dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

MON MARI, MES DEFIS PART 5

18 min read

Dès que Daba Niang la sœur aînée de Mactar est arrivée ce matin, toute la maison s’est réveillée !! vrai de djiné ndawssi ! autant les jumelles sont calmes comme leur frère, elle mome rakadjou leu def !! je rigole tout le temps en disant que Habib a pris son exubérance chez elle, ce n’est pas pour rien qu’ils s’entendent aussi bien tous les deux ! je finissais ma prière quand elle a toqué à la porte.
• Oubile fi la wakh, wala Makhou bongbong dafa nékeu si birr (ouvre vite ou c’est mactar qui est à l’interieur?)
• Rokhaya yaw dale do changer (toujours egale à toi même), rigolais-je en lui ouvrant la porte
• Topale feuler Rabi Niang mactar yakeu nala ! ngua fogue ni aduna yeup biire néék lleu ? depuis votre mariage, on ne te voit nulle part ! gorr dangua koy tamale louye weuye
• Wa louma def tamite okho ?? dou yéneu ma santeu ma seuy, mome rek laye def nak (c’est vous qui m’avez demandé de ne prendre soin que de lui)
• Ak sa lamigne bou dangg (langue pendue)
• Yaye sama makk ! (je tiens ça de toi)
• Tchipiri wa comment ça se passe ? ba makhou mingui laye topato bou bakh ? en tout cas, il a l’air serein et je t’avoue que ça faisait bien longtemps que je ne l’avais pas vu aussi détendu…
• Hum Dabzo, ton frère là, nékhoule deukeule dale (il est difficile).
• Mais tu l’aimes ! et seule une femme qui l’aime peut le guérir et l’aider à redevenir stable.
• Dans ce cas, il lui faudrait peut-être simplement un psy, hein ?! j’ai peur que mou doflo ma avant dara di khéw (ça soit moi qui devienne folle).
• Ish danguaye wakh rék mane je te fais confiance ! il parait qu’hier vous êtes allés au king Fad ensemble, nékhoneu ?
• Le diner s’est super bien passé. Seulement après, il a voulu qu’on sorte en boite
• Tu n’as pas refusé j’espère
• J’ai refusé kagne ! il s’est énervé, il a dit que j’étais trop coincé
• Shiiii danga maguété ndaw dé !!! khawma sa toyeumane bi foko dieuler, yaw tu es sûre que madré piss mola diour ? (tu ressembles a une vielle serieusement, tu es sure que ta mere est ta mere)
• Lima waronne beuri affaire yeup bayer nako sama yaye, dengueu ! (je n’ai rien herité de sa coquetterie)
• Mane sa yaye lay weur ba fadiar dogueu teudi ! un peu avant ton mariage, café de rome lako fékeu ak pa Salif gnouye agne (elle etait avec ton pere en train de dejeuner au café de rome), mane j’avais un rendez-vous professionnel. Elle m’a expliqué que c’était leur petite routine hebdomadaire, d’aller manger dehors en amoureux. Elle m’a inspirée, le vendredi suivant j’ai invité Talata à déjeuner au terou-bi, il était étonné et perplexe mais il est venu et on a passé un excellent moment
• Je suis sûre que vous avez ensuite pris une chambre, lol !
• Noko khamer (comment tu as deviné)?
• Sama yaye reeek (je connais ma mère) ! elle t’a conseillé de casser la routine avec ton mari, de faire quelque chose d’inhabituel, un truc neuf.
• Exactement ! elle a changé ma vie, avec ses conseils. Légui chaque mois je lui rend visite au moins une fois, et on discute pendant des heures. J’ai repris mon ménage en main, grâce à elle. Ndéyéler nako sama bop (elle est ma maraine desormais)
• Ish, yaw tu sais que ma mere 9 ans dongueu lala maguer (a 9 ans de plus que toi) ?
• Kaye gnou bokeu rek boul firr (sois pas jalouse)
• Yaw kaye djeuleule ndeye bi (prends), mane elle dit tjrs que je suis sa petite sœur.
• Elle t’a eu à 16 ans, tchiooo hein ? non Pa Salif guerrier leu quoi !
• Tout était contre eux, mais ils étaient amoureux et le temps leur a donné raison.
• Ils me donnent la foi, en tout cas ! wa no moudjer ak makhou bong bong, etla fin de ta soirée avec mon frere, en fin de compte ?
• Je lui ai fait une proposition qu’il ne pouvait refuser !
• Hein ???
• Il m’a suivie comme un toutou à la maison et je l’ai gâté
• Je retire ce que j’ai dit tout à l’heure, tu es la fille à ta mère
• Mdrrr ma ngui diéme rek (on essaie doucement)…
• Tu es sur le bon chemin manila. Mais plus sérieusement, Rabi, mon frère revient de loin et il ne t’en parlera jamais, mais moi qui habitais avec eux, je peux te dire que c’est un miracle, si aujourd’hui il arrive à s’épanouir avec une femme. Amsatou et Badara l’avaient rendu amère, fermé, méfiant, n’accordant plus sa confiance en quiconque.
• Hélas, ma chérie, je ne peux pas te garantir que tous ces aspects de sa nouvelle personnalité se soient volatilisés à mon contact. Mactar est secret, lunatique et un dictateur en puissance. Il ne veut pas me dire ce qu’il a vécu aux States mais je ne suis pas folle, j’ai vu ses cicatrices c’est un signe de maltraitance. Et vu qu’il refuse de partager mon lit je suppose que ça a un lien avec Amsatou.
• En dehors de chez eux, Amsatou était parfaite sur tous les bords. Elle était belle, elle avait un bon boulot et elle était en parallèle coordonnatrice d’un centre social qui aidait les femmes battues, violées etc. mais en réalité cette femme était une grosse malade mentale. Quand elle est tombée enceinte de Habib, elle a fait une grosse crise à Mactar, et menaçait à chaque instant de se faire avorter. Il a été obligé de rester à la maison et de garder un œil sur elle a chaque instant. Puis ils ont passé un accord, Mactar lui a promis que si elle arrivait au terme de sa grossesse, il lui ferait un chèque avec beaucoup de zéros…
• Mon Dieu !!!
• Elle était avant tout attirée par l’argent et n’en avait jamais assez, ça mon frère le savait bien. Donc évidement, elle a accepté, mais elle s’est évertuée à lui faire regretter de l’avoir forcé la main. Un soir, elle l’a drogué à forte dose de mélatonine et lui a infligé les blessures que tu vois sur son corps. Elle l’a carrément marqué à jamais avec sa cigarette.

Je suis restée bouche bée pendant plusieurs minutes tellement j’étais choquée. Je comprenais mieux pourquoi mon mari évitait de coucher avec une femme dans son lit, il avait peur de s’endormir après l’acte et que la femme avec qui il était, lui fasse du mal pendant son sommeil. Mon Dieu, il n’est pas simplement méfiant, mais profondément traumatisé. Les cicatrices que j’avais aperçues sur ses cuisses et son ventre prenaient soudain un sens aussi nouveau qu’effrayant.
• Mais cette fille était malade, criais-je
• Amsatou était une femme cruelle et folle, mais par malchance mon frère s’en est rendu compte trop tard, il était vraiment amoureux d’elle. En fait, elle imaginait qu’elle pourrait continuer de faire ce qu’elle voulait avec les hommes après son mariage, tellement elle avait confiance en son emprise sur Mactar. Et elle avait raison au début, mon frère lui pardonnait tous ses écarts !! chiiiii ma diépi makhou, mou mélni kharou yaar ! Mais le choc a été rude quand il a su qu’elle couchait avec celui qu’il prenait pour son meilleur ami, Badara Sarr. Si elle n’avait pas été enceinte, il serait parti à cette minute-là. Mane je ne croyais même pas en sa paternité, mais heureusement qu’il y a cru, lui, malgré les doutes que l’infidélité récurrente de sa femme laissait supposer. Habib lui ressemblait comme deux gouttes d’eau et un test ADN a tout confirmé.
• Tchiéy yAllah, jamais un seul instant je n’ai imaginé un tel scénario. Je n’arrive pas à croire que mon homme ait pu vivre tout ça. Quand je pense à sa réputation de coureur de jupon qu’il avait quand il est revenu à Dakar, enchainant les liaisons, au gré de ses envies et des circonstances… j’avais pensé qu’il n’arrivait pas à se fixer juste parce qu’il n’arrivait pas à oublier Amsatou
• Mo !!! à la fin Mactar dé, il ne ressentait que du dégout pour elle, surtout qu’elle utilisait son fils pour ses bassesses. En tout cas maintenant tu sais, mane dé, égoïstement je compte sur toi pour retrouver mon frère ! redonne-lui sa joie de vivre, nguir yAllah ! Makhou nitt gueunou ko, khol bi mo rafétte (il a du cœur). Il ne méritait pas de se le faire briser par une femme comme Amsatou. Mais je pense aussi qu’elle était malade
• Malade ??
• La nymphomanie tu connais ?? lol
• Et sa cruauté, qu’est-ce qui l’explique ? pffff
• Mingui nonou dale, désormais tu es sa femme et je sais que le chantier est balèse mais s’il te plait wasslou si akh hein ?! La vie est mieux quand l’amour est réciproque
• Kou amoureux fofou (et qui est amoureux)?
• Toke léne fofou di fower séne khél yi yaw ak sa djekeur rek continuez de vous voiler la face
• Wa bakhna dina lérr (on verra bien)
• Au fait, on va ensemble au restaurant pour l’anniversaire surprise des filles ?
• Hein ? mane je ne suis au courant de rien
• Mactar momeu yé sankeu, il veut qu’on l’organise Sarah et moi
• Il ne m’a encore rien dit ! c’est vrai que je ne l’ai pas encore vu ce matin. J’espère juste que ce sera après 17h, damaye watiale kaamine Pape Fara si djakeum bi (je fais une priere pour Pape Fara)
• Yaw ndeyssane taye la anniversaire de décès bi ?
• Non même pas, mais je lui fais ça au moins une fois par mois et comme on rentre demain j’en profite pour être présente
• Bah normalement, Mactar m’a dit de réserver au Lagon pour 17h mais tu viens dès que tu finis rek in chaa Allah
• Ok ça me va, chérie coco
• Mangui dém si mère, à tout à l’heure…

Vous allez me dire pourquoi mon mari ne m’a pas demandé d’organiser ça ou juste que je participe aux préparatifs ? je me demande aussi la même chose… Non seulement il ne prend pas le peine de m’avertir de quoi que ce soit mais il demande à son ex, Sarah, qui est aussi sa cousine du coté de sa mère, d’aider sa sœur à préparer la surprise. Bakhna rek, allons seulement…
Toute la journée, je n’ai pas eu de nouvelles de lui, je n’ai même pas essayé de le joindre. J’étais à fond dans la préparation de la séance de lecture de coran pour mon défunt mari. Maman Sally m’a aidée dans les derniers préparatifs et vers 16 h30, Ali le chauffeur de ma belle-mère, était en train de ranger le boli de lakh et le sow qu’on allait servir après la prière quand il débarqua dans le salon super énervé
• Mactar : j’ai perdu un temps fou dans les embouteillages, donne-moi quelques minutes et on y va. Mais toi-même, tu n’es pas encore prête dit-il en avisant ma tenue, gawale waye (fais vite)
• Moi : Mo yaw louleu dale ? comment, veux-tu que je m’habille ? Tu ne m’avais pas dit que tu allais venir avec nous, fais vite, il sera bientôt 17h là
• Maman Sally : il serait mieux qu’on arrive avant qu’il ne commence en tout cas
• Mactar : maman, tu as finalement changé d’avis ? je croyais que tu ne voulais pas venir
• Maman Sally : Mo !!! yaw linguaye wakh ak gnoune lignouye wakh dou béneu la fogue (je pense qu’on ne parle pas de la même chose)
• Mactar : vous allez où ?
• Moi : à la mosquée de Pape Fara à Mermoz bien sur
• Mactar : et pourquoi je ne suis pas au courant ?
• Moi : niata yoone ? on a parlé de quoi dans la voiture hier en rentrant ?
• Mactar : …
• Moi : en fait tu n’étais même pas concentré sur ce que je disais
• Mactar : bah non ! tu étais en train de me parler de ton défunt mari et ça ne m’intéressait pas trop
• Maman : aye Makhou !
• Mactar : c’est l’anniversaire des filles Rabi Niang et je veux que tu laisses ma mère gérer ton truc-là et tu viens avec nous
• Maman : wa néné touti démale rek, va avec les autres, je peux m’occuper de tout in chaa Allah
• Moi : maman, j’irai à l’anniversaire après la prière de Pape Fara. Je vais rater le début de la fête mais ce n’est pas grave je me rattraperai avec le filles in chaa Allah
• Mactar : mais tu te fous de ma gueule ? il s’agit de mes sœurs et tu sais à quel point leur faire plaisir me tient à cœur. Si tu ne peux pas être présente avec moi et m’aider à quoi tu sers ?
• Moi : si tu tenais tant que ça à ce que je sois à tes côtés, tu n’allais pas laisser le soin à Daba Niang de me tenir au courant de la surprise que tu comptais offrir à tes prunelles alors que tu as passé la nuit avec moi (entre mes jambes que j’aurai pu ajouter si maman n’était pas là)
• Maman : baissez d’un ton, bon sang ! Ce n’est pas le moment ni l’endroit pour cette discussion
• Moi : excuses moi maman
• Maman : yaw mactar est-ce une façon de parler à sa femme ? si vous avez un problème vous réglez ça dans votre chambre, li loumou done ni !!!
• Mactar : je monte me changer, dit-il se dirigeant déjà vers les escaliers
• Moi : maman on y va, on va être en retard

On est parti sur ces faits, mais je me disais, akh maman Sally va me sermonner durant tout le trajet. Qu’elle ne fut ma surprise quand elle me dit : « Rabi, depuis que Mactar est rentré, j’ai vu toute sorte de femmes défiler, mais j’ai toujours gardé espoir que tu serais celle qui serait son épouse et Dieu a entendu mes prières. Les seuls moments ou mon fils a été heureux et réellement amoureux c’est quand vous étiez plus jeune que vous étiez ensemble et que vous cachiez au reste de la famille votre relation. Tu venais ici prétextant rendre visite à Daba Niang et tu passais l’après-midi avec Mactar sur la terrasse. N’aie pas honte, rire, j’étais au courant de votre relation depuis que ça a commencé, mon fils ne m’a jamais rien caché. J’avais un peu peur au début, car tu semblais si jeune, si candide. Mais un jour je t’ai vu lui tenir tête et le remettre à sa place à propos de sa jalousie injustifiée, et alors j’ai compris que tu étais celle qu’il lui fallait. Aujourd’hui il est à toi, remet le à sa place encore une fois. Tire-lui les oreilles, s’il le faut, mais pour l’amour de Dieu, fais-le réagir. Mon fils ressemble à une coquille vide. L’amertume suinte sur son âme comme de la sueur sur un front. Son seul et unique problème c’est de s’en vouloir d’avoir fait les mauvais choix mais c’était son destin. Il est toujours dans une spirale négative et il risque de vous y entrainer Habib et toi. Je suis persuadée que tu es la seule personne capable de le faire réagir et je te soutiendrais dans toutes tes actions pourvu qu’il redevienne juste le Mactar drôle, toujours souriant et qui aimait vivre… »
C’était une grosse responsabilité. Mais j’ai hoché la tête rek en signe d’acceptation. Je ne savais pas quoi faire concrètement, mais dans mon ancien mariage j’avais appris que souvent ça ne servait à rien d’anticiper sur nos propres réactions en ce qui concernait les caprices de notre conjoint ou de notre belle-famille. Parfois nga décider zen à tout épreuve, wayer gnou maye la bou wekh ni khémer ngaye tchieupi tchieupi té doko taye.
La lecture du coran m’a beaucoup apaisée, d’habitude après le récital j’allais généralement au cimetière, mais je savais que Mactar en ferait une montagne. Dés notre retour à la maison je me suis préparée pour aller au lagon les rejoindre.

 

 

Plus tard, cette soirée-là…

J’étais en rogne, très en rogne. A chaque fois que je croyais que les choses commençaient à s’améliorer, j’avais l’impression qu’on régressait. Désormais, j’étais persuadée d’un chose, Mactar, en fait, faisait tout pour ne pas que je prenne trop confiance. Hier on avait passé une excellente soirée, il a baissé les armes mais depuis ce matin il fait en sorte que je redescende nankeu sur terre. Il ne veut pas me donner l’espoir d’une vie de couple normale, d’une relation harmonieuse basée sur l’amour et la confiance. Wayé mako def, moi qui avais accepté cette parodie de mariage ou il a été clair depuis le début. Il était temps que je m’adapte vraiment à la situation car il était hors de question que j’échoue dans ce mariage. Je sais ce que je peux supporter et les défis que je peux relever alors peut m’importe les dégâts psychologiques laissés par son premier mariage, Mactar Niang dineu diote sama djiko (il va voir de quel bois je me chauffe). Ndakh ki dama yakarni dangaye noyale mouye deneu rakadiou…

Au Lagon, il a choisi de m’ignorer royalement, mais bon ce n’était pas sa fête aussi alors je n’y ai pas fait cas. Le plus important était que les jumelles s’amusent. Et puis Edouard Philipe Anyim est arrivé, beau gosse et gérant du restaurant. J’ai tout fait pour passer inaperçue car connaissant le côté jaloux de mon mari mais le gars il m’a vue et bien sûr, il s’est déplacé jusque vers nous pour me saluer. Ils étaient tous étonnés que je puisse connaitre quelqu’un comme lui, Daba Niang qui était juste à mes coté n’arrêtait pas de me pincer
• Edouard : Mme Mbaye, quel plaisir de vous revoir
• Moi : Edouard. C’est Madame Niang maintenant, comment allez-vous ?
• Edouard : Oh mes excuses. Je vais très bien et vous ? je ne vous ai pas revu depuis…
• Moi : Oui effectivement, il est vrai que je viens désormais très rarement à Dakar. Je suis là avec ma famille, c’est l’anniversaire de mes cousines
• Edouard : Mais pourquoi vous ne m’avez pas avisé ? Les choses n’ont pas changé Rabi, je reste redevable à Fara pour l’éternité alors maintenant qu’il n’est plus là, toutes les personnes qui lui sont attachés, je suis leur serviteur surtout vous.
• Moi : Merci beaucoup Edouard, ça me touche énormément
• Edouard : Vous avez réservé à quel nom ?
• Moi : Daba, c’est toi qui a réservé ?
• Daba : c’est Sarah au nom de Mactar
• Moi : ok. Edouard c’est au nom de Mactar Niang
• Edouard : d’accord c’est noté. Et n’hésitez surtout pas si vous avez besoin de quoi que ce soit. Je vous souhaite une bonne soirée et à bientôt j’espère
• Moi : Merci à bientôt

Dès qu’il partit, je me suis rendu compte que tout le monde s’était tu pour nous écouter. Et puis peu à peu les discussions reprirent
• Daba : yaw Mactar Niang sou yeugonne dougnou sonnale, tu aurais bien pu gérer l’organisation. Mounane : « ohhh Rabi, Khamoule dara lou branché Dakar » (Rabi ne connait pas les coins branchés de Dakar) !
• Moi : dafa latchier woule rek lol (si on ne demande pas on sait pas).
• Daba : pff, makhala tu es tellement sage ma chérie, tu donnes l’impression de… euh
• Moi : quelle impression ? hum en tout cas une chose et ça vaut autant pour toi que pour ton frère : il ne faut pas juger une personne sur son mode de vie ou sur son apparence. Ton frère n’a que des préjugés sur moi d’où sa réflexion, mais le jour ou il voudra réellement me connaitre, il découvrira qui est sa femme.
• Daba : Madame da nga mérr dé, on dirait, lo dioter ti ak makhou ? (tu as l’air en colére ma cherie, quest-ce qui se passe)
• Moi : rien bilaye… wa on coupe quand le gâteau ?

J’étais certaine que Mactar lui avait fait part de notre dispute, wayé j’avais décidé de ne plus rentrer dans les détails. Quelques instants plus tard, un serveur est venu nous demander de le suivre et on nous a attribué une pièce privée au niveau -1 avec vue sur la mer, un DJ pour mettre l’ambiance et un buffet de roi. Mactar me lançait des regards noirs tout en continuant à faire semblant de m’ignorer.
Son attitude m’agaçait au plus haut point et à ceci s’ajoutait le bruit de la sono qui, à mes oreilles, devenait un martèlement sinueux et envahissant. Ce n’est pas pour rien que je détestais les boites de nuit. Malgré l’ambiance je baillais à m’en décrocher la mâchoire. Je tenais en me disant « ah demain inchallah, à cet instant je serais à Keur Gallo, chez moi dans ma chambre avec comme seuls bruits les animaux qui crient et la rumeur du vent ». Je savais que mon mari aimer trouver l’oubli dans ces atmosphères étouffantes et inconsciemment je le cherchais du regard, pour voir comment il évoluait au milieu de tous ces gens.
Je sortais prendre l’air, au balcon, quand je le vis. De l’autre côté de la terrasse, en train de parler à Sarah. On peut la compter dans la liste des femmes avec qui il a eu une relation, depuis son retour au Sénégal. Elle était très belle avec des jambes aussi longues que mon corps tout entier. Elle portait en plus des talons aiguilles argentés et une mini-robe à paillettes. Elle avait l’air aux anges d’avoir l’attention de mon mari, avec son large sourire charmeur. Mais plus important encore, Mactar semblait réceptif.
Et si vous voyez la façon dont elle se penchait vers lui !!! la façon dont elle lui touchait l’épaule… et Mactar qui parfois en parlant posait ses yeux sur sa poitrine quasi-dénudée ?!! c’était clair que niare gni gnari tatt you mineunter leu. Aucun doute là-dessus.
Le connard. Aucun respect.

Ce n’était pas la première fois que je me retrouvais face à l’une des anciennes conquêtes de Mactar. Cependant d’habitude, il était poli mais brusque, ne leur accordant pas plus d’attention qu’à une vieille copine de lycée dont vous ne vous souvenez plus du nom. Donc en temps normal, cela ne me dérangeait pas. Mais aujourd’hui, il y avait quelque chose de changé, et cette scène m’a touchée d’une façon violente. L’accumulation des tensions de la journée a eu raison de moi, j’ai fait demi-tour et je pris la direction de la sortie.

J’étais presque parvenue à la porte quand une main saisit mon poignet.
• Daba : Où penses-tu aller comme ça ? demande-t-elle
• Moi : …
Je n’avais pas envie de parler au risque de laisser éclater ma colère
• Daba : Laisse-moi deviner… tu étais au balcon, et t’as vu Sarah et Mactar qui ne s’embrassaient pas mais qui ne se repoussaient pas non plus ?
• Moi : Hum, comment tu sais ça ?
• Daba : Parce que Sarah est ma cousine mais c’est une garce et elle fait le coup à chaque fois que Mactar a quelqu’un dans sa vie. Je savais qu’elle essayerait à tous les coups de te tendre un piège. Mais tu ne vas pas t’enfuir Rabi Niang, absolument pas. Tu ne lui donneras pas cette satisfaction. Souris ma chérie, on t’observe.
• Moi : Qui ? répondis-je en balayant la pièce des yeux.
• Daba : Tout le monde ici, bien sûr. Tu viens de nulle-part, tu détestes t’afficher, tout est naturelle chez toi, tu ne cherches pas à cacher tes imperfections, tu n’évolues pas dans le même monde que la plupart d’entre nous et pourtant tu as entre tes mains, la seule chose que toutes les femmes ici (célibataire et mariée comprises) veulent : mon frère.
• Moi en souriant durement : Daba, tu sais que je t’adore, hein, mais ce soir, ta star de frère, eh bien il peut aller se faire foutre.
• Daba : aye Rabi…
• Moi : je vais rentrer à la maison, et s’il te plait, fait lui passer le message.
• Daba : wa kharale gnou andeu kone, tu sais qu’ici ce n’est pas facile d’avoir un taxi
• Moi : ne t’inquiète pas pour moi, je suis une grande fille. Edouard me trouvera un chauffeur pour me ramener.

Je tirais ma main qu’elle tenait encore et sortis tranquillement. En moins de cinq minutes, j’avais à ma disposition une voiture et un chauffeur et même si Edouard était intrigué par ma requête, il n’a pas posé de questions. A dix minutes de la maison, mon téléphone a commencé à sonner. C’était lui et je ne décrochais pas, ça a dû sonner une dizaine de fois d’affilé.
Le jeu venait réellement de commencer. Ce sera quitte ou double.

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7 commentaires on “MON MARI, MES DEFIS PART 5

  1. Oh mayadidi je vois que tu t’es bien reposée …Humm c’est trop bon, quel retour !!!impatiente de voir la suite, Mactar n’a qu’a bien se tenir 😘

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