dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Sacrilège – Partie 1

8 min read

Sacrilège – Partie 1

 

– Mais Fatima que fait maman au milieu de cette foule en train de danser comme une possédée? Criais-je à ma grande sœur Fatima

– Je ne sais pas Madina! Répondait-elle. Mais ce qui est sûr c’est qu’elle doit être vraiment contente pour danser comme ça elle qui est d’habitude tellement timide ajoutait-elle.

– En tout cas ça ne présage rien de bon Fatima.

Je sursautais en entendant la sonnerie de mon téléphone.

– C’était un rêve, soufflais-je.

Mais ce qui me paraît bizarre c’est que j’ai vu maman tomber au milieu de cette foule et elle s’est relevée difficilement. Et là mon cœur s’est mis à battre très fort.

Non ce rêve n’est pas un simple rêve je le sais et je le sens. Quelque chose va se passer dans cette maison et maman va en souffrir énormément.

– Mon Dieu protège cette maison et Eloigne Satan le maudit de cette demeure Allah. Demandais-je à mon seigneur…

Je me suis levée pour la prière de Fajr et je me suis bousculée avec mon amour de grande-sœur Fatima on s’est précipitées dans les toilettes avant que papa nous trouve dans la chambre, il ne badine pas avec la prière…

A peine ma tête sur l’oreiller j’entendis des cris provenant sûrement de la chambre des parents.

Nous nous sommes regardées Fatima et moi et avons presque en même dit

– On dirait que maman et papa qui se disputent.

Nous les entendons se diriger vers le salon mais nous n’osions pas sortir de la chambre parce que papa nous insulterait comme à son habitude.
Personne ne parlait dans la chambre on était tellement choquées qu’aucun son ne pouvait sortir de nos bouches.

C’était une première après vingt années de mariage.
Papa et maman n’étaient pas le couple parfait loin de là et on pouvait même dire qu’ils étaient diamétralement opposés niveau caractère, Pa est de nature colérique alors que maman est la douceur incarnée.Elle n’est pas une grande dame de la société mais elle est une brave dame. Oui elle est très brave notre maman !
Elle supportait toujours les sautes d’humeurs de papa toujours à le calmer c’était très dur mais le résultat payait toujours. Elle savait s’y faire avec lui. C’est pour cela que la dispute nous a surpris
Qu’est-ce qui n’a pas marché cette fois ? Demandais-je.
C’est le bruit de la porte qui me sortit de mes pensées et là je vois Muhammad le petit cadet en larme qui nous dit en sanglotant:

– Venez papa est en train de battre maman !!!
– QUOI ?! Cria Fatima en se dirigeant vers le salon Muhammad et moi derrière elle.

L’image que je vois ne me plaît pas. Non ça ne peut pas être vrai !

– Versez-moi de l’eau s’il vous plaît, je suis sûrement entrain de rêver. Me suis-je dit.

Maman était par terre en quatre pattes et papa à côté d’elle tenant une ceinture en train de la frapper avec la boucle.

Maman ne criait pas! Non elle n’a pas crié mais elle gémissait et grimaçait à chaque coup.

Lèvre fendue, front saignant et de bleues sur tout le corps. Arrivée à ses yeux je vois une petite larme s’échapper là je me suis précipitée vers elle et au même moment j’entendis Fatima crier:

– Papa t’es devenu fou ou quoi…

Avant même qu’elle ne termine sa phrase elle reçoit un coup tellement fort qu’elle tombe sur le tapis

– Sale crétine, je ne suis pas ton égal ! Enfants de malheur ! Vous me portez malheur depuis que vous êtes nés ! Bande de bâtards ! Incapable vous serez toujours ! C’est moi votre père qui vous le dit ! Vous ne serez rien dans cette vie ! Attendez pour voir ! Vous verrez que votre chère et tendre mère n’a rien fait pour que vous deveniez quelqu’un dans ce monde ! Vous serez toujours les derniers! Toujours, cria-t-il.

Je disais rien je ne faisais que sangloter ces mots étaient comme des poignards dans mon cœur. Avant de sotir de la pièce il se retourne et dit à Muhammad:

– Toi tu sors de la chambre et vide la moi ne laisse même pas un caleçon traîné sinon je te tue…
Muhammad ne répondait pas, il avait baissé la tête

– Vous allez voir mon vrai visage à partir d’aujourd’hui. Tout va changer dans cette maison tout ! J’ai un nouveau travail, une nouvelle femme et une voiture toute neuve avec un sourire effrayant. Il sortit de la pièce comme un criminel ce vieux fou…

Fatima est venue m’aider à relever maman et l’emmener dans sa chambre. Muhammad lui était toujours en pleurs.

Une fois dans la chambre on l’aide à enlever ses habits avant de la laisser entrer seule dans la salle de bain. Elle mit du temps à sortir sûrement elle se laissait aller et sortait son chagrin sous la douche…
Une heure ou plus après elle sorti avec son peignoir et avait déjà pansé ses blessures

La tension était palpable dans la chambre, elle ne nous regardait pas et était visiblement très gênée.

Elle se mit en tenue de prière et fît deux raqqas sûrement pour se calmer et tout confier à son Seigneur comme elle avait l’habitude.
Après avoir fini elle demande à ce qu’on appelle Muhammad qui s’était réfugié dans sa chambre.

Une fois sur son lit elle nous regardait avec tellement de tristesse que j’ai commencé à pleurer suivie de peu par Fatima.

Maman: Mes enfants vous êtes mes trésors, ma force et ma plus grande fierté. Toi Fatima quand tu es née j’en avais tellement pleuré, ton père lui n’en croyait pas, il me disait toujours de faire attention à toi tellement qu’il t’adorait. Et toi Mariam tu ressemblais tellement à ton père qu’il t’emmenait partout avec lui…
N’importe quoi me suis-je dit intérieurement.

Ce que je ne comprenais pas c’est pourquoi parlait-elle de ce vieux après tout ce qu’il venait de lui faire…

– Et toi Muhammad… continuait-t-elle.

Muhammad ne lui laisse même pas le temps de continuer…

– Ne dis rien maman je sais qu’il ne m’a jamais aimé t’es pas obligée de nous dire tout cela maman ! Je ne le considère plus comme mon père ! Fini-t-il en sanglotant.

– Muhammad dis-je avec la voix cassée en le prenant dans mes bras.

– Il à raison maman ce vieux est tout sauf un bon père. Tu es une mère et en même temps un père pour nous. Nos études, les frais d’hôpitaux et même nos habits tout dans cette maison est à ta charge Ma, même la maison c’est toi qui la payait à la SICAP, elle est à ton nom…

– ASSEZ Fatima ! Assez. S’il vous plaît mes chéries ne lui en voulait pas il est juste stressé.

Fatima: Oui c’est ça…

Maman: FATIMA! Quoi qu’il puisse faire il reste toujours votre père.

– Un géniteur maman ! C’est ce que le français appelle géniteur ! S’il te plaît on est plus des enfants j’ai 19 ans Madina en a 15 et Muhammad 12 ans. Même lui a compris maman ! Tu peux nous demander de continuer à le respecter comme avant et on le fera pour toi parce qu’on estime que tu as assez souffert pour nous mais de là à le considérer toujours comme un père, non maman ça on ne pourra pas ! Ne te stresses pas on fera tout ce que tu voudras juste pour te voir sourire dit Fatima en pleur.

– Vous ne savez même pas à quel point je suis fière de vous je vous aime de toute mon âme dit-elle en nous prenant dans ses bras.

– Et maintenant écoutez-moi bien. Vous avez entendu tous ceux que votre à père dit je ne vais pas en revenir. A vous de lui prouver le contraire, que vous en sortirez avec ou sans sa bénédiction. Fass lenn diom, niafé lenn siguil lenn ma rendez-moi fière. Ne vous laissez pas distraire par quiconque ! Dites-vous que tout vient de commencer les choses choses sérieuses viennent de commencer. In Cha’Allah bou déh Ya’Allah lamou mayé wone diékoul dou ngenn meusseu torokh !! Di ngenn raw senn bep masse ! Dama seuye ba déh seyeuntou ma ! Dama seuye ba déh (Si tout ce Qu’Allah a promis à ses fidèles serviteurs est toujours là. Vous serez toujours premiers) Vous êtes ma force, aujourd’hui si je suis encore dans cette maison c’est pour vous je peux tout supporter sauf vous voir perdre cette bataille. Ne me décevez surtout pas. Je parle surtout à vous les filles gardez-vous pour vos maris et mettez ceci dans vos têtes pas de mariage sans travail. Soyez dignes, respectez-vous, fonk lenn senn bop!
Guiss ngenn gorgni kougnou solal toubay kounei ngemb langi lay khar! (Ne faites jamais confiance aux hommes car la plupart finissent par vous trahir)

Une nouvelle vie commence…

 

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54 commentaires on “Sacrilège – Partie 1

  1. Belle plume ma sœur.Contente de voir que votre histoire reflète les réalités de notre société car on a tendance à assister ce genre de situation dans notre pays.Certains hommes ont l’habitude d’injurier voire même maltraiter ou encore abandonner leur première épouse au détriment de la leur nouvelle épouse.Merci pour cette belle histoire et bon courage

  2. C’est un père ça ? Un vieux porc 🐷 Oui🤦‍♀️
    Quand bien même ça commence bien

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