, elle embrasse sa copine avant de faire une génuflexion pour Rahîm, son mari se lève très bien habillé et salue son ami avant de taquiner Tamara

– Quand je t’ai vu Tamara, j’ai pensé à ce jour où tu as organisé la Khadara chez Abdou pour lui demander pardon, Tamara tu nous as toi aussi montré des vertes et pas mûres, une sacrée rebelle !

Tamara et son mari éclatent de rire, Marianne mimait les gestes que faisait sa copine et Rahîm ne pouvait plus se retenir

– Je me suis demandée qu’est-ce qu’elle était en train de me faire devant ce monde-là ? Et le pire, c’est qu’elle était une excellente comédienne ma femme. Je voyais l’effort que ça lui coûtait de sortir ces mots de sa bouche mais en réalité le cœur n’y était pas !

– Chi patal beut yi ak forcé rangogne yi nak ! Non Tamara, tu étais une excellente comédienne heureusement que ton mari t’a changé sinon…

– Ça suffit aussi, Marianne je te connaissais pas au début de ton mariage avec Aziz mais ce qui sûr c’est que toi aussi tu lui as montré de toutes les couleurs !!! Se défendit Tamara

– Ça je peux le témoigner, rétorqua Rahîm

– Wa merci, allons-y avant d’être en retard, dit Marianne en se levant

– Non on va parler de toi avant de sortir d’ici !

– Oh Tamara mbépé !

– Mais Aziz quand est-ce que tu vas prendre ton courage et épouser Fatima Sall ? Toi, je crois que Marianne t’a mise quelque part sinon je ne peux pas expliquer comment peux-tu laisser une si belle femme te filer entre les mains, dit Tamara voulant provoquer sa copine

– Chi n’emmènes pas palabre ici Tamara, allons-y, raisonna la voix de Aziz

Ils sortent de la demeure des Ndiaye et prennent le chemin de chez Samira

Salma se mit en face de son mari dans une sublime marinière à la sénégalaise en Palmane mauve aubergine, avec des accessoires Fulani qui allaient bien avec le tissu. Rachid était en admiration face à son épouse. Après une dizaine d’années de mariage rien avait changé en Salma à part quelques rondeurs, elle est toujours aussi belle cette beauté qui a fait perdre la tête de son homme dès que ses yeux se sont posés sur ceux de Salma, ce jour-là à la clinique…

Très beau dans son « deux pièces » en Bazin Bakha, il s’avance vers sa femme et lui prend délicatement la main avant de la porter sur sa bouche

– Après toutes ces années tu es toujours aussi belle, aussi dévouée à ton bipolaire de mari et surtout aussi coquine. Tu es la plus belle chose qui me soit arrivé Salma bou Rachid, tu es la lumière de ma vie princesse Salma. A jamais dans mon cœur ma petite femme, la mère de mes petits trésors et le soleil de cette maison. Je t’aime Hadjara Salma Siby Bathily, discourra Rachid avant de lui embrasser le front puis il pose son nez contre celui de son épouse

Salma pose sa main sur la joue de son mari et le regarde tendrement

– Fima nékone demb, diougéwouma fa bataye sangue-bi ! Mane mala diokh sama bopp Aduna ak Alakhira ! Dou mane ma wakh damay seuy tei Ya’Allah rek takh ? Kone louma ci gaubé rek garr ko wayé Ya’Allah rek lafiye dieulé ndakh damala beugeu tei Ya’Allah rek takh, dila seuyeul ngir beugeu sama Borom contane. Je suis toujours la même mon bien-aimé ! Je t’ai donné ma personne ici-bas et dans l’au-delà Incha’Allah ! N’est-ce pas moi qui ai dit que je me marie uniquement pour adorer notre Seigneur ? Alors je prendrai volontiers tout ce qui en découlera même si je suis persuadée que je ne gagnerai que la grâce d’Allah le Très-Haut parce que je t’aime pour l’amour d’Allah et je m’occupe de toi parce que je veux la récompense d’Allah. Je t’aime encore plus sangue-bi Fi’Illah wa sounati Rassoulillahi Sallalahu ‘Aleyhi wa Salam

– Le plus beau cadeau qu’on homme puisse avoir dans ce bas monde est une épouse pieuse et toi Salma, tu es une perle, ajouta Rachid les yeux pleins de larmes

– Et le plus grand cadeau qu’une femme puisse avoir dans ce bas-monde est un homme pieux, qui craint Allah plus que tout au monde, qui suit à la lettre la sunnah ainsi il pourra gérer ses épouses et son foyer comme l’a si parfaitement réussi et enseigné le meilleur des modèles Rassulullahi Sallalahu ‘Aleyhi wa Salam mais aussi des enfants respectueux et pieux ! Qu’Allah nous guide dans le droit chemin allons-y mon cœur sinon je vais me mettre à pleurer ici, dit Salma essuyant une larme

– Je t’aime ! Je sais que je l’ai déjà dit mais je t’aime et j’y peux rien

– Moi encore plus sangue-bi ! Je t’aime !

Ils sortent de leur chambre et trouve Khalifa assis dans le salon en train de les attendre. Rachid sourit et fait un clin d’œil à son ami

– Légui lomay pissé ni ? Pourquoi ce clin d’œil ? Demanda Khalifa l’air stressé

– Chi mon copain de longue date se fait mariner et il ne le supporte pas, taquina Rachid en donnant une tape à son ami

– Aujourd’hui tu peux dire ça mais quand tu pleurais pour Salma à Gaya tu ne disais pas ça ! Se défendit Khalifa

– Mais vous parlez de quoi comme ça ? Khalifa tu me caches quoi ? Questionna Salma qui ne comprenait rien de ce que les deux amis disaient

– Rien ! S’empressa de dire Rachid

– Ah oui ? Hier vous êtes sortis super bien habillé avec vos trois pièces et aujourd’hui vous faites ces jeux de mots là bakhna. Je ne sais pas ce que vous complotez mais Rachid j’espère juste que ce n’est pas à quoi je pense sinon attends-toi à me perdre ! Menaça Salma la voix tremblante

– Khalifa tu amènes des histoires chez moi mieux vaut qu’on parte maintenant et toi ma Sokhna Salma arrêtes tes menaces ça ne marche pas avec moi ! Allons-y

Salma bouillait de rage et de curiosité mais à préférer se taire pour ne se disputer avec son homme devant Khalifa

Chez les Dramé, Samira venait de rejoindre Fatima au salon qui était elle aussi superbe dans sa robe en en patch Getzner et brodé rouge blanc. Elle était assise la tête ailleurs…

– Wa diankh ton homme te manque, c’est pour cela que tu as la tête ailleurs ? Blagua Samira

– Il me manque trop même mais je crois qu’il n’y a plus moyen qu’on soit ensemble, hier mom je crois que je l’ai mis sur le mur, répondit Fatima regardant sa main

Omar vient de faire son entrée et prend place de l’autre côté et fait face aux deux amies

– Mais je ne comprends pas pourquoi tu refuses sa demande. En plus comme ça devant tes oncles alors que tu l’aimes ? Je ne sais toujours pas ce qui t’a pris mais tu as sérieusement déconné hier Fatima !

– Je sais et je m’en veux ! Mon oncle s’est tellement emporté hier quand vous êtes partis que j’ai cru qu’il allait se jeter sur moi et me battre. Il a dit que je lui ai foutu la honte et maman elle m’a carrément interdit l’accès de sa maison tant que je ne serais pas une femme mariée ! J’ai tellement honte de ce que j’ai fait mais comprenez qu’à ce moment je ne voyais que ce que sa femme était en train de ressentir, c’était comme si c’est à moi qu’on est en train de faire ça. Imaginez un peu ce que une femme peut ressentir quand on lui dit que son mari, l’homme avec qui elle passait plus de dix ans de mariage est en train d’épouser une autre fille pire qu’il va coucher avec lui et lui faire des enfants. Il lui dira je t’aime, comme il te le disait au début de votre mariage non je ne pouvais pas faire ça à sa femme ! Expliqua Fatima les yeux pleins de larmes

– Sur cet angle, j’avoue que tu as raison mais ma chérie tu l’aimes cet homme et ça tu n’y peux rien ! Mais penses à ton bonheur, tu l’aimes ce polygame alors penses pas à sa femme, sois égoïste pour une fois ma chérie, conseilla Samira

– Je suis désolée mais c’est au-dessous de mes forces !

– On dirait qu’on t’a demandé de tuer une personne ! Mais arrêtes ces pensées sordides Fatima. La polygamie est autorisée par la religion Ya’Allah moka diglé donc il n’y a rien de mal tant qu’on respecte les chartes. Laisses ton corps glissé way métiwoul déh, suggéra Omar

C’est Cheikh et Madina qui arrivent les premiers suivis des couples Ndiaye et Diop. Salma, Rachid et Khalifa sont les derniers à arriver. A peine assise que le portable de Salma sonne et c’est Oum Salamata la femme de Khalifa

– As’Salamou ‘Aleykum Salma Rachid Bathily, salua Oumou à sa copine

Malgré toutes ses années Salma n’a une seule fois oublié tout ce que cette bonne femme a fait pour elle quand elle était chez elle à Gaya, elle lui a appris les secret d’une bonne cuisine, comment une femme devrait s’occuper de sa maison. Tout ce qu’elle est devenue aujourd’hui c’est en grande partie grâce à elle, cette femme soumise et dévouée à son homme elle le lui doit entièrement.

– Ma copine d’un nez comment vas-tu ? Blagua-t-elle

– Comment tu vas ma chérie ?

– Bien et toi Oumou, comment vont mes enfants ?

– Ils vont bien Alhamdoulillah. Dis-moi je voudrai le numéro d’une certaine Fatima Zahra Sall, il paraît qu’elle est une amie à toi, s’il te plaît ma chérie tu peux faire ça ?

Pour plus de discrétion Salma se lève et sort dans le jardin

– Mais d’où tu connais Fatima ? Demanda-t-elle intriguée

– Je t’expliquerai après mais passe-moi son numéro s’il te plaît 

– Je suis actuellement avec elle, si tu veux aussi je te la passe sinon je t’envoie le numéro par SMS, proposa Salma

– D’accord passe la moi chérie…

Salma coupe le son de son portable et entre dans le salon. Elle va jusqu’au niveau de Fatima puis elle se baisse et lui chuchote à l’oreille de venir la rejoindre dans le jardin

– Fatima y a une amie qui veut te parler, dit Salma avant de donner le téléphone à Fatima puis elle entre dans le salon et la laisse parler seule avec Oumou

– As’Salamou ‘Alykoum, salua Fatima connaissant pas l’identité de la personne qui l’appelle

– Wa’Aleykum Salam, Fatima c’est moi Oumou Salamata la femme de Khalifa Sow,

Le cœur de Fatima rate un battement, elle suffoque et perd ses mots

– Ne vous inquiétez pas ma chérie, je ne vous appelle pas pour me disputer avec vous bien au contraire. Mon mari m’a dit hier qu’il allait vous épouser après la prière de Takussan alors quand je l’ai appelé pour le féliciter, il m’a dit que le mariage n’a pas été scellé parce que vous refusez de me faire souffrir et en réalité vous faites souffrir mon homme, notre homme je devrais dire même. Fatima, je partage la vie de Khalifa depuis plus de 15 ans, on était tous les deux jeunes quand on s’est retrouvés mariés par nos parents donc vous savez que c’est un mariage arrangé comme il est de coutume chez nous mais avec le temps j’ai appris à le connaitre, à le cerner et surtout à l’aimer et lui aussi d’ailleurs, dit-elle la voix douce. Quand il est venue me parler de toi la semaine dernière j’ai vu qu’il t’aimait beaucoup mais Khalifa ne fait rien sans mon consentement et vice versa, je lui ai demandé qu’est-ce qu’il attendait pour t’épouser, il m’a dit qu’il allait le faire alors je lui ai donné ma bénédiction mais hier quand vous avez refusé de lui donner votre main, j’ai voulu vous retrouver à Dakar et vous faire votre fête ! Vous ne savez pas que notre mari est un mari qui ne court pas les rues, ah oui ma chérie boul bayi sa lokho. Ne vous en faites pas pour ma chérie, je sais qu’elle place j’occupe dans le cœur de mon homme et j’aime tout ce qu’il aime y compris vous. Je vous aime sans vous connaitre ma chérie parce que je suis certaine que Khalifa n’a pas épousé n’importe qui en tout cas tel que je le connais il n’entre pas dans n’importe qu’elle maison. Vous avez ma bénédiction ma chérie, il est mon mari mais limou beugeu rek ci lay dokh et il est en train de faire ce que tout bon musulman devrait faire épouser une femme qui lui plaît tant que c’est possible. Allez en paix ma chérie, j’ai toujours su que mon mari est polygame, il l’a toujours défendu et sachez aussi que vous ne serez pas la dernière. Ne vous en faites pas pour moi chérie, aythia démal seuyi, termina-t-elle

– Je ne sais pas quoi vous dire Oumou, je ne sais pas…

– Ne dites rien ma chérie et rendez heureux mon homme c’est tout ce que je demande, allez à bientôt Incha’Allah

Elle raccroche laissant sa future coépouse complètement sans voix

– Qu’elle femme oserait faire ça ? En tout cas pas moi… ah Harouna tu sais très bien que j’aurai jamais accepté de faire ça ! Waouh quelle femme ! Cria presque Fatima en regagnant le salon

Après le déjeuner copieux servie par la maîtresse de maison et sa copine Fatima, les filles se sont retrouvés de l’autre côté du jardin sous la tente en train de parler de « dionguélogie » et les hommes à l’entrée du jardin en train de suivre leur match

– Fatima pose ton portable et réponds-nous aussi li lane là ? Dit Salma remarquant que cette dernière était sur son portable en train de sourire

– Désolée, je ne vous écoutais même plus, répondit cette dernière gênée

– Hum Fatima nous cacherais-tu quelques choses ? Demanda Tamara curieuse

– Non je ne cache rien, dit-elle en riant

– Bamou sotti ! Mais depuis tout à l’heure Khalifa regarde à notre direction et j’ai même l’impression que c’est toi qu’il regarde Fatima, raisonna la voix de Marianne

– Oui je l’ai moi aussi remarqué, dit la plus petite d’entre elles Madina

De l’autre côté, il parlait du match bien-sûr mais aussi de projet, d’entreprises, de marchés qui rapportent plus. Il parlait de aussi de mariage, le mariage du maître comme l’a dit Cheikh qui n’arrêtait pas de charrier Khalifa et ce dernier ne se laissait pas faire du tout

– Néké Oustaz dina dokhane, ma niakk souma ndeye, Khalifa bilay yaye bandit ! Je ne savais pas qu’un maître courtise une femme, non Khalifa tu es un bandit ! Dit Cheikh taquin

– Cheikh je ne suis pas ton égal !

– Mais dis-nous comment tu as fait quand tu lui demandais de sortir avec toi ? Non je n’arrive toujours pas à croire que j’ai raté ça ! No Khalifa kepp nga khalei bi kone ?

– Mais tu ne peux pas me laisser Cheikh ?

– Non je n’arrive toujours pas à y croire !

– Maintenant on fait quoi ? Demanda Rachid

– Takk seuy bi après la prière de takussan ! On scelle le mariage avant la prière de Takussan ! Proposa Omar

– Mais c’est impossible puisqu’on doit en reparler avec les oncles de Fatima, dit Aziz

– Ça je m’en charge, dit Omar en se levant pour entrer dans le salon

Il passe un appel à l’oncle de Fatima et lui demande son avis, ce dernier lui donne l’autorisation de sceller mariage avant qu’elle ne se désiste encore puis il compose le numéro de Fatima, elle aussi lui donne son autorisation

Le mariage fut scellé après la prière comme convenue, c’est Omar qui a fait le Khoutba cette fois…

– Votre attention s’il vous plait, s’empressa de dire Cheikh quand il eut ce qu’il voulait, il poursuit. On vient de sceller le mariage de Fatima Sall et Oustaz Khalifa Sow !

– Hiiiiiiiiii, avait crié celles qui n’étaient pas au courant Tamara, Madina, Marianne et Salma qui n’en croyaient pas jusqu’à ce que Khalifa le confirme.

Fatima ne pouvait plus se lever, devenue timide d’un coup, elle savait plus comment regarder son mari. Khalifa la trouve assise au milieu de ses amies, Salma le laisse passer…

– Félicitations Habiba, qu’Allah bénisse notre union, dit-il avant de l’embrasser un baiser très chaste sur ses lèvres

– Wouy sama Oustaz fone naka nak ! (Oh mon Dieu, le maître, l’a embrassé) Blagua encore Cheikh

La pauvre Fatima n’arrivait plus à lever la tête, pour une fois la meilleure amie de Samira n’a rien à dire !

Bonne Lecture !

Des bisous à tout le monde

Commentaire Facebook