dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

A bout de souffle – Partie 14 – Tome 2

16 min read

Cheikh Tidiane Bathily

Je ne peux toujours pas croire que je me suis réveillé auprès de ma Madina, ma femme. Elle est là près de moi en train de dormir comme une petite fille. Je la regarde encore, elle n’a rien perdu de sa beauté, elle est toujours aussi belle malgré les nombreux boutons et tâches noires sur son visage, elle est toujours belle. Son corps est rempli de cicatrices, sûrement dus aux coups qu’elle recevait. Elle ne veut pas parler de ce qu’elle a vécu dans cette maison et je respecte son choix mais j’aurais aimé qu’elle le partage avec moi. Ce qui est sûr c’est que je ferai payer à cet homme tout ce qu’il a fait à Madina, je me vengerai si jamais je l’ai en face de moi.

L’autre idée qui me tracasse c’est le fait qu’elle refuse d’avoir un autre enfant. Je comprends sa douleur mais comme je lui ai dit hier, elle est encore jeune et elle pourrait changer d’avis un jour. J’essaierai de la convaincre avec le temps pour l’instant c’est son bien-être qui m’importe et je ferais tout mon possible qu’elle retrouve sa joie de vivre. Je veux qu’elle oublie toutes ses atrocités qui lui rongent le cœur. Je veux juste la Madina d’avant.

Je la regarde s’étirer dans le lit puis elle ouvre lentement les yeux avant de poser ses magnifiques perles sur moi

– Bonjour princesse, soufflai-je

– Bonjour, répondit-elle gênée

– Tu as bien dormi ?

Elle fait oui de la tête avant de se lever essayant de cacher ses magnifiques jambes pleines de cicatrices. Elle se tourne et me regarde

– Je vais prendre une douche, dit-elle en tirant la couverture sur elle

– Je peux la prendre avec toi ? Dis-je simplement pour la taquiner

– Cheikh, minauda-t-elle le visage en feu

– Je taquinais princesse. On a  rendez-vous chez le dermato à 11h30mn mais avant on va aller inscrire Kiné il faut qu’elle commence l’école, elle est déjà suffisamment en retard comme ça et après on ira voir Salma à l’institut ça te va ?

– Hum Salma on ne peut pas aller dans une autre boutique et pour Kiné j’espère que l’école est assez sécurisée parce que… tu vas ce que je veux dire ?

– Elle sera dans l’une des meilleures écoles de Dakar et la plus sécurisée, ne t’en fais pas. Pour Salma je veux que votre relation redevienne comme avant. Je sais que tu lui en veux mais Salma mais Salma est mon amie, elle est ta ndieuké (belle-sœur) alors essaies de la pardonner pour moi s’il te plait, suppliai-je en joignant mes deux mains

– J’ai pardonné Cheikh sinon je ne serai pas là aujourd’hui. Seulement y a une petite gêne entre nous mais j’essaierai d’être moins coincée, répondit-elle en souriant

– Super ! Allez fais vite sinon je vais partager la douche avec toi !

Elle me lance un regard très peiné avant de se diriger vers la salle de bain. Je payerai tout l’or du monde pour revoir ma femme heureuse. Là, je sais que je vais devoir patienter encore avant de l’avoir complétement à moi.

Une heure après nous nous retrouvons dans la salle à manger pour le petit déjeuner. Madina touche à petit déjeuner avant de se lever

– Madina tu n’as rien mangé…

– Je n’ai pas faim Cheikh, coupa-t-elle avant de prendre les escaliers

– Cette fois à toi de supporter mon chéri, dit ma mère

– Je sais bien mais ça me fend le cœur de la voir comme ça, répondis-je très mal

– Essaies juste de la comprendre et ne la brusque surtout pas. Laisse-là aller à son rythme et surtout montre-lui que tu tiens à elle qu’elle ne se sente jamais rejetée. Elle a besoin d’être protégé alors sois toujours là pour elle. La pauvre, elle a dû tellement souffrir…

– Et ça me ronge encore plus quand je pense que tout ceci est de ma faute.

– De notre faute à tous. Nous avons tous étaient injustes avec elle. Moi aussi je ne me pardonne pas !

– En tout cas je ne vais plus jamais la laisser seule. Je veux qu’elle soit heureuse le restant de ses jours. Je l’aime tellement maman si tu savais…

– Je sais mon fils et seul ton amour pourra la sauver !

Madina revient quelques minutes après habillée très simplement. Nous sortons ensemble rejoindre la voiture et après quelques minutes de trajet nous étions déjà à l’école de Kiné et heureusement la directrice a accepté de la prendre, elle avait quand même beaucoup de retard. Je me chargerai de lui trouver une répétitrice pour qu’elle puisse se rattraper.

Madina comme d’habitude avait la tête ailleurs. Elle n’a pas parlé depuis que nous avons quitté la maison. J’essaie de respecter son silence mais encore ça me fend le cœur de la voir comme ça. On dirait qu’elle ne veut plus rien de cette vie, elle me fait même pitié…

– Madina, je ne veux pas te voir comme ça ! Tu ne peux même pas imaginer combien je me sens mal quand je te voie comme. J’ai l’impression que tu n’es même plus là. Qu’est-ce que tu veux que je fasse pour que tu retrouves le sourire… que tu retrouves ta joie de vivre. Que veux-tu que je fasse ?

– Laisse-moi juste le temps de m’habituer à ça… à cette liberté. Laisse-moi remettre les idées dans ma tête. J’essaie de me libérer alors laisse-moi y aller comme je le sens. Je tiens à toi et je t’aime alors patience, dit-elle en me caressant la main

Je lui souris. Je ne sais pas si c’est le fait qu’elle m’ait avoué ses sentiments ou c’est parce qu’elle est juste Madina mais je ressens un bonheur immense en ce moment

– Moi aussi, je t’aime Madina !

Nous avons été reçus par le dermatologue et elle a prescrite à Madina des crèmes réparatrices. Elle nous donné rendez-vous dans deux mois. Nous nous sommes dirigés à l’institut de Salma, elle n’en croyait pas ses yeux quand elle nous a vu débarqué.

– Cheikh mais que faites-vous là ? Madina comment tu vas ? J’ai appris que vous vous êtes mariés hier. Félicitation et qu’Allah bénisse votre union.

– Amine Salma et merci. Bon je t’ai amené ta petite protégée. Elle besoin d’habits elle n’en a pas beaucoup mais aussi tout ce qu’elle veut. Je te donne ma carte vous avez une demi-journée de shopping entre vous et pendant ce temps je vais aller à l’entreprise voir où en sont mes affaires. On se retrouve à la maison ce soir ma chérie, Salma te déposera dès que vous aurez fini, dis-je en quittant le bureau 

C’est certain que Madina va me tuer mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour qu’elle se rapproche de Salma…

Madina Laliya Bathily

 

Je vais tuer Cheikh, je vais le tuer. Il vient de me laisser seule avec Salma dans ce bureau et je ne sais même pas comment me comporter avec elle. Je suis tentée d’aller le retrouver mais je ne veux pas me montrer difficile envers Salma et aussi je sais si je fais ça elle va se sentir gênée. J’avais aussi promis à Cheikh de faire un effort mais je ne peux pas la regarder dans les yeux après tout ce qui s’est passé entre nous

– Cheikh est un vrai gamin, dit Salma fuyant elle aussi mon regard

Je souris simplement à vrai dire je ne sais pas quoi répondre.

– Madina je sais qu’on ne s’est pas quitté en de bons termes mais encore une fois je te demande pardon pour tout ce qui s’est passé. Tu ne sais même pas à quel point je m’en veux de ne t’avoir pas cru ce jour-là. Et moi mieux que personne aurait dû prendre ta défense ce jour-là parce que j’ai vécu à peu près la même chose que toi mais tu sais parfois on ne réfléchit pas face à certaine situation et souvent Satan en profite pour semer la zizanie mais ça n’excuse en rien la manière dont je t’ai traitée. Je suis tellement désolée et surtout nous sommes entièrement responsables de toutes ces atrocités que tu as vécues…

– N’en parlons plus Salma. J’ai pardonné même si c’est difficile mais je vous pardonne tous. Vous n’êtes pas responsable de ce que j’ai vécu. Non la seule responsable ici c’est moi parce que je me suis mariée avec Habib uniquement pour me venger de Cheikh et je regrette, je regrette tellement…

Je craque. A mon mari je ne peux pas lui expliquer tout ce que j’ai vécu avec cet homme. Je vois combien il se retient et je suis sûre qu’il sera capable de tuer mon ex-mari quand il l’aura en face de lui. Salma vient se mettre en face de moi et me prend dans ses bras

– Ne pleure chérie, tout ça est fini. Essaie de reprendre ta vie en main. Tu as deux raisons de vivre maintenant Kiné et Cheikh. Madina ton mari tiens beaucoup à toi. On a cru le perdre quand il a su que tu t’étais remariée. Mon coeur se déchirait à chaque fois qu’il parlait de toi. Mon mari m’aime c’est claire mais pas de la même façon dont Cheikh t’aime.

– Je sais Salma. Je sais… j’aurai tellement aimé lui épargner tout ça mais c’est au-delà de mes forces je ne sais pas si je pourrais un jour le laisser m’aimer ou me toucher comme avant. Je fais un effort épouvantable de soutenir son regard alors qu’en sera-t-il si je le laisse me toucher ?

– Ça viendra Madina. C’est juste le début mais tu verras que ça sera plus facile d’ici quelques semaines In Shaa Allah

– Je l’espère pour cette fois je suis prête à tout et je supporterai tout ce qu’il faudra pour rester dans ce ménage. Je ne veux plus vivre ce que j’ai vécu. Tu sais ce jour-là à la pharmacie c’était moi, confiai-je lentement

– Quelle pharmacie ?

– Ce matin-là avant de partir mon mari m’avait encore battue devant Kiné avant de bousculer dans les escaliers. Je me suis fait mal à la main. En ce moment-là il ne m’interdisait pas de sortir, il m’avait juste interdit de m’approcher de vous. Je suis allée à pharmacie pour trouver un calmant, je ne supportais plus la douleur et je t’ai vu à travers le miroir mais tu ne m’avais pas reconnue je me suis empressée de sortir avant tu ne me reconnaisses. J’avais trop honte que tu me voies comme ça.

– Oh mon Dieu c’était toi alors ?

– Oui c’était moi et encore quand je suis retournée à la maison j’ai encore subit la colère de mon mari devant mes enfants. La pharmacienne comprenait ce que je vivais et elle a essayé plusieurs fois de m’aider mais je ne voulais pas la mettre en danger. Je connaissais bien Habib, il serait capable de l’éliminer.

– Un seul mot aurait suffi pour te sortir de cet enfer Madina, dit-elle en essuyant ses larmes elle aussi

– Mes enfants Salma ? Comment partir sans elles ? Je ne pouvais pas ! Si j’ai accepté toutes cette souffrance c’est pour les sauver mais je n’ai réussi qu’avec Kiné parce qu’Aicha est partie à tout jamais et ça je ne me le pardonne pas ! Mon cœur se serre à chaque fois que mes pensées se tournent vers elle. Je ne cesse de me dire que c’est moi qui l’ai tué parce que je n’ai rien pu faire pour la sauver…

– Ne dis pas ça ma chérie. Tu ne pouvais rien faire. Ne t’inquiètes pas, tu auras d’autres enfants In Shaa Allah

– Je ne veux pas d’autres enfants. Je n’en veux plus !

– Pas du tout ? Tu en as parlé à Cheikh ?

– Oui lui aussi n’est pas d’accord mais c’est mon choix.

– Tu ne peux pas être aussi égoïste Madina.

– S’il veut prendre une épouse qui lui fera des enfants, je ne lui en empêcherai pas !

– Hein jeune fille tu n’es pas consciente de ce que tu dis ! Tu serais prête à laisser Cheikh épouser une autre ? Dis-moi Madina tu aimes toujours Cheikh ? Demanda-t-elle offusquée

– Bien sûr, sinon je n’aurai pas accepté de me remettre avec lui !

– D’accord alors laisse les choses venir naturellement. Tu peux quand même aller voir un gynécologue pour une contraception après si tu veux avoir un enfant tu l’enlèves c’est aussi simple, proposa-t-elle gentiment

– J’ai dit à Cheikh que je voulais une ligature des trompes !

– Soubhan’Allah ! Il a accepté ? S’offusqua Salma

– Non mais je lui ai dit qu’il n’avait pas son mot à dire !

– Bien sûr qu’il son mot à dire ! C’est ton mari et il doit être d’accord pour cette intervention en même temps, tu ne penses pas que tu abuses là ? Tu n’as pas le droit de lui faire ça !

– Je sais mais j’ai tellement peur… j’avais accouché d’un petit garçon mais il est mort après l’accouchement. Je ne veux plus revivre ça…

– Tu n’es plus avec ce monstre mais avec cheikh alors pose-toi une contraception et réfléchie mûrement à cette décision d’accord ?

– D’accord !

– Maintenant vient on va aller voir les tenues après on ira déjeuner avec les filles avant de continuer nos courses.

Je prends la moitié des tenues dans les boutiques de Salma puis comme prévu nous sommes allées rejoindre les filles au resto. Il y avait tout le monde. Marianne, Tamara, Fatima et Samira. Samira semblait crispée mais elle participait à la conversation. Au sujet comme d’habitude leurs maris, Salma qui en profitait pour faire des affaires et Fatima qui achète tout une collection de lingerie pour rendre dingue son Oustaz.

– Et toi ma chérie qu’est-ce que tu vas prendre ? Demanda Tamara avec un sourire salace

– Euh rien…

– Mouway khana je ne suis plus ta maman ? Salma une collection de lingeries fines, des pagnes troués et tout ce qui est ceinture de perle pour ma fille. T’inquiète pas c’est mon cadeau de mariage, fait-elle avec un clin d’œil

– Cheikh dina déwati rek, lança Marianne

– C’est sûr ! Appuya Salma

J’étais toute gênée et je ne savais même pas quoi dire. En parlant du loup Salma me passe son téléphone m’indiquant que c’est mon mari. Je m’éloigne pour répondre

– Mon amour, tu vas bien ? Dit-il calmement

– Oui, je vais bien merci !

– Et ce déjeuner entre fille ? Tu ne t’ennuies pas trop ?

– Non au contraire, je ne pensais pas que je m’amuserai autant mais tu connais la bande Salma elles sont toutes cochonnes, sortis-je avec un sourire en coin

– Elles parlent de quoi ? Questionna-t-il d’une voix malicieuse

– Des trucs de femmes rek !

– Hum et j’espère que tu as bien noté ?

– Cheikh tu appelais pourquoi ? Dis-je pour changer de sujet

– Tu me manquais simplement mon amour et je voulais savoir comme tu te sens après que je t’ai laissé avec Salma

– Je voulais te tuer au début mais j’en ai profité pour vider mon sac et ça m’a fait du bien !

– Tant mieux alors ! J’ai hâte de te retrouver à la maison

– Tu es toujours au bureau ?

– Oui je n’ai même pas le temps de déjeuner, j’ai beaucoup de dossier autour de moi mais je vais essayer de les finir avant de rentrer. Au fait je t’ai pris un portable comme ça je pourrai te joindre à tout moment ça te va ?

– Oui, merci !

– Je t’en prie ma chérie. Bon ce n’est pas tout mais j’ai une montagne de dossier à gérer alors ma petite femme chérie on se retrouve tout à l’heure In Shaa Allah !

– D’accord, à plus !

– Je t’aime

– Moi aussi !

Je l’entends grogner avant de raccrocher. Il est toujours aussi terrible. Je reviens et retrouve les filles toujours dans leur délire, cette fois-ci c’est Samira qui était au centre de l’attention…

– Tu devrais lui pardonner, dit Marianne

– C’est au-dessus de mes forces, renchérit Samira. Cette fois-ci, il va s’en mordre les doigts

– Attention ma chérie ça peut prendre une tournure qui ne va pas du tout te plaire. Je parle par expérience, ajouta Salma

– Je sais mais je ne peux pas le pardonner cette fois !

Je suppose une dispute avec son mari. Heureusement qu’elles changent de sujet et parle de voyage cette fois. Je ne pensais pas être à l’aise avec elles mais je dois avouer que cette petite sortie ma fait un bien fou. J’avais besoin de ça, de me sentir, vivre et en toute liberté…

Arrivée à la maison je trouve Cheikh dans le salon avec une magnifique jeune fille. Elle doit avoir la vingtaine. De teint naturellement foncé, elle ressemble à un mannequin et je dois avouer qu’elle est sacrément belle. De l’autre côté étaient assises maman et une dame qui a les mêmes traits que la fille, elle doit sûrement être sa mère. C’est Kiné qui m’aperçoit en premier et comme d’habitude elle saute sur moi

– Mamaaaan, cria-t-elle en sautant sur moi

– Oh Kiné doucement tu vas me faire tomber avec les sachets, dis-je en riant

– Pardon maman mais tu m’as trop manqué, répondit-elle en souriant

– Tu m’as trop manqué aussi ma princesse !

Je dépose mes affaires sur la table et pars saluer nos hôtes…

– As-Salamou ‘Aleykum !

– Wa’Aleykum Salam ! répondirent-ils en chœurs

– Madina, Bathily ! Tu t’es bien amusée ? Demanda ma belle-mère

– Oui maman c’était super !

– Tu ne me salues pas ? Dit Cheikh en me tirant la main et je tombe sur ses cuisses

J’essaie de me dégager mais il encercle ses bras autour de ma taille et me donne un bisou bruyant sur la joue. J’avais tellement honte !

– Voilà c’est parfait, dit-il en me donnant un autre baiser sur la tempe

– Khoudia, je te présente Madina la femme de Cheikh et Madina voici Tata Khoudia une amie de longue date ! Présenta maman Kiné

– La femme ? Je croyais qu’ils avaient divorcé hein Cheikh c’est ce que tu avais dit non ? Dit la jeune fille

– Oui mais ils se sont mariés hier, s’empressa de répondre ma belle-mère

– Han ! S’étrangla mademoiselle mannequin

– Bonsoir tata, dis-je à l’endroit de la dame mais elle ne répond pas trop occupée à regarder sa fille

Je me lève des jambes de mon mari un peu gênée et je vois la fille me regarder avec mépris

– Je suis crevée, je vais prendre une douche. Je reviens plus tard, dis-je avec de m’éclipser en emportant mes emplettes

Je prends une douche bien chaude qui fait un bien fou. A ma sortie, Cheikh était dans la chambre debout au bord lit en train de fouiller dans mes affaires. Je le vois sortir un lot de bines-bines de toutes couleurs, il pose son regard sur moi et me lance son sourire salace là…

– Hum c’est ce que tu tramais  alors ? Questionna-t-il la voix rauque

– Non c’est des cadeaux de la part de la bande de Salma ! Je n’ai pas acheté de lingeries ! Répondis-je en me dirigeant vers le dressing

Quelques minutes après j’avais déjà fini de m’habiller et je retrouve Cheikh toujours en train de fouiller dans mes affaires

– C’est qui cette fille ? Questionnai-je

– Quoi ? Tu es jalouse ?

– Non je n’ai juste pas aimé la manière dont elle me regardait et je suppose que c’est ton ex ?

– Non ! Je ne suis jamais sortie avec elle même si je dois avouer qu’elle a le béguin pour moi mais je ne l’ai jamais regardé !

– Hum c’est vrai ?

– Oui chérie ! Mane yaw rek !

– Elles sont parties ?

– Non elles restent diner. Pourquoi ?

– Rien ! Bon je vais ranger tout ça et je vous rejoins après.

– Tu ne veux pas essayer une tenue pour me faire plaisir ?

– Cheikh franchement tes remarques et blagues à deux balles ne plaisent pas du tout ! Je t’ai dit que je ne suis pas encore prête pour ça alors tu vas devoir prendre sur toi jusqu’à ce que je sois prête ! Dis-je sur la défensive cette fois

Il me regarde blessé avant de poser ce qu’il avait à la main

– Je suis désolé Madina ne croit pas que je suis insensible à ce qui t’est arrivé ou plutôt que je sois un pervers c’est juste que je veux casser cette bulle entre nous… c’est juste ça. Désolé, dit-il avant de quitter la chambre.

 Il est vexé. Je sors et le rattrape…

– Cheikh !

Il se tourne et me regarde. Je vais jusqu’à son niveau et le prend dans mes bras

– Je suis désolée, je ne voulais pas te vexer !

– Non c’est moi qui suis désolé, j’avoue que je suis parfois con comme dit Rachid !

– Moi aussi je veux être comme avant mais c’est difficile… laisse-moi venir à toi naturellement mon amour, soufflai-je sur son oreille

– Tu peux prendre le temps que tu veux !

– Je t’aime Cheikh !

– Oh Madina tu ne peux pas m’aimer comme je t’aime ! Tu ne peux même pas mesurer tout l’amour que je te porte et personne d’ailleurs !

Je vois la jeune mannequin se diriger nous avec un sourire aussi faux que ses cils

– Cheikh vient voir mon CV, il me faut un stage dans ton entreprise, dit-elle d’une voix assez aigue

– Je ne veux pas la voir roder autour de toi ! Soufflai-je doucement sur son oreille avant de rejoindre ma chambre

J’ai une rivale on dirait mais gare à elle si elle s’approche de mon mari !

Bonne Lecture !

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