mar. Sep 22nd, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

A bout de souffle – Tome 2 – Partie 24

19 min read

Cheikh BATHILY

 

Je conduisais comme un fou, il fallait qu’on arrive aux Maristes avant les sapeurs. Rachid n’arrêtait pas de me gueuler dessus comme à son habitude

– Bon sang Cheikh, lève un peu le pied ! Tu veux nous tuer ?! Hurla-t-il mort de trouille

– Faut qu’on arrive avant les pompiers !

– Mais doucement quand même !

Son portable sonne et c’est Rahim qui nous signale qu’il était déjà arrivé sur place et qu’il se prépare à évacuer Aziz à l’hôpital principal de Dakar. Je fais demi-tour et prend la VDN heureusement que y avait pas de bouchon nous sommes arrivés à l’hôpital un quart d’heure plus tard

– Comment va-t-il ? Questionna Rachid dès que nos yeux se posent sur Rahim

– En salle d’opération, répondit-il. Il a reçu une balle à l’épaule heureusement la blessure n’est pas trop grave, d’après les ambulanciers !

– Mais que s’est-il passé ? Enchainai-je cette fois

– Personne ne sait qui a tiré. Il sortait de chez son épouse et d’après les commentaires il n’y avait personne dans l’appartement mais je ne crois pas à cette version…

– Je suis certain que c’est Habib parce que Madina a dit que c’est Sarata qui l’a opéré dans cet hôpital ce qui veut dire que Sarata et Habib se connaissent très bien ! Tout ça est trop louche !

– Ah oui ? Alors tu penses que Sarata a été envoyée chez Aziz pour espionner Madina ? Intervint Rachid

– C’est bien possible !

Tamara vient nous rejoindre avec Madina. Je n’en croyais pas mes yeux quand je la vois venir vers nous. Qu’elle est têtue ! Mane ki diakhal nama !

– Nom de Dieu mais qu’est-ce que tu fous là Madina ? Je ne t’avais pas demandé de m’attendre à la maison ? Criai-je oubliant qu’on était dans un hôpital

– Je suis désolée Cheikh mais je ne pouvais pas attendre ! Comment va Aziz ?! Osa-t-elle demander

– Tu sais qu’Habib est dans la nature et tu oses encore sortir sans protection ? Yaw Madina est-ce que ça va ? J’aimerai bien savoir par quoi tu entends ?

– Je suis désolée encore une fois Cheikh mais je me sens un peu responsable de ce qui est arrivé à Aziz ! Je suis sûre qu’Habib a envoyé Sarata pour m’atteindre, dit-elle les larmes aux yeux

– C’est possible mais qu’est-ce que tu peux y faire ? Je t’en supplie encore une fois Madina, tu ne dois plus sortir sans tes gardes !

– D’accord mais comment il va ?

– On ne sait pas encore, il est en salle d’opération !

– Marianne est devenue folle, elle n’arrête pas d’appeler depuis tout à l’heure et je ne sais pas quoi lui dire, dit Tamara bouleversée

– Elle est au courant ? Demanda Rahim

– Elle a vu dans un rêve je crois. Je continue de dire que ce crétin ne mérite pas Marianne !!! Asséna-t-elle dédaigneuse

– Ramatoulaye !!! Sermonna son mari. Tu crois que c’est le moment de dire pareilles bêtises ?  

– Je ne dis que la vérité hein même si ça fait mal !

– Alors qu’est-ce que tu fais là ?

– Mo yaw tu n’as pas entendu ? Marianne a demandé à parler à cet idiot sinon pour moi il peut crever un enfer sama yone nékouci ! Rétorqua-t-elle avec mépris

Le docteur nous interrompt en sortant de la salle. Rahim se précipite vers lui

– Ne t’inquiète pas Rahim, Abdoul Aziz va bien. La balle est extraite heureusement qu’il n’y a pas eu de gros dégâts. Il pourra sortir d’ici demain In Sha Allah, dit le toubib très calme

– Alhamdoulillah ! Merci mon oncle !

– Je t’en prie fiston, je n’ai fait que mon travail. A plus tard

Nous attendons une heure avant qu’Aziz rejoigne sa chambre. Il est couché sur son lit, torse nu.

– Tu vas bien ? Demanda Rahim le visage inquiet

– Alhamdoulillah, y a eu plus de peur que  de mal !

– Alors dis-nous c’était qui ? Me précipitai-je de demander

– Habib ! C’est Habib qui m’a flingué ! Je ne savais pas qu’il connaissait Sarata ! Je…

– Comment ça ?

– J’étais partie répudiée cette mauvaise femme et j’y ai trouvé Habib. Ils étaient entrés de comploter contre Madina. Je suis désolée Madina mais ton fils que tu crois mort, n’est pas mort ! Sarata a menti !  

Madina ouvre les yeux choquée, je me précipite sur elle et la prend dans mes bras. Ses larmes commencent à couler et tout son corps s’est mis à trembler

– Ce n’est pas vrai ! Sarata m’avait dit qu’il était déjà mort avant même qu’elle ne le sorte de mon ventre ! Elle m’avait assurée aussi qu’elle avait jeté le cordon et le placenta dans la fosse ! Elle ment ! Dit-elle complétement bouleversée

Je jette un regard accusateur à Aziz même s’il voulait bien faire, il aurait dû attendre que je sois seul avec lui avant de donner cette information. Il est réellement con !

– S’il te plaît Tamara, rentre avec elle à la maison. Je vais aller au commissariat déposer une plainte contre Sarata et l’hôpital aussi ! Et toi Aziz t’a intérêt à guérir plus vite et t’occuper de cette histoire ! Sortis-je fou furieux

– Démal rek dinga dée nakh beugeu djiguenn ! Tu vas mourir à cause des femmes ! Lança Tamara avant de sortir de la chambre

– Tamara je t’en supplie, dépose la jusqu’à la maison et tu la confies à ma mère ! Madina pour l’amour de Dieu reste à la maison ! Répétai-je pour me faire entendre

– J’ai besoin que tu sois avec moi, je t’en supplie Cheikh, dit-elle toujours en pleurs

– Je te promets que je ne vais pas durer. J’y vais juste pour la plainte !

Je sors avec elle jusqu’à la voiture de Tamara avant de prendre la mienne. Il faut que cette histoire finisse une bonne fois pour toute !

Madina Bathily

 

Je retrouve les gardes devant la porte et ils se mettent devant moi dès que je sors de la voiture. Je rentre avec Tamara dans la maison et ma belle-mère était dans le salon avec Kiné…

– Cheikh vient de m’appeler, il m’a tout expliqué. T’inquiète pas Tamara je vais m’occuper d’elle, dit-elle en me prenant la main

Je remercie Tamara et monte avec elle dans ma chambre. Je lui dis que je voulais  prendre une douche avant de me reposer et dès qu’elle ferme la porte je sors mon portable de ma poche et appelle l’inconnu qui m’avait sauvé

– Madina chérie ? Dit-il après avoir décroché

Ce crétin aussi je lui fais croire que je l’aime pour qu’il me donne des informations en échange. Cela fait plus de deux semaines que nous discutions sans que personne ne le sache mais il est très avare en information. Il ne m’a rien dit de nouveau à part qu’il y a un autre chef qu’Habib

– Je viens d’apprendre que mon bébé n’est pas mort. Je t’avais dit que Sarata a épousé un ami de mon mari et je viens de découvrir aussi qu’elle a été envoyée par Habib pour qu’elle se rapproche de moi ! Quand est-ce que tu vas me dire ce qui s’est réellement passé ? Je veux connaitre la vérité ! Je veux savoir aussi où se trouve mon enfant ! Je t’en supplie mon amour, je veux juste savoir la vérité !

– Tu es certaine que tu veux tout savoir Madina ? Dit-il d’une voix grave

– Oui, s’il te plait !

– N’oublie pas que je t’ai toujours aimé ! Tout ce que j’ai fait c’est pour toi au nom de notre amour ! Si tu savais tout ce que je suis prêt à faire pour toi mon cœur… Je te donne rendez-vous dans une heure chez moi. Liberté 6 extension à côté du marché…

– Mais je ne peux pas sortir de chez moi, ma belle-mère me surveille et mon mari ne va pas tarder. Je ne parle même pas des gardes devant la maison ! Le coupai-je

– Ok essaie de droguer ta belle-mère avec des somnifères et de mon côté j’essaierai de d’attirer l’attention des gardes. Prépare-toi !

Il raccroche et je me dis ce n’est pas une mauvaise idée. Je trouve des somnifères dans la boite à pharmacie. J’en mets dans le thé que préparer la bonne et repars dans ma chambre ni vue ni connue. Une heure après je trouve ma belle-mère en train dans sa chambre avec Kiné et j’en profite pour quitter la maison…

Je trouve la voiture devant la porte et je monte sans me poser de questions. Je demande après les gardes, le chauffeur répond qu’ils sont en train de poursuivre deux suspects, j’imagine un coup de l’inconnue. Nous arrivons à destinations des minutes après. Mon cœur battait à en rompre. J’ai peur de ce que je vais découvrir et j’ai en même temps peur de la réaction de mon mari quand il saura que j’ai disparu. Il va m’en vouloir mais je saurai comment me faire pardonner…

– Je n’ai pas beaucoup de temps. Mon mari est certainement en train de me chercher en ce moment, fait vite s’il te plait, dis-je en entrant dans l’appartement

– Bonsoir Madina !

Je tombe sur le tapis quand mon hôte sort d’une pièce, habillé tout en noir…

– Oui c’est bien moi, dit-il  

– Lamine ?! Posai-je éberluée

– Oui Madina c’est moi qui t’ai sauvé des griffes de Habib et oui je suis le Grand Patron !

Je laisse échapper un gémissement sourd. Ça ne peut pas être vrai. Non je ne le crois pas, c’est sans doute un cauchemar !

– Dis-moi que c’est un cauchemar que tout ceci n’est pas vrai ! Lamine c’est une blague n’est-ce pas ? Demandai-je en larmes

– Non Madina ! Ça c’est mon autre moi, l’image que désormais toi seule connaisse ! Je suis le prophète Jo !

Je hurle encore, je ne peux pas déchiffrer actuellement mon état. Pleines de questions se bousculent dans ma tête. Je regrette, je regrette d’être venue. Pourquoi je n’ai pas suivi les mises en garde de mon mari ! Pourquoi… mais pourquoi ?

– Lamine ?!

– Tu as dit que tu voulais savoir non ?

– Je ne m’attendais pas à te voir ici !

Je me sens tout d’un coup nauséeuse, j’ouvre la bouche pour demander les toilettes mais je déverse tout sur le tapis

– Je vais devenir folle !

– Non pas si tu acceptes de rester avec moi. Je te donnerai la vie que tu mérites. Riche et pleine aux as Madina ! Aujourd’hui je suis plus riche que ton mari… je peux te donner tout ce que tu veux ! Ajouta-t-il essayant de s’approcher de moi

– Je quitterai Cheikh pour toi Lamine mais avant il faut que je sache où se trouve mon fils ! Répondis-je n’ayant pas le choix

– Quelque part dans le monde mais si tu veux le savoir il faut d’abord que tu acceptes de vivre avec moi !

– D’accord Lamine ! Et ta femme ? Tes enfants ? Nos deux familles ? Qu’est-ce que les gens vont penser de notre mariage ?

– Ils n’ont pas besoin de le savoir ! Et Madina je t’interdis de parler de ma deuxième vie à qui que ce soit ! Compris ?! Menaça-t-il

– Je n’avais pas l’intention d’en parler !

– Je ne suis pas Habib ma chérie, je ne te ferai aucun mal ! Dit-il sincère

– Je sais Lamine mais laisse-moi rentrer chez moi. Je te ferai signe quand je serai prête. Il faut que je prépare ma fille à vivre sans moi, mentis-je pour me voir ce que je peux faire d’ici là

– Y a pas de souci ! C’est quand tu veux ! Je vais demander à mon chauffeur de te déposer !

– Non je préfère prendre un taxi. Je ne veux pas que Cheikh se doute de quelque chose !

– D’accord ! A bientôt

Je sors toute crispée de l’appartement en me posant plein de questions. Bien sûr je n’ai pas l’intention de quitter mon mari et tout ceci ce n’est que pour savoir où se trouve mon fils. Maintenant que je sais que mon fils est vivant, je ferai tout pour le récupérer

Je rentre à la maison une heure après et comme je le pensais. Cheikh était devant la porte à m’attendre, je le vois avancer vers moi quand nos yeux se croisent

– Tu étais où ?! Hurla-t-il dès que je pose mon pied sur l’un des escaliers

– Je suis désolée…

– Je ne veux pas de tes excuses ! Je veux juste savoir où tu étais ?!

– Je… je… Cheikh je t’en supplie rentrons à l’intérieur après je pourrai t’expliquer mais dans le calme, suggérai-je la voix tremblante

– C’est ici qu’on va en parler ! Je comprends plus yaw Madina loula dall ? Je veux savoir si tu es folle ou tout simplement stupide ?! Je t’avais dit de ne pas sortir de la maison mais tu es quand même sortie ! Niou wakhati tu fais dormir ma mère exprès pour aller je ne sais où et revenir faire ton insolente devant moi ? Madina j’en ai assez de ton inconscience ! Madina tu sais qu’en faisant n’importe quoi tu mets non seulement ta vie en danger mais celle de ta fille aussi ! Si tu veux retourner avec ton ex-mari je ne vais pas te retenir mais ça sera sans ma fille ! Hurla-t-il encore en me laissant bouche bée

– Je te jure que tout ce que je fais Cheikh c’est pour protéger ma fille ! J’ai le droit de savoir où se trouve mon fils aussi… je veux savoir Cheikh ne soit pas égoïste !!!

– La seule égoïste ici c’est toi ! Tu veux retrouver l’enfant du diable mais vas-y je ne te retiens pas mais tu ne feras pas tes va-et-vient chez moi ! Désormais c’est fini je ne vais pas me tuer à te trouver des gardes et des chauffeurs, fait ce que tu veux de ta vie mais je t’interdis de sortir avec ma fille, c’est compris ?

Je baisse la tête honteuse. Je sais qu’il a raison mais je ne veux pas laisser mon fils grandir dans ce milieu. Si je le laisse entre les mains de Habib c’est certain qu’il sera pire que son père.

– Cheikh… je veux sauver mon fils !

– Et comment ? Comment tu vas sauver ton fils alors que tu ne sais pas où il se trouve !

– Si… mon sauveur m’a dit qu’il est hors du pays et qu’il fera tout pour me le ramener !

– Merde Madina ! C’est qui ce sauveur ? Alors tu étais partie voir cet imbécile ? Décidément tu n’as pas de cervelle ma pauvre ! Après tout ce qu’ils t’ont fait subir tu continues à les fréquenter ? Madina wakh dji mane j’en ai marre ! Je ne veux plus rien savoir de ce que tu trames mais je te jure si tu y mêles Kiné, tu sauras là de quoi je suis capable !

Il me laisse devant la porte avant de prendre les escaliers. Je ne savais même pas quoi faire…

Une semaine que Cheikh me boude, il ne me parle pas. Je n’ai plus revu Lamine mais on continue de se parler par messages. Il m’a envoyé des photos de mon fils et j’ai tellement pleuré, il est heureux avec une autre mère et il appelle maman. J’ai eu tellement mal que je suis restée une journée entière à pleurer.  Cheikh est rentré du travail, il est en bas en train de discuter avec ma belle-mère qui ne parle plus elle aussi depuis que je lui avais donné les somnifères. Cette situation ne peut plus durer, je veux me réconcilier avec mon mari avec ma famille. Je les retrouve dans le salon en train de chuchoter je ne sais quoi et ils se taisent dès qu’ils me voient

– Cheikh, maman ça ne peut plus durer comme ça. J’ai fait une bêtise et je le reconnais mais je vous en prie mettez-vous à ma place, je ne suis qu’une mère désespérée…

– Moi aussi j’ai un fils et je ne peux pas me rapprocher de lui, me coupa-t-il fou furieux

– Les contextes ne sont pas les mêmes  Cheikh !

– Oui tu as raison, moi je ne cherche pas à connaître l’enfant du diable ! Madina si tu savais tout ce qui se cache derrière cette histoire tu ne chercherais pas à retrouver cet enfant ! Dit-il dédaigneux

– Qu’il soit l’enfant du diable ou l’enfant de Lucifer c’est mon fils, il est sorti de mes entrailles alors oui, j’ai le droit de le chercher et j’ai le droit de m’inquiéter de son sort !

– Comme tu veux ma chérie ! Je ne veux rien savoir de cette histoire ! Bonne nuit !

– Maman s’il te plait, parle avec lui, tu es mère tu comprends mon désarroi. Je t’en supplie…

– Assis-toi, dit-elle. Tu t’y prends très mal ma fille. Personne ne t’interdit de chercher ton fils mais ce n’est pas comme ça. Tu ne peux pas faire des choses derrière ton mari et venir ensuite t’excuser comme si de rien était. Cheikh a promis de t’aider pourquoi tu veux l’écarter de cette histoire ? Tu ne vois pas que tu es en train de mettre en danger la vie de ta fille Madina ? Laisse cette histoire de recherche entre les mains des hommes de Rachid et va te réconcilier avec ton mari. Si tu continues à faire la têtue tu vas le perdre ! Conseille-t-elle calmement

Je pars rejoindre mon mari dans la chambre. Il est couché téléphone à la main

– Cheikh, dis-je doucement en prenant place de l’autre côté

– Je ne veux plus en parler ! Tu fais comme tu veux de ta vie et ne m’en mêle plus !

Il porte ses sandales et disparait très vite de la chambre. Je me couche perdu, je trouve qu’il en fait un trop

C’est une migraine atroce qui me réveille vers 01 heure du matin. Je descends les escaliers et me dirige vers la cuisine. Je cherche dans la boite à pharmacie des calmants dans la précipitation je fais tomber la boite. Fatiguée je m’assois sur les carreaux en tenant ma tête, j’avais l’impression qu’elle allait exploser d’une minute à l’autre. Mes larmes commencent à couler et je finis par éclater en sanglot. Je commence à avoir marre de cette vie ! Je n’en peux plus de souffrir comme ça ! Allah quand est-ce j’aurai un peu de répit dans cette vie ? Quand ?

– Madina qu’est-ce que tu fais dans le noir ?

J’entends la voix de Cheikh, je sursaute. Il remarque les boites de médoc autour de moi et je le vois ouvrir grand ses yeux l’air affolé

– Dis-moi que tu n’as pas fait une bêtise Madina ?! Cria-t-il en posant ses mains sur mes joues

– Non ! J’ai très mal à la tête et j’ai fait tomber la boite en cherchant un calmant

– Ouf, tu m’as fait peur, dit-il

– Tu crois que je serai capable de mettre fin à mes jours Cheikh ? Je ne suis pas aussi folle que tu le penses

– Mais tu es imprévisible Madina ! Je n’arrive pas à te cerner kenn khamoul linga beugeu !

– Un médicament sinon je vais mourir, soufflai-je fatiguée

Il me donne deux comprimés de Doliprane avant de porter dans ses bras pour me ramener dans la chambre. Je m’endors quelques minutes après pour me réveiller 06 heures du matin pour la prière de Fajr. Je me recouche après avoir fait mes wird et à peine les yeux fermés que je sens les mains baladeuses de mon mari sur mon corps.

– Ton corps est chaud ma princesse, tu es malade ? Questionna-t-il la voix rauque

– Non je me sens bien mon cœur, je me sens juste fatiguée

Ses mains deviennent de plus en plus insistantes et comme il m’avait manqué à moi aussi, je prends très vite les devants…

La semaine a passé beaucoup trop vite. Cela fait deux jours que je ne me sens pas bien. Je passe mes journées au lit en train de dormir. Le matin je suis souvent nauséeuse. Je n’aime plus le parfum de mon mari ni son gel de douche. Je ne supporte plus l’odeur des thiouraye de maman et pour combler le tout j’ai vomi deux fois ce matin après le petit déjeuner.

Je me cache du mieux que je peux de ma belle-mère mais le problème je ne peux pas sortir seule pour acheter un test de grossesse, Cheikh va me tuer. Soudain une idée me vient par la tête, je prends mon téléphone et appelle aussitôt Salma

– Madina comment tu vas ? Dit-elle après avoir décrochée

– Je vais bien Alhamdoulillah et toi ?

– Super aussi !

– Salma j’aurai besoin de ton aide. En fait j’ai rendez-vous avec le gynécologue demain pour ma piqûre et comme j’ai dépassé la date il me faut un test de grossesse avant d’y aller. Est-ce que tu peux m’en trouver s’il te plait ? Mentis-je juste pour avoir mes tests de grossesse

– Khana la gynéco n’est pas folle ! Avant de te poser une quelconque contraception, elle te fera d’abord faire un test de grossesse, mouyenn !

– Ah ou c’est vrai j’avais oublié. Je pensais que j’étais peut-être enceinte et je voulais faire une surprise à mon mari, ajoutai-je encore plus futée

– Ah oui, tu as des retards ?

– Oui mais je pense que c’est à cause de la contraception…

– Non, je vais t’en chercher ce soir et tu les feras demain matin pour plus de précision d’accord ? Dit-elle excitée

– Oui Salma, merci !

– Je t’en prie ma belle. A plus tard

Je suis belle et bien enceinte de 6 semaines à relever le test de grossesse et il hors de question que j’accouche cet enfant. Je suis certain qu’Habib m’attend quelque part pour me le voler. J’ai évidemment dit à Salma que je n’étais pas enceinte, je ne veux que personne ne le sache.

Qui peut bien m’aider à interrompre cette grossesse mais qui ? Ne cessai-je de me poser. Oh… non… mais je n’ai pas le choix ! Lamine va m’aider c’est clair. Je lui envoie un texto et on se donne rendez-vous devant la porte de l’école de Kiné, il se fera passer pour un simple parent d’élève. Je ne peux pas me permettre de parler de ça au téléphone les renseignements généraux pourront nous chopper et bonjour les ennuis.

C’est en sortant de la voiture que j’ai remarqué que j’avais oublié mon portable à la maison mais heureusement, Lamine était déjà sur place. Le chauffeur pensait évidemment que je discute avec un parent d’élève alors, il n’y voyait aucun danger

– Comment tu vas mon amour, je t’appelais comme ça, dit-il en souriant

– Je vais bien et toi j’ai oublié mon téléphone à la maison.

– Ah c’est ça alors. Tu sais que mes enfants étaient dans cette école, commença Lamine mais on n’avait pas le temps

– On n’a pas trop de temps Lamine, Kiné va bientôt sortir. Alors je suis enceinte Lamine et je ne veux pas garder cet enfant demande à Sarata de m’aider à interrompre cette grossesse avant qu’il ne soit trop tard, sortis-je sans hésiter

– Tu ferais ça Madina ? Questionna-t-il surpris

– Mais bien sûr ! Je te laisse gérer ça Kiné est là ! A plus !

– D’accord je t’aime !

Obligée, je lui réponds en forçant un sourire

– Moi aussi !

Le lendemain à mon réveil la maison était vide. Il n’y avait pas Cheikh, ni maman, ni Kiné alors qu’il n’était que 07 heures du matin. Je demande après la bonne, elle me donne une feuille et mon s’écroule quand je lis ce qu’il y avait dessus

‘’ Tu peux rester éternellement avec ton ex, ton maitre, le père de ton enfant et sois sûre que tu ne reverras plus Kiné de ta vie ! A ton réveil prend tes affaires et quitte ma maison, je ne veux plus jamais te revoir de ma vie ! Adieu Madina !

 

– Cheikh…

Je cours retrouver Lamine pour qu’il m’aide à dire toute la vérité à mon mari mais…

– Ah tu jouais à l’imbécile avec moi tu n’avais pas l’intention de quitter ton mari pour moi ?! Ah Madina tu vas entendre toute la vérité aujourd’hui. Je suis le père de ton fils, le fils que tu cherches ! Je t’ai violé une nuit dans ta chambre alors que tu étais droguée ! Je suis le maitre d’Habib et de tous ces hommes qui fréquentaient cette maison ! Oui Madina, c’est moi qui t’ai mise dans cette galère ! Madina je t’aime mais je ne veux pas te voir souffrir ! Va-t’en ! Fo kham dieumeul ! Ne cherche pas à connaître notre enfant parce que c’est lui le futur ! Va-t’en Madina ! Et encore, tu ferais mieux de fermer ta bouche sur comment je mène ma vie ! Pour Habib ne t’inquiète pas, tu vas plus jamais le revoir puisque je l’ai tué et Sarata aussi ! Oublie que tout ce que tu as vécu et essaie de te reconstruire ! Oublie Madina…

Je ne sais pas comment j’ai fait mais je me suis retrouvée à St-Louis un beau matin…

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12 commentaires on “A bout de souffle – Tome 2 – Partie 24

  1. Li mome tayouko gnou Mélni lamine gno bari si deuk bi cheikh nak mo yay daf seuss dakh ak loumou meuna Mel dafa wara di communiqué mais khana bou khélam déloussé dina nek nit
    Nanah dal bakh gafi merci pour la suite

  2. Wa pourquoi la mentalité de crevette De Madina n’évolue pas avec le temps? Khawma mentalité khawma niveau d’intelligence sakh? Comment peut elle être si bête ? Pourquoi mais pourquoi

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