mar. Sep 22nd, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Partie 20

16 min read

Salma Siby Bathily

Rachid tenait fermement mon poignet droit et je sentais ses mains trembler. Arrivés à la voiture, il débloque la débloque et ouvre la portière côté passager avant de m’y jeter sans ménagement puis il fait le tour, prend place et démarre sans tarder. Il tenait fermement le volant de ses deux mains et il conduisait comme un fou, je voulais lui demander de lever un peu le pied mais j’avais peur de l’ouvrir. Je crains qu’il fasse renverser la voiture, il était furieux inutile de le dire…

Nous sommes arrivées à la maison en moins de 10 minutes, il sort de la voiture avant de venir m’ouvrir la portière, ses mâchoires étaient crispées et ses mains tremblaient toujours. Je descends de la voiture les jambes en coton, il jette les clés à un des vigiles pour qu’il fasse entrer la voiture dans le garage.

Il marchait beaucoup trop vite et moi je courais presque derrière lui, il fallait que je le calme, je n’ai jamais vu Rachid aussi en colère. Nous arrivons dans notre chambre, il lâche ma main et je le vois enlever sa montre pour la poser sur la coiffeuse puis il se dirige vers moi, je tente de rester sereine mais mon cogner fort à l’intérieur de moi

– Maintenant tu vas me dire qui je suis pour toi, ton mari ou ton imbécile que tu ridicules devant les autres Salma Siby ?! Hurla-t-il et j’ai senti mes oreilles bourdonnaient après ses cris

Je ferme la bouche incapable de répondre, je ne sais pas quoi dire sakh

– Réponds-moi !

– Je suis désolée Rachid, réussis-je à dire d’une toute petite voix

– Désolée ? Franchement Salma tu es désolée ? Tu me prends pour qui ?

– Rachid je suis désolée je n’aurai pas dû te manquer de respect mais comprends que j’étais juste emportée par la jalousie, je suis désolée mon cœur !

– Jalousie par apport à quoi ? En quoi cela te concerne que Khalifa épouse Fatima ?

– Toi tu étais au courant de leur relation et tu ne m’as rien dit, tu l’as même conseillé de lui demander en mariage s’il était sûr de ses sentiments et tu es allé demander sa main sans rien me dire Rachid, j’ai vu tout ce que vous vous êtes dit par message, Khalifa et toi !

– Qu’est-ce que tu faisais sur mon portable Salma ?

– Juste pour être sûr que tu n’y étais pour rien été à ma grande surprise Rachid, c’est toi qui as tout joué concernant le mariage…

– Lou ci sa yone ? De quoi je me mêle ? Que je demande la main de Fatima ou que je scelle le mariage qu’est-ce que ça peut te faire ?

– Demain si toi aussi tu hésites à prendre une deuxième femme c’est comme ça que Khalifa va comploter avec toi derrière mon dos ! Et de plus Oumou Salamata ne mérite pas ça !

– Ah tu crois que si demain je pense prendre une deuxième femme tu vas m’en empêcher Salma ?

– Oh oui Rachid ! Si tu le fais attends-toi à me perdre !!! Confirmai-je sûre de moi

– Oh Salma si tu me tends la perche je ne vais pas hésiter à la saisir ! Ne pense pas que tu peux me faire chanter avec ça !

– Je ne te fais pas chanter, oh que non ! Je te dis juste ma position Rachid à toi de voir aussi…

– Ne crois pas que tu m’aies indispensable Salma Siby ! Tu ne m’es pas indispensable ! Et je décide que je vais épouser une autre, je le ferai que tu le veuilles ou non et si tu veux partir fais-le maintenant parce que oui, je suis polygame !!! Cria-t-il à quelques centimètres de mon visage

Mes larmes coulent, ça fait mal d’entendre ça de la bouche de mon Rachid. Il a dit que je ne le suis pas indispensable, il a dit ça sans ciller ni hésiter.

– Rachid je ne te suis pas indispensable ? Questionnai-je la voix tremblante

– Non Salma mane teunkoma !

– Ak finou diar yeup Rachid ? Je suis restée à supporter ta méchanceté et tes sautes d’humeurs pendant plus de 10 ans ! Je suis restée avec toi parce que je t’aimais parce que je croyais que tu voulais de moi dans ta vie aujourd’hui tu viens me jeter à la figure que je ne suis pas indispensable à ta vie ?

– Salma, je ne t’ai pas demandé de rester !!!

– Tu n’es qu’un pauvre ingrat Rachid Bathily, yaw ak gorr nieup yam foumou nékhé rek ngenn tokk aujourd’hui parce que ton ami a pris une deuxième épouse et que tu te sens pousser des ailes, tu crois que toi aussi tu peux le faire ?

– Tu vas m’en empêcher peut-être ? Dit-il de manière détachée que j’en eu des nausées

– Tu es mauvais Rachid !

– Je ne suis pas ton égal Salma !

– Egal Rachid ici dans cette chambre ?  Quand tu danses avec mes ferrs autour de tes reins tu ne parles pas d’égal ! Quand je te fais hurler de plaisirs aussi tu ne dis pas ça alors ne me parle pas d’égal ici puisque que je t’ai vu nu comme un vers de terre des milliers de fois dans cette chambre ngay yout bay gall (tu bavais à en régurgiter)

Il avait levé et j’ai rapproché mes bras sur mon visage pour protéger mais je sens sa main me serrer le poignet

– C’est la dernière fois que tu me parles comme ça Salma et c’est la dernière fois que tu vas lever la voix devant moi !!! Hurla-t-il tremblant de colère. Danga am chance nak kone je t’aurai corrigé jusqu’à ce que tu comprennes une bonne fois que je suis ton mari et pas ton amant !

Il est sorti de la chambre et je ne l’ai pas vu de toute la journée.

 Vers 20 heures il est arrivé avec les enfants qui ont passé la journée chez mes parents. Il est monté directement dans la chambre après une douche je l’ai vu entrer dans son bureau. Il n’est pas venu dîner, il a dit à Muhammad qu’il n’avait pas faim.

Je sais que je suis allée beaucoup trop dans ce que j’ai dit mais je voulais juste lui dire mal comme quand il m’a dit que je ne suis pas indispensable dans sa vie. Je voulais me venger ses paroles m’ont faites beaucoup trop mal et je voulais qu’il ressente la même chose 

Quand je suis montée me coucher, il ne m’a rejoint qu’une heure après et quand il est venu, il a sorti le matelas gonflable que j’avais acheté pour lui faire ses massages et il a étalé par terre puis il met les draps avant de se coucher…

– Rachid, dis-je dans un sanglot

Il ne s’est même pas retourné, il s’est couché sans un mot, ni un regard

Une semaine que ça dure, il ne mange pas ma nourriture, il ne partage pas le lit avec moi et il me salue à peine juste un pathétique « ça va » rien de plus. Avant quand on se disputait, il faisait toujours semblant devant les enfants mais là il évite même de rester avec les enfants quand je suis là.

J’ai essayé de lui demander pardon mais il ne m’a même pas laissé parler, il s’est levé et à quitter le bureau sans plus.

Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Muhammad, il a 4 ans. Nous nous sommes retrouvés dans le salon pour lui chanter un joyeux anniversaire. Rachid était là mais il n’a pas décrispé, il se tenait debout devant la porte les bras croisés sur sa poitrine tel un garde rapproché. Muhammad lui demande de s’approcher pour l’aider à souffler les bougies, il s’approche en souriant un peu. Il se met derrière son fils et moi à sa droite les triplés de l’autre côté. On finit de lui chanter ‘’joyeux anniversaire’’ on l’aide à souffler sur les bougies comme il l’a demandé, par reflexe je touche le bras de mon mari…

– Ne me touche pas !!! Hurla-t-il faisant sursauter les enfants et les employés

Il sort du salon sans un mot, je ne savais plus ce qui se passer autour de moi

– Maman qu’est-ce qui arrive à papa ? Questionna Khalifa

– Rien ! Khady coupe le gâteau et sert aux enfants, dis-je avant de quitter le salon avec la tête qui tourne

Je le rejoins dans son bureau, il parlait au téléphone et il était en train de rire aux éclats

– Je te rappelle chérie, dit-il avant de poser son téléphone sur son bureau

Chérie ? Il a dit chérie ? Il dit chérie à qui ?

Je sors du bureau comme je suis entrée, je cours pour rejoindre ma chambre mais je trébuche et rate une marche des escaliers. Je me relève et cours m’enfermer dans ma chambre, je saute sur le lit et je laisse sortir les sanglots que j’essayais de retenir depuis que je l’ai entendu dire chérie. S’il croit que je vais me laisser faire comme avant, il se fout le doigt dans l’œil

C’est la sonnerie de mon portable qui me réveille, Ya’Allah li dou diam déh, il fait 05 heures du matin qui peut bien m’appeler ?

– Allô, Cheikh ? Je t’en supplie ne m’annonce pas une mauvaise nouvelle, sortis-je sentant mes larmes sortir

– Kiné a été enlevé à Saint Louis hier soir, je viens de raccrocher avec la tante de Madina, expliqua-t-elle la voix faible

– Lane ?

– J’avais dit à Madina de ne pas partir mais elle est partie et je ne sais pas ce qu’elle en train de faire jusqu’à ce qu’on kidnappe ma fille mais Salma je vais la tuer !

– Cheikh…

– Je suis en route pour Saint Louis je vous tiendrai au courant. Appelle ma mère s’il te plaît, j’ai essayé mais elle a éteint son téléphone !

– Non passe nous prendre, je vais réveiller Rachid !

Je raccroche et descend du lit, Rachid dormait sur le côté. Je le regarde en pensant que je peux le tuer en ce moment sans qu’on me soupçonne. Je m’approche de lui et je me mets à genoux avant de lui caresser la tête

– Rachid ?

Il sursaute avant de se dégager de moi comme si le fait que je l’approche lui brûlait le corps

– Doucement, Cheikh vient de m’appeler, dis-je

– Lou xew ? Que se passe-t-il ? Demanda-t-il les yeux grands ouverts

– Madina est partie à Saint Louis avec bébé Kiné et la petite a été enlevé hier soir

– Quoi ?

– Cheikh va passer nous prendre

Cheikh est venu cinq minutes après avec un t-shirt et un pantalon pyjama.

– Calme-toi on va attendre le commandant de la brigade de recherche de St Louis et le commissaire, ils sont tous sur l’affaire je viens de raccrocher avec eux, dit Rachid tenant le poignet de Cheikh qui pleurait comme une fille

– Rachid je ne peux pas attendre ici, tu sais tout ce qui se passe dernièrement dans ce pays, tu sais ce qui se passe, quand ils enlèvent les enfants…

Le pauvre il éclate en sanglot avant de s’asseoir sur le canapé. J’avais pitié de lui que je me suis mise moi aussi à pleurer. Il a raison, des choses ignobles se passent dans ce pays, les enfants sont enlevés et tuer d’une manière tellement atroce. C’est malheureux !

– Soit un homme et arrête de pleurer. Salih est parti avec les agents de sécurité on va voir comment ça évolue. Maintenant tu vas aller prendre une douche, je vais voir dans mes habits quelque chose de plus présentable et on quittera après la prière du matin Incha’Allah

Comme convenue nous avons quitté Dakar après la prière, nous avons pris l’hélicoptère de l’entreprise. En chemin vers chez Madina, Cheikh n’arrêtait pas de jurer qu’il allait tuer sa femme

– Arrête Cheikh tu ne feras rien à ta femme, la seule erreur qu’elle a commise s’est d’être partie sans ton consentement alors arrête de dire des bêtises ! Corrigea tata Kiné

– De toutes les façons elles sont toutes pareilles, dounou dégue tekci tei reuye lamigne ! Elles n’écoutent jamais en plus d’avoir la grande gueule, appuya Rachid en me regardant

– Rachid au lieu de raisonner ton frère, tu appuies ses dires ? Dit maman Amy

Je ne dis rien et continue de regarder la route. Nous sommes arrivés à Balacosse vers 08 heures du matin.

Cheikh Tidiane Bathily

Quand nous sommes entrés dans la demeure des Aïdara nous les trouvant tous assis à l’entrée, je vois Madina se précipiter vers moi, je n’avais pas envie de la voir et je ne veux pas qu’elle me touche. Elle a voulu sauter sur moi mais je me suis dégagé d’elle, je ne veux pas qu’elle me touche.

– Pries pour qu’il n’arrive rien à ma fille sinon je te je jure que je vais te tuer de mes propres mains !!! Criai-je

Je vois Lamine et Rachid se précipitaient sur moi, je me dégage d’eux et je sors de la maison

Rachid et moi sommes allés à la gendarmerie et rien, le commandant a dit qu’ils n’avaient pas de pistes et qu’on devait attendre. Attendre quoi ? Que les ravisseurs fassent du mal à ma fille ? Non je ne peux pas attendre en même temps je ne sais pas vers où chercher. Ma fille n’est pas sortie de la maison seule, elle a été enlevée. Ses affaires ainsi les bijoux de ma femme et son portable qu’elle rechargé sur le chevet aussi ont aussi disparus, c’est sûr que c’est une personne qui connaît bien ma belle-famille

Je vois Rachid venir vers moi portable à la main

– Salih vient de m’appeler, un couple a vu ce matin vers 06 heures une Peugeot 206  se garer devant la station de Ngaye, un homme était au volant et derrière une femme, elle avait un enfant sur elle et cette dernière pleurait beaucoup…

– Et ils sont allés où ?

– Ils ne savent pas mais ils sont en train de faire leur enquête. J’ai aussi appelé Khalifa et il a dit que la personne qui a enlevé la petite ne sera pas en paix tant qu’elle aura la petite. Il va aussi faire des prières et nous n’avons qu’à espérer qu’Allah les exauce !

– Rachid, je veux retrouver ma fille saine et sauve sans aucune égratignure sinon je te jure que je tuerai la personne qui osera faire ne serait-ce qu’une petite marque à ma fille, criai-je sentant mon cœur se déchirer

– Nékal nitt et arrêtes de jurer de tuer. Je sais que ce n’est pas facile et j’essaie de mettre à ta place mais ce n’est pas comme ça que tu vas retrouver ta fille et ta femme a besoin de toi, elle est aussi perdue que toi sinon plus !

– Je ne veux pas la voir !!! Dis-je en m’éloignant de la maison

Une semaine aujourd’hui sans les nouvelles de ma fille. Nous sommes rentrés sur Dakar deux jours après l’enlèvement de ma fille, le commandant nous a certifié qu’elle n’était plus à Saint Louis. On dirait que le temps s’est arrêté depuis, je ne sais pas comment je fais pour rester debout ça fait des jours que je n’ai rien mangé. Je ne sais pas où se trouve Madina aussi, elle a voulu rentrer avec moi mais je lui ai interdit de revenir à la maison. Je ne la supporte plus, je me dis que ma fille serait en ce moment avec nous si elle n’était pas aussi têtue. Je sais qu’elle souffre autant que moi mais je ne veux pas la voir, je ne la veux pas sous mon toit

Madina Laliyah Bathily

Je suis chez ma belle-mère qui essaie encore de me forcer à manger mais ce qu’elle ne comprend pas je n’ai goût à rien. Ma fille n’a peut-être rien mangé, elle est peut-être sale et je suis certaine qu’elle n’arrête pas de réclamer ses parents. Le fait de rester comme ça sans nouvelles me tue à petit feu. Je me sens coupable et je suis coupable si j’avais écouté Cheikh tout ceci ne serait arrivé, je serai là en ce moment avec ma fille et mon mari…

– Manges ma fille s’il te plaît, personne ne sait à quoi tu ressembles, manges, supplia ma belle-mère en me caressant ma tête

– Je t’en prie maman je ne peux rien avaler, je te jure que je vais manger quand j’aurai faim, répondis-je en me levant pour regagner ma chambre

J’entre et me couche, je crois que je n’ai plus de larmes à force de pleurer je me suis vidée. Je n’ai plus de larmes. Qui a pu bien faire ça ? Je cherche mais je ne vois rien. Ma mère a voulu venir avec moi mais je lui ai dit de rester au cas où… à vrai dire je ne voulais pas la voir. Je sais qu’elle n’y est pour rien mais elle n’avait pas à laisser seule ma fille dans la maison et je connais ma mère, elle ne sait pas seulement limiter à accompagner son amie jusqu’à la porte, elle peut même l’avoir accompagnée jusque chez elle et compter les chèvres qui traînent partout dans les rues.

J’entends toquer et je lève la tête pour voir Salma devant la porte, elle aussi elle ne m’a pas lâché une seule fois avec Tamara et les autres, elles sont presque chaque jour là pour m’apporter leur soutien. Fatima aussi est passée avec Khalifa…

– Comment tu vas ma chérie ? Questionna Salma en prenant place au bord du lit

– J’essaie de faire avec mais c’est difficile sans mon mari Salma, avouai-je

– Je sais ma chérie mais ça va aller, tu sais moi aussi mon mari me fait la tête depuis notre dispute chez vous mais bon… ça va aller, dit-elle essuyant une larme

– Massa, va te faire pardonner au lieu de rester ici à ne rien faire

– Je ne crois pas que ça va s’arranger entre nous cette fois, Rachid est de plus en plus distant et… afin, ne parlons pas de ça.

Elle se couche et s’endort très vite. Je la regardai dormir et je finis moi aussi par m’endormir

Il est 15 heures quand maman Kiné nous réveille pour nous forcer encore à manger. On rattrape nos prières avant de sortir la chambre avec Salma. Je retrouve dans le salon Cheikh dans une tenue très froissée. J’avance et prends place de l’autre côté avec Salma

– Cheikh, le saluai-je

Il ne dit rien, je me suis dit qu’il ne m’avait peut-être pas entendu

– Cheikh, insistai-je un peu plus fort

Il me regarde genre « je t’ai entendu mais je n’ai envie pas te répondre ! » puis il salue Salma et se permet même de sourire. Maman amène un plat de thiébou Dieune et nous force à manger. C’était bon mais je ne pouvais rien avaler j’avais la gorge nouée

Vers 18 heures Tonton Rachid et ses amis arrivent à la maison. Salma a quitté le salon après avoir saluée chaleureusement tonton Aziz et tonton Rahim et mais elle ignore royalement tonton  Khalifa et tonton Rachid. Je vois tonton Rachid la suivre et elle revient une minute après saluer tonton Khalifa avec le bout de la langue, les larmes aux yeux.

Vers 02 heures du matin je me levée pour implorer Allah de faire revenir ma fille. Je ne vais pas me décourager et je suis persuadée qu’Il attend mes prières et qu’Il va les exaucer dans peu de temps Incha’Allah.

Je n’ai réussi à retrouver le sommeil qu’après la prière de Soubh. Je vois un homme parler à une femme, il me regarde comme s’il voulait que je le suive. Alors je marche derrière lui, je connais ce quartier, je suis déjà venue dans cette maison. Je connais ses escaliers, je suis venue ici plusieurs fois. Arrivé devant une porte l’homme disparaît, j’ouvre la porte et je vois une chambre avec un matelas au sol…

– Léna, criai-je en sautant de mon lit

Je mets vite un meulfeu, je prends mon portefeuille et sort de la maison en courant. Le gardien me demande ou je vais mais je ne lui pas répondu, y avait plus urgent.

Je saute vite sur un taxi et j’arrive chez moi. Je sonne plusieurs fois avant que Cheikh daigne répondre

– Je crois savoir qui détient ma fille, criai-je dès qu’il ouvre la porte

Il porte son Djellaba vite et je le suis. Dans la voiture personne ne parlait. Arrivé à Arafat, Cheikh se gare, il était 07 heures 15, je prends vite les escaliers. Une fois devant la porte je tape fort mais personne n’ouvre, j’insiste avant que je ne sente la serrure bouger. Je vois Léna en face de moi, elle allait fermer quand Cheikh force la porte, j’entre mais je ne vois rien. Quelque chose attire mon attention que j’ai voulu tourné la tête, le sac de ma fille. Je soulève la couette et je vois ma fille attacher à l’aide d’une corde et sa bouche bâillonner avec un foulard.

Je laisse échapper un cri voyant ma fille inerte ou endormie, je ne pouvais plus bougée je suis restée estomaquée sur place…

– Madina s’il te plaît détache la, je ne peux pas laisser cette imbécile sinon elle va s’enfuir ! Cria Cheikh

En une minute la chambre se remplie de personnes, des voisins tenaient fermement ma cousine pendant que Cheikh portait Kiné dans ses bras.

– On ne peut pas attendre la police, je vais appeler le commandant de la section de recherche de la gendarmerie mais s’il vous plaît mon père, amener cette garce au commissariat, il faut que j’emmène ma fille à l’hôpital, dit Cheikh au chef de quartier  

Nous nous sommes dirigés à l’hôpital de Grand-Yoff et heureusement Kiné s’est réveillée en chemin mais elle ne faisait que me regardait. Je ne pouvais plus retenir mes larmes…

Salam chers lecteurs vous allez bien ?

Bisous

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