dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

BAYE REK (3) : SORRY!

11 min read

• Mariama : Je n’aurais jamais pensé que Baye Demba serait si rancunier.

Ça faisait une semaine qu’il me boudait. En dehors de la chambre, il était le mari attentionné charmant mais en moins tactile, et dans notre chambre c’était un véritable mur de Glace.

La soirée-là, après notre dispute, il est allé s’enfermer dans son bureau et y est resté le reste de la nuit. Moi qui espérais son retour au lit, je fus largement déçue. j’avais refait le lit, déf sama thiouraye mou guilli, ma sole sama caraco pigeonnant rouge-noir ték si mini rikiki string rouge vif. Et puis j’ai orné mes reins de la chaîne en or ou j’avais gravé « BDBS love for life ». je l’ai attendu en vain, j’ai mis mon peignoir et je suis allée le chercher mais il avait fermé son bureau à clé, j’ai toqué pendant plusieurs secondes avant que je l’entende gronder : « je n’ai pas envie de te voir mariama, c’est clair ? ». Je suis retournée dans ma chambre, le cœur en lambeaux. C’était notre première dispute depuis notre mariage et j’étais effondrée surtout que c’était de ma faute. J’ai mis un pyjama et je me suis couchée même si je n’ai pas fermé les yeux de la nuit.
les jours suivants n’ont aucunement diminué la force de son énervement malgré tous mes efforts. Il suffisait que nos yeux se croisent pour que je me rende compte qu’il était toujours en colère et qu’il n’avait aucunement envie de me pardonner. Il ne me parlait pas, il ne me touchait plus, j’en devenais malade au vrai sens du terme. J’ai sorti des fémms vielles comme le monde, j’ai pleuré, supplié, mouné zeum rek. Je pense que je pouvais supporter la frustration sexuelle, mais je ne pouvais pas vivre sans qu’il me parle, qu’il me sourit, dima tiokotane wala juste mou dima khole, ses regards-là qui veulent tout dire.
J’ai quasiment dévalisé marché hlm, loudoul béthio thiaga oute nako, badjénne fournir ma aye todj khour you bakh. Toute la semaine ma togue mou nékh, il mangeait à peine, jus de gingembre foumou deuneu saffer ma défare ko, en fait tout ce qui lui plaisait en temps normal, mais… rien, pas de réaction de plaisir. En fait il n’avait pas du tout l’intention de me pardonner, sama diambar bi.
Vendredi ba vendredi gneuwate, il allait reprendre le boulot lundi et moi je ne trouvais pas de solution à mon problème. J’étais carrément déprimée, ma belle-mère me regardait d’une drôle de façon je suis sure qu’elle avait compris qu’il y’avait quelque chose qui clochait. Gnorr la déf, mére bi. Quand je pense que j’avais posé des congés toute cette semaine pour qu’on puisse rattraper son absence de deux mois… j’étais tellement frustrée que mon ventre se tordait de douleur.
Comme à chaque fois que je passais la journée à la maison, je préparais les repas. A 13h, il est parti à la mosquée avec papa, et comme je me sentais vraiment pas bien, j’ai demandé à maman Maréma si elle pouvait servir à leur retour, je ne tenais même plus debout. Elle m’a donné du doliprane et m’a conseillée de m’allonger un peu. Franchement je ne savais pas ce qui m’arrivait j’avais des frissons et je tremblais comme une feuille. Je me mis sous la couette en serrant l’oreiller de baye comme si c’était lui, respirant son odeur.

Un peu plus tard, je l’entendis ouvrir la porte de la chambre. Il avança jusqu’au pied du lit

• Mariama ?
• Hun
• Loula dale ?( tu as quoi?)
• Dama done mirre rek (des vertiges) mais ça va passer
• Lève-toi je t’emmène chez le médecin
• Ça va passer sangueu bi. Je vais essayer de dormir juste un peu.
• Ok fais signe si tu vois que ça ne va pas mieux
• Unhun ok
Il est ressorti, comme ça… mon cœur battait à un rythme effréné. Mes larmes coulaient sans que je ne les retienne. Je ne supportais plus sa froideur.
Epuisée par mes pleurs, je finis par m’endormir je crois. Je faisais des rêves bizarres, ou je courrais derrière lui, en criant son nom, mais il ne se retournait pas. Mon cœur se brisait en mille morceaux. Je me réveillais fiévreuse avec l’énorme envie de vomir. Il choisit ce moment pour revenir dans la chambre. Il tira sur la couette.
• Yéwoule nélaw timiss bakhoule, reveille toi, c’est pas bon de dormir à cette heure
• Unhun
Je me levai péniblement. J’avais dormis pendant tout ce temps alors. J’avais le tournis mais je me forçais à me lever, je n’avais pas envie d’entendre des trucs désagréables. Il était en train d’enlever sa tenue de prière, mais dès qu’il finit il ressortit sans me jeter un regard. Je me trainais jusque dans la salle de bain et pris une douche dans un état second. Puis je mis une robe légère et comme si le lit m’appelait je me recouchais. Un peu plus tard, ma belle-mère entra avec un plateau dans ma chambre.
• Yama
• Yaye boye
• Je suis passée tout à l’heure mais tu dormais à point fermé. Qu’est-ce que tu as ma chérie ?
• Yaye mane dale je ne sais pas. J’ai des frissons et le cœur qui bat très vite
• Tu n’es pas enceinte ?
• J’ai vu mes règles juste avant que baye Demba ne rentre
• Hum, li dé diakhale nama. Je t’ai ramené un peu de thiéré, tu n’as rien mangé depuis le petit déjeuner.
• Yaye mangui laye sonnale dé…
• Arrête de dire n’importe quoi. wa dis-moi, lo dioter ak sa djeukeur ? qu’est-ce qui se passe avec Baye?
• Dara (rien) yaye
• Tu crois que je n’ai pas des yeux pour voir ? tu es malade depuis ce matin et baye n’est pas à tes côtés, alors qu’avant so amer pithieu sakh mou paniquer.
• Yaye…
• Mane nguaye nebeutou ? tu me caches des choses
• Boul wakh lolou. Dafma mérer rek, mais ça va lui passer in chaa Allah.
• Kone bakhna. Wa assied toi et mange, sinon tu n’auras aucune force.
• Je vais manger, yaye boye. Merci beaucoup
Elle se leva et quitta la chambre. Je n’avais aucune envie de manger, je voulais juste la chaleur de mon mari. Une heure plus tard, soda la bonne passa récupérer le plateau que j’avais à peine toucher.

Quand baye vint se préparer pour dormir, je respirais difficilement comme si on m’oppressait. Je me suis couchée à l’autre bout du lit emmenant avec moi la couette entièrement, je n’avais même pas la force d’ouvrir les yeux. Je le sentis s’allonger et essayer de tirer la couverture vers lui. Mais comme j’étais couchée dessus, il était obligé de me toucher pour dégager la couette. Il me donna une petite tape sur les fesses pour me réveiller, je ne bougeais pas d’un iota. Il posa la main sur mon bras, me touchant pour la première fois depuis une semaine. Il sursauta.

• Mais yaw tu es brulante de fièvre.
• …
• Yama, yama… bébé réveille toi.
Il m’attira à lui d’un mouvement et posa instinctivement ses lèvres sur les miennes.
• Réveille-toi, je t’emmène chez le médecin
• Hunnn
Il me rallongea et se leva de suite. Il se rhabilla en vitesse, il me débarrassa de la couette, me couvrit d’un plaid et me souleva dans ses bras. Dans le couloir, on rencontra sa mère
• Maman j’emmène ma femme à la clinique, elle a beaucoup de fièvre
• Ta femme tu viens de t’en souvenir, pfff ! baye demba ya sagganne (tu es négligeant)
• Wa j’y vais, sougnou gnibissi wé soula nékhé ngua khasse ma.
• Tchipp topale feuler, je mets un boubou et je viens avec vous
• Wa ok gawale.
Je les entendais parler de loin bilaye. Je crois que je me suis évanouie ensuite car je ne me souvenais plus de rien.

Quand je me suis à nouveau réveillée, j’étais dans une chambre tout blanc avec une perfusion à la main droite. Mon regard se posa sur baye Demba, assis sur un fauteuil sa tête entre ses mains.

• Bb ?
Il se leva brusquement et vint me prendre les mains
• Tu es réveillée mon amour ? comment tu te sens ?
Mon amour la wakh dé hein ???
• Engourdie. Fougnou nékeu ni (on est ou)?
• A la clinique. Tu avais de la fièvre hier soir et puis tu t’es évanouie dans la voiture. J’ai eu si peur chuchota-t-il
• Ils ont dit ce que j’ai…
• Ta tension a fortement baissé, mais ils n’arrivent pas à savoir pourquoi
• Ils ne le sauront pas…
Il me regarda droit dans les yeux.
• Explique-moi
• Ningua néké sama banékhh nonou ngua meuneu néker sama nakaar. (tu es mon bonheur mais aussi mon malheur)
• Bébé…
• Bayima ma wakh comme nanguou nguama déglou taye. laisse moi parler puisque tu daignes enfin m’écouter.
• …
• Sangueu bi mane yaw la ame, yaw la beugueu, yaw la miine. Souma dioumer ya ma wara corriger wayer waro ma khagne sa bopeu. Chaque parole désagréable que tu m’as dite, me vidait de mon énergie. A chaque fois que tu m’as regardée froidement je me suis sentie comme une étrangère dans ma propre maison. En une semaine, tu m’as fait vivre un enfer en me privant de ton sourire de tes regards de ta conversation de tes caresses … si toi tu ne peux pas me pardonner une erreur, kone khana y’Allah douma bale dara (Dieu ne me pardonnera rien alors). Kone yaw meunouma ame sa yeurmeundé ? kone taye sou ma déwone safara la dieum ndakh sama sangueu, sama kilifeu nanguouwouma bale ?(si j’étais morte à cette heure ci j’irai en enfer car mon mari ne voulait pas me pardonner une erreur?)
• Bayil li nguaye wakh. (ne dis pas ça)
• Loutakh nanguouwoma bale ? pourquoi tu ne veux pas me pardonner?
• Bale nala bou yagueu, bébé, je t’ai pardonnée depuis longtemps
• Wa kone…
• Shut… (il se pencha et lapa tendrement ma lèvre inférieure) Je voulais que tu comprennes la leçon mais comme d’habitude j’ai un peu forcé sur le bouchon. Je suis désolé mon cœur. Je me suis conduit comme un con. Mais yAllah yare nama ! j’avais décidé de t’amener au restaurant hier soir pour qu’on parle de ce qui s’était passé, et tu es tombée malade. Au début je croyais que tu faisais semblant pour attirer mon attention donc je me suis dit tant pis pour elle. Mais quand je suis venu me coucher et que je t’ai vue brulante et tremblante, mon Dieu j’étais tétanisé. Et je ne te raconte même pas quand tu t’es évanouie, … j’ai cru mourir une dizaine de fois. J’ai failli, j’étais tellement obnubilé par la leçon que je voulais te donner que je suis passé à côté. Tu souffrais et je ne m’en suis pas rendu compte, ce n’est pas digne de moi, digne de ton sangueu, de ton kilifeu, de ton amour. i’m sorry honey

Il me reprit tendrement dans ses bras pour un long câlin… c’est l’entrée du docteur dans la chambre qui nous sépara, et comme ma tension s’était stabilisée durant le nuit, il m’a autorisée à sortir. Fallait voir Baye Demba au petit soin… tché no comment. Il m’a portée dans ses bras jusque dans la voiture et rebelote quand on est arrivé à la maison. Confortablement installée dans notre lit, je le regardai s’affairer autour de moi mais à chaque moment, il venait me toucher voir si j’allais bien si je n’avais besoin de rien. Mes beaux-parents sont passés me voir, et ma belle-mère m’a donné des congés en cuisine jusqu’à nouvel ordre lol. Dès qu’ils sortirent de notre chambre, j’appelai mon mari

• Bb ! je veux dormir un peu
• Attends je descends les volets
• Tu devrais venir te reposer aussi maman a dit que tu n’avais pas dormi de la nuit
• Borome khél bou dale moye nélaw… je n’avais pas la tête à dormir
• Wa légui je vais beaucoup mieux viens ici dormir un peu, je ne veux pas que tu tombes malade
• Mariama…
• Stp, en plus je dors mieux dans tes bras… ça me manque
Il soupira longuement, puis retira son t-shirt et vint s’allonger contre moi, il me retourna et colla mon dos contre son torse. En cuillère. Et je compris pourquoi il rechignait autant. Saccou glace la yanou sa waadji !! et je le sentais chaudement contre mes fesses.
• Bb ?
• Shut, t’occupes pas de ça et dort.

Fékher ko rek, avec mon état de khogne ba traumatisé !! mane ma kou siye occuper ak dollé ! khana dou mane mako mome, na ma maye quelques simili rek ma dieul force… z’arrive !

• Mayadidi : mdrrr barki YAllah yama dangua fébarrr, t’es malade
• Yama : laisse moi tranquille la wakh
• Mayadidi : mais sérieusement tu étais malade d’amour nonou ?
• Yama : en fait je crois que c’était le fait de ne pas avoir mangé correctement pendant toute la semaine qui m’avait affaibli. Mais je t’avoue que c’était la maladie d’amour aussi. J’ai ressenti l’attitude glaciale de mon chéri comme si on m’avait amputé un membre. Je l’aime plus que les mots ou la parole ne sauraient décrire. C’est un besoin vital
• Mayadidi : tchieye l’amour !!! tu as lu tous les conseils que les filles t’ont donnés.
• Yama : elles ont, toutes, raison !!! légui sétlouwo sama télephone dès que j’arrive à la maison il est en mode silencieux même quand baye part en mission. Et je te dis, il en fait de même, lui il éteint le sien même carrément. Je voulais en faire de même mais il m’a conseillé de juste le mettre silencieux. Lui il pouvait se permettre de l’éteindre car on vivait avec ses parents alors que moi j’étais loin des miens et on ne sait jamais quand une urgence peut survenir du coup le numéro de mes parents était toujours en mode sonnerie et j’ai fait une restriction pour tout le reste.
• Mayadidi : yaw ki nitte leu kate !
• Yama : je pense qu’on a tous les deux beaucoup appris de cette histoire.
• Maya didi : wa rattrapage dessert bi nak
• Yama : mdrrr, dessert bi kaye yakouna ba parer ! Khana bolou dofff laniouye wakh kaye, mais demain aytia ! c’était foutu pour le dessert mais comme j’avais beaucoup de ressource on allait improviser un spécial grignotage de minuit …

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5 commentaires on “BAYE REK (3) : SORRY!

  1. Mdrrr té maa youhou Yama yow fébaro dagua surexcité wone😁😁😂😅
    Mé Baye tamite chaud cœur là

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