mar. Sep 22nd, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Partie 24

20 min read

Cheikh Tidiane Bathily

Cela fait deux semaines que Madina ne me calcule pas. Elle me donne à manger, à boire, elle sort toujours les habits que je porte au travail et lave toujours mes sous-vêtement mais elle ne se limite qu’à ça. Elle dort dans la chambre d’amis, elle me répond à demi-mots quand je lui parle.

J’ai essayé de me faire pardonner, je lui ai demandé pardon, je lui ai offert des boucles d’oreilles en diamant mais elle ne les a pas acceptées. Je lui ai changé sa voiture pour une Audi qu’elle rêvait de conduire mais elle prend maintenant un taxi pour aller au travail. On dirait qu’elle ne veut plus rien venant de moi.

J’aurai préféré qu’elle hurle dessus ou qu’elle me bat comme je le mérite au lien de m’ignorer comme ça. Je ne sais plus comment faire avec elle. J’ai merdé je le reconnais et je ne sais même pas ce qui m’a pris, quand Halima s’est présentée à mon bureau avec cette tenue, elle m’a rappelée ces moments qu’on a passé ensemble. Elle a toujours été ma préférée parmi mes nombreuses maîtresses. Elle est discrète et très posée. Je ne sais pas pourquoi j’ai accepté sa proposition ?

Elle était mariée à un milliardaire juste après mon mariage avec Madina et après je n’ai plus eu de ses nouvelles mais quand elle m’a contactée pour me dire qu’elle avait besoin de moi, j’ai cru qu’elle voulait de l’argent mais à ma grande surprise, elle me dit qu’elle a quitté son mari parce qu’elle ne l’aimait pas et que c’est moi qu’elle aimait. Au début j’ai tout fait pour ne pas tomber dans son piège mais elle fait partie des rares femmes qui ne me laisse pas indifférent, je ne l’aime pas mais elle m’attire, je ne peux pas lui résister et je ne sais pas pourquoi !

Madina vient de rejoindre le salon, le ventre légèrement arrondie. Elle porte un débardeur et un pantalon ample. Elle me salue sans intérêt avant de rejoindre la cuisine, Kiné derrière elle avec sa poupée.

Je la regarde poser sur la table mon petit déjeuner avant d’aller s’assoir de l’autre côté avec Kiné sans m’accorder un regard de plus. Kiné jouait avec les cheveux de sa mère comme si elle avait senti que ça n’allait pas entre nous. Je m’en veux, mais énormément,  je sais qu’elle souffre même si elle s’efforce de prouver le contraire. Je l’entends parfois pleurer dans sa chambre quand Kiné dort mais dès que j’approche, elle se précipite pour ferme la porte à clé. Je sais que ce n’est pas bon avec son état, je suis un mari con je l’admets. Je devrai appeler Salma qu’elle parle avec elle, je sais d’avance que ça ne sera pas facile mais je peux quand même essayer

Je prends mon téléphone et me lève pour aller à la terrasse avant de composer le numéro de Salma, elle décroche à la quatrième sonnerie

– Cheikh !

– Oui Salma comment tu vas ?

– Super ! Mais toi on ne dirait pas, qu’est-ce que c’est cette petite voix ?

– Oui, je ne sais pas comment en parler ?

– Qu’est-ce que tu as fait Cheikh ? Dit-elle d’une voix menaçante

– Je… en fait Madina m’a surpris en train de diner avec une fille et depuis elle ne me parle pas, elle passe tout son temps à pleurer et tu sais que ce n’est pas bon dans son état, expliquai-je honteux

– C’est qui cette fille ?

– Personne !

– Cheikh tu mens ! Que faisais-tu avec cette fille et pourquoi Madina t’a surpris avec elle ?

– Je ne sais pas, je crois qu’elle a lu nos messages que j’envoyais à Halima…

– Ah parce que tu vois encore cette Halima ?

– Non, c’était juste un moment de faiblesse. Tu sais avec Sa grossesse Madina est dans des humeurs incompréhensibles et j’avoue que j’ai été assez con pour chercher du réconfort ailleurs…

– Tu n’es pas seulement con mais tu es aussi un irresponsable !!! Tu as mis enceinte ta femme et tu te permets de dire que je suis allé chercher du réconfort à cause de ses humeurs ? Mais tu es vraiment mauvais Cheikh ! Tu ne changeras jamais ?

– Je m’en veux Salma mais toi tu sais que je ne te mens jamais. Je n’ai pas eu de relation avec elle, on est juste des amis même… voilà, je veux que tu parles avec elle, je t’en supplie ?

– Cheikh ne compte pas sur moi, j’ai d’autres chats à fouetter comme né nga do changer, je ne vais pas me fatiguer à te défendre auprès de ta femme parce que tout simplement, tu ne le mérites pas !!! Cria-t-elle avant de raccrocher

Je siffle de colère avant de cogner le pot de fleur avec mon pied en me faisant super mal. Je n’ai plus qu’une seule option Tamara, je vais essayer avec elle

Je compose son numéro et elle décroche quelques secondes après

– Bonjour Mme Diop ? Saluai-je

– Cheikh Bathily comment tu vas ? Dit-elle enthousiaste

– Je vais bien et toi, comment va mon pote ?

– Il va bien Alhamdoulillah et ma petite protégée ?

– Je voulais te parler d’elle…

– Mba diam ? Qu’est-ce qui lui arrive ? Demanda-t-elle l’air affolé

– Elle va bien ne t’inquiète pas. En fait on s’est disputés cela fait deux semaines et elle refuse de me parler. Je te demande de parler avec elle, j’ai merdé grave et je le reconnais mais je ne veux pas que mes bêtises aient des répercussions sur sa santé. Je t’en prie Tamara parle avec elle, elle est en train de me tuer à petit feu et je ne peux plus supporter son ignorance, expliquai-je sincère

– Bon je vais essayer de parler avec elle Cheikh mais si vraiment tu as fauté laisse lui le temps de digérer d’accord ?

– Mais deux semaines c’est trop Tamara !

– Kone déh linga def reuye na Cheikh ! D’accord je passerai la voir ce soir Incha’Allah

– Je compte vraiment sur toi pour lui demander de baisser les barrières, merci Tamara

Je raccroche et rejoins le salon, je trouve Madina couchée sur le canapé la tête dans le vide. J’avais mal pour elle mais comment lui dire ?

Madina Laliyah Bathily

J’ai beau joué à Zeyna la guerrière mais j’ai vraiment mal, plus les jours passent plus je m’engouffre dans ma solitude. J’ai choisi le silence pour ne pas qu’on me demande encore d’endurer ce que je ne vais pas accepter de faire. Ce qui me retient ici c’est cette grossesse et je partirai après mon accouchement. Je ne compte pas rester une minute avec cet homme, un homme qui ne peut pas se tenir tranquille ! Je ne vais pas accepter d’être la marionnette de personne, je ne vais pas accepter et subir en silence. Je suis encore jeune et j’ai des enfants à élever ce n’est un imbécile du genre de mon mari qui va me retarder !

Je douche Kiné avant même de lui faire porter ses habits elle s’était déjà endormie. Je prends moi aussi ma douche avant de sortir de la chambre pour voir ce que je peux préparer pour le déjeuner. La bonne n’est pas venue alors je suis obligée de préparer. Je sors du poisson séché et du poisson fumé pour un « Thiébou Guedj » à la Saint Louisienne avec beaucoup de niébé j’en raffole !

Je finis le déjeuner et sert mon mari qui mange tout, il a même failli essuyer son plat, aucune retenue ce type !

Le soir vers 17 heures je reçois la visite de Tamara et la façon dont elle m’a regardé j’ai su qu’elle est venue pour quelque chose. Quelques minutes après Cheikh prétexte une visite chez sa mère

– Comment tu vas ma chérie, tu as beaucoup maigrie tu ne manges pas ? Questionna-t-elle inquiète

– Je mange bien-sûr, juste la fatigue et le stress sinon je vais bien ne t’inquiète pas et tonton Rahim comment il va ? Dis-je pour changer de sujet

– Il va bien Alhamdoulillah mais ne change pas de sujet ma chérie, qu’est-ce que tu as ? Tu sais que tu peux me faire confiance ?

– Je sais que c’est Cheikh qui t’a demandé de venir mais ne t’inquiète pas je vais régler cette affaire moi-même !

– Mais je vais m’inquiéter si tu ne m’expliques pas ma chérie. Je ne veux pas que tu fasses une bêtise. Dis-moi ce qui se passe entre vous parce que Cheikh a fait son mea culpa, il dit qu’il a merdé et que tu ne le calcules pas depuis lou xew ?

– Vous connaissez Cheikh et son défaut ! C’est ma grossesse qui me retient dans cette maison, je ne vais pas rester là à souffrir pour un énergumène de son genre…

– C’est ton mari Madina, un peu de respect aussi, sermonna-t-elle haussant un peu le ton

– Quel mari ? Un mari qui laisse sa femme enceinte et malade pour aller retrouver une pute dehors est-il un mari qu’on doit respecter ? Dois-je me taire parce que monsieur est plein aux as et qu’il peut tout se permettre ?! Non Tamara je ne vais pas accepter d’être la merde de Cheikh ! Je ne veux pas de lui comme père de mes enfants ni comme mari ! M’emportai-je

– Il t’a trompé ?

– Oui, il ne te l’a pas dit ?

– Non, si c’est ça alors, qu’il s’estime heureux que tu sois toujours dans sa maison ! Je t’en supplie chérie ne te morfonds pas, penses à ton bébé à Kiné. Ne te renfermes pas sur toi, si tu as envie de sortir ou de prendre l’air ne te retiens ou tu m’appelles, ça me ferait plaisir de t’accompagner, dit-elle en prenant la main

– Tu es ma maman de cœur Tamara, toi et Salma vous m’avez adoptée dès les premiers instants alors et vous avez toujours été là pour moi. Je crois que sortir me ferait beaucoup de bien en ce moment. Attend je vais me préparer et préparer aussi Kiné on va aller voir Salma, proposai-je en me levant

– Très bonne idée ma chérie

Nous retrouvons chez Salma trente minutes après, elle était avec tonton Rachid dans le salon avant qu’il nous laisse discuter entre femme. Salma était en petite tenue, c’est la première fois que je la voie dans une toute petite robe qui lui arrivait juste après les fesses et Tamara n’arrêtait pas de la taquiner

– Oh Tamara tu fais pire chez toi alors laisse-moi, se défendit-elle avant de se tourner vers moi. Cheikh m’a appelé ce matin pour que je te parle mais je lui ai dit que je ne vais pas m’en mêler. Ne te laisse pas faire, il ne veut pas changer c’est son problème, toi occupe-toi de ta grossesse et après tu fais ton choix, conseilla-t-elle

– C’est ce que je compte faire !

– Voilà ! Alors Tamara lou bon ?

– Rien de spécial, je dois aller aux Etats-Unis voir mes parents mais c’est juste pour une semaine

– Et tu vas laisser Rahim seul ici ?

– Oui il ne peut pas venir avec l’entreprise.

– Ok je vais en profiter pour lui trouver une bonne femme pour s’occuper de lui, blagua Salma

– Toi avec le cirque que tu as fait quand Khalifa a épousé Fatima, c’est toi qui parle de deuxième femme ici ?

– Laisse Fatima maintenant c’est ma best, avoua-t-elle en riant

– Bilaye yaye saytané Salma ! Comment tu es devenue amie avec elle après tout ce que tu lui as fait ?

– On s’est parlé et on s’est compris ! Appuya-t-elle

– Ah oui et comment elle vit le ménage à trois ?

– Bien hein, en fait je crois ! J’ai entendu Khalifa dire à Rachid que pour la première depuis 20 ans il a raté la prière de Fajr alors imagine la nuit qu’il a passé ! Fatima est grave je ne sais pas ce qu’il a fait à mon Oustaz pour qu’il soit aussi fou d’elle, sortit Salma en riant

– Linga def Rachid rek lako def weuuuuuh mayniou diam dal, fit Tamara

Moi je l’ai regardé la tête ailleurs, je ne peux pas m’empêcher de les envier. Elles sont des maris corrects, qui ne couchent pas de gauche à droite et moi Dieu a fait que je tombe sur un adultère, un menteur, un sans cœur, un homme qui n’a aucune retenue ! Je me sens mal, je me sens salie et vide…

 – Eh ma petite sourit, la vie ne s’arrête pas qu’à Cheikh. Regarde comme Kiné est calme, elle sent ton humeur ainsi que le bout de chou qui est dans ton ventre. Alors relève la tête, dit Salma

– J’essaie mais ça fait mal, je l’aime malgré tout et je me dis que ç’aurait était plus simple si je n’avais pas accepté de rester dans ce mariage ! Finis-je par sortir dégoûtée

– Et c’est nous qui t’avons poussé à rester… je suis désolée que tu aies à subir ça à cause de nous mais ne regrette pas ma chérie parce que tu as eu dans cette union un des plus beaux cadeaux que l’on peut avoir, un enfant, tu as Kiné qui reste ta plus grande fierté mais aussi le bébé qui est là dans ton ventre. Ne regrette rien ma chérie, sortit Salma émue

– Je sais et tu as parfaitement raison Salma mais je l’aime, je l’aime…

Je sanglote et laisse sortir mon chagrin. Je sens les petites mains de ma fille sur ma tête, je sens quelqu’un me caresser le dos. Je ne sais plus où je suis, je crois que le mieux serait de quitter l’appartement même si je ne pars pas chez ma mère, je peux me trouver un appartement et y vivre avec ma fille… je ne veux plus ressentir cette douleur !

J’essuie mes larmes avant de lever la tête, je trouve Cheikh devant moi, alors c’est lui qui me caresser le dos ? Je le regarde méchamment, je ne voulais pas qu’il me voie comme ça, aussi faible. Je me lève et prends ma fille avant de demander à Tamara de me déposer chez moi

– Non Tamara rentre chez toi, je peux le faire !

Je ne l’écoute pas, je sors en courant presque te je prends le premier taxi que je voie. Une fois à la maison je prends un bain avant de sortir pour réchauffer le diner que j’avais préparé en même temps que le déjeuner. Je fais de la purée et maison pour ma petite avant de servir Cheikh puis je m’enferme dans la chambre pour manger avec ma fille

Quand je sors pour laver les plats, je vois Cheikh assis la tête entre ses mains, je fais comme si je ne l’avais pas vu et entre dans la cuisine

– Je suis désolé de te faire subir tout ça Madina, tu as raison sur toute la ligne et je pense que ça serait mieux si je te libère après l’accouchement. Je t’aime même si c’est difficile pour toi de me croire mais je t’aime. Je ne mérite pas tes larmes et je m’en veux de te faire souffrir surtout que tu es enceinte de mon enfant. Balma akh Madina, discourra-t-il avant de sortir de la cuisine

J’essuie mes larmes avant de continuer à laver les vaisselles. Ca fait vachement mal mais je crois que c’est mieux aussi

Deux jours après je me décide d’aller à la boutique pour changer d’air. Je dépose Kiné chez sa mamie et retrouve Bigué la gérante en train de conseiller un client. Elle revient quelques minutes après et me fais un petit compte rendu de ce qu’elle a fait depuis ce matin. De chez moi je pouvais superviser tout son travail avec mon portable donc je suis à jour sur tout ce qui se passe dans la boutique.

– Tu sais le milliardaire là Habib, il est passé encore mais il ne fait que demander de tes nouvelles, je lui ai dit que tu es mariée mais il ne veut rien entendre, sortit-elle

– Il est fou ce mec !

– Je ne te le fais pas dire en tout la dernière fois il a laissé ses fleurs là-bas, il a dit que c’est pour une personne spéciale comme toi, dit-elle désignant les fleurs qui sont de l’autre côté de la boutique

– Tu aurais dû les jeter, il a de la chance s’il m’avait trouvé ici, il n’osera plus se présenter devant cette boutique !

– C’est ce que je lui ai dit mais on dirait qu’il s’en fiche. En tout cas il est très beau

– Naka nopal ! Bon sers-moi un verre de jus de bouye s’il te plaît j’ai des vertiges, dis-je en prenant place dans mon bureau à la caisse

Elle m’apporte le verre rempli de jus de Bouye avant de me laisser seule. Je ne sais pas ce qui sait passer mais je me suis réveillée la tête sur la table et qui me faisait un mal de chien. Je ne me souviens pas quand est-ce je me suis assoupie ? Peut-être que j’étais beaucoup trop fatiguée pour m’en souvenir

J’appelle Bigué qui me dit qu’elle m’a trouvé en train de dormir et qu’elle ne voulait pas me déranger. Je lui dis que je rentre parce que je ne supportais plus le mal de tête, je laisse ma voiture et prends un taxi pour rentrer c’était beaucoup plus sûr.

Une fois à la maison je prends un calmant avant de m’allonger, je ne sais vraiment pas ce qui m’a fait dormir dans le bureau. Quelques minutes, après mon mal de tête se dissipe peu à peu et je m’endors facilement…

Le soir je pars prendre ma voiture devant la boutique avant d’aller chez ma belle-mère prendre Kiné. J’y trouve Cheikh couché sur le tapis la tête sur les cuisses de sa mère, elle lui parlait à voix basse en lui caressant la tête. Ses yeux étaient rouges signe qu’il a pleuré…

– Bonsoir Maman, saluai-je avant de prendre place

– Madina comment tu vas ? Kiné est en train de jouer avec la nounou dans la chambre, tu es en retard aujourd’hui ?

– Oui, je suis passée à la maison pour me reposer. J’avais mal à la tête mais ça va maintenant

– Alhamdoulillah, j’espère que tu prends tes médicaments et que tu te reposes. Je ne sais pas pourquoi tu t’entêtes à garder Kiné je t’ai dit que je peux m’occuper d’elle, ça ne me dérange pas du tout, dit-elle

– Je sais maman mais elle me tient compagnie, je me sens seule quand elle n’est pas à la maison. Mais ne t’inquiète, elle passera le week-end avec toi parce que je compte aller à Saint-Louis voir la famille

– Hors de question !!! Cria Cheikh en se levant

– Je ne t’ai pas demandé ton avis !!! Rétorquai-je en me levant aussi

– Je suis encore ton mari que tu le veuilles ou non et tu portes mon enfant ! Si tu es assez irresponsable pour prendre le risque de faire un long voyage dans ton état c’est ton problème mais moi je ne vais pas te laisser partir !

– Tchim yaw amo sakh diom, tu parles de responsabilité alors que tu n’es même pas capable de tenir tranquillement ton pantalon ! L’irresponsable ici c’est toi et Cheikh tu n’es plus mon mari mets ça dans ta tête !

– Okay je te l’accorde mais tu ne vas pas quitter Dakar !!!

– Madina Cheikh a raison, tu ne peux pas voyager dans ton état, yaye boye tu ne t’es pas regardée khana ?

– Maman…

– Je sais que tu ne vas pas bien en ce moment mais ne fais pas ce voyage. Si tu as envie de changer d’air, fais une réservation dans l’hôtel de ton choix et repose-toi d’accord ?

– D’accord maman, je vais prendre Kiné et rentrer. A demain Incha’Allah

Je rentre chez moi avec moi, je ne sais pas pourquoi mais j’ai un très mauvais pressentiment. Mon cœur n’arrête pas de rater de battement, je ne sais pas ce qui m’arrive mais ça n’augure rien de bon

Le lendemain Cheikh avait été appelé en urgence chez sa mère et Madina était encore à la boutique. Elle n’a pas dormi de la nuit, son mal-être à persister toute la nuit. Elle ne faisait que s’étirer et bailler à la boutique. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivé.

Vers 15 heures, elle reçoit un appel de Salma qui demandait de la rejoindre chez sa belle-mère, elle était très froide ce qui a étonné Madina, elle lui demande si tout va bien mais Salma la raccroche au nez sans qu’elle ne s’y attende et là elle eut la confirmation, il se passe quelque chose, c’est clair.

Elle entre dans la maison les jambes en coton, elle trouve toute la famille réunie. Rachid tenait fermement le bras de Chamsédine le frère de Cheikh, il se débattait mais Rachid ne le lâchait pas

– Madina ya tass sama keur ? Dit maman Kiné en pleurant

– Qu’est-ce que j’ai fait ? Demanda Madina la voix tremblante

– J’ai réussi à garder ce secret pendant 13 ans mais il a fallu que tu le saches pour me vilipender devant ma famille Madina. Je croyais que tu étais ma moitié et que je pouvais tout te dire sans risque mais pour te venger de moi tu as divulgué ce secret et maintenant qu’est-ce que tu y gagnes ? Dit un Cheikh abattu

– Divulguer quoi ?!

– Menteuse ! Tu as envoyé un message à mon mari pour lui dire que c’est Cheikh le père de Michaël, expliqua Kya la femme de Chams

– Mais quel message ? Je n’ai jamais parlé de ça à personne Cheikh, je le jure, insista Madina perdue  

– Moi aussi j’ai reçu le message, dit Salma en regardant Madina

– Je ne sais pas de quoi vous parlez, je ne te ferai jamais une chose pareilles Cheikh même si on a des problèmes je ne me serai jamais vengé de cette façon !

– Tu mens, hurla Chams. Tu mens Madina tu m’as envoyé un message avant-hier alors qu’on jamais eu de relation, on ne sait jamais parler à part la fois où on s’est rencontré dans cette maison

Madina était perdue, elle sentait une vive douleur au niveau de son bas ventre mais celui de son cœur était beaucoup plus intense

– Tu as couché avec ma femme Cheikh, je ne te le pardonnerai jamais, tu m’entends ? Je ne te le pardonnerai jamais !!! Cria Chams en voulant se dégager des mains de Rachid

Il réussit tant bien que mal à s’échapper et envoie son poing sur le visage de Cheikh qui était déjà légèrement amoché

– Tu ne pouvais être autrement ! Le sang ne ment pas !

Il hurlait en lui renvoyant son poing après chaque phrase avant que Rachid ne le tire de nouveau. Maman Kiné pleurait en se tenant la tête

– Je vais te dire ce que tout le monde te cache pauvre imbécile !

– Chams, cria maman Kiné en se levant

– Laisse-moi lui dire ce que tout le monde lui cache !!! Tu n’es pas de notre famille, tu n’es pas un Bathily !! Ton père est un pervers comme toi qui a violé Manthita à ses 13 ans et tu es le fruit de cet acte ignoble !!! Ton père était le chauffeur de papa et tu es le fils de celle que tu crois être ta grande sœur, tu n’es que le résultat d’un acte aussi lâche c’est pour cela que tu es un être aussi méprisable !!! Laissa-t-il sortir nous laissant choquer

– Ay Chams, dit maman Amy pendant que maman Kiné roule par terre en pleurant

– Ce n’est pas vrai, yaye wakhal ! Hurla Cheikh à sa mère. Parle maman, c’est toi ma mère je suis sortie de tes entrailles tu me l’as dit des milliers de fois, tu m’as dit que je suis ton fils, le plus terrible de tes enfants mais que tu m’aimes plus que les autres. Yaye yama diour ci sa biir ba yako wakh, ngir Ya’Allah wakhma, dit Cheikh en pleurant. Maman Amy wakhal ! Parle, hurla-t-il encore

Elle ne répond pas, elle se cache avec son foulard pour pleurer, Salma aussi pleurait. Madina sentait qu’elle était en train de perdre du sang mais elle ne pouvait pas bouger. Elle regardait son mari sangloter assis sur les carreaux implorant sa mère de lui dire la vérité mais cette dernière continuait de se rouler par terre en pleurant…

– Je m’en vais, je m’en vais ! Je pars Kiné et plus jamais tu ne reverras de ta vie. Madina je ne t’aurai jamais cru capable de faire ça, je te laisse avec Kiné et cet enfant dans ton ventre et quand ils seront grands dit leurs que tu as trahi leur père c’est pour cela que je suis parti. Si tu n’avais pas parlé je continuerai à être le fils de Kiné Traoré et de Souleymane Bathily !!! Il dit la dernière phrase avant de sortir de la maison

– Suis-le Rachid, il serait capable de faire une bêtise, hurla maman Amy

Maman Kiné se lève et donne une sacrée gifle à son fils ainé avant de se tourner vers Madina

– Sors de ma maison et n’y remet plus jamais tes pieds !!! Tu es une hypocrite, une menteuse, tu es tout simplement mauvaise Madina !!! Ci bittiiii, cracha-t-elle dédaigneuse

Elle n’essaie même pas de s’expliquer, elle sort de la maison faisant fi du sang qui coulait entre ses jambes. Elle marche vers la sortie, elle ne savait même plus où elle se trouvait, elle n’entendait plus rien…

Dans le salon Salma qui calmait sa belle-mère s’aperçoit des taches de sang sur les carreaux, elle sursaute avant de se lever pour aller rattraper Madina, c’était trop tard…

– Woouy sama ndeye, cria-t-elle devant la porte

– Lou xew, que se passe-t-il ? Cria maman Amy en sortant de la maison Fary et Kya derrière elle

Elle trouve Salma à genoux, implorant Madina de se lever pendant que le conducteur qui l’a renversé essayer de joindre les secours. Le choc était beaucoup trop fort…

Bébé Kiné qui revenait de sa promenade avec la nounou parlait pour la première fois

– Pati maman, maman pati, dit-elle faisant un au revoir à sa maman qui était couchée sur le ventre en train de se vider de son sang

– Elle ne respire plus, dit un des ambulanciers à Salma

– Non…

Bonne Lecture !

Commentaire Facebook