lun. Sep 28th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Partie 09

16 min read

Cheikh Tidiane Bathily

Je quitte le bureau de Rachid pressé de revoir ma fille et de dire à Madina mes quatre vérités. Je fonce vers l’ascenseur. J’entends Rachid m’appelait mais je ne réponds pas… je sors et grimpe dans ma voiture. En chemin, j’appelle ma mère pour l’informer, elle me dit qu’elle est déjà à l’hôpital avec tata Amy et Salma. Je vois que tout le monde était déjà au courant et personne ne m’a pensé à m’avertir.

Quelques minutes après j’étais déjà à l’accueil, je vois Salma parler au téléphone, j’avance vers elle…

– Ne va pas dire des bêtises. Madina est assez perturbée comme ça ne lui en rajoute pas ! Dit-elle d’un ton menaçant

– Où est ma fille ?

– Promet-moi que tu vas ne pas faire de bêtises Cheikh !

Je laisse planter là-bas et pars à la recherche de ma fille. Je vois ma mère, tata Kiné dans la salle d’attente

– Où sont-elles ? Posai-je sans saluer

– Salle 02 ! Répondit maman les yeux rouges

J’entre dans la salle et vois Madina dans une robe de chambre en train de pleurer dans les bras de Tamara. Je ne les salue pas et j’avance jusqu’à ma fille qui dormait paisiblement. Je la regarde et mes larmes recommencent à couler, ça fait presque 4 ans que je n’ai pas vu ma fille, elle avait presque 3 ans quand sa mère nous l’a arraché sans pitié. Je sais que c’était entièrement de ma faute mais elle n’avait pas le droit de me séparer de ma fille et aussi cruellement. Elle n’avait pas le droit de mettre la vie de ma fille en danger !

Je la regarde bouger, elle avait des cicatrices sur les bras, le cou et sur le front. Elle n’arrête pas de bouger, sent-elle ma présence ?

– Papa Habib laisse maman, arrête de la frapper ! Dit-elle dans son sommeil

Mon Dieu ma fille doit être traumatisée, Dieu seul sait tout ce qu’elle a vécu avec cette bande de sans cœur. Je sors mon téléphone et compose le numéro d’Aziz

– Allô Aziz ? Je veux la garde exclusive de ma fille Kiné, occupe-toi de ça auprès du juge !

– Ne dis pas de bêtise…

– Ce n’est pas ton problème ! Charge-toi de faire ton travail !

Je raccroche et décide d’aller voir le médecin qui s’occupe de ma fille. Je veux savoir ce qui lui arrive, ce dont, elle souffre.

– Tu n’as pas le droit de me faire ça ! Sortit Madina en pleur

– Tu ferais mieux de te taire !!! Répondis-je sans la regarder

– Je t’en supplie, il ne me reste plus qu’elle !

– Mais je m’en fous ! En partant avec elle tu savais que je n’avais qu’elle ! Je ne vois pas ce qui pourrait me faire changer d’avis ! Je ne vais pas laisser ma fille avec une mère irresponsable comme toi !!!

– Ay Cheikh, dit Tamara

– J’ai raison ! Vous tous vous savez que j’ai raison !!! Elle a préféré partir avec un homme qui la courtisait alors qu’elle était encore dans les liens du mariage ! Tu aurais dû savoir que cet homme n’était pas mieux que le vulgaire alcoolique que tu jetais hors de ta maison, cet adultère condamné qui n’a jamais osé levé la main sur toi et qui t’a aimé plus que tout au monde ! Tu es tombée tellement bas Madina Aïdara !

– Cheikh dou ni déh ! Ce n’est pas comme ça ! Réprimanda Tamara

– Elle n’a eu que ce qu’elle mérite !

Je sors et la laisse pleurer dans les bras de Tamara. J’ai pu dire tout ce que j’avais dans le cœur.

– Comment elle va ? Demanda ma mère

– C’est ce que je veux savoir, je vais aller voir le médecin !

Je retrouve le médecin dans son bureau, il me demande de prendre place

– comme je l’ai dit à votre épouse…

– Mon ex épouse ! Corrigeai-je

Il me regarde quelques secondes avant de continuer

– Comme vous voulez. Elle souffre d’une infection des amygdales mais ça ira mieux d’ici demain avec les antibiotiques. J’ai parlé à sa mère tout à l’heure, elle m’a dit que petite vivait des situations assez critiques et qu’elle a peur que ça lui laisse des séquelles si ça n’a pas déjà commencé parce qu’elle m’a dit que ça fait un an qu’elle ne parle pas, depuis la mort de sa petite sœur ou sinon elle ne parle que dans son sommeil.  Et comme hier aussi elle a failli être violée…

– QUOI ?! Hurlai-je en bondissant de la chaise

– Calmez-vous monsieur ! Je croyais que vous étiez déjà au courant !

– C’est décidé je vais tuer sa mère ! Continuez s’il vous plait !

 – D’après les analyses que je viens de recevoir la petite avait été droguée. Je vous conseille de la faire suivre pas un psychologue au moins qu’elle puisse expliquer ce qui la perturbe et je vous dis que ça ne sera pas facile…

– Je vais commettre des meurtres ! Chuchotai-je

– Pardon ?

– Rien docteur ! Vous pouvez me suggérer un psychologue ?

– Professeur Ndiaye de l’hôpital Fann !

Il me donne sa carte que je range dans mon portefeuille

– Est-ce que je peux avoir le certificat médical de la petite d’ici quelques minutes ? Mon avocat doit passer le prendre !

– Bien sûr Mr Bathily, je vous l’apporte tout à l’heure In Cha Allah !

– Merci, dis-je en quittant le bureau     

Je retrouve toute la famille dans la salle d’attente, je prends place au côté de ma mère et je pose ma tête sur son épaule

– Massa mon chéri, je sais à quel point c’est dur de retrouver ta fille dans ses conditions ! Dit-elle en me caressant la joue

– Tout ça c’est la faute de sa mère !

– Non c’est de notre faute ! Si on avait cru ce jour-là Madina, on ne serait pas là aujourd’hui !

– Je ne parle pas de ça ! Elle aurait dû nous laisser la petite quand elle s’est remariée, elle aurait dû me rendre ma fille quand son mari à commencer à la maltraiter mais je ne vais pas gâcher ma salive avec des ‘’SI’’ je reprends ma fille et point !

– Ne fais pas ça Cheikh ! Tenta Ma Amy

– Ma tu me connais, je ne compte pas changer d’avis !

Je vois Tamara sortir avec Madina de la salle, elle boite légèrement sa jambe droite, les yeux bouffis et le corps rempli de cicatrices, elle aussi

– Je vais amener Madina se reposer à la maison et la forcer à manger un peu. Elle reviendra plus tard, dit Tamara à Salma

– Les gardes vont vous accompagner et vous attendre aussi ! Dit Rachid

– Elle n’a rien à faire ici je vais veiller sur ma fille ! Fis-je en me levant

– C’est sa mère qui veille sur elle pas toi ! Répondit Rachid

– Ah vous avez peur de froisser sa majesté Madina ? Pourquoi vous ne le lui dites pas que tout ceci est entièrement de sa faute ?

– Wa Cheikh ? Lança Salma

– Mais c’est vrai ! Sois sûre que je ne vais plus te laisser t’approcher de Kiné quand j’aurai sa garde ! Qu’elle genre de mère es-tu Madina Aïdara ? Pourquoi n’as-tu pas épargné ma fille face à la cruauté de ton mari ? Pourquoi es-tu restée avec ce monstre avec tout ce qu’il te faisait vivre ? Je couchais de gauche à droite mais je t’ai respecté toi ! Je t’ai aimé et surtout je t’ai protégé envers et contre tout !!! J’ai supporté ton sale caractère, tes insultes, tes gamineries ! Ce qu’on dit est donc vrai, kou lenn di nokk ak torokhal rek ngenn diokh thieur !!! Vous respectez les hommes qui vous maltraitent ! Tu m’as tellement déçue ce soir-là quand il t’humiliait devant nous à la soirée de Gala, j’avais tellement honte de te voir baisser la tête sans te défendre. Et la robe de pute que tu portais… je ne peux toujours pas le croire !

– Si je suis restée c’est pour sauver ma fille ! Tu n’as aucune idée de ce que j’ai vécu Cheikh et prie pour ne jamais le savoir ! Je suis morte il y a bien longtemps, je ne suis qu’un cadavre ambulant. Je tenais debout pour Kiné, je suis restée en vie pour elle, pour te la rendre ! Si ce n’était pas elle, je ne pense pas qu’on se reverrait un jour Cheikh ! Non, je ne me battrais pas avec toi pour la garde de Kiné, je t’épargne les va-et-vient devant le juge. Je retournerai vivre chez ma mère quand ma fille ira mieux, répondit-elle le visage baignant de larmes

C’était comme si on m’avait versé un seau d’eau froide sur la tête… je ne sais même plus quoi dire. J’ouvre la bouche pour parler mais je la referme, je ne sais pas quoi dire. Elle m’a cloué le bec ! Un cadavre ambulant ? Qu’est-ce qu’elle a vécu dans cette maison ?

Je la regarde sortir de la salle avec Tamara. Je me sens idiot tout d’un coup

– Ça t’apprendra à la fermer la prochaine fois ! Lança Rachid en colère

Madina Aïdara

Nous sommes arrivées chez Tamara il y a une heure, je viens de finir de prendre ma douche. A ma sortie j’ai trouvé sur le lit, un ensemble lingerie neuf, une robe manche ¾ bleu de nuit, un déodorant et un pot de baume hydratante. Je finis de m’habiller et je fais ce que je n’ai pas fait depuis longtemps… j’étale le tapis de prière et je me mets à rattraper mes prières depuis le matin. Après cela je suis restée une heure sur le tapis, glorifier le Très-Haut de m’avoir sorti de cette obscurité et je lui demande de me guider pour la suite…

Aujourd’hui je suis plus que convaincue que c’est toute la haine et la rancœur que je ressentais envers ma belle-famille qui m’a menée à tout ça. Je n’ai pas beaucoup réfléchi en acceptant mon mariage avec Habib et j’avoue que c’était plus pour montrer à Cheikh et à sa famille que je pouvais m’en sortir sans son aide et que je n’avais pas besoin de son argent pour élever ma fille. Il a raison tout à l’heure quand il disait que tout est entièrement de ma faute. Il a fallu qu’on s’en prenne à ma fille pour que je daigne m’échapper de cette maison, j’aurai dû partir quand il a tué ma fille. Je demande à Allah de me donner la force d’oublier, d’oublier tout ce que j’ai vécu dans cette maison et je prie aussi pour la personne qui m’a aidé à m’enfuir qu’Allah l’assiste à vie…

– Voilà une bonne soupe de veau…

Je sursaute, je me retourne et vois Tamara poser un plateau contenant un bol, une bouteille d’eau et un verre

– Oh désolée ma chérie, je ne voulais pas te faire peur ! Dit-elle en souriant

– Non je ne t’ai pas entendu entrer !

– Pourtant j’ai frappé deux fois et comme tu ne répondais j’ai cru que tu étais encore sous la douche, renchérit-elle

– J’étais à fonds dans mes prières…

– Je vois ça. Alors vient manger avant que ça se refroidisse, tu dois être fatiguée. Une soupe pour t’ouvrir le ventre d’abord.

– Merci Tamara, merci vraiment !

– Mais je t’en prie ma chérie. Aller vient !

Elle me laisse manger et ne me pose aucune question. Puis, elle débarrasse le tout

– Essaie de te reposer avant de retourner à l’hôpital, proposa-t-elle mais je ne peux pas dormir sachant ma fille loin de moi

– Non je veux retourner auprès de ma fille. Je serai plus tranquille là-bas et puis je ne veux pas que  Cheikh pense que je néglige la petite

– Je comprends ma chérie mais ne te laisse pas abattre. Comme je te l’ai dit tout à l’heure, Cheikh est encore sous le choc, il a cru qu’il allait perdre sa fille alors ne prend pas en compte ses menaces. Il ne sera jamais capable de te priver de ta fille !

– Je ne sais plus, je ne sais plus ce qui se passe autour de moi Tamara. Souma dofoul batay Ya’Allah la !

– Massa ma chérie mais santal Ya’Allah, rend grâce au tout puissant ! Tu en es sortie saine et sauve avec ta fille alors dis-toi que le meilleur est devant toi In Sha’Allah !

– In Sha’Allah ! Je vais y aller. A demain !

– A demain !

Je sors et retrouve le gars de Salih dans la voiture, il démarre aussitôt et quelques minutes après j’étais déjà à la clinique. Tout le monde était déjà parti, je laisse sortir un ouf de soulagement, je n’en pouvais plus de voir leur regard plein de pitié sur moi. J’ouvre la porte de la chambre et tombe sur Cheikh, il était assis sur un tapis de prière, le livre saint à la main

– Bonsoir, dis-je en me dirigeant vers ma fille qui dormait toujours

Une heure après rien, elle dormait toujours. Cheikh avait fini ses prières. Je sentais quelques fois son regard sur moi mais il ne me parlait pas. Moi, j’avais les yeux fixés sur la télé que je ne regardais pas. Mes pensées étaient ailleurs. Je pense à Saint-Louis, à ma famille. Tamara m’a dit qu’elle avait déjà prévenu ma badienne, elle et maman étaient déjà en route… je sens un regard sur moi, je lève les yeux et vois Kiné me regardait, elle semblait perdue.

– Ma petite princesses, dis-je en caressant son joue

Cheikh se précipite vers elle, la petite prend peur et se lève. Elle se blottit tout contre moi

– N’est pas peur ma chérie, c’est ton papa, papa Cheikh. Tu te souviens de lui ? Je te montrais souvent ses photos. Tu t’en rappelles ?

Elle ferme ses yeux et commence à pleurer

– Comment veux-tu qu’elle me reconnaisse, si tu as été assez cruelle de nous séparer ! Dis-moi comment veux-tu qu’elle me reconnaisse ?! Dit-il très en colère

– Je t’en prie Cheikh, ne lui fait pas davantage peur !

– Je ne sais pas ce que ton imbécile de mari à fait à ma fille mais je vais le tuer si jamais nos yeux se croisent ! Je vais aller chercher le médecin !

Il sort de la chambre énervé, je souffle. Je sais qu’il a lui aussi mal de voir sa fille dans cet état mais il peut quand même se retenir devant la petite.

– Mon cœur, tu sais que tu peux maintenant parler. Il n’y a plus les méchants pour nous faire mal, tu ne reverras plus jamais papa Habib, tu te souviens nous avons fui sa maison hier. Papa Cheikh va prendre soin de toi et moi aussi. Je ne vais plus laisser quelqu’un te faire du mal, d’accord ?

Cheikh revient avec le médecin de garde, les traits tirés…

– Je ne sais pas ce qu’on lui a fait mais elle semble ne pas supporter les hommes, dit-il au médecin en me lançant un regard lourd de reproche

– Coucou petit cœur, n’est pas peur je vais juste t’ausculter. Tu me permets ? Demanda le médecin avec tact

La pauvre resserre encore plus son étreinte et ne pense même pas à me lâcher

– Maman met-lui Piwi+ pour qu’elle puise regarder un dessin animé pendant que le gentil docteur voit ce qu’il y a dans le petit cœur de cette adorable princesse, essaya le docteur mais plus tenace que ma fille y en a pas

– Kiné tu veux regarder Heidi sur YouTube ? Demandai-je certaine qu’elle va dire oui

Elle lève la tête et me regarde, ce qui veut dire pour moi oui mais je n’ai pas de portable sur moi alors je regarde Cheikh qui sort aussitôt le sien et me le tend

– Mot de passe ? Demandai-je voyant que le portable était codé

– Tu le connais déjà !

Je le regarde confuse. Je le connais ? Je tape mon nom et Bam, ça débloque. Je ne savais plus où regarder… je donne le portable à Kiné, elle le prend mais refuse de me lâcher

– Pour cette fois on va laisser passer mais sachez que tout ce qui est tablette est à bannir du moins le temps qu’elle récupère, ça ne fera que retarder sa guérison. Privilégiez la communication, parlez avec elle sinon elle va continuer à se renfermer sur elle. Le psychologue vous en dira plus. Mais là il faut qu’on ausculte cette petite princesse… alors ma grande tu vas faire comme Heidi ouvre la bouche, on va voir ce qu’il y a au fond là-bas, fait comme moi princesse Kiné…

Avec ses mimiques qui faisaient sourire ma petite princesse, elle finit par accepter de se faire ausculter

– Elle ira mieux d’ici deux à trois jours In Sha’Allah. Ne la forcer pas à manger si elle ne veut pas. Le lait et le yaourt suffiront jusqu’à ce qu’elle puisse manger normalement. A demain petite princesse

– D’accord docteur ! A demain In Sha’Allah

Cheikh sort avec le docteur, il revient trente minutes après avec deux sachets à la main.

– Princesse je t’ai amené de quoi manger, des yaourts, des compotes et après tu mangeras de la glace au chocolat, dit-il en mettant le tout sur la table. Et pour toi des nems vietnamien, rajouta-t-il en me tendant une barquette remplie de nems et de salade

– Merci c’est gentil !

– Je t’en prie ! Dit-il en fixant son regard sur moi

Je commence à donner à Kiné quelques cuillérées de yaourt. Elle mangeait les yeux fixés sur le téléphone. Elle finit le pot, je lui tends la gourde de compote mais elle fait non de la tête.

– Ne la force pas ! Sortit Cheikh

Je range le sachet dans le frigo-bar à côté du lit et me mets devant la fenêtre pour contempler la vue…

– Tu ne manges pas ? Entendis-je derrière moi

Je me tourne et vois Cheikh me dévorer du regard

– Yangi melni dieune bouniou siddi ! (expression pour dire qu’elle est maigre)

Je m’étrangle, essayant de retenir ce rire qui menace d’exploser

– Bouma xol yangi melni kou tokk cent ans, quatre dimanches té léko ! On dirait que tu es restée des années sans manger ! Vient t’asseoir et mange avec moi, finit-il par dire les yeux remplis de pitié

– Je n’ai pas faim, j’ai mangé de la soupe chez Tamara. Merci quand même !

– Ca ne rassasie pas, une soupe. Vient t’asseoir et mange mais si tu préfères je peux te faire manger, ça ne me déranges pas !

Je le foudroie du regard avant de retourner mes yeux vers la fenêtre

– Je vois que tu es toujours têtue Madina !

– Je t’ai dit que je n’ai pas faim kay…

– Mais tu dois manger. Tu sais que j’adore les femmes fortes avec des rondeurs là où il faut. Là on dirait que tu es anorexique, j’ai l’impression de voir un zombie avec tes yeux là ! Vient manger avec moi s’il te plaît, dit-il en me tendant sa main

– Cheikh yaw watt nga ci Ya’Allah ni do changé ? Tu dis que tu ne changeras jamais ? Je suis bien ici, je mangerai quand j’aurai faim. Merci ! Répondis-je pour mettre fin à cette conversation

– S’il te plaît Madina vient t’asseoir ? Supplia-t-il encore

– Arrête Cheikh ! Je ne veux pas de ta pitié !

J’essaie de retenir mes larmes mais elles coulent déjà. Je le sens s’approcher

– Ne me touche pas s’il te plaît !

– Je n’ai pas l’intention de te toucher. S’il te plait arrête de pleurer, je déteste te voir comme ça ! Qu’est-ce que je peux faire pour effacer tout ce que tu gardes dans ton cœur. Tu sais que je suis là et que tu peux me parler sans crainte. Je serai toujours là pour toi. Dis-moi ce que je dois faire pour arrêter cette souffrance que je lis dans tes yeux princesse, sortit-il, ému, le regard tendre

Je ne réponds pas, j’essaie de camoufler mes sanglots pour ne pas faire peur à Kiné. Cheikh me tend un mouchoir que je prends

– Je suis désolé pour ce que je t’ai tout à l’heure. J’étais sous le choc et mes émotions m’ont dominé. Je ne veux pas que tu ailles à Saint-Louis Madina. Kiné a beaucoup plus besoin de toi que de moi. Je vous prendrai en charge toutes les deux. Et même ce n’est pas sûr que tu ailles chez tes parents sachant que tout imbécile de bourreau est encore libre. Je te veux ici prêt de moi, prêt de ma fille !

Je ne réponds toujours pas, j’essuie mes larmes qui ne veulent pas arrêter de couler

– Tu viendras vivre chez moi avec ma mère, poursuit-il  

Je lève les yeux vers lui, puis je secoue la tête

– Je ne ferai jamais ça ! Tu n’es plus rien pour moi. Tu es simplement le père de ma fille et rien d’autre Cheikh !

– Alors épouse-moi ! Lâcha-t-il le regard débordant de sincérité

– Pardon ? Fis-je en laissant tomber le mouchoir

– Tu as bien entendu ! Epouse-moi, demain !

Hello vous allez bien ? J’espère que vous avez passé une bonne fête ?

A Bientôt In Shaa Allah. Bisous  

Commentaire Facebook

31 commentaires on “Partie 09

  1. Epouse-moi! fofa tothie !!!!! mais est-ce possible? Est-ce que Madina est réellement divorcée d’habib?

  2. Ndèysane,j’avais les larmes aux yeux
    J’arrête pas de relire la partie,magnifique comme toujours

  3. Merci pour cette belle partie Nana❤️. Brf les filles essayez de vous mettre à sa place elle aussi a une vie cme chacune d’entre ns dc si les publications tardent à venir dites vs qu’elle a sûrement des choses plus importantes à faire. Même si l’attente est dure nagn mougn rek teh kham ni elle fait d’énormes efforts pour nous faire plaisir. Bisous 😘

  4. Épouser eeh elle a divorce d’avec Habib pour pouvoir se remarier?
    Fatima nous manque
    Belle partie hâte de voir la suite

  5. Nana gni yobou wone 1million pour vacance gnibissinagnou depuis khana 5millions la wone mais we Miss You

  6. Ayy waay nana billay damala Méré comment peux tu nous laisser comme ça
    Belle partie meercii et a très bientôt ou plutôt je l’espère

Comments are closed.