dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Partie 25

16 min read

Rachid tenait fermement Cheikh tandis que Salih lui administre une substance à l’aide d’une seringue pour l’aider à dormir. Il était devenu incontrôlable après l’annonce du décès de sa femme. Il hurlait en cognant fort sa tête sur le mur. Rachid a eu du mal à le maîtriser avant d’appeler Salih en renfort.

– Il va dormir au moins 12 heures, dit Salih en donnant une tape à son patron. Je suis désolé pour Madina, ajouta-t-il

– La pauvre, elle ne méritait pas de mourir comme ça et en y repensant, il y a quelque chose de louche dans cette affaire… reste avec lui je vais aller voir comment va Salma, dit Rachid en quittant l’appartement direction chez Maman Kiné

En entrant dans la maison, il ne trouve personne dans le salon, il part à la cuisine demander des informations aux domestiques, des voix venant de la cuisine attirèrent son attention, ce qu’il entend lui glace le sang

– Elle est morte et quoi encore ? Si elle n’avait pas mis son nez dans nos affaires elle serait encore !

Rachid reconnut la voix de Kya, apparemment elle parlait avec sa sœur Fary

– Que tu le veuilles ou non c’est nous qui l’avons tué !

– Non elle est morte parce que c’était son heure ! Tu as intérêt à fermer ta bouche si tu ne veux pas finir tes jours en prison !

– Je me sens coupable Kya, je ne serai plus en paix dans cette vie. On l’a accusé à tort et tu as vu comment elle se vidait de son sang ? Je suis peut-être mauvaise mais pas au point de porter ce crime sur ma tête !

– Et tu vas faire quoi ? Tu vas aller te dénoncer à la police ? Tu vas leur dire quoi au juste ? Si jamais tu l’ouvre, tu vas le regretter !

Surpris, Rachid laisse échapper un juron entre ses dents, il est certain que ses deux-là ont à voir avec la mort tragique de Madina. Il retourne sur ses pas et quitte la maison sans un bruit. Dehors, il compose le numéro du commandant Talla de la brigade de recherche, ce dernier le met en rapport avec le commandant de la gendarmerie de Ouakam. Il part faire sa déposition et subit aussi des questions venant du commandant, il explique tout ce qu’il a entendu

– Bien monsieur Bathily, on va aller les chercher pour les entendre et si elles avouent concernant les messages dont vous parliez tout à l’heure on pourra procéder à une arrestation, dit le commandant

– D’accord commandant je vous fais confiance, fit-il en se levant

Rachid pénètre enfin le couloir des services des urgences de l’hôpital militaire où était acheminé le corps de Madina. Il entre dans la salle d’attente et voit ses deux mamans assises sur les bancs le visage inquiet

– Vous avez prévenues la famille de Madina ? Demanda-t-il en s’accroupissant devant sa mère

Maman Amy sursaute n’ayant pas entendu son fils arriver, elle se tousse fort avant d’embrasser son fils

– J’ai voulu t’appeler mais on a toutes oublié nos portables à la maison, Alhamdoulillah Madina n’est pas morte, elle a fait un arrêt cardiaque et ils l’ont réanimé dans l’ambulance mais le médecin qui s’occupe d’elle dit que son état est loin d’être stable, expliqua-t-elle en pleurs

– Alhamdoulillah alors et Salma ?

– En observation mais le bébé va bien, elle a perdu connaissance après l’annonce de ce soi-disant décès

– Où est Cheikh ? Demanda Maman Kiné

– Il est chez lui, on a été obligé de le droguer pour qu’il ne fasse pas une bêtise. Salih est avec lui. J’ai quelque chose à vous annoncer aussi, je crois que c’est Kya et Fary qui sont derrière tout ça. Je les ai entendues parler de la mort de Madina et des choses qu’elles ont faites alors j’ai appelé le commandant qui m’a mis en contact avec un de ses classes et il est en train de les interroger en ce moment après on verra par la suite et Chams ?

– Il vient juste de partir. Qu’est-ce qu’on va dire à Madina si elle se réveille et comment va-t-on la regarder ? Répondit maman Kiné

– Ayway bi gathié founou koy wakhé ? Dit maman Amy

– Ça je ne le sais pas maman, dit Rachid

Les heures passent et toujours aucunes nouvelles de Madina à part un deuxième arrêt cardiaque. Salma avait été autorisée à sortir et Rachid l’a accompagné chez eux. Les mamans ont quitté elle aussi l’hôpital…

– Chams je ne te pardonnerai jamais ce que tu as fait aujourd’hui, cria la maman à son fils aîné

– On y est, tu prends maintenant sa défense alors qu’il a couché avec ma femme !

– Je ne le défends pas même si je le crois quand il dit qu’il ne savait pas que Jennifer était ta femme ! 

– Ah oui ? Tout le monde sait que se bâtard ne peut pas résister à tout ce qui porte une jupe ! Ton chouchou est un pervers qui serait même capable de coucher avec sa propre mère, laissa sortir Chams aigri

La gifle ne tarde pas atteindre sa joue, il lève la main et la rend à sa mère. Surprise maman Kiné se laisse tomber au sol…

– Tu ne me frappes pas à cause de se bâtard ! Hurla-t-il en prenant les escaliers

Rachid qui venait amener des affaires à sa maman tombe sur l’incident. Il jette la valise qui contenait les affaires de sa mère avant de monter les escaliers rattrapé son cousin. Il lui envoie son poing en pleine figure avant de le forcer à descendre

– Je vais t’apprendre à respecter ma mère, dit-il en le frappant encore et encore. Lève-toi si tu es un homme, imbécile !!! Maman Kiné vient le frapper comme il le mérite, il saura que tu es sa mère et pas sa femme ! Hurla encore le mari de Salma dans tous ses états

– Je ne vais rien lui faire. Il a cessé d’être mon fils depuis l’instant où il a levé la main sur moi ! Prends tes bagages et quitte ma maison et n’y remet plus jamais tes pieds même à mes funérailles !!!

– Maman…

– Si tu lui dis encore maman c’est moi qui vais te casser la gueule cette fois, cria maman Amy. Comment peux-tu lever la main sur ta mère ? Chams tu es maudit !! Tu as dit à Cheikh qu’il n’était pas ton frère, je vais te dire que tu n’es pas toi aussi le père de Kiné !!!

– Ce n’est pas vrai tata Amy tu mens ! Tu es une menteuse

  Il a oublié que Rachid était toujours à ses côtés ce dernier le fait sortir de force de la maison pour le corriger comme il le mérite…  

– Tu es le seul à ne pas voir que Kiné ne te ressemble pas t que ta femme est une vraie garce !!! Elle a osé s’en prendre à Madina, eh bien elle va payer en prison ! Quittes cette maison tout de suite et n’y remet plus les pieds, sortit maman Amy énervée 

– Maman je t’en prie ne m’en veux pas, essaya-t-il maman Kiné quitte le salon les larmes aux yeux

Quelques minutes après Chams sort de la maison avec ses valises en pleurs. Réthiou dina fekk dieuf wess et il ne sait pas comment réparer cette erreur. Il s’en va, le cœur rongé par la douleur et le regret 

(…)

Cheikh traînait encore dans les bars ivres mort, il criait fort le nom de Madina, le vigile fût obligé de le faire sortir du bar. Il est méconnaissable, chemise sale et froissée, des paires de chaussures usées sentant fort l’alcool. Il se dirige chez lui et trouve sa mère en train de ranger l’appartement 

– Qu’est-ce que tu fous ici Kiné ? Je ne t’ai pas dit de ne plus mettre tes pieds chez moi tu n’es plus ma mère !!! Gueula Cheikh d’une voix grave 

– Je ne peux pas te laisser parce que tu es une partie de moi ! Je ne t’ai pas porté dans mon ventre mais je t’ai porte dans mon cœur ! Tu es mon petit-fils certes mais tu es mon fils qui est sorti de mon cœur, tu es tout ce que j’ai de plus beau dans cette vie Cheikh et non je ne vais pas te laisser gâcher ta vie ! Cheikh, Kiné a besoin son père, cela fait trois mois que Madina est partie et tu t’enfonces de plus en plus. Cheikh tu es un musulman et tu sais que c’est interdit par la religion, s’il te plaît Cheikh je vais mourir si tu continues à te pourrir la vie de cette manière

Le pauvre Cheikh sanglote fort, il se met à genoux devant sa mère et pose sa tête sur son ventre

– Je ne suis plus rien sans Madina, tu le sais ça ! Tu sais que je ne suis rien sans elle. Elle était ma lumière mais je n’ai pas su lui montrer la valeur qu’elle avait à mes yeux, elle est partie maman et me voilà détruit à jamais, dit le pauvre Cheikh perdu

– Kiné est là, s’il te plaît ressaisis-toi pour elle, pour son bien…

Il tombe sur le tapis et s’endort très rapidement. Ma Kiné appelle son chauffeur pour qu’il l’aide à le coucher dans sa chambre, elle la couvre avant de sortir appeler Khalifa

– Salamou ‘Aleykum Khalifa comment vas-tu ?

– Waleyki Salam yaye boye je vais bien Alhamdoulillah et toi ?

– Mal, mon fils je vais très mal. Cheikh s’engouffre de plus en plus dans l’alcoolisme. Je ne vis plus, mon cœur saigne quand je le vois comme ça, je ne sais plus quoi faire. Je sais que tu as aidé Salma quand elle était malade, je te demande de sauver mon fils parce que je sens qu’il va encore tenter de mettre fin à ses jours, supplia maman Kiné

– Rachid m’a appelé hier, je suis en voyage avec ma femme mais je serai à Dakar dans la semaine incha’Allah et je viendrai le chercher pour l’amener avec moi à Dagana, répondit Khalifa calme

Une voiture venait de se garer devant un immeuble R+3 à sacré cœur, la jeune dame sort de la voiture vêtue tout en blanc, elle tient à sa main droite une béquille, une autre dame plus âgée sort de la voiture avec deux sacs à main. Elle aide la jeune dame à entrer dans l’immeuble. Elle se change avant de sortir sur la terrasse respirer et voir ce qui se passe autour

– Maintenant que comptes-tu faire ?

– Aller récupérer ma fille ce soir incha’Allah !

– Elle ne va pas te reconnaître !

– C’est ma fille et elle vivra avec moi.

– Tu es devenue rancunière ma chérie et ce n’est pas bien pour toi. Tu étais douce et pleine de vie

– Je ne traite les gens que comme ils le méritent, je ne veux plus en parler. Je vais commander à manger

20 heures, elle met un pantalon noir et un chemisier couleur crème, elle noue son voile avant de porter ses sandales.

– J’y vais badienne, lança-t-elle en prenant sa sacoche

– Fais attention ma fille, s’il te plaît laisse-moi t’accompagner je ne veux pas que tu ailles dire des bêtises là-bas, malgré tout, il reste le père de ton enfant.

– D’accord on en reparlera, je suis déjà en retard, dit-elle avant de sortir

Le taxi se gare devant la magnifique villa, elle sort difficilement de la voiture avant de se diriger devant les grilles de la maison

– Oui madame ? Dit le gardien

– C’est moi Madina, répondit-elle hautaine

– Ah madame Bathily…

– Madina Aïdara, corrigea-t-elle avant d’entrer dans la demeure sans attendre

Elle trouve maman Kiné devant la télé le regard dans le vide, elle ne s’aperçoit de la présence de sa belle-fille que lorsque cette dernière s’éclaircit la gorge

– Madina ?! Cria-t-elle surprise

– Oui c’est bien moi ou vous préfériez me voir morte chère belle-mère ?!

– Non ma chérie. Je passais des nuits entières à prier pour toi. Je m’inquiétais pour toi quand on est venue te voir à Lyon, tu as refusé notre visite, Cheikh en est devenu fou Madina, s’il te plait tu es la seule qui peut le sauver. Il est en train de…

– Je ne veux rien savoir de lui et de vous aussi ! Donnez-moi ma fille c’est tout ce que je veux, dit-elle agressive

– Je vais préparer ses bagages alors, répondit-elle en se levant

Maman Kiné revient plus tard avec sa petite-fille dans ses bras et la nounou tenait une petite valise et un sac de rechange. Kiné regarde sa mère comme si c’était la première fois qu’elle la voyait. Elle lui tend ses bras mais elle se retourne pour regarder sa mamie

– Kiné tu ne reconnais pas maman ? Dit Madina les larmes aux yeux

La petite serre fort le cou de sa mamie ne voulant pas parler à sa mère. Madina tire sa fille difficilement, elle ne pouvait pas rester debout plus d’une minute sans s’appuyer sur quelques chose. Elle reprend sa béquille mais Kiné se débattait pour quitter ses bras

– Madina, elle ne te reconnait pas et c’est normal cela fait des mois qu’elle ne t’a pas vu. Je te conseille de partir avec sa nounou…

– Je peux m’occuper seule de ma fille, je ne suis pas invalide !!! Hurla-t-elle faisant sursauter maman Kiné et la petite

– Je suis désolée mais…

– Mais rien ! Je veux ma fille et je ne veux l’aide de personne !

Elle sort avec sa fille qui hurlait dans ses bras, elle essaie de la calmer mais c’était impossible, elle finit par la laisse crier jusqu’à ce qu’elle regagne le taxi. Kiné criait tellement fort qu’elle eût peur, elle appelle sa badienne pour qu’elle l’attende devant l’immeuble et l’aider avec la petite.

Le taxi se gare et badienne prend Kiné qui pleurait toujours. Madina sort à son tour et les suit jusqu’à l’appartement

– Madina tu n’aurais pas dû la prendre aussi brusquement, ça peut la perturber, dit badienne en tenant de calmer la petite

– Je m’en fous, c’est ma fille alors elle reste avec moi !

– Tu étais malade et je supportai tes caprices mais sache que je ne suis pas ton égal ! C’est quoi ces manières de parler ? C’est ta fille oui mais elle ne mérite pas ce que tu lui infliges ça ! La vie t’a donné une nouvelle chance alors ne gâche pas tout ce que tu as réussi à construire jusqu’ici. C’est vraie ta belle-famille a été ingrate mais ce n’est pas en te vengeant en récupérant ta fille que tu vas réussir à régler les choses. Ta fille n’a rien à voir avec ce qui s’est passé alors ressaisis-toi et arrête-moi ceci ! Sermonna badienne en sortant sur la terrasse pour calmer la petite

Madina Laliyah Bathily

Je tenais ma tête qui me faisait super mal, les coups deviennent de plus en plus insistants. Je me lève pour aller ouvrir et je me retrouve encore une fois devant un Cheikh ivre mort et très sale

– Madina mon cœur, cria-t-il en voulant se jeter sur moi

Je le stoppe avec mes bras avant de le pousser, il tombe devant l’entrée et finit par faire pipi sur lui. Je le regarde dégoûtée, cela fait deux jours qu’il traîne dans les environs criant mon nom toujours ivre. Quel sale type ! Je savais qu’un jour où l’autre qu’il finirait comme ça, après tout le mal qu’il a fait dans sa vie, qu’il s’estime heureux de finir comme un vulgaire alcoolique je lui souhaite bien pire !!!

– Diougal la wakh ! Hurlai-je en le faisant lever. J’appelle le gardien et je lui demande de ne plus le laisser entrer dans l’immeuble

– Madina je veux voir ma fille, dit-il d’une voix méconnaissable

– Cheikh tu me dégoûtes tellement ! Quitte ici !

Je ferme la porte à double tour avant d’aller vers la cuisine où je trouve badienne en train de donner à Kiné son petit déjeuner

– Il ne mérite pas ce qu’il est devenu, dit-elle essuyant une larme

– Il mérite bien pire !

– Tu es mauvaise Madina, il est le père de ta fille après tout ! Je ne te reconnais plus

Je ne réponds pas et pars prendre ma douche, je porte mes habits avant d’aller prendre mon petit déjeuner. Je sors avec Kiné faire les courses avant de revenir et la bercer pour qu’elle dorme. Je ressors direction la maison d’arrêt de liberté six rendre une petite visite à mes pires ennemies

– Bonjour Kya, ton château est super joli alors tu t’y plais ? Dis-je moqueuse

– Madina je te demande pardon pour ce qu’on t’a fait… je regrette tellement. Fary et Bigué n’y sont pour rien c’est moi qui les ai un peu forcées. Je ne voulais pas que tu révèles mon secret et j’ai voulu t’en empêcher et de la pire des manières…

– Vous avez voulu m’humilier devant ma belle-famille mais vous m’avez rendues service en quelque sorte. Ça m’a permis de voir le vrai visage de cette famille mais je ne digère pas ce que vous m’avez fait. Vous m’avez droguée avec l’aide de Bigué et Fary est venue en personne débloquer mon portable avec mon index pour envoyer ces messages j’avoue que vous avez fait fort…

– J’ai besoin que tu me pardonnes, je t’en supplie, insista-t-elle

– A quoi bon ? De toute façon vous sortez dans deux mois alors…

– Je me suis repentie et Fary aussi.

– Je ne pardonne jamais à ceux qui ont essayé de me nuire, vous ne me devez plus rien certes mais je ne vous pardonne pas !

Je me lève et quitte la salle, je voulais les voir pour être sûre qu’elles payent pour ce qu’elles m’ont fait. Salma a elle aussi essayé de me parler en venant chez moi mais je l’ai chassé comme une merde et depuis elle n’a plus essayé de me voir. Il paraît qu’elle encore eu des jumeaux c’est bien, si elle m’avait cru ce soir moi aussi j’aurai mon enfant et je ne serai pas restée 6 mois à me battre contre la mort

Quand je me suis réveillée du coma trois mois après mon accident, je me suis réveillée paralysée, je ne pouvais bouger aucun membres. J’ai été par la suite transférée dans un hôpital à Lyon où je me suis encore battue pour retrouver ma mobilité. Je me suis battue pour laver mon honneur et pour cracher à cette bande d’ingrats ce qu’elle mérite d’entendre….

J’ai convoqué une réunion demain chez les Bathily l’occasion de les affronter une dernière fois avant de partir avec ma fille. Cheikh va devoir me rendre ma liberté lucide ou pas et il me signera l’autorisation parentale pour que je puisse voyager avec ma fille, recommencer une nouvelle vie.

Je ne cesserai de remercier Habib, Habib qui courait derrière moi à la boutique, il a été d’une très grande aide ces derniers mois, il est devenu un ami même si j’ai été claire avec lui en lui disant de ne pas espérer plus concernant notre relation. Je ne suis pas prête à m’engager dans une relation en tout cas pas pour le moment…

Le lendemain vers 18 heures, je me gare devant la villa. Je retouche mon maquillage avant de sortir de la voiture. Je les trouve tous dans le salon en train de m’attendre, il y avait même Oustaz Khalifa, tonton Rachid et Salma. Je les salue brièvement avant de prendre place

– Je vous ai convoqué pour que vous parliez à votre fils, je veux que Cheikh me libère ! Dis-je sans tourner autour du pot

Cheikh me regarde les yeux rouges, il est encore ivre, j’en suis certaine

– Je te libère Madina, sortit-il sans hésiter

Je le regarde surpris, je croyais qu’il allait encore refuser mais tant mieux je suis de nouveau libre et c’est le plus important. Je sors les papiers que m’avait remis mon avocat de mon sac avant de les lui tendre

– J’aimerai que tu me signes les papiers, c’est une autorisation pour voyager avec ma fille je quitte le pays

– Je les signe qu’à une seule condition, Kiné passera les vacances d’été avec moi, dit-il encore sans hésiter

– De toutes les façons je n’ai jamais songé à te priver de ta fille !

– Et j’aimerai lui parler quand je veux, insista-t-il

– Quand tu voudras !

Il signe les papiers, personne n’a parlé. J’étais décidée à me battre avec ma belle-famille si elle n’acceptait pas mes conditions mais non il n’y a que Cheikh qui a parlé même Khalifa n’y a pas jeté son grain de sel. Je suis sortie de la maison un peu gênée mais l’essentiel est que je suis libre et prête à reprendre ma vie ne main.

Je suis allée dire au revoir à Tamara, elle a trouvé dommage que je parte avec ma fille, elle a voulu que je recolle les morceaux avec mon ex-mari mais je lui ai assuré que c’était mieux comme ça, y a des couples qui ne sont pas fait pour durer et mon mariage avec Cheikh en fait partie…

Un an après j’ai accepté la demande en mariage d’Habib et neuf mois après je mis au monde une magnifique petite princesse du nom Aïcha Laliyah Mbengue, le nom de ma belle-mère…

J’ai tourné définitivement la page de Cheikh et de sa famille, je suis certaine que je ne pourrai jamais l’oublier, il est le père de ma fille mais il a tout gâché, je croyais qu’il me connaissait assez pour me défendre ce soir-là mais non il a été le premier à me tourner le dos et pour moi cette trahison est impardonnable…

Je suis heureuse, Habib me comble de bonheur nous formons une jolie petite famille, loin de Dakar et ces mauvais souvenirs… On n’a pas tout ce que l’on veut de la vie mais on est libre de créer notre bonheur et c’est ce que je suis en train de faire. On ne vit qu’une seule fois alors autant en profiter… 

Fin

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2 commentaires on “Partie 25

  1. Ay li métina. Mais ainsi va la vie, on a pas toujours ce que l’on veut.
    Merci pour le partage de cette histoire

  2. Nana Bah t’es la meilleure. J’ai adoré cette histoire. En plus les précédentes chroniques (Tamara, Salma etc…..) continuent là dedans. C’est génial.

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