dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

A bout de souffle – Tome 2 : Partie 02

16 min read

Fatima Sall Sow

Trois ans en arrière

 

 

Aujourd’hui Salma nous a invités chez elle, Samira, Omar et moi. A notre arrivée il y avait un autre homme dans le salon, il discutait avec Rachid.

– As-Salamou ‘Aleykum ! Salua Omar

– Wa’Aleykum Salam, Omar Dramé, répondit Rachid en se levant pour saluer son ami

Il salue l’autre invité et ce dernier se tourne vers nous, il retarde son regard sur moi et je baisse aussitôt les yeux. Il est beau, il est grand, il a l’air très gentil mais sa barbe d’Al Qaïda me fait peur même s’il dégage quelque chose de virile, il en a pas l’air mais c’est ce que j’ai ressenti et puis je le reconnais. J’ai l’impression de l’avoir déjà vu quelque part mais je ne sais plus où…

– Khalifa Sow comment tu vas ? On ne s’est pas vu depuis le baptême de la fille de Cheikh et je crois que cette petite à plus d’un an maintenant. Alors comment ça va et nos amis de Dagana ? Dit Omar

– Je vais bien Seydina Omar et toi ? Sokhna Samira no def et vous madame ? Répondit-il fixant encore son regard sur moi

– Bien Alhamdoulillah, j’espère que tu te souviens de notre amie Fatima Sall, Fatima voici Imam Sow, présenta Samira

– Si je souviens d’elle on s’est rencontrés chez Cheikh le jour du baptême de bébé Kiné. Comment vous allez Fatima ?

– Bien merci Imam, répondis-je gênée par je ne sais quoi

On prend place et la maîtresse des lieux fait son apparition dans une robe en brodé très jolie. Elle nous fait la bise avant de se tourner vers les hommes.

Tout de suite après je découvre que l’ami de Rachid vit à Dagana, il est marié et il a une école coranique là-bas. J’ai senti une pointe de jalousie, sa femme doit avoir de la chance d’avoir un homme comme lui.

– On se retrouve Lundi à la boutique comme convenue Samira ? Demanda Salma en faisant un clin d’œil à sa copine

Je ne sais plus quoi faire de cette bande de dévergondées, je sais plus qui rattrape l’autre. Je suis la seule célibataire du groupe et je peux vous dire que c’est parfois très frustrant

– In Sha’Allah, j’espère vous revoir Oustaz pour terminer notre débat sur la finance islamique ? Questionna Omar en donnant la main à ce dernier

– Je rentre ce soir mais je passerai te voir dès que je serai sur Dakar In Sha’Allah !

– Pas de soucis Alors. A très bientôt !

Il me salue en passant pas mon de famille et la manière dont il a prononcé mon nom m’a chauffé le cœur…

Khalifa Sow

Quand mes yeux se sont posés sur cette magnifique dame, j’ai automatiquement demandé à mon seigneur de me pardonné, j’ai trop retardé mon regard sur elle et elle est certainement mariée…

– Sa wadji pendant toute la journée tu n’as pas cessé de regarder Fatima soko beugué niou maylako déh ndakh célibataire la (On peut sceller le mariage si tu veux puisqu’elle est célibataire) taquina Rachid

– Célibataire une femme aussi belle qu’elle ?

– Elle est veuve, elle a perdu son mari il y a plus de 10 ans je crois, répondit Rachid

– Ndeysane qu’il repose en paix. Elle ne s’est pas remariée entre temps, elle a des enfants ?

– Shi lonkou nga nakk ! Elle ne s’est pas remariée en tout cas pas à ma connaissance. Elle a deux enfants, une fille et un garçon. Pourquoi je sens que tu vas l’épouser Oustaz ?

– C’est ce que je compte faire In Sha’Allah, si elle est d’accord bien-sûr !

– Mais il faudrait avant nga dokhane ko nak (tu la courtises) ne va pas jouer au sérieux avec elle !

– Tout ça ce n’est pas ton problème, je veux faire d’elle mon épouse et ce n’est pas toi qui vas me dire comment procéder comme si toi tu es sortie avec ta femme ! Recadrai-je vite avant qu’il en rajoute

Il lève les mains signe de rédemption avant de changer de sujet et c’est mieux pour lui

Quelques jours après, je suis revenu à Dakar exprès pour revoir Fatima. Je suis passé voir Omar comme prévu mais malheureusement je n’y ai pas trouvé Fatima alors j’étais obligé de demander après elle

– Omar comment va ton amie Fatima ?

– Elle va bien, répondit-il en souriant

Je souris moi aussi ne sachant pas quoi répondre

– Je peux l’appeler si tu veux elle habite juste à côté. Tu sais je suis un homme et j’ai vu comment vous vous regardiez la dernière fois chez Rachid…

– Euh j’avoue qu’elle me plaît bien mais j’aimerai vraiment en discuter avec elle.

– Attend je vais l’appeler je sais que yenn niar nieup dou ngenn dokh ci lou niak fayda (je sais que vous allez vous entendre parce que vous vous voulez tous les deux du sérieux)

  

Quelques minutes après la belle Fatima fait son entrée avec Samira main dans la main en riant. Elle s’aperçoit de ma présence et elle devient soudain timide

– As-Salamu ‘Aleykum Oustaz, Sow, Salua-t-elle en faisant une génuflexion

– Wa’Aleykum Salam Soxna Fatima, Sall !

– Sow naka wa Gaya ?

– Tout le monde va bien Alhamdoulillah.

– On vous laisse discuter, disent Samira et Omar en sortant du salon

Le silence règne dans le salon pendant quelques secondes avant que je ne décide à le rompre

– Fatima je sais qu’on ne se connait pas beaucoup mais j’aimerai vraiment qu’on se connaisse davantage. Depuis la dernière fois qu’on s’est vu chez Rachid je ne cesse de penser à toi ce qui m’a d’ailleurs poussé à te parler. Je suis très sérieux comme tu le vois et toi aussi je suppose alors on ne va pas tourner autour du pot. J’aimerai, afin je voudrai faire de toi ma femme, ma deuxième femme…

Elle sursaute, surprise. Elle avait la main sur sa bouche puis elle reste une longue minute avant qu’elle ne daigne ouvrir la bouche et j’avoue que j’étais dans tous mes états

– Laisse-moi y réfléchir et après je pourrai te donner ma réponse, dit-elle trop timide

– Prends tout le temps qu’il te faut. Je retourne à Gaya demain soir In Sha’Allah

C’est ainsi que pendant les trois mois que je suis resté à Gaya, j’avais souvent des nouvelles de Fatima. Au début c’était des coups de filles éclairs puis après on ne passait pas une journée sans se parler. Je savais tout d’elle de son mariage, de son défunt époux, de ses enfants et surtout son côté rebelle.

Elle ne voulait toujours pas me donner sa réponse, elle me disait qu’elle craignait la réaction de mon épouse et que jamais elle n’a songé à avoir une quelconque relation avec un homme marié…

– Tu sais Khalifa à chaque fois que je pense à la peine que ressentira ta femme quand elle saura que tu es en train de courtiser une autre femme et pire tu penses même à l’épouser, elle en souffrira…

– Pour ma femme je m’en charge Fatima et puis elle n’est pas jalouse, elle est issue d’une famille polygame pour elle c’est ce qu’il y a de plus naturel et puis ce n’est pas ton problème Fatima mais le mien, dis-je fatigué qu’elle me ramène toujours la même explication

– Oui ce n’est pas mon problème mais je ne suis pas égoïste Khalifa, je ne veux pas causer de tort à ta femme et surtout perturber tes enfants quand ils remarqueront que leur père s’absente très souvent. Je me suis battue avec Harouna quand j’ai appris qu’il avait une relation avec une autre femme, j’étais même prête à le quitter à cause de cette histoire et là j’ai l’impression de jouer le rôle de cette femme qui voulait mon mari. Je te jure Oustaz que j’en ai souffert pendant des mois. Je ne veux pas faire de mal à ta femme

– Arrête avec ces idées Fatima là tu te fais du mal toute seule. Bon de toutes les façons j’ai déjà pris ma décision, je serai à Dakar dans la semaine et je viendrai demander ta main à tes oncles comme tu m’avais dit la dernière fois.

– D’accord on aura le temps d’en discuter. Je te laisse à demain In Sha’Allah

– D’accord. Denk nala Ya’Allah ba souba In Sha’Allah (Je te confis Allah à demain)

– Nangou nako ! Je l’accepte !

Le soir je suis allé retrouver Oumou Salamata dans sa chambre, elle était en train de ranger mes habits dans l’armoire.

– Oumou je voudrai te parler, dis-je en prenant place de l’autre coté

– Oui Kaw (grand-frère)

Elle stoppe ce qu’elle était de faire avant de venir se mettre sur le lit me faisant face

– Tu sais que quand j’ai quelque chose à dire je n’y vais pas par quatre chemins ?

– Oui, répondit-elle en souriant

– Il y a quelques mois, j’ai rencontré une femme à Dakar, elle s’appelle Fatima et je voudrai faire d’elle ma deuxième épouse, dis-je en la regardant

Son sourire s’agrandit sur son magnifique visage avant qu’elle ne me prenne les mains

– Tu n’as pas besoin de mon autorisation pour l’épouser Kaw. Tu sais que je n’ai rien à dire concernant ce sujet. Je savais que tout ou tard ce jour arrivera même si j’aurai préféré te garder pour moi toute seule, je n’ai pas le droit de, ni le pouvoir de te l’interdire. Tu es musulman mon mari et tu as droit à quatre femmes alors j’accepte la volonté divine, je sais ça diminuera en rien l’amour que tu me portes depuis que nous sommes devenus mari et femme, finit-elle en embrassant ma main

– Je ne remercierai jamais assez ton père de m’avoir accordé ta main Oumou, tu es une bénédiction, soufflai-je en embrassant sa main à mon tour

– Fatima sera ma coépouse le jour où je remarquerai qu’elle ne s’occupe pas bien de toi sinon elle est ma sœur, l’autre moitié de mon homme.

– Ma Sha’Allah yalna Ya’Allah dolli sam la té barkél ndiabot guinou bok. Je suis très fier de toi Oumou qu’Allah soit mille fois plus fier de toi et qu’Il te bénisse. Je t’aime !

– Moi aussi guidélam !

Plus de 15 ans de mariage et je ne me souviens pas une seule fois où Oumou m’a dit une parole blessante ou qu’elle ait fait quelque chose sans mon consentement. Toujours souriante et accueillante, elle ne sait jamais dire non quand il s’agit de moi ou de ma famille. Pour moi, bénédiction n’est plus grande que d’avoir Oumou comme épouse, elle est une bénédiction !

Deux jours après c’est elle-même qui prépare ma valise pour que je puisse me rendre à Dakar

– J’avais demandé à Salma de te faire un grand boubou trois pièces blanc, tu pourras le porter quand tu iras demander la main de Fatima et aussi je te donne un mois pour tu restes avec elle, dit-elle les yeux pleins de larmes

– Je ne veux pas voir tes larmes Oumou…

– Je ne pleure pas parce que j’ai mal Imam mais je pleure parce que je viens de me rendre compte que maintenant je te partage avec une autre. Je ne suis pas jalouse, je m’y étais préparée seulement il n’est pas facile de savoir que son homme est dans les bras d’une autre. Pars en paix mon cher mari et reviens nous sain et sauf sous la protection du Très-Haut

– Je t’aime !

– Moi aussi !

Je suis arrivé sur Dakar vers 21 heures. J’avais appelé l’oncle de Fatima la veille et il m’avait dit qu’il m’attendait chez lui. J’en ai aussi parlé à son Omar il m’a dit qu’il m’accompagnera avec Rachid…

– Je te conseille de ne rien dire à Salma sinon je te jure que ce mariage n’aura pas lieu. Faisons tout dans la discrétion et après on informera les femmes, proposa Rachid

– Ta femme n’a pas ce pouvoir-là Rachid !

– Oui c’est vrai mais façon qu’elle est jalouse, elle serait capable d’empoisonner la nourriture d’ici demain alors ne lui dit rien, insista-t-il

– D’accord pas de soucis

– Vous murmurez quoi vous deux ?! Raisonna la voix de la maîtresse des lieux

– Rien, s’empressa de répondre son mari

– Oustaz Oumou m’a demandé de te coudre un Bazin trois pièces. C’est déjà fait je l’ai posé sur ton lit. Li ngenn di paré déh reuyna !

– Je t’ai dit qu’on prépare rien on va juste voir des kilifeu demain et on doit être sur notre 31 c’est tout !

– Kone lolou la !

Le lendemain vers 16 heures on était déjà l’oncle de Fatima espérant qu’on nous accordera sa main après la prière de Takussan mais grande fût notre quand l’oncle nous dit que Fatima a annulé le mariage et qu’elle a dit je saurai ses raisons. J’étais tellement gêné que je ne savais où me mettre mais fallait que je garde mon calme. Je m’excuse auprès de l’oncle mais il ne rate pas l’occasion d’insulter sa nièce en Pulaar disant qu’elle était la principale fautive et qu’elle ne sait pas ce qu’elle veut. Nous quittont la maison déçus et honteux

– Je ne sais pas ce qui prend Fatima li tamit deug la ? Questionna Omar remonté

– Mais appelle-là pour connaître ses raisons, proposa Rachid

– Je ne vais pas l’appeler, elle est assez grande pour prendre seule ses décisions et si elle ne veut pas de ce mariage je ne vais pas la forcer, fis-je dégoûté

Plus personne ne parle. Je reçois un message d’elle où elle se confond en excuse mais je ne préfère ne pas répondre.

– Bon Imam demain In Sha’Allah Samira et moi fêterons notre anniversaire de mariage et je ne voudrai pas que tu rates ça, j’y tiens vraiment et Samira aussi d’ailleurs, dit Omar

– J’aurai bien aimé y assister mais je retourne demain matin à Dagana…

– S’il te plaît Oustaz tu rentreras le soir si tu veux mais je veux que tu assistes à l’anniversaire et en profiter pour prier pour nous, insista-t-il

– D’accord alors !

Une fois chez Rachid Oumou Salama m’a appelé pour me féliciter. Je lui ai dit ce qui s’est passé et elle n’en revenait pas. Elle a insisté que je lui donne le numéro de Fatima mais je lui ai que ça ne servirait à rien et que je rentrerai après-demain In Sha’Allah

Le lendemain nous avons évidemment trouvé Fatima sur place et elle a fui vers la cuisine dès que nos yeux se sont accrochés. Je fais comme si de rien était et discute avec les hommes jusqu’à l’heure du déjeuner…

– Fatima tu sers les hommes et moi je m’occupe des femmes, dit Samira sortant de la cuisine

– D’accord, répondit-elle forçant un sourire

Elle sert à tout monde et je suis le dernier à être servi. Elle se baisse pour me donner mon plat et elle en profite pour me parler

– S’il te plaît peut-on parler avant que tu ne partes ?

Je fais comme si je n’avais rien entendu et plonge ma fourchette dans mon plat le visage grave. Après le repas, on se retrouve entre hommes pour regarder le match. Je reçois encore un message de Fatima

‘’ Je suis désolée pour hier stp comprends-moi ! ‘’

‘’ Je te comprends c’est pour cela que je te laisse tranquille ‘’

‘’ Je n’avais pas encore parlé aux enfants, c’est pour cela que j’ai dit à mon oncle que je n’étais pas encore prête’’

‘’ C’est bien alors’’

‘’ J’ai aussi dit à Omar qu’il peut sceller le mariage après la prière de Takussann’’

‘’ T’en es sûre Fatima ?!’’

‘’ Sûre et certaine Imam ! ’’

‘’ On verra !’’

 

– Oustaz sunu dioulé Takussan ba paré niou takk seuy bi. On scellera le mariage après la prière, sortit Omar

– Je vous ai dit que j’ai accepté ?

– Ne sois pas rancunier aussi, on va sceller le mariage ne gâche pas tout !

Cheikh n’arrêtait pas de me charrier mais je ne me laissais pas faire pour autant. Il est impoli ce gosse !

 

Fatima Sall Sow

Après que Cheikh ait donné la nouvelle aux filles, j’ai vu vite le visage de Salma se décomposer. Elle m’a félicitée bien-sûr mais je sentais que ce n’était pas sincère et j’ai recommencé à douter de ma décision. Oustaz est venu me féliciter, il m’a pris dans ses bras avant de me donner un baiser très chaste sur les lèvres. J’étais choquée, je ne croyais pas qu’il serait aussi démonstratif en public… Cheikh n’arrêtait pas de nous charrier et ça faisait rire tout le monde sauf Salma

– Samira, j’ai l’impression que ce mariage ne plaît pas à Salma. Tu as vu la façon dont elle m’a regardé ? Dis-je quand les invités sont partis

– J’ai bien vu, elle est simplement jalouse. Je réagirai de la même façon si un ami de mon mari épouse une deuxième femme surtout que Salma est l’ami de sa femme, répondit-elle souriante

– Peut-être que c’est ça !

– Mais dis-moi qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ?

– Sami tu n’en croiras pas tes oreilles, c’est Oumou Salamata la femme de Khalifa qui m’a appelé et mon Dieu elle tellement était gentille avec moi. Mon Dieu, elle m’a poussé à accepter la demande en mariage de son mari tu te rends compte Sami ? Je n’ai jamais vu ça de ma vie…

– Waouh kokou déh dou Samira tei dou yaw tamit ! Elle n’est pas Samira encore moins toi. Quelle femme !

– Je te jure !

– Allez assez parler ! On va aller faire ta valise tay mom dara du yombou ! Rien ne sera facile !

Le soir vers 21 heures mon mari est passé me prendre chez Samira qui gardait les enfants et j’en ai profité pour faire les présentations Heureusement quand je leur ai dit la veille pour le mariage Khadija a un peu tiqué mais après elle a compris que je devais refaire ma vie, elle 18 ans maintenant et elle est assez grande pour comprendre ce qu’on ne lui dit pas. C’est pareil pour Hashir

– Khadija, Hashir voici tonton Khalifa mon mari, Imam voici mes enfants !

Il échange un poignet de main avec Hashir avant de se tourner vers Khadija et la saluer en passant par son prénom

– On te confie notre maman tonton, elle mérite d’être heureuse à son tour. Depuis que papa est parti, elle a oublié tout ce qui était loisirs de cette vie pour se consacrer exclusivement à notre éducation alors maman ne t’en fait pas pour nous on aime tout ce que tu aimes, han Hashir ? Dit ma fille très émue

Je le prends dans mes bras en pleurant et Hashir vient nous rejoindre. Ils ont tellement grandi, Khadija vient d’avoir son bac, elle devait aller étudier en France mais j’ai voulu qu’elle attende son frère et comme ça elle gagnera encore en maturité mais là je viens de voir qu’elle plus mature que sa maman. Je suis très fière d’eux

– In Sha’Allah ma fille, je m’occuperai ben de votre maman.

Nous prenons congé quelques minutes après pour nous retrouver chez moi. J’ai mis à l’aise mon mari en commençant par ranger sa valise dans le dressing avant de sortir des serviettes propres pour son bain. Je le fais rapidement visiter l’appart avant qu’il ne demande à prendre une douche. J’en profite pour prendre ma douche aussi dans la chambre de Khadija

– On va prier quelques Rakkas surérogatoires avant de boucler par Safa et Witr, dit-il en étalant le tapis de prière

Il dirige les prières et j’ai remarqué sa belle voix quand il récitait le verset et sa parfaite maîtrise des sourates.

– Tu as du lait ? Questionna-t-il après la prière

– Oui !

– Fais-moi une tasse tiède s’il te plaît, demanda-t-il posément

Je compris ce qu’il voulait faire, Harouna avait fait pareil le soir de notre nuit de noce. Je reviens plus tard avec la tasse de lait tiède je la lui tends

– Merci, dit-il

Il fait récite des versets et des prières tout en tenant la tasse dans sa main droite puis il me la tend

– Bois-le, dit-il en se levant

Après les rituels de nouveaux mariés, il retourne sur son tapis et recommence ses wird. Pendant deux heures de temps monsieur mon mari était assis sur son tapis. Khana il ne va pas passer la nuit sur son tapis nak ? Wala ? Il était une heure du matin et monsieur ne daigne toujours pas se lever moway kharal ma nieuw rek !

J’entre dans la salle de bain et porte mon ensemble pagne tricoté bleu de nuit avec des fils argentés. Je mets mes grosses perles autour de ma taille avant mettre mon peignoir en soie rose. Je faisais le maximum de bruit regagnant le lit et je le vois stopper son wird pour se retourner. Une fois devant lui, je laisse tomber le peignoir

– Il y a une autre façon d’adorer son seigneur kilifeu gui, faire plaisir à sa femme !

Il ouvre grands ses yeux avant de sourire en laissant tomber son chapelet

– Wakh nga deugeu soxna ci ! Tu as raison madame !

Ma dague ko fi ba bénen In Sha’Allah

Je sais que vous ne vous attendiez pas à ça mais il faut qu’on retourne en arrière touti pour savoir ce qui s’est passé entre temps. Des bisous à tout le monde !

 

Bonne Lecture !

 

Commentaire Facebook

38 commentaires on “A bout de souffle – Tome 2 : Partie 02

  1. Wa nana tmt douniou la kharoul rkk ngay guéne tmt chapeau mai yakamtina madina et son nouveau mari dh

  2. Mais non Nana ta pas le droit mdrrr ligua gnpu may toutina torop sak en plus bala gua publié dey yakk mais quand mm merci c’était instructif comm dab

Comments are closed.