dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

A bout de souffle – Tome 2 : Partie 03

13 min read

Fatima SALL SOW

 

On était en train de prendre le petit déjeuner mon mari et moi mais j’étais incapable de le regarder dans les yeux j’avais trop honte. Il voulait taper une conversation mais je répondais par monosyllabe. Oh mon Dieu, si la honte pouvait tuer, comment il fait pour être aussi à l’aise après tout ce qu’il a fait dans la chambre hier nuit ? J’ai vraiment du mal à le regarder wakh deug nekh Ya’Allah c’est au-dessous de mes forces

– Mon amour qu’est-ce qu’il y a, je te trouve un peu distraite là ? Entendis-je alors que mes pensées étaient ailleurs

– Non rien, répondis-je gardant la tête obstinément baissée

– Tu es gênée ? Sortit-il encore alors que je voulais me mettre sous la table

– Euh… non !

– Alors lève la tête et laisse-moi te regarder, dit-il en me prenant la main

Je lève les yeux et le vois sourire toutes ses dents

–  Si tu continues à faire l’innocente devant moi, je ne vais plus te toucher et ce qui s’est passé dans la chambre hier est juste ce que j’avais envie de te montrer alors imagine un peu ce que tu vas rater si tu continues de faire cette tête d’enterrement ! Avoua-t-il avec un clin d’œil me laissant complétement sans voix

Je le regarde choquée ne sachant quoi répondre. Et puis sakh, depuis quand je suis devenue aussi timide et depuis quand je me laisse faire ? Mais avec lui je ne sais pas si c’est ce qui s’est passé hier parce que c’est moi qui l’ai presque harcelé avant qu’il ne prenne les choses en main. Je croyais que l’homme ne connaissait rien, qu’il ne savait rien des choses même s’il est marié je le voyais très pudique, un saint qui ne fait que l’essentiel avant de se retourner pour dormir mais… ce qu’il m’a montré hier, rien que d’y penser je sens ma culotte trempée…

– Tu veux manger quoi au déjeuner ? Dis-je pour changer de sujet

– Toi !

Je sursaute renversant ma tasse de café sur la table. Il soulève vite la nappe pour que ça ne déborde pas pendant que je débarrassais à la vite…

– Fatima t’es loin d’être timide après l’entrée spectaculaire que tu as faite hier dans la chambre, tu es loin d’être timide ma chérie. Ici il n’y a que toi et moi sounou ko nékhaloul ndaw keur gou wett

– Oustaz…

– Boumani Oustaz pour toi, je ne suis pas un oustaz mais ton mari Fatima alors arrête-moi ça tout de suite, dit-il en ouvrant le zip de ma robe

Je le regarde encore choquée, j’étais en petite culotte priant qu’il ne me fasse pas languir comme hier.

– Tu es magnifique comme ça, dit-il encore caressant ma cuisse

Il me soulève et me met sur la table puis il se met à genoux devant moi. Je perds la notion du temps, je me perds puis je deviens ivre de désir…

– Tu es magnifique comme ça madame Sow !

Je ne pouvais pas répondre, trop exténuée pour le faire…

Kenn dou khoti worma oustaz bouma kenn lathie lou xew ci nekk ba nak !

Quelques jours après notre mariage nous sommes partis en lune de miel aux îles Saloum, nous avons appris la disparition de la fille de Madina et Cheikh. Khalifa passait les nuits à faire des dou’as pour elle jusqu’à ce qu’on la retrouve une semaine après  et ce jour même qu’on est rentré. Vers 12 heures Rachid nous appelle pour qu’on vienne déjeuner chez tata Kiné et nous sommes partis les rejoindre une heure après

A notre arrivée, les hommes étaient assis dans le premier salon en train de discuter je les salue avant de rejoindre les filles de l’autre côté. J’embrasse tout le monde et arrivée à Salma, elle se lève avant de quitter la pièce en me lançant un tchip bien salé. J’avais tellement honte que je ne savais comment réagir. Je vois son mari courir derrière elle pendant que Samira me prenait la main pour que je m’assoie 

– Ne t’inquiète pas Fatima, Salma est simplement jalouse je vais aller lui parler, dit mon mari en m’embrassant

– Tu vois c’est pour cela que j’hésitais d’accepter ce mariage tu as vu ? Dis-je à Sami sentant mes yeux piquer

– Ne te prends pas la tête comme t’a dit ton mari Salma est jalouse rek ! Sortit Tamara

Quelques minutes après, mon mari revient et je lui dis que je voulais rentrer, il a voulu qu’on reste mais je ne voulais plus revoir Salma et je ne me sentais plus à l’aise.

Une fois dans la voiture j’ai piqué une crise, il conduisait en silence et ne me répondait pas

– Continue à faire semblant, je sais que tu m’as bien entendu ! Tu vas prendre tes affaires à la maison et on va oublier ce mariage ! Débitai-je hystérique

Il continue de conduire en silence jusqu’à la maison. Il se gare devant l’immeuble et saute pour rejoindre les escaliers que je prenne en trois. Une fois dans l’appartement je commence par faire sortir ses habits du dressing avant de les mettre dans sa valise en lui demandant de me libérer

– Fatima nank métiwoul déh. Tu n’es pas mariée à Salma mais à moi ! Tu devrais te foutre de l’avis de Salma concernant notre mariage ce n’est pas avec elle que tu partages le lit la nuit mais avec moi. Qu’elle t’aime ou non pas ça n’a pas d’importance !!!

– Tu peux dire ça toi ! Je suis sûre que c’est ta femme qui l’a envoyé. C’est Oumou qui lui a demandé de me rendre la vie difficile pour que je te quitte mais tu peux dire à ta femme qu’elle a réussie ! Je lui laisse son mari !!!

– Mais tu t’entends parler Fatima ?

– Prends tes affaires s’il te plaît Khalifa et libère-moi !

Il me regarde encore choqué. Il ouvre la bouche pour parler mais son téléphone l’interrompt, il sort de la chambre pour répondre avant de revenir une minute après

– Ce n’est pas comme ça chérie, tu es juste en colère…

– Je suis en colère contre moi-même ! Je n’aurai pas dû accepter ce mariage, c’est juste ça !

– Mais tu t’entends parler ? Tu ne t’es pas mariée avec Salma encore une fois et Fatima je te croyais beaucoup plus forte que ça !

– Penses ce que tu veux mais je ne vais pas supporter une sorcière de coépouse qui envoie ses copines pour me faire fuir ! Sortis-je énervée

– Tu délires là…

– Tu sais bien de quoi je parle alors s’il te plaît fais-moi le plaisir de quitter mon appart et de me libérer aussi, suppliai-je le cœur lourd

– D’accord je vais partir mais je ne vais pas te libérer, sois en sûre et encore, Oumou n’a rien à voir avec les caprices de Salma, elle n’a même pas le temps alors met-là en dehors de ça !

– Kiff-kiff ! Une femme est capable de tout quand elle est jalouse !

– Kone bakhna, dit-il avant de sortir de la chambre pour répondre à la sonnerie de l’interphone

 Une minute après je vois Salma devant la porte de ma chambre…

– Qu’est-ce que tu fais là, tu es venue savourer ta victoire ou c’est Oumou Salamata qui t’a demandé de me rendre la vie dure pour que quitte son mari ? Si c’est ça dis-lui qu’elle a réussi, je lui rends son mari en entier !!! Cria-t-elle

Elle me prend la main et m’incite à m’assoir avec elle

– Mala togne Fatima, je suis désolée. Tu ne m’as rien fait, je n’avais pas à m’en prendre à toi. Je me suis juste imaginée à la place de Oumou et comprends que ce n’est pas facile mais je sais que tu tiens à Khalifa tout comme il tient à toi. Si jamais vous divorcez je ne me le pardonnerai jamais ! Je ne sais pas ce qui me prends et pourquoi je me comporte comme ça avec toi mais sache que je n’ai rien contre toi je suis juste emportée par la jalousie encore une fois. Si jamais tu quittes Khalifa il ne va jamais me le pardonner et Oumou aussi, je ne parle même pas de mon mari, alors je t’en supplie oublie tout ce que j’ai dit ou fait et reste avec Khalifa, supplia-t-elle en tenant fort ses mains

– Je ne veux pas causer de tort à sa femme et je me dis que c’est elle qui t’a envoyé…

– Je te jure Fatima, Oumou est la personne la plus douce que je connaisse, cette femme est un ange. Elle n’a jamais souhaité mal à personne et elle aime tout ce que son mari aime. Elle ne ferait jamais une chose pareille oui moi j’en serai capable mais pas elle, j’ai vécu avec elle pendant 20 mois et tout ce que je sais c’est elle qui me l’a appris. Oumou est la bonté incarnée, je te jure !

– C’est vrai ?

Elle fait oui de la tête et sort puis elle revient avec mon mari, il me prend dans ses bras et m’embrasse. Je lève la tête pour si elle ne nous regarder pas mais elle n’était plus dans la chambre.

– Maintenant assis-toi il faut qu’on parle, dit mon mari en prenant ma main. Primo, la prochaine fois que tu me parles, évites de me crier dessus. Je ne suis pas sourd, j’entends très bien. Tu peux parler sans élever ta voix, je ne crie pas, je ne m’énerve pas vite alors essaies de garder ton sang-froid la prochaine fois. Deuxio une femme ne demande pas le divorce comme tu viens de le faire, pour une toute petite histoire tu demandes le divorce sans même prendre le temps de m’écouter, si c’est un jeu pour toi, ça ne l’est pas pour moi alors la prochaine fois que l’envie de demander le divorce pour des futilités réfléchies bien ! Et tertio n’accuse pas une personne sans preuve ! Tu as accusé Oumou à tort et là tu n’as pas honte ?

Je baisse les yeux, gênée…

– Réponds-moi ?

– Si mais comprends que j’étais jalouse aussi !

– Mani djiguenn day tey jalouse ou pas ! Maîtrise de soi animou ?

– Je suis désolée !

– C’est bien mais la prochaine fois s’il te plaît garde ton calme si tu es sûre que tu vas dire des absurdités !

– D’accord mais arrêtes de me gronder !

– Je ne te gronde pas, on ne fait que discuter !

– Oui j’ai compris et je te promets de faire des efforts. Maintenant va prendre un bain, je vais voir ce que je peux faire pour le déjeuner !

Je sors honteuse mais il a raison, Fatima ak téy mom meussou niou sekk wakhtane je vais faire des efforts et diminuer ce tempérament de sauvage là…

Quelques jours après, mon mari devait rejoindre Dagana et c’est là que j’ai su que je suis réellement dans un ménage polygame. Je ne voulais pas qu’il rentre mais aussi je ne pouvais pas le lui dire. J’avais acheté des bocaux d’encens royal chez Salma pour Oumou Salamata mais aussi des tissus léger et d’autres cadeaux. Il a demandé à me parler avant de partir. Je le vois sortir son chéquier avant de le remplir…

– Pour la location de l’appartement, les courses, les factures et ton argent de poche, sortit-il en me tendant le chèque

– Mais je peux me prendre charge toute seule, tu me vexes là…

– Mon devoir c’est de te prendre en charge entièrement, deukeul la, deuko la, wodou la, yoor la, yiir la, sa lepp mane la worr depuis le moment que je suis devenu ton époux. Je ne veux pas qu’on se dispute pour ça prend ça et qu’on en reparle plus et ça serait comme ça tous les mois ! Dit-il poliment

– L’appartement est à moi, je l’ai acheté il y a cinq ans, tu peux me donner mon argent de poche mais je ne te l’impose pas mais pour les courses de la maison et les factures je vais m’en charger. C’est mon devoir de prendre en charge mes enfants alors je ne te l’impose pas aussi, fis-je essayant le plus possible de ne pas le blesser

– Tes enfants ne sont-ils pas mes enfants ? Si tu crois que je n’ai pas les moyens parce que je ne vis pas à Dakar mais dans un village ou que je ne suis pas dans un bureau, je n’ai pas de salaire, détrompes-toi ma chérie j’ai bien les moyens de prendre en charge mes deux maisons sans l’aide de personne ! Prend cet argent dépense-le comme tu veux et je ne veux pas de polémique. Aller maintenant j’ai une longue route à faire alors lèves-toi et fais-moi un gros câlin parce que c’est certain que tu vas me manquer !

Je me lève et saute dans ses bras. Je me blottis encore plus, j’aurai voulu qu’il reste encore mais je ne l’ai pas pour moi toute seule.

– Ne pars pas s’il te plaît, finis-je par sortir

– J’aurai voulu rester mais…

– Je sais !

Je mets fin à notre étreinte avant de l’accompagner jusqu’en bas

– Denk nala Ya’Allah mon amour ? Innal Lazi Faradaa…

– Nangou nako ! Dit-il en embrassant le dos de main. Prend soin de toi et des enfants

– In Sha’Allah ! 

Il monte dans sa voiture et démarre en me lançant un bisou et mon cœur fond, je retrouve à pleurer comme une fille de 18 ans parce que mon mari est parti…

– Wa madame depuis que ton mari est parti tu es devenue une vraie tête en l’air, dit Samira qui venait de mettre en face de moi

– Shi Sami lâche-moi un peu rek !

– Mais crache le morceau, c’était comment ?

– Une tuerie, une bombe ! C’était juste dément !

– Waouh !

– Limay diay bandit yeup… Oh Sami je ne peux pas tout dire damay wormal kilifa-gui…

– Mom kay dague ko fa ! Ne dis rien, rien qu’à entendre ta voix on sait qu’on t’a bien baisé ces derniers jours woooy…

– Tu es tellement vulgaire !

– Je sors de ton école ma chérie !

– Ah ça !

– Mingi nonou légui nak je vais aller rejoindre mon mari parce que moi aussi j’ai envie de faire des choses cochonnes !

Les jours passaient et tout aller bien dans nos vies jusqu’à ce qu’on apprenne l’accident de Madina, mon mari est venu le soir même mais je ne l’ai vu que le lendemain.

Quelques jours après le retour de Madina de la France, la maman de Cheikh a appelé mon mari alors qu’on était en voyage à Marrakech et à notre retour, impossible de revoir mon mari. Il est resté plus de deux sans venir me voir. Il appelait tous les jours pour prendre de nos nouvelles mais à chaque fois que je lui demande quand est-ce qu’il allait venir nous voir, il me dit qu’il doit attendre que Cheikh aille mieux. Je ne suis pas égoïste mais Cheikh est assez grand pour prendre soin de lui sans l’aide personne. Je décide de l’appeler parce que j’étais vraiment à bout. Mon mari me manquait mais énormément et il était hors de question qu’il me fasse encore languir  alors que Cheikh allait beaucoup mieux…

– Bissimillah ! Répondit-il paressant agacer

– Guiss nga yaw Khalifa dinga khamni mane nga fiy fekk ! Tu m’avais dit que tu seras à Dakar aujourd’hui et il est déjà 22 heures et pas une ombre de toi ?!

– Je suis toujours à Gaya, Cheikh a rechuté ce matin et je ne peux pas le laisser seul dans cet état, expliqua-t-il

– Mais je m’en fous !

– Fatima !

– Oh mayma !!! Cela fait deux mois que tu n’as pas mis tes pieds à Dakar oubliant que tu as laissé une femme ici ! Je ne suis pas un meuble à qui un dépoussiérant suffit pour être clean khamal lima la wakhoul tei nga indi watt sa bopp sinon lo guiss rek mane la !!!

– Tu as raison ma chérie mais vraiment je ne peux pas laisser Cheikh dans cet état. Je te promets que je viendrai dès qu’il ira mieux In Sha’Allah !

– Kay ma wakhla lo yeugoul nak. Demain si tu ne te montres pas tu me rendras ma liberté dégue nga ? Sortit-elle sans arrière-pensée 

– D’accord demain à la même heure tu m’appelles et je te donnerai ce que tu réclames !!!

Il raccroche me laissant choquer. Il va me libérer alors ? J’insiste encore mais je tombe directement dans sa boite vocale.

– Danga eupeul trop Fatima. Tu aimes trop jouer avec le divorce même une petite égratignure sakh tu demandes le divorce. Voilà maintenant assume ! Sermonna Samira quand je suis allée me plaindre chez elle

– Change Fatima ce n’est pas comme ça que tu vas réussir à régler les choses, dit Omar aussi

Je rentre chez moi toute triste, Khadija sert le diner mais je n’avais pas faim. Je ne voulais que parler à mon mari et lui demander de me pardonner et aussi de me comprendre, c’est ma nature, je suis impulsive et imprévisible par moment…  

Coucou mes chéris… Je sais c’est court mais diap lenn ci rek en pleine vacance pas le temps d’écrire. Je sais aussi mais on va avancer mane sakh dama name Madina. Bisous à tout le monde et bonne lecture !

Commentaire Facebook

35 commentaires on “A bout de souffle – Tome 2 : Partie 03

  1. Très belle plume
    Bi ma dalété di lire chronique ba legui je pensais que diouldé mo thi dakheu mais vous me faite découvrir encore mieux
    Alors la Bravo

  2. Ohhhhhh Fatima je sens ke tu va t’assagir avk notre Oustaz
    Mé oú é Madina la fw passé elle a failli me fére pleuré jespére k’el ne sortira pa tte dépéri de set history coz mw je l’adore😟

  3. Fatima toi aussi c’est quoi ces réactions de petite fille hein ressaisis-toi sinon tu risques de perdre Oustaz qui est un homme posé

Comments are closed.