dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

A Bout De Souffle – Tome 2 – Partie 11

18 min read

Cheikh T. BATHILY

 

Nous venons de quitter l’hôpital. Le trajet jusqu’à la maison se fait dans le plus grand silence. Kiné va beaucoup mieux. Le médecin l’a autorisé à sortir seulement elle devait respecter le traitement et je lui ai promis que j’y veillerai personnellement.

Madina paraît angoissée, elle n’arrête pas de triturer le bout de son voile. Plus je la regarde et plus l’envie de me venger de cet homme qui est la cause de tous ses malheurs s’agrandit. Je ne veux plus qu’elle souffre, elle en a assez vu comme ça !

La voiture s’immobilise devant la maison et je sors pour ouvrir la porte à mes deux femmes. Madina me regarde l’air paniqué…

– Ne t’inquiète pas ma chérie. Tout se passera bien, dis-je avec une forte envie de la prendre dans mes bras

Une fois à l’intérieur, Madina pousse un cri aigu quand elle voit sa mère et sa badienne assises dans le salon en train de discuter avec ma mère

Badienne Sira s’est levée pour accueillir sa nièce, les larmes aux yeux

– Alhamdoulillah ! Madina ! Cria-t-elle laissant tomber sa béquille

– Badienne pourquoi tu tiens une béquille ? Demanda Madina en s’écartant d’elle

– Rien de grave ma chérie ! C’est à toi qu’on doit demander si tout va bien ? Répond-elle en larmes

– Je rends grâce à Dieu !

Elle essuie ses larmes et se tourne vers sa mère, cette dernière tire sa fille et l’enveloppe de ses bras

– Oh comme je suis désolée ma fille. Pardonne-moi ! Tout ça est de ma faute…

Madina répond à son étreinte en sanglotant.

– Je t’ai poussé à te marier avec cet homme sans penser à ton bonheur. Je ne voyais que son argent néké yo kassara bou makk la ! Bandit la, weuyou la ! Mbam seuf sakh moko tané ! (C’est un être abominable ! Un bandit ! Même un âne est mieux que lui ! )

Sacrée Ndoumbé Diaw, elle en fait toujours trop même si j’avoue qu’elle n’a pas du tout tort…

– Vous êtes là depuis quand ? Questionna Madina. Je suis convaincu que c’est pour changer de sujet

– Depuis hier ! Répond mère Ndoumbé. On a passé la nuit chez Tamara, nous venons d’arriver. Poursuit-elle calmement

– Pourquoi tu parles aussi lentement ? Tu es malade badienne ?

– J’étais malade ma chérie mais je vais beaucoup mieux grâce à Allah et grâce à cet homme merveilleux ! Dit-elle me pointant du doigt

– Bathily Bour, Bathily Sempera gadiaga Marana ! Fassé wo sunu dome rek bayiniou dédétt ! Tay nga geuneu meune téranga ak nune ! Ta badienne a fait un AVC il y a plus d’un an. Il l’a pris entièrement en charge quand il a su. Il l’a amené ta badienne en France, comment s’appelle encore la ville ? Nans… Nancy ! Voilà dans l’un des meilleurs hôpitaux en plus c’était très coûteux ! Il a payé tous les frais même et elles étaient deux parce qu’elle était partie avec sa fille aînée Arame. On a même pas encore fini avec ça, il démolit entièrement la maison familiale pour en faire une villa luxueuse comme celle-là et il a acheté le terrain qui était à côté puis il a construit avant de remettre les clés ! Et depuis on ne manque de rien. Il prend en charge toutes nos dépenses mom dall Ma Shaa Allah rek lanouy wakh Bathily

Madina me regardait, choquée. Elle pose ensuite ses yeux sur sa badienne

– Tu vas mieux maintenant ?

– Beaucoup mieux, ma fille ! Alhamdoulillah. Et comment va Kiné bou ndaw ?

– Elle va beaucoup mieux aussi. Badienne, je ne veux pas parler de ce qui s’est passé. Mais je suis heureuse de vous retrouver ! Dit-elle essuyant une larme

– D’accord on te comprend ma fille. L’essentiel c’est que vous alliez bien !

– Gawal tané nak niou délo là Cheikh mi nak ! Guéri vite qu’on puisse vous remarier ! Laissa sortir Fat Ndiaye Indou sans gêne

Oui je veux me remettre avec Madina mais je ne veux en aucune façon qu’elle se sente redevable envers moi. Je veux qu’elle me revienne parce qu’elle m’aime et qu’elle soit convaincue qu’elle ne peut pas vivre loin de moi. Tout ce que j’ai fait pour sa famille c’est parce que je devais le faire et point

 

 

 

Vers 18 heures les deux mamans de Madina prennent congé, Tamara est passée les prendre. Je voyais qu’il y avait une petite gêne entre Madina et le reste de la famille. Salma avait du mal à la regarder dans les yeux et Madina aussi.

Avant de partir Rachid demande à me parler dans le bureau. Je devine tout de suite que ce qu’il a à me dire ne va pas me plaire du tout

– Ecoute, Khalifa m’a demandé de te donner ceci, il sort dans la poche de sa veste une petite bouteille et me le tend

– C’est quoi ? Demandai-je perplexe

– C’est pour Kiné, elle doit en boire pendant cinq nuits. Il parait que quelque chose l’empêche de parler et il faut que ça sorte de son ventre.

– Alors on n’en a pas encore fini ? Dis-je énervé

– Je crois bien que non Cheikh. Et puis, il faut que Madina se rase la tête !

– Merde ! C’est qu’elle histoire encore ?!

– Essaies de lui parler avec tact nak. Je te connais tu es très con !

– Pff ! Ok !

Je sors les accompagner avant d’aller retrouver Madina dans sa chambre. Elle était couchée et avait la tête complétement ailleurs

– Rachid vient de me remettre ça, c’est pour Kiné ! Elle devra en boire pendant cinq nuits. Je vais la mettre dans une bouteille un peu plus grande et chaque soir, tu lui donnes une tasse. D’accord ?

Elle fait encore un oui de la tête. Puis en hésitant je lui demande si elle serait d’accord de se raser la tête

– Pour ? Demanda-t-elle

– Je ne sais pas, c’est ce qu’Oustaz a demandé !

– Non ! Je ne le ferais pas tant qu’on ne m’explique pas pourquoi je dois me raser la tête !

– Madina ne soit pas têtue…

– Cheikh, j’attends Oustaz !

– D’accord comme tu veux

Elle me regarde un bon moment sans rien dire.

– Merci pour ce que tu as fait pour ma famille en particulier pour ma badienne…

Je la coupe

– Je ne l’ai pas fait pour toi… afin pas pour te plaire ou pour que tu te sentes redevable envers moi. Je l’ai fait de bon cœur et parce que vous êtes la famille de ma fille, expliquai-je calmement

– D’accord mais merci quand même. Je ne veux pas dormir seule dans cette chambre !

– Ma mère viendra dormir avec vous alors !

– Pourquoi ta mère ?

– Je ne vais pas dormir avec toi quand même !

– S’il te plait, insista-t-elle les yeux paniqués

– Non ! Je ne peux pas et je ne dois pas. Ma mère viendra dormir avec vous et s’il y a un souci je suis à côté, d’accord ?

Elle hausse les épaules et se recouche. Je quitte la chambre après avoir vérifié que tout est bien fermé.

Tard dans la nuit, j’attends un bruit strident venant du couloir. Je saute de mon lit et détale comme un lapin. Le bruit provient de la chambre de Madina. En ouvrant la porte je vois ma mère essayant de retenir Madina qui se roulait par terre…

– Que se passe-t-il ? Hurlai-je à mon tour, paniqué

– Elle dit qu’elle a mal à la tête !

– Madina, mon amour qu’est-ce qu’il y a ?

Elle ne répond pas. Tout son corps tremble à cause de la douleur. Elle hurle encore et tape sa tête sur les carreaux. J’essaie de l’immobiliser mais on dirait qu’elle est possédée par une force invisible. Elle ne cesse de se débattre…

– Maman s’il te plait, sort avec Kiné. Je vais m’occuper d’elle

Dès que ma mère sort avec la petite, je commence à réciter le verset Ayatoul Koursiyu à haute voix. Madina me demande avec une voix méconnaissable d’arrêter, ce qui confirme mes doutes. Elle est réellement possédée, mais par un djinn. Je continue à réciter le verset, jusqu’à ce qu’elle se calme.

Fatiguée, Madina me demande de ne pas la laisser seule. Ses yeux sont tous rouges au point de me faire peur

– Ils veulent me tuer ! Ils sont là dans la chambre en train de me regarder, dit-elle, effrayée

– Ils ne peuvent rien te faire ! Je vais t’aider à te lever et tu vas aller faire tes ablutions…

– Je perds du sang !

Elle se tourne de l’autre côté et je vois sa robe tâchée de sang. J’en perds mes mots

– Tu as vu tes règles ?

Elle fait non de la tête avant de fermer les yeux. Je la secoue mais elle ne bouge pas, elle s’est évanouie. Je réussis à la réveiller avant d’aller chercher ma mère dans le salon

– Maman appelle Khalifa s’il te plait Madina ne va pas bien !

– Khalifa est en voyage Cheikh ! Répondit-elle l’air désolée

– Cheeeeeut ! Tu peux l’aider ? Elle perd du sang et ce n’est pas naturel ! Maman j’ai vraiment peur pour elle et pour ma fille !  

– Y a de quoi mon fils mais ne t’inquiète pas, tout va s’arranger !

Je prends Kiné dans mes bras et retourne dans la chambre. Madina sort des toilettes les yeux toujours rouges avec un peignoir sur elle. Elle semble revenir à elle…

– J’ai fait un rêve, j’étais dans une forêt très noire. Un homme me poursuivait mais je ne voyais pas son visage. Au bout d’un moment, il m’a rattrapé avant d’entrer dans mon corps. Il m’a dit que je suis à lui… j’ai peur Cheikh. J’ai peur qu’il me fasse du mal, expliqua-t-elle tremblante

– Ne t’inquiète pas ma chérie, tout va bien se passer. On va attendre le retour de Khalifa parce que tout ça me dépasse !

On a même pas encore fini qu’elle recommence à crier se tenant la tête de ses deux mains. Elle cri en se balançant, j’essaie  de la toucher mais elle cri encore d’une voix qui fait peur

– Toi, ne me touche pas ! Tu essaies et je te bute ! Elle est désormais à moi ! Cria-t-elle le regard haineux

– Soubhan’Allahou !!! Sortit ma mère

– Maman sort ! Hurlai-je à mon tour

Elle sort encore avec Kiné, j’augmente le volume de la radio ce qui accentue les cris de Madina

– Arrête ce son, hurla-t-elle

– Je ne vais pas l’arrêter ! Soit, tu sors de ce corps soit tu vas mourir bruler vif par le verset du Saint Coran

– Non ! J’ai une mission à mener ! On m’a payé pour vous détruire un à un… arrête tu ne vois pas que je souffre Cheikh ? Implora-t-elle

– Qui t’a payé ?

– Habib, je travaille pour lui ! Il m’a payé sa fille pour devenir encore plus riche et aujourd’hui il a sacrifié trois bœufs noirs pour que je prenne possession le corps de sa femme. S’il te plait je vais quitter le corps de Madina mais avant arrête ce son, je t’en supplie !

– Sort ou je te brule !

Je ne lui donne même pas le temps de comprendre que je commence à réciter fort le verset Ayatoul Koursiyou. Elle hurle jusqu’à ce qu’elle tombe par terre inerte, pour la deuxième fois de la soirée. Je la soulève et la couche sur le lit. Je sors demander à ma mère de dormir avec Kiné, je vais veiller sur Madina toute la nuit…

Le lendemain je n’arrêtais pas de harceler Khalifa au téléphone pour qu’il rentre. Il faut qu’il rentre le plus tôt possible pour soigner ma Madina même si elle n’a pas refait de crise la nuit, ce n’est pas pour autant que j’ai l’esprit tranquille. La bataille est devenue mystique et je n’ai aucune connaissance en ces choses à part le Saint Coran bien sûr mais Oustaz, je suis certain en sait mieux que moi et je suis sûr aussi qu’il fera quitter ce Djinn du corps de ma Madina.

On était tous assis dans le salon après le petit déjeuner. Madina était couchée sur le canapé la tête posait sur les cuisses de ma mère en train de dormir. Elle doit être fatiguée à cause de ces crises d’hier soir… je la regarde et comme si elle le sentait, elle se lève d’un bond et vient se mettre sur moi avant d’encercler ses bras autour de ma taille. Ma mère me regarde d’un air accusateur

– Tu sais Samba, il m’a demandé de te tuer, laissa-t-elle sortir la tête posée sur ma poitrine. Mais je lui ai dit que je ne ferai jamais ça…

– C’est qui Samba ? Questionnai-je, étonné

– Il dit qu’il est mon nouveau mari ! Tu sais pourquoi j’ai refusé ?

– Non !

– Parce que je t’aime ! Dit-elle posant son regard rempli de tendresse sur moi

Elle resserre son étreinte avant de retomber dans son sommeil. Mon cœur est plus froid que l’antarctique. Alors que ma mère rouspétait de l’autre côté mon mini moi qui dormait depuis très longtemps se réveille petit à petit… mon autre côté sombre aussi. Des images pas du tout catholiques se mettent à défiler… je grogne intérieurement. Mieux vaut que je la couche sur le canapé et pars m’enfermer dans mon bureau sinon je vais me faire tuer par ce regard désapprobateur que me lance maman depuis tout à l’heure.

Fatima SALL SOW

 

Je suis en train de préparer la venue de mon mari. J’ai contacté une décoratrice Jacuzzi Land sur Facebook pour qu’elle m’aide à installer une Jacuzzi dans ma chambre et une déco en rouge et blanc. Je veux que cette soirée spéciale réconciliation soit inoubliable pour mon Oustaz. Je laisse un peu mon côté traditionnel pour aujourd’hui et décide de jouer à la femme fatale. Mes deux coffrets, spécial caresses et baisers acheté sur le site www.merveillesdefemme.com viennent d’être livrés. Une nuisette en soie rouge vif très transparente accompagné d’un string, une paire de bas noire et des sandales à talon rouges en fourrure, des huiles essentielles parfumées à la vanille. L’autre coffret c’est des ensembles lingeries traditionnelles pour demain, les petits pagnes troués qu’on accompagne avec les robes d’intérieures, les ceintures de perles de toutes couleurs de la gamme ‘’Layyu Maam’’ ou le plateau de mémé.

Il est 12 heures, mon mari atterrit à 18 heures et il sera à la maison vers 20 heures In Sha Allah. Tout est fini, il me reste juste à aller faire mes courses pour le diner. Je prends mon sac posé sur la table pour y aller mais mon portable sonne. Je vois le numéro d’Omar

– Monsieur mon mari, comment vas-tu ? Répondis-je excitée par la venue de mari

– Je suis désolé Fatima mais il faut que tu viennes m’aider. Samira est dans tous ses états. Elle est en train de faire ses valises, elle veut me quitter, réussit-il à dire la voix rauque

– Quoi ?!

– J’ai merdé et voilà… s’il te plait vient parler avec elle ! Elle est hystérique et ne veut rien entendre…

– Que s’est-il passé ?

– S’il te plait vient rek !

Je raccroche perturbée, la curiosité va me tuer. Pourquoi il a fallu qu’ils se disputent aujourd’hui aussi. Bon j’y vais pour voir ce que je peux faire en tout cas, il a dû sacrément merder pour m’appeler un pleurnichant. Toujours les hommes !

Je me gare devant la maison deux minutes après. Je sonne et c’est Omar même qui vient m’ouvrir…

– Elle est où ? Demandai-je en entrant

– Je l’ai enfermé dans la chambre pour qu’elle ne sorte pas, répondit-il en me tendant les clés

Il a le regard paniqué, il tremble même. Limou def déh reuy na !

J’ouvre la porte de la chambre, elle ne me laisse même pas entrer. En moins d’une seconde, elle est hors de la chambre, elle ne m’a même pas regardé

– Si tu crois qu’en faisant venir Fatima, elle pourra changer ma décision tu fous le doigt dans ton cul !

– Samira ! Criai-je choquée

– Ne t’en mêle pas Fatima ! Et tu ferais mieux de retourner chez toi parce que je ne vois pas ce que tu pourras dire pour me faire changer d’avis !

– S’il te plait mon amour…

– Mon amour ? Mon amour ! Quelle putain de mon amour, tu parles ? La catin ou la mère de tes enfants ? Ne me sort surtout pas ton regard désolé, ça me laisse de marbre ! Badola bi nga done ! Ingrat !

Depuis quand elle est aussi vulgaire Samira ? Je la pousse dans la chambre et ferme la porte à clé. Je n’ai jamais vu Samira comme ça, elle bouillonne.

– Lane la, lou xew ? Que se passe-t-il ?

– Il a osé me traiter de catin à cause de sa fille ? Il m’a traité de catin ! Parce que j’ai transmis mes gènes de catin à sa fille d’après lui ! Il a osé dire ça ?! Dit-elle les yeux pleins de larmes

– Que s’est-il passé ? Je ne comprends rien du tout…

– Des photos de Aicha (sa fille ainée) ont été partagées sur Instagram par ses copines et elles étaient en boite de nuit. Il est rentré dans une colère et c’était compréhensible, Aicha était dans une petite tenue et elle était méconnaissable. Il a osé dire que je n’étais pas assez radicale dans son éducation et que j’ai éduqué sa fille comme j’ai été élevée, comme une CATIN !

– Oh…

Je ne sais même pas quoi dire. Qu’est-ce qui lui a pris aussi ? Ce n’est pas lui qui voulait Sami comme la mère de ses enfants ? Comme ils sont ingrats ! Je regarde Sami tirait sa valise vers la porte, je me précipite vers elle…

– Tu comptes aller où comme ça ?

– Chez toi ! Répondit-elle, décidée

– Hey diank sama dieu’cœur day nieuw tay nak ! Mon mari arrive aujourd’hui, tu ne peux pas venir chez moi !

Elle me lance un regard incendiaire mais je reste impassible et aussi butée qu’elle

– Blague à part ma chérie, tu ne peux pas t’en aller et les enfants ?

– Bineta va venir avec moi et Ahmad et Harouna resteront avec leur père !

– Je ne parle pas de ça et tu crois que ça sera aussi facile comme tu le crois ? Tu veux séparer tes enfants comme ça ? Samira li diaroul déme ! Tu peux régler cette histoire autrement mais pas de quitter cette maison et séparer tes enfants. C’est vrai Omar n’avait pas à te dire ça mais comprends que c’est un père blessé…

– Je ne suis pas une mère blessée peut-être ? Omar mieux que quiconque sait combien j’aime ses enfants ! Il sait que je me suis donnée corps et âme pour l’éducation de nos enfants parce que moi aussi, je ne voulais pas et je ne veux pas que mes enfants soient comme j’ai été quand j’étais, ado. Il n’avait pas à me balancer ça ! J’accepte mon passé même si je n’en suis pas fière mais le fait qu’il jette à la figure que j’ai éduqué sa fille comme j’ai été éduqué ça, ça me fait mal !!! Et je ne vais pas me laisser faire

– Ce n’est pas en partant que tu vas régler les choses Sami !

– Je m’en fous ! Finit-elle poussant en sa valise

Omar qui nous attendait dans le salon, sursaute de son siège dès qu’il voie Sami pénétrait le salon avec sa valise. Il me regarde, m’implorant en silence de réagir mais je ne vois pas ce que je peux faire

– Sami écoute-moi…

– Fatima ne t’en mêles pas ! Hurla-t-elle

– Bon d’accord, ce n’est pas à toi de partir. Si tu ne veux plus de moi, je vais te laisser la maison, proposa Omar

– Xam yaw ak sa keur ! Merde ta maison et toi ! Je ne veux rien venant de toi ! Ingrat !

– Maman tu pars en voyage ? Demanda Ahmad qui vient de nous rejoindre dans le salon

Elle regarde son fils affolée, ne sachant pas quoi répondre.

– Je… je…

– Y a Aicha au téléphone, elle ne cesse de pleurer. Elle veut te parler ! Dit Ahmad donnant son téléphone à sa mère

Elle répond en quittant la pièce. Je reste seule avec Omar dans le salon.

– Yawit koula bayi tu traites ta femme de catin et puis tu me demandes de venir régler les choses. Tu as de la chance, tu es mon partenaire, sinon je te jure que j’emmènerai ta femme chez moi avec ou sans ton consentement, finis-je par sortir, énervée contre lui

– Tu as raison mais j’étais très en colère et je ne pensais pas à ce que je disais. Et…

– Tu ne le pensais pas ? Désolée mon cher mari mais je te crois pas. Si Sami a accepté de revenir avec toi c’est parce qu’elle t’aimait oui, mais aussi parce elle aime beaucoup tes enfants. Ces dernières années n’ont pas été faciles pour elle. Elle a dû faire face aux crises d’adolescence de tes enfants et elle a su les gérer pendant que tu étais plus occupé à gagner de l’argent ! Elle a sacrifié ses heures de sommeil pour veiller sur tes enfants quand ils étaient malades ! Combien de fois, elle se réveillait la nuit pour prier pour eux quand ils devaient passer leurs examens ?! Tu as une fois déconné et elle est partie pour revenir 5 ans après avec un enfant ! Tu refais le même coup et tu cris au secours parce que tu ne veux pas qu’elle parte ? Mani, mane je vais rentrer, préparer l’arrivée de mon mari parce que je sais encore que ma copine ‘’ la catin’’ va encore rester pour ces enfants ! Deukélenn ni rek, kou ngenn khamal weer ko ni guedj ! Cessez d’être ingrat ! Lançai-je sans pitié à mon partenaire qui me regardait avec de gros yeux

Je prends mon sac et quitte la maison devant un Omar mort de honte… 

Mon mari est arrivé vers 20 heures 15 mn, il était super fatigué…

– Tu m’as manqué, dit-il en prenant dans ses bras

Il me fait tournoyer un peu avant de me poser. Il pose ses deux mains sur mes joues et un une seconde nos langues se mettent à danser dans un baiser passionnant. Nous manquons tous les deux de souffles quand nous nous séparons…

– Ton odeur m’avait manqué, tout de toi me manque et surtout ça…

Ses doigts passent de ma cuisse droite à l’entrée de ma fente humide. Je gémis lorsqu’il pousse un doigt en moi. Il ne faut surtout pas que je perde mon contrôle.

– Vient, dis-je la voix rauque

Je le tire jusqu’à la chambre, il me regarde l’air amusé

– Tay dara dou yomb déh ? Rien ne sera facile !

– Oh non cher mari, laisse-moi te déshabiller…

La soirée était très mouvementée, mon mari m’a bien gâté. Il a promis de ne pas me toucher aujourd’hui parce que je suis enceinte et que je devrais faire plus attention à moi. On verra…

C’est avec une robe transparente presque nue que je sers le petit déjeuner. Le téléphone de Khalifa sonne

– Ne décroche pas, rouspétai-je

– C’est Rachid !

Il finit par décrocher en me lançant un regard désolé. Je sens qu’ils vont gâcher ma journée

– Bissimillah !

– …

– Soubhan’Allah !

– Que se passe-t-il ? Demandai-je, effrayée

– Où est Madina ?

– …

– Gendarmerie ?

– J’arrive tout de suite !!!

– Wouy lou xew ? Que se passe-t-il ? Criai-je ne sentant plus mes jambes

– Madina  a poignardé Cheikh…

– Lane ? Quoi ?!

Coucou fidèles lecteurs vous allez bien j’espère. Vous m’avez trop manqué moi aussi. On reprend de plus belle à partir de la semaine prochaine In Chaa Allah puisque les vacances sont terminées pour les enfants.

Bisous et à la prochaine In Chaa Allah

 

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17 commentaires on “A Bout De Souffle – Tome 2 – Partie 11

  1. Bel partie Nana thanks you😘😍
    Mé Omar sétatal sa bopp waye😒 Samira thiakhanoul déhhh mé Fatima ch8 in Love « 100% caractère 😉 » Khalé mokk pothie
    Madina mome loumouye doundou c vrémt de trop mn p’tit💖 ne va pa le supporté tro long temps 😭😭😭😭😭

  2. Wa mani, mom M. Le manasserr dolen ko wakh mou defal gnou bouton zaimm bi fou accessible plz; mane deh damakay weur ba toki zevouleziir😯😕

  3. Nana tu nous as trop manqué, les vacances etaient trop longues 🙂 Belle partie comme d’hab…Mais please don’t Kill Cheick sniff sniff…

  4. namone nala trop waay Nana! nekhatina dal comme d’hab mais nguir Yalla nak qu’il n’arrive rien a mon cheikh please rek nak

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