dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Takku Suuf – Partie 06

7 min read

Ibrahim est resté de marbre face aux insultes de Safia. Il conduisait sans lui jeter un regard. Arrivé à la corniche, il se gare sans pour autant déverrouiller les portes. Il jette sa tête derrière, ferme les yeux avant de les rouvrir pour les poser enfin sur Safia qui n’arrêtait pas de rouspéter. Elle sursaute, troublée par le regard que lui jette Ibrahim puis elle se ressaisit en hurlant de plus belle…

 

– Si jamais j’arrive en retard au bureau, tu vas regretter de m’avoir connue ! Hurla-t-elle voulant toujours quitter la voiture

 

– Safia qu’est-ce que tu veux ? Je te jure que je suis fatigué ! Je souffre… je souffre tellement mon amour. Regarde-moi, regarde ! Suis-je toujours la même personne ? Que veux-tu de plus ? Je t’aime et je n’y peux rien ! Si je pouvais t’effacer de mon cœur, je l’aurais fait il y a bien longtemps mais malheureusement je ne suis pas le maître de mon cœur ! Cela fait des mois que je cours derrière toi comme un fou et je ne récolte qu’insultes et mots blessants ! Je ne vois que toi matin, midi, soir. J’entends ta voix en pleine réunion. La nuit je rêve de toi, jusqu’à l’aube… même ma femme a entendu ton nom dans mes rêves. Safia… je suis là devant toi, tu peux faire de moi tout ce que tu veux. Je ne suis qu’à toi. Je ne veux pas jouer de toi c’est pour cela que je te propose ce mariage tout en sachant que tu mérites plus que ce que je te donne mais je ne peux pas faire autrement. Je ne veux pas vivre avec toi dans le Haram. Je veux t’honorer comme il se doit et faire de toi mon épouse ! Je t’aime…

 

Il lui prend la main et le porte à sa bouche. Il lui jette encore ce regard, la désarmant totalement. A son tour, elle regarde cet homme en face de lui. Elle ne put retenir longtemps ses larmes…

 

– Ibrahim, ce que tu me proposes est au-dessous de mes forces. Je ne peux pas accepter ce mariage. Je t’aime tout autant que tu m’aimes sinon plus même, mais je ne veux pas de ce genre de mariage, je suis désolée ! Dit-elle laissant ses larmes couler

 

Il prit son temps et essuya les larmes de sa princesse. Puis, ils s’échangent encore ce regard profond…

 

– Je ne peux pas t’embrasser ma chérie mais Dieu sait comme j’en ai envie en ce moment. Mais je ne peux pas en tout cas, pas tant que tu n’accepteras pas de m’épouser, dit Ibrahim le souffle court

 

– Je ne te demanderai pas de libérer ton épouse mais tant que tu seras avec elle, il ne sera jamais question de nous deux. Je t’aime mais je ne vais pas hypothéquer ma vie pour toi ! Sortit Safia catégorique

 

Le regard peiné, il laissa tomber ses mains et regarda, droit devant lui.

 

– Puisque c’est ainsi, je te souhaite tout le bonheur du monde. Je ne peux pas divorcer de ma femme puisqu’on a un enfant en plus, elle est enceinte. Je suis désolé, ajouta-t-il voulant être franc

 

Prise de surprise, Safia laissa échapper un sanglot fort.

 

– Tu me dis ça, comme ça ?! Tu ne m’avais pas dit que ça n’allait pas entre vous ? Yaw imbécile nga rek, yaw ak gneupeu yam ay doméram ngenn ! Hurla-t-elle blessé

 

– Je peux comprendre ta déception mais arrêtes de m’insulter !

 

– Je te parle comme je veux ! Et puis ouvre cette porte, je veux m’en aller pour ne plus jamais revoir de ma vie ton visage !

 

– Je suis un homme, un musulman et je dois m’acquitter de mon devoir d’époux ! Je couche avec ma femme parce que j’ai des besoins comme tout homme…

 

– Assez ! Assez ! Hurla-t-elle encore

 

– Safia, je t’en supplie arrête de pleurer. Je me sens minable en ce moment, tu ne peux même pas savoir !

 

– Je m’en veux de t’avoir dragué…

 

– Tu m’as dragué oui mais je suis tombé amoureux de toi bien avant que tu ne me parles de tes sentiments. Je ne t’approchais pas parce que je ne voulais pas te voir souffrir… Safia regarde-moi que tu m’aies dragué ou que tu m’aies demandé de t’épouser n’a rien changé en mes sentiments envers toi ! Je suis désolé de tout ce que je t’ai dit, j’ai été aveuglé par ma jalousie mais je ne les pensais pas ! Je Suis Fou De Toi ! Mais aussi je comprends que tu ne veuilles pas de la relation que je te propose. Tu es sûr que tu ne veux pas te marier avec moi ? Demanda-t-il la voix tremblante

 

Elle essuie ses larmes et posa encore son regard rempli de douleur sur son ancien patron

 

– Je t’aime comme jamais je n’ai aimé mais je ne peux pas !

 

– D’accord ! Je vais te laisser en paix maintenant. Je te promets que je ne vais plus te harceler !

 

Il démarre la voiture jusqu’à l’entreprise ou travail Safia. Il lui prend encore la main en tremblant cette fois…

 

– J’ai mal en ce moment, tu ne peux même pas savoir. Combien j’aurai donné pour dormir avec toi ce soir mais en tant que ton époux ? Oh Safia mon cœur saigne mais je ne peux pas te forcer à m’épouser, si tu ne le désires pas. Je prie Allah, qu’Il te donne un très bon mari qui saura t’aimer comme je t’aime. Un homme qui saura te donner ce que je ne suis pas en mesure de t’apporter. Qui fera de toi la femme la plus heureuse du monde, un homme qui te donnera tout ce que je n’ai pas pu t’offrir. Denk nala Ya’Allah ma chère Safia…

 

Il lui donna un baiser très chaste sur son front avant de déverrouiller la voiture. Elle sortit en pleurs et le cœur en miette, elle eut l’impression que c’était un Adieu, qu’elle ne reverra plus jamais son Boss mais c’était mieux comme ça, se disait-elle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saphiatou Sène

 

Je suis actuellement chez ma meilleure amie Yacine, elle part rejoindre son mari aux Etats-Unis ce soir et elle a demandé à ce que je passe la journée avec elle pour un bon C’BON. Je ne pouvais pas lui refuser ça. J’adore ce plat…

 

– Alors comme ça tu n’as plus de nouvelle de M. Kane ? Questionna-t-elle pour la centième fois

 

– Yacine, je pense que tu n’as pas bien fermé ta valise, sortis-je pour changer de sujet

 

– Je m’en occuperai plus tard. Dis-moi vous ne pouvez pas rester tout ce temps sans vous voir ? Vous ne vous êtes même pas vu ces derniers mois ?

 

– Sheu Yacine nak… on s’est vu deux fois mais on s’est simplement salués comme des personnes civilisées et rien de plus !

 

– Ndeysane… li mom dafa metti ! Pour une fois tu tombes sur un homme bon et il s’avère qu’il est déjà pris ! Mais t’inquiète pas, il te reviendra si Dieu le veut !

 

– Mane je veux ton mari, il est beau, il est gentil et il donne de l’argent, taquinai-je pour qu’elle passe à autre chose

 

– Ma nokoula banga xam ! Je vais te casser la gueule !

 

– Je croyais que tu partages tout avec moi ?

 

– Sauf mon mari ! Que ça soit clair !

 

– Très clair ma chérie !

 

 

Après le déjeuner on se met au salon pour déguster nos tasse de ‘’Ataya’’ quand on entend soudain des voix puis des insultes, les unes plus salaces que les autres. Je n’ai entendu une telle vulgarité surtout venant d’une femme…

 

– Wa Yacine ?

 

– Laisse tomber ma chérie. C’est toujours comme ça. Si ce n’est pas la famille du propriétaire de la maison, c’est sa femme. Elle a accouché y a même pas un mois mais elle se dispute chaque jours avec son mari et on entend jamais la voix de ce dernier. Il est tellement gentil le mec, dou siggi sakh xol nitt. Il est calme, très pieux contrairement à sa famille. Je me demande comment il fait pour les supporter ?

 

– C’est grave ça ? Elle est vulgaire cette femme ? Mais tu entends, tu entends comment elle parle à son mari ? Oh mon Dieu, je n’ai jamais vu ça de ma vie ? Sortis-je choquée

 

– Elle est la vulgarité en personne ! Je ne sais pas pourquoi ni pour quelle raison son mari la garde toujours dans cette maison mais dall elle est tout sauf normale ! Je plains vraiment Ibrahima, si ce n’est pas sa mère qui l’insulte, c’est sa femme !

 

– Quelle famille !

 

– Je ne te le fais pas dire. Bon accompagne-moi chez le couturier…

 

 

Nous sortons pour rejoindre la voiture quand je vois M. Kane sortir d’une maison en pantalon jogging et T-shirt troué, le visage livide…

 

– Waw kagne, c’est lui le mari de la femme qui insultait tout à l’heure, chuchota Yacine derrière moi

 

– As-Salamou ‘Aleykum, salua-t-il attardant son regard sur moi

 

– Wa’Aleykum Salam, Kane ! Répondit Yacine

 

-Safia qu’est-ce que tu fais ?

 

– Euh… je… en fait…

 

– C’est mon amie, elle est venue passer la journée avec moi

 

Oh mon Dieu ses yeux étaient tout rouges et y avait des marques et des griffures sur son visage. Il laisse sortir un petit sourire avant de se diriger vers sa voiture sans un mot de plus. Je n’ai pas pu retenir mes larmes…

 

– Je sais à quoi tu penses mais s’il t’aime vraiment, il n’a qu’à répudier sa femme et t’épouser ! Ce n’est pas à toi de te sacrifier pour lui… benn gorr ci aduna diarouka !!!

 

– Je sais Yass… je sais mais je l’aime et je veux le rendre heureux !

 

– Bakhna kone ! Dit-elle d’un ton assez dur

 

 

Je l’aime et je le veux !!!

 

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2 commentaires on “Takku Suuf – Partie 06

  1. Hey Safia les homes ont la memoire courte ma Cherie, reflechie bien avant de faire le sacrifice… En meme temps l’amour est un sentiment qui pousse l etre pur a ne vivre que pour l autre; so just wait and see…

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