ven. Sep 25th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Partie 21

18 min read

Cheikh Tidiane Bathily

Nous patientons dans la salle d’attente de l’hôpital d’enfants Albert Royer, il y avait pas de pédiatre disponible à l’hôpital de Grand-Yoff alors nous nous sommes dirigés à Fann. Il y avait du monde mais comme c’était une urgence nous n’avons pas attendu longtemps avant que ma petite princesse soit prise en charge. 

J’étais debout de l’autre côté de la salle d’attente, je ne sais même plus ce qui me retient debout. Je ne sentais plus mon corps. Kiné ne semblait pas nous reconnaître ou elle était beaucoup trop fatiguée pour jouer avec nous.

Que cette Léna est mauvaise, comment peut-on faire ça à un bébé de 18 mois seulement ? Comment a-t-elle pu oser attacher ma fille  et dans quel but ? Qu’est-ce qu’on lui a fait pour qu’elle s’acharne sur notre petite princesse ? Je me demande même si elle a un peu d’humanisme en elle ? Je ne peux pas expliquer pourquoi elle a fait ça à ma fille  je ne peux pas lui pardonner ! Qu’elle soit la cousine de ma femme ou même sa sœur, elle va payer et derrière les barreaux !!!

Madina n’arrête pas de pleurer depuis qu’on a retrouvé notre fille. Je la regarde et je vois qu’elle a perdu beaucoup de poids tout comme moi. J’avance vers elle et la prend dans mes bras, je lui en veux mais je crois que pour le moment mieux vaut mettre toute rancœur de côté et nous soutenir mutuellement…

– Ne t’inquiète pas ma chérie, tout ira bien ! Dis-je en la prenant dans mes bras

Elle sursaute surprise avant de se laisser faire, j’avais l’impression qu’elle avait de la fièvre

– Tu as le corps chaud mon cœur, ça va ?

Elle ouvre grands les yeux comme si elle était effrayée par je ne sais quoi

– Juste de la fatigue Cheikh, ces derniers jours étaient juste infernaux !

– Tu as raison…

Elle s’accroche encore plus à moi et commence à sangloter

– Je suis désolée Cheikh, j’aurai dû t’écouter. Tout ceci est de ma faute, dit-elle entre ses sanglots

– Chut, ce n’est pas le moment. On en reparlera à la maison ! Répondis-je en sortant mon téléphone qui vibrait dans ma poche

– Rachid ! Aboyai-je

– Tu es où ? Salih vient de me dire que la petite Kiné a été retrouvée ?

– Oui c’est vrai, c’est une cousine de Madina qui la retenait. Rachid, je n’ai pas eu le temps de parler avec Salih mais dis-lui qu’il fasse  son possible que cette femme soit immédiatement transférer dans une prison je ne veux pas la voir libre ! Criai-je ne me levant

– Ne t’inquiète pas Cheikh, le commandant Talla est en train de l’interroger et d’après les premiers aveux, elle est impliquée dans d’autres cas de ce genre avec d’autres personnes ! Expliqua-t-il

– Mais c’est une psychopathe alors ?

– Je ne te le fais pas dire. Bon vous êtes où ? Maman est inquiète !

– Nous sommes à Albert Royer, Kiné est à l’intérieur avec les pédiatres.

– Elle va bien ?

– Je ne sais pas mais elle paressait perdue quand elle s’est réveillée !

– D’accord, on arrive !

– Non restez à la maison, nous vous rejoindrons tout à l’heure.

Je raccroche voyant le médecin s’avancer vers nous, Madina saute de sa chaise et demande après sa fille les larmes aux yeux

– Veuillez me suivre ! Dit-il avant de nous devancer

Nous nous retrouvons dans son bureau et on voit la petite couchée dans une table de consultation perfusion à la main

– Monsieur Bathily votre fille va bien, elle présente juste quelques carences dû à la malnutrition en plus elle était déshydratée c’est pourquoi on l’a mis sous perfusion. On va la garder juste une heure le temps de finir la bouteille de perfusion. Elle présente aussi une petite infection pulmonaire mais avec des antibiotiques ça va passer sans crainte. Ne la laisser pas seule même pour une minute, d’accord madame ? Expliqua le docteur Lalyre

Madina fait oui de la tête, sa main sur celle de Kiné qui dormait toujours

– Merci monsieur Lalyre d’avoir pris soin de notre fille !

– Ne me remerciez pas monsieur Bathily c’est notre travail

Je suis allé à la pharmacie rembourser les médicaments. J’en ai profité pour payer les ordonnances de quelques patients avant de retourner auprès de ma femme qui attendait dans la salle d’attente.

Une heure après nous avons quitté l’hôpital direction chez ma mère. On y trouve tout le monde, famille et amis. Madina est allée coucher la petite dans la chambre et je lui ai demandé de rester avec elle comme l’a suggéré le docteur.

– Qu’est-ce que tu vas faire de la cousine de Madina ? Demanda maman

– Je ne vais rien faire maman à part laisser la justice faire son travail !

– Mais c’est la cousine de Madina et qu’est-ce que va penser sa famille ? Cheikh ne porte pas plainte s’il te plait…

Je ne la laisse même pas terminer

– Hors de question !!! Ne me parle pas de ‘’Massla’’ lolou molenn yakk ! Si cette crétine de Léna avait pensé une seule seconde qu’elle faisait ça à la fille de sa cousine on ne passera pas cette semaine merdique ! Si elle avait pensé une seule seconde que Kiné est juste un enfant sans défense elle ne l’aurait pas enlevé et la torturer avec autant de cruauté on ne serait pas là aujourd’hui ! Maman je ne ressens aucune pitié pour cette imbécile et je m’en tape de ce que sa famille peut penser de moi, même si c’était la mère de Madina je n’aurai aucune pitié !!! Criai-je presque très en colère

– Cheikh parfois il faut savoir pardonner, Allah pardonne alors qui es-tu pour ne pas pardonner ? Insista maman tentant de m’amadouer

– Maman je ne suis pas Dieu ! Je ne pardonne pas !!!

– Maman Kiné je suis désolé mais Cheikh a raison. De plus cette fille est trempée jusqu’au cou, elle est impliquée dans d’autres séries d’enlèvement enregistrées dernièrement avec un groupe de personne. D’après le commandant, il s’agit d’un réseau de trafic d’organes et elle risque de passer de longues années en prison même si Cheikh retire sa plainte, elle ne sera pas acquittée de ses poursuites, expliqua Rachid

– Voilà ! Gueulai-je avant de rejoindre Madina dans la chambre

Je la trouve couchée sur le dos, Kiné sur sa poitrine. Elle semblait dormir mais elle ouvre les yeux dès que je m’assoie à ses cotés

– Tu as mangé ? Demandai-je à ma femme

– Non je n’ai pas faim, répondit-elle essuyant encore une larme 

– Madina on a retrouvé notre fille saine et sauve Alhamdoulillah. Maintenant je te prie de prendre soin de toi, vas manger et en profiter pour discuter avec tes amies y a ton groupe d’amies dans le salon

– Je suis désolée Cheikh, sortit-elle baissant les yeux

– Tout est rentré dans l’ordre maintenant mais je crois que tu en as tiré des leçons. Madina rew nga, eupeul nga, deugeur nga bopp, dangue nga lamigne, linga bolé ci boppam mo beuri, ngir Ya’Allah diougal ci sa bopp !!! Madina tu es impolie, tu es têtue, tu as la langue bien pendue, tu as beaucoup de défauts et je t’en prie essaies de t’en défaire ! Si je n’ai pas voulu que tu ailles à Saint-Louis parce que je sentais qu’une chose pareille pourrait arriver. Jamais je t’empêcherai de voir ta famille, je voulais juste que tu attendes un peu avant d’aller voir tes parents, au moins que Kiné aie 2 ans avant de pouvoir voyager et puis une sorte psychose s’est installée dans les foyers à cause de ces enlèvements d’enfants même en calme chez soit on n’a pas la tête tranquille. On peut  dire que ça n’arrive qu’aux autres mais un peu de vigilance ne tue pas ! Tu es à présent maman apprends à faire passer ta fille avant tout même avant le mariage de ton Ex et puis j’ai vu qu’il te tenait fermement la main quand nous sommes arrivés chez, de quel droit il se permet de te toucher et toi pourquoi tu l’as laissé te toucher ?

– Cheikh à ce moment j’étais perdue, je ne savais pas ce qui se passait autour de moi ! Répondit-elle forçant un sourire

– Bakhna la prochaine je vous coupe tous les deux vos mains ! Maintenant va manger et laisse-moi surveiller la petite, je dormirai mieux avec elle sur ma poitrine !

– Alhamdoulillah !

– Wallahi Alhamdoulillah !!! Répétai-je posant ma fille sur moi

Rachid Bathily

Nous étions en train de discuter dans le salon puisque maman Kiné a insisté pour que tout le monde reste manger avec la famille, la semaine a été éprouvante pour tous alors elle a demandé à nos amis de rester manger avec nous. Elle a fait tuer un mouton juste pour le repas, du riz à la viande au menu.

Nous étions en train de parler de match Aziz, Rahîm et moi. Tamara, Marianne et Salma discutaient entre elles de l’autre côté. Qu’est-ce qu’elle m’énerve quand elle rit ma femme, non je ne la supporte plus depuis qu’elle m’a balancé cette phrase en pleine gueule, elle a touché ma fierté. Je ne vais plus permettre qu’elle manque de respect dans ma maison et je vais plus danser ou me permettre de faire certaines choses, juste pour lui faire plaisir.

Je peux comprendre qu’elle soit jalouse, c’est la nature humaine mais elle en fait trop.  Même si elle est la protégée de Khalifa, elle n’a pas le droit de s’immiscer dans son mariage et surtout s’en prendre à Fatima qui ne lui a rien fait. Je ne comprends pas la facilité qu’ont certaines femmes de haïr leur paire en un claquement de doigt. Le jour du mariage je les ai vus discuter comme si elles se connaissaient depuis des années. Quand je l’ai vu s’éloigner de Fatima après que Cheikh ait annoncé le mariage, j’ai cru que c’était juste la surprise mais quand nous sommes rentrés c’est limite si elle ne m’a pas sauté dessus. Khalifa qui se préparait à rejoindre, elle l’a refusé de lui servir le dîner et elle s’est enfermée jusqu’à ce qu’il parte pour venir m’emmerder. J’ai compris qu’elle agissait à cause la jalousie mais quand nous sommes allés chez Madina et Cheikh et qu’elle s’est permise de m’humilier en public alors là fallait qu’elle comprenne que je suis son mari et qu’elle ne m’a pas acheté dans une boutique pour pouvoir me manipuler comme elle veut !

Je régurgite quand on fait l’amour ? Non, je n’arrive pas à digérer cette phrase, elle me reste à travers la gorge.

Khalifa doit rentrer dans deux jours et maman a insisté pour qu’il vienne déjeuner avec Fatima. J’espère juste que Salma ne va pas faire un autre scandale. Quand on parle du loup, on le voit arriver avec une trois pièces en blanc et un bonnet assorti avec la broderie, il tenait la main de sa femme.  Il nous surprend de jour en jour Khalifa, je ne pensais pas qu’il serait aussi à l’aise avec sa femme et surtout en public, comme quoi l’amour rend fou !

– As-Salamou ‘Aleykum, salua Oustaz

Fatima fait une génuflexion pour nous saluer avant d’avancer vers le groupe de ses amies. Je la regarde faire la bise à ses copines arrivée à Salma, cette impolie se lève et quitte le salon sans la calculer, la pauvre elle est restée debout sachant pas quoi faire. Khalifa se lève et je fais de même, priant d’avoir un peu de retenue pour ne passer casser la gueule de cette femme. Depuis quand elle est comme ça Salma ?

Je la trouve dans la cuisine en train de parler à maman comme si elle n’avait rien fait

– Guiss nga yaw, tu peux te foutres de ma gueule parce que je suis obligée de te supporter mais je ne vais pas permettre que tu manques de respect à Khalifa et à sa femme, est-ce que yangi may dégue ?! Criai-je devant les mamans

– Mais qu’est-ce qui se passe ici ?! Rachid lane la ? Questionna ma mère, surprise

– Maman ki dafa rew ! Allez parles, dis à maman ce que tu as fait ! Je veux que tu retournes dans le salon présenter tes excuses à Fatima et tout de suite !!!

– Traînes-moi sur les fesses si tu veux mais je ne vais pas présenter des excuses à cette hypocrite !!!

– Salma ?! Dit maman, choquée

– Maman bayiko ak mane ! Dans le salon et tout de suite ! Hurlai-je mais c’était comme si je parlais à un mur

– Rachid retournes dans le salon je vais parler avec elle, suggéra maman

– Tu me déçois de jour en jour Salma, après tout ce que Khalifa a fait pour toi, c’est comme ça que tu le remercies aujourd’hui ?

– Rachid, laisse-moi parler avec elle, dit Khalifa en entrant dans la cuisine

Je quitte la cuisine énervé, je ne sais pas ce qui lui arrive peut-être que c’est début de ménopause ou de folie parce qu’une personne avec toutes ses facultés ne se comportent pas comme ça !

Salma Siby Bathily

Je sors dans le jardin par la porte de la cuisine, Khalifa derrière moi. Je m’assois sur une chaise et il fait de même. Il me regarde et commence à sourire comme pour se moquer

– A force de vouloir te comporter comme une gamine tu vas finir par perdre ton mari et toute l’estime qu’il avait pour toi. Hadjara je ne t’ai pas éduqué comme ça et franchement je ne vois pas pourquoi tu en fais tout un plat. Je ne suis pas en train de commettre un crime pour autant que je sache, je me suis marié, je ne me suis pas cherché une maîtresse pour m’amuser. Fatima est ma femme alors je te prie de la respecter tout autant que tu me respectes, si tu me respectes toujours, dit-il avec un soupçon d’ironie dans sa voix

– Je ne veux pas devenir son amie, je ne veux pas qu’elle fréquente mes amies. Moi c’est Oumou mon amie pas des voleuses de mari sans scrupule qui se croit plus intelligente que les autres ! Pestai-je, furieuse

– Sa yaram tangue na di Salma, so oytouwoul na Rachid dinala raye (Tu as le corps chaud Salma, si tu ne fais pas attention Rachid va te tuer) et je ne serai pas là pour te défendre.

– Arrêtes de te moquer de moi Oustaz, je ne veux plus rien à voir avec toi ni avec cette voleuse de mari !

– Pourtant c’était ton amie hein… mais khalé bi diongué boumou diongué rek takh na ma geun ko nop ! Laissa-t-il échapper en riant

– Tchim badola ba déh tu as oublié le diongué d’Oumou Salamata hein, aujourd’hui comme tu as vu une nouvelle kay tu peux crier son diongué !!!

– Mane kou nék ak mane tei diongué wo sakh sou yagué nga diongué comme Rachid avec toi rek ! C’est Oumou qui t’a appris tout ce que tu sais alors je ne pourrai jamais oublier ma première kokou sama xol la (C’est mon cœur)

– Que des bobards, ça fait trois semaines que tu es là alors que ta femme a besoin de toi, tu me parles de cœur ish

– Salma tu en fais trop sincèrement. Je ne veux pas être dur avec toi mais tu viens de me traiter de menteur là… Bref Fatima ne t’a rien fait et arrêtes tes gamineries sinon Rachid va te tuer ! Tu ne vois pas que tu es en train de perdre ton mari ? Dit-il plus sérieux

– Au moment où j’en suis j’en ai que dall de le perdre ou de l’avoir ! Il m’a clairement dit qu’il pouvait vivre sans moi alors pourquoi je me battrai pour le retenir ? Il m’énerve tellement en ce moment que je vois qu’une seule chose, quitter sa maison !

– Hum, je ne vais pas m’en mêler ou du moins pas pour le moment. On en reparlera quand tu auras les genoux moins lourds, souligna-t-il avant de se lever

– Qu’est-ce que tu veux dire par là Oustaz ? Criai-je en le rattrapant

– Dokhotou guélém kaw la dieum, diaroul wakh ! Il ne faut pas beaucoup de temps pour sentir une odeur nauséabonde…

– Mais il parle de quoi Khalifa ? Questionnai-je en entrant dans la cuisine

– Eh togual fi té nga déglouma ! Assis-toi et écoute-moi bien, sortit maman Amy les yeux lançant des éclairs

Je m’assois et me prends une banane dans la corbeille à fruits posé sur la table

– Qu’est-ce qui te prends Salma ? Dit-elle

– Je suppose que ton fils t’a parlé ?

– Oui mais de quoi tu te mêles ? C’est toi ou Oumou qui a une coépouse ? Tu en disputes jusqu’à mettre ton mari dedans alors qu’il n’a rien à voir avec ça ? Sermonna-t-elle la main sur sa hanche

– Maintenant tu prends sa défense parce que c’est ton fils ? Il ne t’a pas dit ce qu’il m’a fait ? Ca fait des jours qu’il ne dort pas avec moi, il ne mange pas ma cuisine, il passe son temps à me gueuler devant les enfants et les employer et pour couronner le tout il se permet de me dire que je le suis pas indispensable en plus il m’a dit qu’il ne m’a jamais demandé de rester avec lui quand il me maltraitait seule dans notre appartement !!! Aujourd’hui il peut me balancer ça dans la figure mais s’il croit que je vais courir derrière lui pour lui demander pardon dina lakk gatam bagnou ma ci ba seuy bou tass !!! Sortis-je tremblante de colère

Elle me regarde choquée, elle ouvre la bouche avant de la refermer. Elle semble perdre ses mots

– C’est Rachid qui t’a dit que tu ne lui es pas indispensable ? Questionna-t-elle semblant ne pas y croire

– Tu veux que je l’appelle ?

– Si c’est vrai, eh bien il a menti !!! C’est qui ta mère ? Questionna-t-elle encore avec un sourire salace

– Toi ! Répondis-je fière sachant d’avance ce qu’elle va dire

– Teste-le !

– Comment ?

– Je t’ai déjà tout appris alors ne me demande pas comment mais fais-lui baver et ne t’avise surtout pas à perdre la bataille je sais que tu ne peux pas résister quand il s’agit de Rachid mais fais ce que tu as à faire sans tambour ni trompette. Le désintéressement, intéressé tu connais ? Ignores-le, ne le calcules pas et quand tu seras sûre que ça marche fais semblant de chercher un appartement, qu’il l’entende bien après ça s’il ne change pas d’avis on saura qu’il a dit la vérité, suggéra-t-elle amusée. Après tu me diras qu’est-ce qui te rends aussi agressive ? Ajouta-t-elle avant de retourner aux casseroles

– Je peux t’aider maman ?

– Salma au salon et occupes-toi de tes amies !!!

– Je n’ai pas envie de voir cette voleuse de mari, répondis-je

– Cette voleuse de mari est rentrée chez elle avec son mari parce qu’elle ne se sentait plus à l’aise après ce que tu viens de lui faire, niak kerssa nga def !

– Aïe, sortis-je honteuse. Walaye ce n’est pas ma nature mais je ne la supporte pas

– Tu vas l’accoucher si tu ne fais attention !

– Accoucher mbétté kou birr !

Elle rit avec maman Kiné qui vient d’entrer dans la cuisine

Je sors rejoindre les autres, je vois Madina discutait avec Tamara et Marianne

– Salma tu es une vraie sauvage, tu as attaqué la pauvre Fatima qu’elle a été obligée de quitter la maison en plus regarde Samira elle est tellement mal à l’aise qu’elle est allée rejoindre son mari. Tu étais la plus douce entre nous mais pour cette fois tu as été cruelle avec cette pauvre Fatima qui n’a fait que suivre son cœur et tu aurais fait pareille si tu étais à sa place ! Dit Tamara un peu remontée

– Elle a raison, appuya Madina. Tu nous as tous mises mal à l’aise, c’était à la limite méchant ce que tu lui as fait

– Rachid aurait dû te donner une bonne gifle rek et tu sauras ce que ça fait d’être humiliée, raisonna la voix de Marianne

J’avais tellement honte que je ne pouvais plus rester dans le salon. Je vois Samira me regarder méchamment puis j’ose poser mes yeux sur mon mari, il me lance un regard genre ‘’tu ne paies rien pour attendre’’ on verra mon cher mari…

Je sors dans le jardin et compose le numéro de Khalifa

– Mba diam, dit-il après avoir décroché

– Ta femme est une vraie seytané non mais elle m’a mise en mal avec tout le monde !

– Salma tu veux quelques choses ? Demanda-t-il d’un ton très dur

– Oustaz ?

– Depuis qu’on a quitté chez maman Kiné Fatima n’arrête pas de pleurer et là elle me demande de la libérer, je comprends que tu sois jalouse mais de là à t’en prendre à une personne qui ne t’a rien fait juste pour des histoires de femmes c’est vraiment mesquin de ta part Salma ! Dit-il très calmement mais je sentais qu’il se retenait pour ne pas dire des paroles blessantes

– Oustaz…

– Pas de Oustaz s’il te plaît, je comprends que tu la supportes pas mais au moins restes courtoise avec elle sinon tu ne verras plus chez toi !

– Je suis désolée, je…

Il raccroche sans me laisser le temps de m’expliquer. Je ne sais pas comment j’ai réussi à entrer dans le salon prendre mon sac et quitter la maison sans dire au revoir à personne 

Je connaissais chez Samira mais pas l’appartement de Fatima, elle m’avait juste dit qu’elle habitait dans le même alignement que les Dramé. Je traîne le quartier jusqu’à ce que je voie la voiture de Khalifa. Je me gare à coté et descends, le gardien me demande qui je suis venue voir je lui réponds. Il me montre l’emplacement des sonneries et je sonne à leur appartement

– Oui, raisonna la voix d’Oustaz

– C’est moi Oustaz, dis-je hésitante

La porte s’ouvre, je prends les escaliers jusqu’au deuxième étage. Je vois Khalifa devant la porte le visage très serré

– Où est Fatima ? Demandai-je en prenant place dans le salon

– Elle est en train de ranger mes affaires, elle dit qu’elle ne veut plus de ce mariage !

Je mets mes deux mains sur ma bouche ne sachant pas quoi dire

– Elle blague ou pas ? C’est où sa chambre ?

J’entre dans la chambre et la trouve en train de ranger les affaires d’Oustaz dans une valise en pleur

– Qu’est-ce que tu fais là, tu es venue savourer ta victoire ou c’est Oumou Salamata qui t’a demandé de me rendre la vie dure pour que quitte son mari ? Si c’est ça dis-lui qu’elle a réussi, je lui rends son mari en entier !!! Cria-t-elle

Je lui prends la main et la fais s’assoir sur le lit

– Mala togne Fatima, je suis désolée. Tu ne m’as rien fait, je n’avais pas à m’en prendre à toi. Je me suis juste imaginée à la place de Oumou et comprends que ce n’est pas facile mais je sais que tu tiens à Khalifa tout comme il tient à toi. Si jamais vous divorcez je ne me le pardonnerai jamais ! Je ne sais pas ce qui me prends et pourquoi je me comporte comme ça avec toi mais sache que je n’ai rien contre toi je suis juste emportée par la jalousie encore une fois. Si jamais tu quittes Khalifa il ne va jamais me le pardonner et Oumou aussi, je ne parle même pas de mon mari, alors je t’en supplie oublie tout ce que j’ai dit ou fait et reste avec Khalifa, suppliai-je mes en tenant fort ses mains

– Je ne veux pas causer de tort à sa femme et je me dis que c’est elle qui t’a envoyé…

– Je te jure Fatima, Oumou est la personne la plus douce que je connaisse, cette femme est un ange. Elle n’a jamais souhaité mal à personne et elle aime tout ce que son mari aime. Elle ne ferait jamais une chose pareille oui moi j’en serai capable mais pas elle, j’ai vécu avec elle pendant 20 mois et tout ce que je sais c’est elle qui me l’a appris. Oumou est la bonté incarnée, je te jure !

Je suis sortie appelée Khalifa, je les vois s’embrasser et je quitte lentement l’appartement sans faire de bruit. Il reste à régler mon problème avec mon mari tei lolou dou sedd ! Ca ne sera pas facile !!!

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