lun. Sep 28th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

MON MARI MES DEFIS… PART 7

9 min read

7.
****Mactar Niang***

Elle était carrément en nage, trempée de sueur. Ses yeux rougis devenaient exorbités au fur et à mesure que je parlais. Je n’avais pas trop serré son cou mais j’exerçais une petite pression qui la faisait de plus en plus suffoquée. Traitez-moi de tous les noms, mais il était hors de question que je laisse passer ça, bouderie et jalousie encore je m’en fous mais plus jamais je ne cautionnerai de la part d’une femme, hystérie et insultes. J’espère qu’elle va prendre très au sérieux mes avertissements, je ne voudrais pas que notre mariage prenne une direction déjà connue malheureusement car je sais que cette fois ci, je ne laisserai pas les choses s’aggraver au même point que naguère.
• Je veux maintenant que tu m’assures que tu m’as compris, lui ordonnais-je d’une voix qui la fit frissonner

Elle ferma les yeux et posa ses petites mains sur les miennes. Puis elle chuchota d’une voix presque inaudible
• Tu as l’intention de me tuer, Mactar Niang ? … si oui, vas-y vite qu’on en finisse !

Je ne m’attendais tellement pas à cette question que je desserrais mes doigts, lentement. Elle semblait soudainement si fragile et désolée que je me dis que forcément, elle avait compris la leçon.
Mais avant même que je ne réponde quoi que ce soit, elle se mit à sourire, les yeux toujours fermés.

Ses lèvres formaient un rictus plutôt bizarre mais c’était un sourire. Puis, ça devint un petit rire accompagné de toux, je n’y comprenais plus rien. C’était choquant et incohérent, elle serrait ses petites mains sur les miennes tellement, elle devenait hilare ! Elle rigolait carrément, s’étouffant en toussant, mais gardant les yeux toujours fermés ! Pendant un moment j’ai douté de sa santé mentale, je la fis s’asseoir par terre en la secouant, lui demandant d’arrêter de faire l’idiote. Mais, elle ne semblait même pas m’entendre, restant dans son délire !
Et puis aussi soudainement qu’elle avait commençait à rire, elle se tut comme si de rien était, et ouvrit les yeux ! Elle me fixait et avait le regard si dur que j’en eus froid dans le dos, j’étais incapable de savoir son état d’esprit, et je mis à attendre qu’elle s’exprime.

• Tu as fini, Mr Niang ? on peut maintenant avoir une conversation d’adulte ? demanda-t-elle en se levant promptement, se dégageant de mes mains

J’étais tellement troublé par sa réaction, que je mis une seconde à comprendre qu’en fait, elle n’avait que faire de toutes mes menaces, ou du moins c’est ce qu’elle voulait prétendre. Elle était debout et par son attitude, je devinai qu’elle attendait que j’en fasse de même. Je « surplombais » soudain son petit mètre 65, le regard menaçant, les poings serrés et pourtant je ne percevais aucun signe de peur dans son regard ou dans ses gestes. Ses premièrs mots me laissèrent sur le cul
• D’abord dis-toi bien une chose, Mon cher cousin, si Pape Fara M’baye était toujours en vie, sama khéttou dok sakh doko sentir (tu n’aurais jamais une chance de t’approcher à nouveau de moi). Tu oses avoir pitié de moi ? yaw tallale sa bopeu ya diara yeureume (tu es beaucoup plus à plaindre) et puis, que sais-tu de ma vie pour prétendre venir jouer au super héros en voulant me faire oublier « les privations que j’ai vécu lors de mon premier mariage » ? quelles privations ??? (Elle se mit rire, comme si elle était choquée) Yaw Mactar Niang, pape Fara était un père pour moi, un frère, un ami, un ange gardien et mon mari ! ki nguaye diémeu touteul, dafma yaar, défaar ma, yaw ngua maye djeurigno taye (tu profites aujourd’hui de l’œuvre de l’homme que tu cherches à minimiser) !!! Si je n’étais pas passée entre les mains de Pape Fara Mbaye, depuis qu’on s’est lié doumeuleu mougneul un iota (je n’accepterais jamais) tes caprices !!! n’oses même pas te comparer à lui, shiii dangay fo, yaw khamossakh lou kilifeu di ndirole (tu ne sais même pas à quoi ressemble un mari model, un guide de famille, une référence) …

***Rabi Niang***

Je bouillais littéralement ! ce crétin avait fait rompre la digue, dina dégueu deug nak !

• Tu vas vouloir me faire croire que tu avais une vie en or, arrêtes tu es ridicule Rabi Niang !
• Ahh c’est toi qui te fies aux rumeurs ? yaw aduna yaroula, penses-tu que si j’avais écouté tout ce qui se dit sur toi, j’aurais accepté d’être ta femme ? malgré tout ton sex-appeal, je n’aimerai pas vivre avec un tueur
• …
• Mais je n’ai écouté personne, car je voulais que ça soit toi qui me fasses assez confiance pour me raconter ce que tu as vécu, et quand tu l’as fait c’est toi que j’ai cru. Alors louye ndéyou, tu ramasses les rumeurs qui trainent, çà et là, sur moi pour te faire un avis ? en quoi ça t’ait pénible de demander à la principale intéressée, en l’occurrence moi, la vérité ?
• Daba Niang ne me raconterait pas des bobards te concernant, elle t’aime beaucoup trop pour ça !!
• Lol daba n’est revenu au Sénégal qu’il y a 3 ans, et je peux te jurer que ce n’est pas moi qui lui ai raconté les péripéties de mon mariage et je vais te dire la même chose que je lui ai dite hier à l’anniversaire : sur ma vie lo léne ma ladjoule doléne ko khame (vous ne saurez rien de ma vie si je ne vous la raconte pas moi-même) ! mais bon je comprends que tu puisses t’accrocher à ces rumeurs, ça te permet de donner une légitimité à cette connerie de relation qu’on entretient toi et moi
• On s’égare ma belle !!! le sujet est ta vulgarité et ta jalousie mal placée.
• Je ne fais que suivre ton exemple, chéri !!! j’accepterai d’être soumise à mon mari qui me respecte, qui connait ma valeur, qui me traitera comme une reine même avec un franc Mali ! un homme juste et droit qui me guiderait dans cette vie, qui serait ma référence, mon partenaire de combat, mon allié. Goor boumeu doule djeunder ak dara, di meu yeukeuti si sama kanamou ndawlé, celui qui tiendra compte de mes états d’âme, de mes conseils, de ma présence ou de mon absence ! je ne t’avais pas trop pris au sérieux quand tu me parlais de ne pas vouloir d’une femme mais d’une maitresse car j’avoue que, même si je restais persuadée de ne plus avoir l’occasion de vivre ce que j’ai déjà vécu avec Fara, je me disais que ya Rabi dina ma soutourale ba que tu serais malgré tous tes défauts, tes meurtrissures, tes brisures, Kilifeu bou meute kilifeu (une référence) ! mais ne le prends pas mal, Mactar Niang, bignou seuyer ba légui (depuis notre mariage) et surtout ces derniers jours à Dakar wano ma dara lou wara takh ma diokh la place bobou (rien de tes actes ne merite que je te mette sur ce piédestal) ! la vie que tu mènes, les gens que tu côtoies, les endroits que tu fréquentes, je m’en bats les couilles rien de tout ça ne m’intéresse ! yaw rek amaloma béneu ndjeurigne (tu ne m’es d’aucune utilité)
• Tu ne dis pas ça quand je t’envoie au 7em ciel
• Mdrr !!! et bien heureusement ou malheureusement pour moi, tu as ce talent-là ! tu m’as fait découvrir l’orgasme sexuel, c’est vrai, mais ce que je savais de l’amour physique à savoir la tendresse, le don de soi, le partage, l’union de deux corps, deux âmes, me suffisait amplement ! wolof ndiaye néna do nameu lo khamoul (l’adage dit que ce que tu ne connais pas ne peut pas te manquer) donc j’aurais pu mourir sans me sentir nullement frustrée !!! mais j’y ai pris gout, et comme, il n’est plus question d’être une épouse irréprochable mais simplement une maitresse, je vais être ta pute avec plaisir, et toi, et bien toi tu seras sans plus ni moins mon gigolo halal
• Parle bien !!!
• On s’en fout, oh ! on va la jouer selon tes règles, mon cœur ! plus de tension, rien que du fun ! je vais me laisser entretenir mais n’espère pas me diriger ou surveiller mes va et vient, ça c’est la prérogative d’un mari ! alors ton pape Mor là, garde-le au coin, je n’ai besoin ni d’un chauffeur ni d’un garde du corps, je conduirai dorénavant ma voiture !!! tu es libre de faire ce que tu veux, tu n’as plus de compte à me rendre à moins que je ne sois directement impliquée. Je ne te devrais que le respect que tu me témoigneras, cependant je te préviens : ce jeu- là, je sais que ça t’arrange car je ne suis pour toi qu’une sorte de couverture, et pour l’instant j’ai envie de jouer aussi pardi, mais le jour où je n’y trouverais plus mon compte, je n’hésiterai pas une seconde à prendre mes cliques et mes claques ! tu n’auras pas une femme soumise et respectueuse, chéri, ça ne sied pas à une maitresse ! je serai coquine, capricieuse, j’apporterai ce piquant qui manque à ta vie même si tu ne veux pas te l’avouer ! L’apaisement que tu trouves en moi qui te fait du bien mais en même temps te fait peur, tu l’auras aussi mais parce que désormais c’est moi qui décide ! Et soit, tu fais comme je veux, ou je m’en vais tout de suite, yaye choisir
• Tu me menaces ? je vois que tu as vraiment pris la confiance madame. N’oublie pas le trou d’où je t’ai sorti, de la vie morne et insipide que tu avais avant qu’on se marie ! et puis garde bien une chose en tête, tu es à moi, je fais de toi ce que je veux ! ton père n’acceptera jamais que tu divorces, tu aurais dû l’entendre tout à l’heure quand je te menaçais…
J’ai rigolé comme une demeurée quand il a dit ça, et son sourire de victoire a disparu. Je crois que mon petit rire à la malade mentale va le traumatiser désormais
• Mactar yaw kone wéroo, tu penses que Pa Salif aura son avis si je décide de te quitter ?? ay waye qu’il me renie ! attends donc tu croyais alors que c’est à cause de la pression de papa que j’ai accepté de me marier avec toi ? pire aveugle est celui qui ouvre bien grand les yeux sans voir ce qu’il a devant lui. Un conseil, ces trucs de « tu es à moi », « je vais faire de ta vie un enfer » téguil tek feuler. Ce « trou » d’où tu crois m’avoir sortie était un choix, un havre pour mon cœur qui pleurait encore mon mari. Gnakeu khame limou warale nak beuri na, mais l’avenir est devant nous mon cœur, lissi kaname rawouli beut.

Je ne pus m’empêcher d’être triste à ce moment-là, je regardais Mactar et je le détestais car il me poussait dans mes retranchements, il me poussait à me découvrir alors que j’avais choisi d’être dans l’ombre. Je n’avais pas l’intention de lui raconter en détails ce que j’ai vécu à coté de Fara, mais quand je jouerai à son propre jeu, il verra de lui-même car j’allais lui dévoiler une facette de ce que mon défunt mari avait fait de moi. Je repris mon speech avec assurance.
• Alors tu acceptes, on vit dans la paix, on se fait du bien, et basta ! Si tu as besoin de quoi que ce soit n’hésites pas à me demander ! tu seras le bienvenu dans mon lit mais n’en fait pas tout un drame si tu trouves ma porte fermée. Nguani une femme comme moi ne saurait te suffire, yaw la rek, fais comme tu le sens, les comptes tu les rendras ailleurs, mais dis-toi une chose désormais tu ne me toucheras plus sans capote !!! voilà les nouveaux termes du contrat, à prendre ou à laisser !

L’incrédulité et la colère se voyaient clairement dans ses yeux mais il ne dit plus rien, se contentant de me fixer méchamment. Je le contournais tranquillement pour aller réchauffer ma tisane…

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18 commentaires on “MON MARI MES DEFIS… PART 7

  1. J espère que cv parce que ça 3mois que vous écrivez pas . J’ai teltellement hâte de découvrir la suite

  2. Oulalala maya didi poukouwa ma beug la?
    Daniouy dajaler diourom diourom niou wari lako Girl! I just love U! Jiguen dafaay matt wakhnga sa foula sans phanphares ni trompettes!

  3. Li moye grande dame abonnéna club Rabi 😘 tu l8 à cassé la gueule sans le touché 👏👏👏
    Maya je t’adore vive la s8te 😍

  4. Waw Mactar tu as réveillé en elle ce qu’il ne fallait pas. Mais ça peut être un mal pour un bien peut être que tu vas enfin faire le deuil de ton ancienne vie et voir que le bonheur est toujours possible à celui qui sait le vouloir

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