dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

A bout de souffle – Tome 2 – partie 25 (finale)

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Les mois passaient à une vitesse fulgurante, les soirées étaient devenues moroses et sans saveurs pour Fatima. Sa vie n’était que regrets et peines. Elle s’efforce de faire croire à son entourage qu’elle gère bien sa vie mais seule chez elle, c’est devant sa coiffeuse qu’elle déverse sa frustration. Elle parle toute seule dans sa chambre, devant son miroir, elle expliquait sa longue journée au travail, les gazouillements de son fils quand elle appelle la nounou pour prendre des nouvelles, de ses premiers mots… elle parle de son projet de voyage, elle pense prendre une année sabbatique pour aller voir ses enfants et changer un peu d’air. Samira ne cessait de la regarder avec pitié. Elle est sa moitié, elle a connait mieux que personne. Sa joie de vivre avait disparue, elle était devenue très posée et timide. Elle esquivait le plus souvent les ‘’after-work’’ qu’elles avaient l’habitude d’organiser et quand elle insistait pour qu’elle l’accompagne, elle répondait qu’elle n’avait plus sa place dans le groupe et elle le disait avec amertume.

Omar et Rachid ont tenté plus d’une fois de convaincre Khalifa de reprendre sa femme mais il était catégorique, sa coupe était pleine. Ils se sont vus plus d’une dizaine de fois mais Khalifa ne lui accordait la moindre importance, il faisait comme ci, il ne l’avait jamais connu de sa vie et quand il voulait voir son fils, c’est accompagné de Salma qu’il allait le voir et le plus souvent c’est quand Fatima est au boulot. Khalifa lui montrait carrément qu’il ne voulait plus d’elle et ça lui ronger le cœur même… 

Ce samedi alors que ses copines étaient toutes chez Rachid pour l’anniversaire de mariage du couple Bathily, Fatima était dans sa chambre en train de jouer avec son fils. Soudain son téléphone sonne, elle remarque c’est un appel de Salma. Elle laisse sonner croyant qu’elle appelait pour la convaincre encore une fois de venir déjeuner. Salma insiste, elle finit par décrocher

– Fatima soff nga trop ! J’ai envoyé mon chauffeur pour qu’il t’emmène ton déjeuner. Il est en bas ! Dit-elle sans saluer

– Fallait pas te déranger ma chérie, répondit-elle les larmes aux yeux

– Ce n’est rien ! A plus tard !

Elle descend avec Harouna dans ses bras prendre le plat et un sachet remplie de bouteilles de jus locaux. Le plat était bien garni, c’est du riz à la viande d’agneau. Elle se sert dans un petit et met le reste de dans le réfrigérateur. Il est évident qu’elle ne pouvait pas tout manger en une journée.

– Si j’étais encore dans mon ménage, je ne serai pas là en train de manger seule dans cet appart ! Se dit-elle avant de fondre en larme

Chez Salma l’ambiance était conviviale et chaleureuse, toute la famille était là. Les parents, les amis et quelques connaissances. Salma était sublime dans sa tunique en soie rouge bordeaux, elle était magnifique…

– Votre attention s’il vous plait, dit Rachid tout aussi sublime dans son Kiba dans les mêmes couleurs que la tenue de son épouse

– Bathily Sempera khalal nala yone wi, lança Cheikh taquin

– Dieuredieuf ! Merci. Comme vous le savez tous, nous nous sommes rassemblés ici à l’occasion de notre vingtième année de mariage…

– Kone khamngenn lou yague deugeu la ! Sortit encore Cheikh

– Tais-toi crétin ! rétorqua Rachid. Je disais que nous nous sommes rassemblés ici pour fêter notre anniversaire de mariage. Je ne vais pas dire que tout était parfait mais comme j’ai l’habitude de le dire ma plus grande chance dans cette vie c’est d’avoir rencontré ma Salma. Kou santoul nitt nak do sante Ya’Allah alors pour ne pas faire long ma chérie sache que geureum nala ba ci kanamou Ya’Allah. Mougnal nga ma, sangue ngama soutoura plus d’une fois, fonk nga ma, sagal ngama birr ak biti ! Je prie encore que le Tout-Puissant déverse sa grâce sur toi Ila Yawmi Dîne et sur ta famille ! Je ne cesserai jamais de te le dire Je t’aime Bathily Sempara Gadiaga Marana !

– Dieuredieuf sangue-bi santo sante, sante Bathily mo ci dak nak ma wakh lenn lolou, dit Salma essayant de retenir ses larmes. Tu sais quand il s’agit de toi ou de ta famille, je n’ai pas de limite. Je ne vis que pour te voir heureux Rachid, lima wakhone dongue lay délou wakhat yaye sama serigne, sama wassila. Délou diabalou watt rek nekk sa diam nga done sama sangue ba aldjana In Shaa Allah ! Je me donne encore à toi jusqu’au Paradis In Sha Allah. Tout ce que je suis devenue aujourd’hui Bathily, je te le dois entièrement ! Merci pour tout, dit-elle émue

Ils s’échangent un baiser très chaste devant leurs invités et Salma en profite pour provoquer son homme

– J’espère que tu as assez de force pour m’affronter ce soir ?

Rachid ouvre les yeux faisant mine d’être surpris, il esquisse un sourire qui en dit long

– Tu me connais assez pour savoir que louma songue dane ko ! Va faire un peu de sport ma chérie, tu en auras besoin, dit-il avec un clin d’œil

Salma sourit déjà excitée ne se doutant pas de la surprise que lui réserve son époux

De l’autre côté Khalifa animait une conversation sur le mariage avec Omar, Aziz et Rahim. Ils étaient bluffés par la connaissance de Imam…

– Si vous voulez réussir dans cette vie et à l’au-delà aussi faites de Seydina Muhammad Sallalah ‘Aleyhi wa Salam votre unique modèle ! Il a toujours été juste envers ses épouses ! Dit-il sage

– Mais aussi faut reconnaitre que les femmes d’avant son différentes de celles d’aujourd’hui. Quelle femme accepterait que son mari prenne une deuxième épouse sans un faire tout un palabre ? Questionna Rahim

– Oumou Salamata, répondit Khalifa fier

– Oui, elle est une perle ! Salma est à peu près comme elle mais n’accepterait jamais une coépouse ça c’est certain ! Ajouta Cheikh qui vient de faire son entrée dans le salon. Mais Oustaz faut dire que certaines femmes n’aiment pas les hommes bons, par exemple, Madina, elle est partie avec un moins que rien, un maudit et Fatima ? Elle sakh mo tané ! Dit-il, dégoûté

– Non Fatima s’était juste égarée, défendit Omar

– Comment ça égarer ? Une vieille de 46 ans égarée ? Arrête Omar ! Sortit Oustaz

– Khalifa accepte que tu es en parti responsable du comportement de Fatima ! Tu n’as jamais été strict avec elle, tu l’as laissé faire tout ce qu’elle voulait jusqu’à ce que tu perdes le contrôle ! Tu sais que les femmes font toujours ce qu’elles pensent être juste et Fatima est une femme disons assez libre, elle était comme ça avec son défunt mari mais lui, il savait le canaliser mais yaw mom danga bayiwone sa lokho lolou !

– C’est vrai, tu as raison Omar mais Fatima n’est plus une petite fille ! Elle a dépassé l’âge de jouer. Omar il faut vivre avec Fatima pour savoir que c’est une petite fille immature et sans cervelle ! Bref, je ne veux pas parler d’elle comme ça surtout qu’elle n’est plus ma femme mais vraiment notre mariage ne pouvait pas durer !

– En tout cas moi je la plains. Je suis passé la voir à son bureau la semaine passée et c’est à peine si elle m’a regardé. Marianne dit qu’elle refuse de sortir avec elles maintenant, la preuve elle n’est pas là aujourd’hui, ajouta Aziz

– C’est bien, elle est en train de se remettre sur le bon chemin. Fi lay diaré nék niit !

– Je ne te savais pas aussi dur Oustaz ?

– Elle l’a cherché ! Bref je vous annonce le mariage ma fille ainée ce Jeudi ici même puisque c’est Rachid son parrain, dit Oustaz

– In Sha Allah !

De l’autre côté Salma étaient avec ses amies dans le petit salon. Elles parlaient du comportement de Fatima

– Je pense qu’on devrait lui laisser le temps de remettre ses idées en place. Elle a fait le plus dur, accepté qu’elle s’est très mal comportée avec son mari. Aujourd’hui elle a compris, elle regrette mais la balle est déjà partie. Laissons-la faire tranquillement son deuil sans la bousculer, elle reviendra bientôt parmi nous In Shaa Allah, conseilla Marianne

– Tu as raison Marianne. Ce qui me fait plus de mal ce n’est pas son éloignement mais le fait qu’elle persiste à dire qu’elle n’est pas fréquentable. Son divorce l’a cassé même si elle s’efforce de nous montrer le contraire mais elle ne vit plus depuis et la voir comme ça m’énerve. Oui, elle l’a cherché mais elle n’a pas le droit de se laisser aller comme ça… la vie est tellement courte… dit Samira très mal

– C’est ce que je disais, appuya encore Marianne. Je n’ai jamais pensé que je me relèverai après mon accident. Je n’ai jamais pensé que je serai capable de pardonner à mon mari mais me voilà aujourd’hui. J’ai pardonné et je suis heureuse dans les bras de mon mari…

Tamara lance un tchip bien salé avant de tourner son visage signe qu’elle n’est pas d’accord avec sa copine

– Tamara toi aussi…

– Je comprends que tu ne veuilles pas divorcer et à ta place aussi je pense que je ne partirai pas pour mes enfants parce que quoi qu’on puisse dire, il y a un moment où l’on pense plus à nos enfants, à leur bien-être qu’à nous-même mais tu as laissé ta main trop rapidement. Tu aurais dû lui donner une très belle correction !

– Tamara j’ai failli perdre mon mari, tu comprends cela ? J’ai failli le perdre ! Je l’aime même si cet homme me fait souffrir je l’aime, il est le père de mes enfants et mon bonheur ! Je ne pense pas que j’aurai survécu si on m’avait annoncé sa mort ce soir-là !!! Cria-t-elle presque les larmes aux yeux

– Je suis avec toi Marianne ! Lança Salma en se levant pour la prendre dans ses bras

– Et moi aussi, appuya Samira

– Wa bakhna li déh moy groupe niak diom ! Déme lenn rek vos maris n’arrêteront pas  manquer de respect !

– Ah oui c’est toi qui dis ça ? Le livre est toujours là hein… combien de fois tu t’es ridiculisée devant Rahim pour qu’il te reprenne après votre divorce ? Tamara on a tous un passé mou nekh mou naxari tu fais partie du groupe niak diom ! Mane ak Aziz bamou nekh ! Aziz et moi, pour toujours !

Ne sachant pas quoi répondre, Tamara se tait. Puis elle sourit

– C’est vrai qu’on a toutes des points en commun. On s’est toutes battues pour rester dans nos ménages. Nos maris ont eu à faire des erreurs et nous avons pardonné. Nous aussi on a eues à faire des erreurs et ils ont pardonné. Comme quoi la vie à deux n’est pas éternellement rose, il y aura toujours des moments bons et des moins bons. On aura toujours des choses à reprocher à l’autre mais aussi faut savoir que le mariage rime avec endurance et communication et aussi c’est certain qu’on en serait pas là sans l’amour de nos époux. On ne se serait pas battues toutes ses années si on était certaines que nos époux ne nous aimaient pas ou qu’ils n’en vaillent pas la peine nakh katt soy mougne dangay mougne louko diar ak kouko diar ! Nos maris ne sont pas des saints mais au moins ils craignent Allah et il y a certaines choses qu’ils n’oseront jamais faire. Qu’Allah nous donne encore la force de supporter et que nos sacrifices ne soient pas vains. Qu’Il les convertisse en grâce et le déverse sur nos familles. Amine !

– Amine ! Disent le reste en cœur.

– Dommage que Madina et Fatima ne soient pas là pour écouter cette belle conférence Tamara, taquina Rachid

– Madina on ne sait pas où elle est mais Fatima si ! Oumou sera là après demain pour le mariage et notre mission sera de réconcilier Fatima et Khalifa ! Dit Salma

– Vous allez vous fatiguer pour rien ! Répondit Khalifa qui passait pour regagner sa chambre

Salma venait de garer sa voiture devant l’immeuble où habite Fatima, accompagné d’Oumou Salamata et sa fille ainé Zahra. Elles prennent place dans le salon attendant l’arrivée de Fatima qui se reposait dans sa chambre. Elle croyait que Salma allait venir seule mais grande fut sa surprise quand elle voit Oumou et Zahra. Elle a failli retourner dans sa chambre tellement elle était gênée…

– As Salamou ‘Aleykum, dit-elle gênée

Oumou se lève avec sa fille, Fatima lui tend la main, elle a saisie avant de s’approcher pour lui coller deux bisous. Incapable de se retenir, elle laisse échapper deux grosses larmes…

– Ne pleure pas toi aussi, dit Oumou en la prenant encore dans ses bras

– J’ai été horrible avec toi la dernière fois que tu es passée me voir et te voilà, là aujourd’hui. Je suis désolée… je te demande de me pardonner !

– Ce n’est rien ma chérie, lolou lou passer la. Comment tu vas et mon petit garçon ?

– Il va bien, il est en train de dormir. Zahra ma fille comment tu vas ? Dit Fatima en se tournant vers son homonyme

– Je vais bien néné Fatima et toi ? Ca fait très longtemps ! Répondit la future mariée

– Oui c’est vrai, je vais bien Alhamdoulillah !

– Bon ma chérie nous sommes venues te parler du mariage de Zahra jeudi In Shaa Allah chez nous et comme Oumou t’avait promis que tu seras sa marraine alors elle est venue en personne pour t’informer, expliqua Salma

– Ah Oumou tu n’as pas oublié ? Je ne sais même pas quoi dire. En tout cas merci pour cette surprise, j’en suis ravie mais je ne pourrai pas venir au mariage, tu sais que ma relation avec… n’est pas au beau fixe mais t’inquiète pas j’accepte quand même d’être la marraine de ma fille…

– Tu ne peux pas faire ça de toutes les façons tu ne viens pas pour lui, tu viens pour Zahra…

– Néné Fatima so nieuwoul dinala méré déh, coupa Zahra

– Je… bon d’accord je viendrai In Shaa Allah mais le soir !

– Pas de souci alors !

Elles restent toutes l’après-midi à parler du mariage avec le reste du groupe qui les a rejoints. Salma s’occupait des tenues et Samira des traiteurs. Les autres parlaient de l’organisation…

Le lendemain c’est accompagné de Samira que Fatima va faire ses courses au marché HLM, elle n’y est pas allée de main morte, elle avait préparé une valise pleine de tissus de haut de gamme. Des ustensiles de cuisine de tout genre, allant des grosses marmites appelé ‘’Mbana’’, des vaisselles de luxe. Elle a dû louer une fourgonnette pour transporter les bagages. Elle part ensuite à la bijouterie pour acheter la parure en or, pour Zahra et pour sa mère. C’était sa manière de réparer les choses entre Oumou et elle mais aussi elle voulait faire plaisir à Zahra, les enfants de Oumou l’ont toujours respecté alors il était hors de question qu’elle joue à la radine.

Le jour-j c’est dans une robe en thioub palmane qu’elle se présente chez Salma, le mariage était déjà scellé. Elle ne voulait pas croiser Oustaz alors elle se faisait très discrète. Les bagages qu’elle avait amené étaient dans  le garage de Salma, ils partiront la semaine prochaine quand la jeune mariée sortira de chambre nuptiale

Fatima était assise derrière Samira dans la chambre de Salma, il était déjà 21 heures et elle préparait Zahra à rejoindre le domicile de son mari à la Sicap-Foire. Elles étaient en train de faire les derniers rituels quand Khalifa accompagné de Rachid fait son entrée dans la chambre

– Il est l’heure de partir, dit-il

– Non il est encore tôt, les griots ne sont pas encore là, tenta Salma

– Bane griot ? Je te parle Oumou je ne veux entendre aucun griot dans cette maison ni les tams-tams, j’espère avoir été clair ! Dit-t-il avant de se tourner pour quitter les chambre mais ses yeux se posent sur ceux de Fatima

– Et puis comme le veut la coutume que seules les femmes qui n’ont jamais quittées leur ménage accompagnent ma fille, qu’aucune divorcée ne fasse partie de la délégation ! Ajouta-t-il avant de disparaitre.

Le silence s’abat dans la pièce, personne ne parlait. Fatima se retenait du mieux qu’elle pouvait. Elle se lève finalement et tend une enveloppe et la boite qui contenait les bijoux à Oumou…

– Je vais y aller Oumou, Harouna m’attend et il fait déjà nuit. Merci encore !

Elle embrasse Zahra qui pleurait sous son voile en malikane avant de quitter la chambre le cœur lourd. Elle retrouve Rachid et Imam devant la porte en train de discuter, elle salue Rachid la voix tremblante…

– Tu n’as pas amené ta voiture Fatima, demanda Rachid quand elle la voit debout sur le trottoir en train d’attendre un taxi

– Non je pensais que j’aurai du mal à trouver une place pour me garer, répondit-elle

– Attend le chauffeur va te déposer avant d’amener les femmes

Elle remercie chaleureusement Rachid avant de monter dans la voiture avec le chauffeur…

– Tay nak mom danga danou ba khalangou Imam ! Tu n’avais pas à parler comme ça à Fatima et surtout pas devant ses amies ! Je comprends que tu aies toujours une dent contre elle mais ce que tu as fait c’était juste méchant ! Tu l’as rabaissée et humiliée. Quelle que soit sa faute, elle ne méritait pas ce que tu viens de lui faire ! Reprocha Rachid

– Je… j’ai… j’avoue que j’ai parlé sous le coup de la colère. J’ai été surpris de la voir…

– On ne te demande plus de la reprendre puisque c’est ta décision mais arrête de faire comme si vous n’aviez jamais vécus ensemble, elle est la mère de ton fils alors tu dois la respecter ! Tu l’as blessée !

Pris de regret, Imam retourne dans sa chambre refaire ses ablutions. Il effectue de rakkas avant de demander à son Seigneur de lui pardonner, il a été injuste envers son ex-épouse. Il se lève, prend son téléphone et compose le numéro de Fatima mais cette dernière refusait de décrocher, elle finit par éteindre son portable, n’ayant aucune envie de parler avec son imam.

Le lendemain à 10 heures Oustaz se présente à l’entreprise, il est reçu par Samira…

– Quelle belle surprise Imam, comment tu vas ? Dit Samira souriante

– Sante Ya’Allah Alhamdoulillah et toi ?

– Je vais bien aussi Ma Sha Allah. Je suis venu voir Fatima mais on m’a dit qu’elle n’était pas là aujourd’hui alors je suis passé te saluer avant de partir !

– Oui c’est vrai, elle n’est pas venue aujourd’hui !

– Tu penses que je la trouverai chez elle ?

– Je ne sais pas, elle m’a envoyé un message ce matin pour me dire qu’elle ne viendra pas travailler. J’ai tenté de la rappeler mais elle avait déjà éteint son téléphone, renchérit Samira

– J’ai aussi tenté de la joindre mais ça ne passait pas. Ça ne fait rien, j’irai la voir ce soir In Shaa Allah. Merci Samira, à bientôt In Shaa Allah

Khalifa garait sa voiture quand il voit la nounou sortir avec le petit Harouna de l’immeuble. Il la salue et prend le petit dans ses bras

– Ta patronne est là ? Questionna-t-il

– Oui, elle est à l’intérieur vous voulez entrer ?

Ils montent ensemble, la nounou ouvre la porte et le laisse entrer.

– Elle est dans le salon, je vais aller faire les courses ! Dit-elle avant de refermer la porte derrière elle

Il toque à la porte du salon avant d’entrer. Il retrouve Fatima couchée sur le canapé, les cheveux en bataille avec un pyjama de mamie sur elle… elle se redresse les yeux écarquillés avant de courir vers sa chambre et revenir quelques minutes après avec un meulfeu sur elle

– Excuse-moi d’avoir débarqué comme ça chez toi mais je t’ai appelé en vain, expliqua Imam le regard baissé

– J’ai éteint mon téléphone, je voulais me reposer, répondit Fatima sans le regarder aussi

– Comment tu vas ?

– Je vais bien, merci !

– Alhamdoulillah ! Ecoute Fatima je tenais sincèrement à m’excuser de mon comportement d’hier soir, je n’avais pas à m’acharner comme ça sur toi alors que tu ne m’as rien. Nous ne sommes plus mariés c’est certain mais ça ne me donne pas le droit d’être odieux avec toi et surtout devant tes amies. Je te prie d’accepter mes excuses, discourra Imam sincère

– Je te pardonne ! Tu avais raison je n’avais pas ma place là-bas mais c’est Oumou et Zahra qui ont insisté pour que je vienne… je voulais juste faire plaisir à la petite, fait-elle triste

– Si tu avais ta place au milieu de tes amies et je n’avais pas à te traiter comme ça. Enfin bref, je suis venu juste pour m’excuser. Je ne suis plus ton mari c’est clair mais je ne veux pas qu’on soit des ennemis non plus on a un enfant et je m’entends bien avec tes enfants surtout Hashirou alors brisons pas cette entente…

– C’est vrai !

Khalifa se lève et donne le petit à sa maman. Il prend congé laissant Fatima en pleurs. Elle se lève prend une douche et se prépare. Elle porte encore un meulfeu avant de sortir seule et se diriger vers chez Sami. Elle retrouve sa copine à l’entrée en train de parler au téléphone, cette dernière raccroche dès qu’elle voit sa copine à l’entrée

– Cette fois-ci c’est bien fini, sortit-elle en larmes dans les bras de Samira

– C’est pour cela que tu dois te relever et aller de l’avant…

– Mais je l’aime, Samira ! Sama rouh ci boppam mo beugeu nekk ak Imam tei mom xolatoul lolou sakh ! C’est mon âme qui veut rester avec lui mais lui on dirait qu’il s’en fout ! Je ne sais plus comment m’y prendre ?

– Li yeup wakhone nalako ! Je t’avais prévenue maintenant ce qui est fait est fait alors assume !

Fatima ne se doutait pas que Khalifa était dans le salon avec Rachid et les autres pour une séance de récital de Coran. Il avait entendu tout ce qu’elle venait de dire…

A Saint-Louis aussi l’ambiance était morose. La maison de mère Ndoumbé Diaw était calme on entendait que des gémissements venant de la chambre de la dame des lieux. Mère Ndoumbé et Badienne Sira Aïdara étaient toutes les deux inquiètes. Cela fait des jours qu’elles ne dorment pas à cause de l’état de santé de leur fille. Madina était malade depuis qu’elle a posé ses pieds à Saint-Louis. Elles n’ont jamais su qu’elle était enceinte, jusqu’à ce qu’elle voit son ventre pousser. Elle les avait suppliées de ne pas parler de sa grossesse à personne leur faisant croire que son ex-mari était à sa recherche…

– Ndoumbé nous sommes en train de faire une grosse bêtise. Cette petite est enceinte et je suis sûre qu’elle est presque à terme. Elle n’a fait aucunes visites prénatales, aucun vaccin. Niou am fitt gardé ko fi. Si jamais elle accouche dans cette maison nous aurions de sérieux problème et les hôpitaux ne vont  pas l’accepter. Cela fait trois jours qu’elle n’a rien mangé… on doit faire quelque chose on ne peut pas laisser mourir ici ! Dit Badienne Sira inquiète

– Je n’ai pas fermé l’œil à cause de ça. J’avoue que sur ce coup nous avons été tout simplement irresponsable mais comment on va faire ? Demanda-t-elle

– Telle que je la vois, elle ne pourra pas accoucher pas voie normale, elle n’a même pas la force. Ce qui m’intrigue c’est qu’elle ne cesse d’appeler Cheikh et Kiné dans ses rêves…

– Et elle ne veut pas nous dire ce qui s’est passé avec son mari, renchérit mère Ndoumbé

– Hum… yaye…

– Néné touti qu’est-ce que tu as ? S’empressa de dire Badienne

– J’ai mal au ventre…

Badienne Sira touche le ventre de sa nièce mais il n’était pas dur… alors ce ne sont pas des contractions se disait-elle

– Sira appelle Ramatoulaye Diop, c’est sûr qu’elle pourra nous aider. Il ne faut surtout pas qu’elle accouche ici…

Badienne Sira sort son téléphone de sa pochette et compose le numéro de l’ancienne patronne de Madina

Tamara était en train de préparer le déjeuner, elle eut peur quand elle voit le numéro qui s’affiche sur son portable. Cela fait des mois qu’elle n’a pas parlé à badienne Sira

– Ramatoulaye nanga def ? Comment tu vas ?

– Badienne Aidara, je vais bien Alhamdoulillah et toi ?

– Ah ma fille tu vas devoir m’excuser mais c’est un peu urgent. La dernière fois que tu as appelé tu voulais savoir si Madina était à Saint-Louis mais je t’avais menti parce qu’elle m’a dit qu’elle voulait vous protéger de son ex-mari, commença-t-elle

– Mba diam badienne ? Demanda-t-elle s’attendant au pire

– Madina est là depuis et elle est enceinte. Le problème c’est une grossesse non suivie, elle est malade depuis qu’elle est ici… elle se sent pas bien et on voudrait que vous nous aidiez à parler à son mari qu’il vienne s’occuper d’elle. Elle ne cesse de le réclamer et sa fille aussi

– Madina est enceinte et pourquoi attendre tout ce temps ? Comment pouvez-vous la laisser sans aucune suivie ? Je veux lui parler !

– Ramatoulaye, Madina ne peut pas parler… je te demande de parler à Cheikh…

– D’accord je te rappelle badienne !

Elle raccroche sidérée avant d’aller trouver son mari et tout lui expliquer.

– Mais qu’est-ce que tu attends pour appeler Salma ? Reprocha Rahim

Salma était dans la cuisine avec Nancy la copine de Cheikh qu’il a rencontré à Paris. Elle est venue passer la journée avec eux et en profiter pour faire connaissance avec la famille. Elles étaient en train de discuter sur les gouts culinaires de son futur époux

– Tu sais Salma Cheikh m’a dit qu’il n’aime qu’une seule femme et c’est la mère de sa Kiné. Ça m’a fait tiquer mais il m’a dit qu’il ne pouvait plus être ensemble. Je l’aime et je veux aussi me marier avec lui mais j’ai l’impression qu’il cherche une mère pour sa fille et non une femme avec qui il a envie de passer le restant de ses jours, confia Nancy

– C’est vrai que Cheikh a Madina dans sa peau mais il n’arrive pas à lui pardonner et puis on ne sait plus rien d’elle. Tu as raison, il cherche une mère pour Kiné et comme tu t’entends bien avec elle, il se dit que tu seras une bonne mère. Ne le lâche pas, il finira par te regarder autrement…

– Je l’espère en tout cas…

– Allez vient on va servir !

Ils étaient tous autour de la table quand le portable de Salma sonne.

– Tamara à cette heure, un dimanche en plus ? Dit-elle surprise elle aussi.

Elle décroche hésitante…

– J’espère que ce n’est rien de grave !

– Je ne sais pas Salma… je suis désolée de t’appeler à cette heure mais je n’ai pas le choix. Badienne Sira vient de m’appeler et il parait que Madina est très malade en…

– Madina bane ? Questionna-t-elle perdue

Cheikh laisse tomber sa cuillère, en toussant fort. Il a dû avaler ce qu’il avait dans la bouche de travers

– Madina Aïdara, elle est enceinte et aucune suivie. Elles attendaient peut-être qu’elle meure dans leurs bras pour nous prévenir !

– A terme sans aucunes suives moy lane ? Et qu’est-ce qu’elles veulent ?

– Elle demande que tu parles à Cheikh parce qu’elle ne cesse de le réclamer ! Elles demandent aussi de l’aide pour la transporter à Dakar mane tay rek la warou !

– D’accord Tamara je te rappelle plus tard !

– Que passe-t-il ? S’enquit Rachid pendant que Cheikh peinait à retrouver son calme

– Madina est très malade et on doit la transporter à Dakar ! Cheikh…

– Ne m’en mêlez pas ! Je ne veux plus rien savoir d’elle !

– Ok Rachid ?

Salma avait perdu sa langue quand elle voit Madina se tordre de douleur dans les bras de Tamara. Ils venaient de rejoindre Dakar et elle a été immédiatement transportée à la clinique.

– Comment pouvez-vous garder une femme enceinte sans suivie ? Vous ne savez pas que c’est un délit ! Hurla Mme Tall hors d’elle

 – S’il arrive quoi que ce soit à cette pauvre Madina vous serez les uniques responsables !!!

Badienne et mère Ndoumbé ne savaient quoi dire, elles ne savaient vraiment pas quoi dire pour s’en sortir. Elles ont beau expliqué que c’était le choix de Madina tout le monde les tenait comme fautives.

Cheikh était en train de faire les cent pas dans le salon de Rachid. Il ne savait s’il devait aller les rejoindre ou attendre qu’on l’informe. Il était inquiet même s’il a refusé de les accompagner, il a préféré accompagner Nancy jusqu’à chez elle avant de revenir attendre Rachid qui vient lui aussi de le rejoindre dans le salon

– Je les ai laissés à l’hôpital… Madina est dans un sale état ! Sortit-il

– Li yeup moko tekk boppam ! Elle n’en fait toujours qu’à sa tête ! Je ne vais plus me fatiguer à me mêler de ses affaires. Je rentre chez moi

– Cheikh, elle est toujours ta femme alors que cet enfant soit de Lamine ou de Habib sache que c’est ton enfant selon la Charia…

– Rachid je ne veux pas connaitre cet enfant c’est clair ?

Il sort et rentre chez lui le cœur brisé. Il a envie de revoir Madina mais l’idée qu’elle porte un enfant d’un autre père l’ait tout simplement insupportable

– Cheikh, Madina a accouché d’une mignonne petite fille et elle le portrait craché de Kiné quand elle était petite tu ne peux pas dire qu’elle n’est pas de toi ! Le sang ne ment pas ! Dit Salma au téléphone à 05 heures du matin

En effet Madina a accouché d’une petite princesse par césarienne malgré qu’elle soit très petite, elle se porte comme un charme…

– Comment va Madina ?

– Elle est en train de reprendre ses esprits, elle ira mieux d’ici demain In Shaa Allah !

Il rejoint l’hôpital vers 11 heures Madina était déjà réveillée et elle était en train de donner pour la première fois son sein à son bébé. Cheikh tombe sur cette image et ça a suffi pour recoller les morceaux entre eux.

– C’est ton enfant chez, c’est ta fille ! Dit Madina quand ils se retrouvent seuls

– Je sais ! Il a fallu que le je la voie pour en être sûr ! Ce petit être est mon œuvre, mon sang ! Avoua-t-il sa fille dans ses bras tout ému

– Je n’ai jamais couché avec Lamine. Je voulais juste qu’il m’aide à retrouver mon fils en lui faisant croire que je l’aimais mais je me suis rendue compte de ma stupidité quand tu es partie. Mais ton départ m’a permis de remettre en question, il fallait que je sois loin de tout pour m’en remettre mais aussi de savoir que je ne suis rien sans toi Cheikh…

La petite fut baptisée Hadjara Salma Bathily dans la petite chambre de la clinique et en toute simplicité…

– Il n’est pas nécessaire que je parle encore du chemin qu’on a parcouru jusqu’à aujourd’hui. C’était houleux mais on dirait la vie s’acharne à nous remettre ensemble à chaque fois. Tu es impolie, irrespectueuse, butée, capricieuse wayé Ya’Allah dafa defni yaw la beugeu ! Dieu a fait que c’est toi que j’aime. Nos chemins ses sont séparés deux fois mais nous revoilà encore une fois ensemble avec nos deux enfants kone nga wara khamné lounou bolé moniou eup dolé, ce qui nous unis est beaucoup plus fort. Aujourd’hui nous sommes comme Salma et Rachid, Rahim et Tamara, Marianne et Aziz, Omar et Samira c’est clair que le chemin est encore long comme pour Fatima et Khalifa mais ce qui est sûr c’est qu’on sera heureux jusqu’à ce que la mort nous sépare ! Tu vois Madina tu as fait de moi l’homme que je suis aujourd’hui, j’étais un real gentlemen mais aujourd’hui je ne suis qu’un pauvre mec au cœur sensible alors il est impossible, impensable que je continue de vivre sans toi ! Notre histoire n’est pas encore terminée… nous allons vivre heureux et avec beaucoup d’enfants ! Non ça ne se passe pas seulement dans les contes de fées… ce que Dieu a uni, l’homme ne le sépare pas !

FIN.

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24 commentaires on “A bout de souffle – Tome 2 – partie 25 (finale)

  1. Merci de nous avoir fait vivre cette belle histoire. Franchement de toutes les chroniques que j’ai eu à lire, celle ci fait partie des meilleures mash’allah belle plume de plus j’adore ton style d’ecriture et j’y ai appris plein de choses de la vie.
    A nous revoir pour d’autres chroniques plus belles.

  2. Vraiment Nana tu as une plume exceptionnelle machallah yalla nalla ya Allah lafal thiat may la goud fane weer ak weerlé ndah de par tes chroniques tu nous conseille nous guide et nous redonne confiance en nous femme. Merci du font du coeur.

  3. HoO 🥰 c vraiment émouvant machallah on a passé de bon moments avec cette chronique j’ai apris bcp de choses surtout côté religieux et vie conjugale merci 🙏🏽 vraiment qu’Allah te récompense Ma chérie bonne continuation 😘

  4. Merci Nana pour cette belle émouvante histoire qui nous a tenue en haleine vraiment j’adore tout ce que tu écris tu es ma best j’aurai aimé savoir cmt se passe entre Fatima et oustaz

  5. Belle histoire😍 bilahi
    Je te suis depuis wattpad mais ta plume est juste fantastique j’adore tt c k tecri wallah et jy appren tlma k sa m surpren j n t dirais jamai assez merci et bne annee a toi ainsi que tte ta famille

  6. Et aussi j’aimerais de demander quelque chose : j’aimerais que tu fasses une poussée dans l’avenir de ton histoire, du genre *10 ans plus tard…* Je t’en supplie j’aimerais bien voir ce que ça va donner. Ton inspiration est tellement jolie stp.

  7. Merci Nana j’ai adoré ton histoire qui m’as fait pleurer et rire aussi. Tout ne peux pas bien finir dans la vie de tous mais j’aurais aimé que Fatima se remarie avec oustaz mais bon. Je te remercie pour tout les conseils que tu as mis dans cette histoire, cela m’a fait grandir. Beaucoup de bénédictions à toi Nana.

  8. Tout est bien qui finit bien masha’Allah rek lalay wakhat belle chronique comme d’ab continuez sur ce lancé incha’Allah ce site va cartonner. Bonne année ❤️

  9. Merci Nana pour cette belle aventure… J’espère que tu nous reviendra vite avec tjrs beaucoup plus de talent, Bonne et heureuse année à toi ainsi qu’à Mayadidi même si on n’a eu aucun signe d’elle ces derniers temps. J’espère qu’ elle va bien 😘😘😘😘👍

  10. Nanah wallah Machala j’adore les personnages de cet chro warul wone diekh m fatima waronn n’a moudiou ak oustaz

  11. c aujourd’hui que je me rends reelment compte que lou nex dou doye
    cette hitoire me manque déja et je suis sure et certaine que je le relirais encore et encore sans m’en lasser
    merci nanah d’amour t’es la meilleure des coatchs

  12. Nanah tes chroniques sont toujours aussi émouvantes et pleines de sens. Donc merci pour cette magie ke tu apportes dans nos vies 😘

  13. Merci à tw Nana bah nos meilleurs vœux longue vie à toi beaucoup de bonheur de reussite et de succés de part ts livres tu nous a fait vivre des moments incroyable yalla na yalla wéral roxobi

  14. Belle partie
    Nana diapaléniou si sa chronique yinga supprimé wattpad nga andiko fii au moins Tamara mooma desséwoone liir nako bay wadja paré guissa tomako…diapp si

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