dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

A bout de souffle- Tome 2 – Partie 15

17 min read

Fatima Sall SOW

Khalifa est rentré depuis deux semaines, je suis à cinq mois de grossesse et mon ventre commence à pousser. J’ai changé ma garde-robe pour des tenues beaucoup plus amples. J’ai pris aussi quelques kilos et Khadija n’arrête pas de me chahuter. Au final je lui ai dit que j’attendais leur petit frère et elle s’est chargée d’informer son Ahmad. Elle était bien sûr choquée mais après quelques secondes, elle s’est reprise et m’a dit qu’elle était contente d’avoir un petit frère même si elle aurait préféré une sœur. J’en étais que soulagée, j’avais peur qu’ils le prennent mal…

Mon mari est toujours dans ses délires. Il veut que j’aille habiter dans sa maison à Mbao mais je refuse toujours. Il a menacé de ne plus poser ses pieds chez moi et je lui ai dit que c’est que nous allons voir. Je n’ai rien contre le fait d’aller vivre à Mbao mais mon lieu de travail se trouve à quelques pas de chez moi alors que si je vais chez lui je risque d’arriver en retard tous les jours et avec mon état je ne pense pas que je pourrai conduire un trajet aussi long en plus des embouteillages. Je sais qu’il persiste juste par orgueil mais il sait pertinemment que je ne vais pas me laisser faire. Il dit que tant que je serai chez moi, il n’a pas à m’imposer ses règles parce qu’il ne veut pas que des hommes viennent me voir. S’il croit que je vais me plier aussi facilement il se trompe. Wakh dji dafay beuri rek wayé Oustaz khamna ma !

Je n’ai jamais pensé qu’il pouvait être jaloux de qui que ce soit jusqu’à ce qu’Oumou me le confirme. Elle m’a dit que c’est son pire défaut. Il ne supporte pas qu’un autre homme regarde sa femme et même pour un petit compliment, il ne tolère pas. Je sais aussi qu’il a raison, je ne dois accueillir aucun homme quand il n’est pas là mais Khoureychi m’a pris au dépourvu et je ne pouvais pas le renvoyer puisque c’est mon cousin et le frère de mon défunt mari. Il persiste à dire qu’il n’est pas jaloux de Khoureychi mais il se trahit lui-même et j’adore le voir comme ça, fou de jalousie !

Je sors mon portable et décide de l’appeler, il est grognon ces derniers jours mais il prend toujours mes appels et je sais comment l’amadouer

– Chéri Fatima noumou fanané ? Tu as bien dormi ?  Sortis-je dès qu’il décroche

– Sante Ya’Allah bou werr Ma Shaa Allah et toi ? Je rends grâce à Allah !

– Super Seydi Sow ! Namenaala trop ! Tu me manques !

– Hum tu m’appelles à 07 heures du matin juste pour ça ? Grogna-t-il faussement énervé

– Ah j’ai passé la nuit à rêver de toi et j’ai voulu entendre ta voix avant d’aller au boulot ! Hum, tu vas bien ?

– Oui Fatima je vais bien !

– Papa nak bouma méré, deux semaines que tu fais la tête et tu sais avec mon état je suis très à fleur de peau yaw tamit arrête de torturer comme ça, dis-je d’une toute petite voix

– Tu as raison mais je veux que tu me respectes Fatima. Tu ne sais jamais comment parler ! Tu dis tout ce qui te passe par la tête sans penser aux conséquences. Tu ne me respectes pas et je veux que tu me respectes. Quand je te dis ma position par apport à une situation même si tu n’es pas d’accord tu peux te faire comprendre sans me manquer de respect ça ne me pousse qu’à être radicale sur ma position ! C’est la énième fois qu’on ait ce genre de discussion et comme d’habitude tu n’en fais toujours qu’à ta tête ! Je ne veux pas voir un homme chez toi ce n’est pas que je ne te fais pas confiance mais c’est irrespectueux ! Enfin bref, je suis sûr encore que c’est juste des paroles en l’air et comme toujours tu feras ce que bon te semble !

Waouh, il est vraiment fâché le gars. Je suis consciente des efforts qu’il fait pour me supporter mais j’aime jouer à la petite capricieuse avec lui tout en sachant qu’il cède à tout ce que je désire et  j’en profite…

– Tu as raison Imam mais tu me connais maintenant j’adore te défier et je n’y peux rien mais je vais prendre en compte ce que tu viens dire et je te promets de faire des efforts. Tu sais que je t’aime ?

– Hum baxna ! Je t’aime aussi mais attention je ne vais plus accepter tes écarts ! Menaça-t-il

– J’ai compris ! Mais dis-moi pour Mbao là s’il te plait laisse tomber cette idée. Je te promets que je ne laisserai plus un homme entrer dans ma maison mais vraiment je ne pourrais pas habiter plus loin que mon lieu de travail. Je t’en prie Ya Abbal Zahra (père de Zahra)

– D’accord mon amour ! Tu vois ce n’est pas difficile comme. Fatima lo beugeu ci mane amko, tu peux avoir tout ce que tu veux venant de moi mais dans le respect ! Allez, j’ai des choses à faire et toi tu dois aller au travail. On se parle ce soir In Shaa Allah

– D’accord mon amour c’est noté ! Des bisous à Oumou et aux enfants. Je t’aime

– Moi aussi !

Il raccroche et je souris, ouais, ce n’était pas si mal. Je prends une douche chaude et sors me préparer pour le boulot.

Une heure après j’étais déjà dans mon bureau avec une pile de dossier. Je sirote ma tasse de lait chaud tout en jetant un œil sur le dernier rapport de l’entreprise. Je reçois un message d’Omar qui me dit qu’il a un voyage à faire au Mali pour 3 jours pour que je prévienne Samira. Elle a bloqué tous les numéros de son mari et continue toujours de l’ignorer. Cela fait un mois qu’ils ne se parlent pas et Samira ne fais rien pour lui faciliter les choses… je compose son numéro et il décroche à la première sonnerie

– Mme Sow, dit-il

– M. Dramé alors comment tu vas ?

– Bien Alhamdoulillah ! Et Samira elle est bien arrivée ?

– Oui on s’est vus il y a 10 minutes. Et ce voyage ?

– Juste des affaires à régler et comme je ne peux pas joindre ta copine, tu pourrais lui passer la commission, expliqua-t-il calmement

– Tu aurais dû lui en parler hier et même si elle ne répond qu’elle sache au moins que tu ne seras pas là pendant trois jours.

– Tu as raison mais il faudrait que je le voie d’abord. Elle rentre tard et ne dors plus dans la chambre alors…

– Comment ça elle ne dort plus dans la chambre ? Tu ne m’avais pas parlé de ça Omar ?

– Oh Fatima si je te disais tout ce que me fait subir ta copine mais bon je suppose que je le mérite aussi. C’est moi qui ai commencé les hostilités

– Et même, ça ne lui donne en rien le droit de se comporter comme elle le fait avec toi ! Bon fait un bon voyage je m’occuperai de ta petite famille !

– In Shaa Allah partenaire et merci encore !

– Je t’en prie !

Je raccroche en me levant et me dirige vers le bureau de Samira. Je le trouve en plein boulot devant son ordinateur.

– Comme ça Mme fait chambre à part avec son mari ? Samira tu ne crois pas que tu exagères, si tu veux plus de ton mari c’est simple, tu n’as qu’à demander le divorce ! Sortis-je en prenant place devant elle

Et comme d’habitude encore elle ne commente pas et m’ignore comme si elle ne me voyait pas.

– Je te parle Samira ! Criai-je en fermant son ordi

– Fatima met-toi en dehors de ça ! C’est mon mari pas le tien alors abstiens-toi !

– Ok ! Je te jure que c’est la dernière fois que j’en parle ! Omar Dramé néna, il sera en voyage ! Lançai-je avec ironie avant de quitter le bureau

Omar a déconné c’est certain mais quand même je pense qu’elle s’est faite entendre cette fois alors pourquoi s’obstine-t-elle à l’ignorer comme ça ? Je ne la reconnais plus franchement…

Samira Dramé

Non, non je ne suis pas dure avec mon mari. Je veux juste qu’il ressente ce que j’ai ressenti quand il m’a lancé cette phrase que je n’arrive toujours pas à digérer. Monsieur se permet de me traiter de catin et une semaine après il vient comme si de rien était juste parce qu’il a envie de coucher avec sa ‘’catin’’ et que je dois laisser passer et lui ouvrir mes cuisses pour qu’il se soulage. Il m’a encore plus dégouté ce soir-là. Je lui ai carrément dit que je n’avais pas envie de lui parce que je n’arrivais pas à le pardonner.

Il s’est senti blessé, il ne s’attendait pas à ce que je lui refuse mon corps même si je suis consciente que c’est un péché mais je n’avais pas du tout envie de m’offrir à lui parce que j’étais certaine que je ne supporterai pas un contact avec son corps. Il m’avait blessé jusqu’au plus profond de moi…

Il continuait à s’excuser mais je restais de marbre. Je n’arrivais plus à le supporter. Et j’ai non seulement arrêter de cuisiner pour lui mais aussi je ne dormais plus dans la chambre avec lui. Je dormais dans la chambre d’à côté. Il a essayé de me l’interdire parce qu’il ne voulait pas que les enfants s’en rendent compte mais je lui ai aussi fait savoir que j’en avais rien à faire mais je me faisais discrète aussi. Je voulais pas que les enfants sachent qu’on faisait chambre à part même si Ahmad se doutait que ça n’allait pas.

– Je ne veux pas que tu me manques de respect dans ma propre maison alors je te demande de bien vouloir revenir dans notre chambre ! Avait-il dit calmement

– Et toi tu peux me manquer respect sans remord ? Omar ma mom sama bop et je passe la nuit où je veux c’est clair ?

– Ah oui ? Samira je ne badine pas !

– Oh mayma sama diam !

Ahmad m’a trouvé un jour dans le salon et il m’a demandé pourquoi je ne parlais plus à papa. Je lui avais répondu d’aller poser la question à son père et il m’a dit froidement que c’est moi qui refusais de lui parler et je l’ai bien remballé ce soir-là, lui interdisant formellement de mettre son nez là où il ne fallait. Il me tire la tête depuis ce jour-là et reste le plus souvent dans sa chambre…

Omar avait évidemment perdu quelques kilos. Tout ce qui entrait dans son ventre c’est moi qui le cuisinais et depuis que j’ai arrêté de le faire, je ne m’occupe pas de comment il fait pour manger. Dama xam sama goor. Il ne peut rester une semaine sans me toucher quand il n’est pas en voyage et même quand je vois mes règles mais je m’occupe bien de son mini pour qu’il se calme pendant ces 6 jours. Je suis sûre qu’il est en train de mourir à petit feu en ce moment, ça lui apprendra à ouvrir ça bouche pour sortir des insanités.

Fatima aussi s’en mêle mais cette fois je n’ai pas besoin de ses conseils. Ce n’est pas elle qu’on a insulté mais moi et je n’ai pas besoin de son avis sur comment gérer mon ménage cette fois. Je veux qu’Omar mette bien dans son crâne que je ne suis pas sa copine mais sa femme et qu’il a l’obligation de me respecter. Il me connait très bien je pense… il a déjà eu une aperçu de ce que je suis capable de faire. Je ne suis pas sadique mais je ne me laisse pas faire pour autant. Bala mako ball dina ko wekh khatt ! Il va en baver avant que je décide de le pardonner…

Il est en voyage depuis quatre jours et je n’ai pas demandé quand est-ce qu’il allait rentrer parce que tout simplement je n’ai pas envie de savoir. Je me fais une soirée film dans ma chambre, j’en profite parce que mon lit me manquait trop… des minutes après je reçois un appel de Aicha sur FaceTime…

– Maman ? Dit-elle l’air angoissé

– Ma chérie que se passe-t-il ?

– Man on n’arrive pas à joindre papa… tu sais si… Ahmad a dit…

– Comment ça vous n’arrivez pas à joindre papa ? Il est en voyage non ?

– Maman papa devait atterrir hier nuit mais Ahmad dit qu’il n’arrive pas là joindre depuis hier…

Mon cœur rate un battement j’essaie de me lever du lit mais mes jambes me lâchent. C’est à ce moment qu’Ahmad ouvre la porte de la chambre

– Tu es là assise tranquillement alors qu’on ne parvient pas à joindre papa ! Cria-t-il les yeux rouges

– Ton père est en voyage si vous n’arrivez pas à le joindre c’est qu’il doit être occupé c’est tout, tentai-je la voix tremblante  

– Maman je viens de raccrocher avec tonton Abdallah, il ne veut pas me parler et je suis sûr qu’il est arrivé quelques choses à papa. On s’est parlé une heure avant son vol, s’il ne répond plus c’est parce qu’il lui est arrivé quelque chose !!! Cria-t-il encore

– Tu mens ! Il n’est rien arrivé à ton père ! M’entendis-je crier pendant que mes larmes inondent mes joues

Je prends mon téléphone et compose le numéro de Abdallah mais il ne prend pas. Je tente Fatima elle aussi ne prend pas. Il doit arriver quelques choses… je mets une robe vite fait et porte mes chaussons. Je ne sais pas comment j’ai fait pour arriver chez Fatima saine et sauve. Je sonne plusieurs minutes mais rien, je comprends qu’elle n’était pas là puisqu’effectivement il n’y avait pas sa voiture. Je retourne chez moi toute déboussolée. Aicha rappelle encore mais je n’avais aucune réponse positive. J’essaie de me calmer mais en vain. Peut-être nous nous faisons du souci pour rien.

Abdallah m’appelle vers les coups de 23 heures et c’est en tremblant que je décroche

– Samira…

– Où est Omar, Abdallah ?

– Samira je suis désolé mais je ne sais pas. Je suis à Bamako mais aucune nouvelle d’Omar. La police est en train de faire des recherches…

– Tu as intérêt à me ramener mon mari sain et sauf est-ce que tu m’entends Abdallah ? Dis-je avant de raccrocher ne voulant pas en entendre plus

Le lendemain encore aucune nouvelle. J’étais couché sur le sol la tête complétement ailleurs, je ne savais plus où j’étais. Que vient faire la police dans cette affaire ? Où est mon Amir ? Oh mon Dieu ramenez-moi mon mari et je vous jure que je m’occuperai bien de lui… mes enfants ne peuvent pas grandir sans leur père et je ne pourrais pas vivre sans mon mari. Je vous en supplie, Ya Allah ramenez-moi mon mari. Je le respecterai et lui pardonnerai…

Je pleurai en roulant sur les carreaux… les domestiques étaient là en train de me regarder et je déverse ma frustration sur elles

– Qu’est-ce qu’il y a ? Vous n’avez pas d’autre chose que de me regarder ? Foutez le camp d’ici ! Hurlai-je un animal blessé

– Yaw Samira lanela do nekk nit ? Tu ne peux pas te calmer ?

J’entends la voix de Fatima. Mes yeux étaient remplis de larmes ce qui m’empêchait de voir clairement…

– Toudeul Ya’Allah rek ! Loue Allah !

– Fatima je veux voir mon mari. Où est-il ?

– A deux mètres de toi, ndeysane c’est l’émotion ! Dit-elle en se contenant difficilement

– Mais ?

Je m’essuie les larmes et me tourne. Et effectivement mon mari était là en train de sourire comme un con, Ahmad derrière semblant ne pas y croire

– Mais papa tu étais où ? On était mort d’inquiétude !!! Dit-il encore sous le choc

– J’ai eu une altercation assez houleuse avec mon représentant et ça s’est fini au commissariat où j’ai été retenu ces deux jours ! Expliqua-t-il calmement

– Que s’est-il passé ?

– Non seulement il signait des contrats frauduleux en plus, il ne payait pas les employés. J’ai tenté de régler l’affaire à l’amiable comme c’est un cousin mais ce crétin s’est permis de m’insulter devant les employés avant de me lancer son poing. Je l’ai bien bastonné avant de le virer mais il a été trop rapide en allant déposer une plainte au commissariat et c’est comme ça que je me suis retrouvé là-bas. Je ne pouvais pas vous joindre parce que je n’avais droit à un seul appel et j’ai appelé Abdallah pour qu’il s’en occupe. Il a appelé Fatima pour ne pas vous inquiéter et elle s’est chargée de prévenir Aziz qui a tout réglé maintenant c’est lui qui se trouve derrière les barreaux pour escroquerie…

– En tout cas je suis heureux de te revoir et maman aussi. N’est-ce pas maman ? Lança encore Ahmad

Je lui lance un regard dédaigneux. Je suis soulagée de le retrouver mais je ne voulais pas montrer ce que je ressens en ce moment…

– Bon bah comme tout est dans la boite et bien enregistré. Je rentre chez moi et en rire toute seule pendant toute la nuit demain je la partagerai avec les filles sur le groupe WhatsApp ! Bonne nuit Samira, lança-t-elle morte de rire

– Qu’est-ce que tu as enregistré Fatima ? Demandai-je ne me tournant vers elle

– Toi, en larmes !

– Oses le partager rek, je te jure que je ne te parlerai plus jamais !  Makk bou niakk fayda rek la bagne ! Sortis-je ne ramassant mon portable

– Oh mère todj nga fi yi khétou dioye ! Tu as cassé la maison avec tes pleurs ! S’exclama Ahmad derrière son père

– Si jamais je t’attrape tu sauras que c’est moi qui t’ai mise au monde pas le contraire ! Rew ba dof !

– Samira laisse-moi t’expliquer, tenta mon mari

– Damala ladioul ! Je ne t’ai rien demandé !

J’entre dans ma chambre et m’enferme à double tour. Je compose le numéro de Fatima et elle décroche après quelques sonneries

– Wa ki dou chérie Omar ?

– Ecoute-moi très bien Fatima et je suis loin de blaguer. Si tu divulgues cette vidéo, je ne te parlerai plus jamais !

– C’est tout ma chérie ? Répondit-elle tout d’un coup sérieuse

– Je ne blague pas Fatima Sall !

– Va parler à ton mari ! Tu es puérile Sami ! Bonne nuit !

Elle raccroche sans prendre en compte mes menaces. Fatiguée, je pars prendre une douche et je dois avouer que je suis soulagée même si je ne digère pas cette blague de très mauvais goût…

Seydina Omar Dramé

Je n’ai jamais pensé de toute ma vie que je passerai une nuit dans un commissariat. Comme quoi, la vie nous réserve pleine de surprise. Je ne regrette pas d’avoir cassé la gueule de cet enfoiré, il m’a manqué de respect devant mes employés en plus il m’a volé beaucoup de millions. Ismaïla dirige mes affaires à Bamako depuis 6 ans et jamais je n’ai pensé qu’il était malhonnête. Tout se passait bien jusqu’à ce que je découvre que les affaires ne marchaient plus de son côté alors j’ai délégué Abdallah qu’il aille voir ce qui se passe et à son retour il me dit que le gars n’était pas nette alors pour vérifier je suis venu moi-même puisque c’était un cousin et en même temps un ami de Cheikh. Le gars se faisait tranquillement fortune derrière mon dos et se permettait même de signer des contrats frauduleux mettant en jeu la réputation de mon entreprise. J’ai voulu régler les choses à l’amiable en le renvoyant à Dakar bien sûr mais il a voulu jouer aux grandes gueules. Je l’ai sévèrement tabassé avant qu’il n’aille porté plainte après avoir trouvé un certificat médical. Il a fallu prouver qu’il faisait des affaires louches avant qu’on ne me libère avec l’aide de mon avocat Aziz Ndiaye.

Je savais que ma famille allait s’inquiéter alors je me suis directement dirigé chez moi quand nous savons atterri Aziz, Abdallah et moi. J’étais choqué quand j’ai vu ma femme qui se roulait par terre comme si on lui avait annoncé une mauvaise nouvelle

– Tu doutais des sentiments de ta femme ? Plus maintenant je pense, dit-elle avec un clin d’œil en train de filmer ma femme

C’était comique mais j’avais en même temps de la peine pour elle. Je pensais qu’après ce que je lui ai dit elle ne voulait plus de moi dans sa vie mais là j’ai compris qu’elle tenait encore à moi.

– Après ça, elle va baisser les armes nak ! Reprit-elle

– C’est que tu ne la connais pas bien ta copine !

– Au moins on sait qu’elle fait semblant de te détester…

– Je te dis regarde bien, elle va péter un câble dans une minute ! Tout ça va se retourner contre moi !

Et bingo ! Mme me tire toujours la tronche aujourd’hui une semaine depuis mon retour elle refuse toujours de me parler et je n’en ai plus que marre. Je la trouve dans la cuisine en train de ranger les courses. Je la soulève et l’amène de force dans notre chambre. Elle criait que je la laisse mais je fais fi de ses menaces et la dépose sans ménagement dans le lit

– Guiss nga sa rakhass mi ngi beugeu feukheu ndap ! Tu en fais trop ! Plus d’un mois que tu ne me parles pas, tu fais ce que bon te semble sans te soucier de moi ? On t’a dit que j’avais peur de toi ? Criai-je hors de moi

– Tu ne me cries pas dessous la wakh ! Je fais ce que je veux et comme je le veux !!! Matay !

– Nakh nga sa bopou nak ! Tu es encore chez moi je te signale ! Tu me manques de respect devant mes enfants et mes employés et tu crois que je vais te laisser faire ! D’accord j’ai dit des choses que je n’aurais pas dû te dire mais je me suis excusé des biens de façon mais tu me prends pour ta marionnette. C’est fini tout ça !

– Ah oui ? Et qu’est-ce que tu vas faire ? Danga may fassé ? Sodé goor fassé ma ! Si tu es un homme répudie-moi

– Je ne vais pas te répudié si c’est ce que tu cherches ! La maison est là et elle est assez grande pour nous deux. Tu peux continuer à faire comme si je n’existais pas et quand tu en auras assez tu sais où me trouver !

Je sors et la laisse dans la chambre. Je ne sais même plus quoi faire avec elle…

 

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