dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

SOUKEUROU KOOR : PARTIE 6

10 min read

***Niarel kharitou khassim d’amour !****

• Allo ?
• Chérie diambour si lo nékeu ?
• Wa Mame Kha, mangui ni di sogueu yéwou ! comment tu…
• Shiiii Amina ya tale nélaw laaaaaaye ! Dakar mingui todj yaw nguaye nélaw ! Rama nakater dafa lébb ba contane pour meune gnou diokh soukeurou korr !!! khassim nak délo nako keur yayame
• Yaw loye wakhni ? mais attend khassimou mingui maye wo si souf, je te rappelle
• Wa mangui laye khare tu ne vas pas en croire tes oreilles
• Lol wa d’accord légui légui.
Ma raccrocher nankeu. Je n’avais aucun double appel, c’est juste que j’apprends de mes erreurs. Je ne laisserai plus jamais personne venir me raconter des choses qui, non seulement, ne me concernent pas mais qui, en plus, pourraient influencer d’une manière ou d’une autre ma vie ou mes actions.

Mon bonheur n’est pas lui-même ces derniers jours et j’étais persuadée qu’il y avait un problème avec Rama. Ça aurait été facile de laisser Mame Kha me raconter toute l’histoire, mais je veux assumer mon rôle d’épouse et de confidente de mon mari et si lui ne me dit rien, je ne chercherai pas à en savoir plus. Si sama khalate lolou moye « MANDOU ». Cependant, je sais à quel point mon mari tient à sa première femme alors je ferais en sorte de délowatte khélame si je suis sure qu’il a juste agi par colère.

Ce soir-là, il est arrivé juste avant le ndoggou, un peu grognon. Je l’ai laissé se mettre à l’aise et après son café Touba et un bol de chorba, recette empruntée à nos amis tunisien, je lui ai préparé ses affaires afin qu’il se change avant d’aller à l’école de ma mère pour aider pour la distribution du ndoggou au plus démunis, et faire le nafila. Et c’est à son retour qu’il dine généralement. C‘est une activité qu’il avait commencée il y a une semaine et d’après ma mère, il semblait prendre beaucoup de plaisir à aider les autres, et là-bas parmi tous ces gens ou le statut social ne comptait pas, il retrouvait son humilité et surtout gagnait en simplicité.
Quand il est revenu, je lui ai préparé un bain, avec beaucoup de sels pour détendre ses muscles
• Bayou Djamil, viens avec moi, je t’ai préparé un bain
• Ah, ce n’est pas la peine ! je vais prendre une douche vite fait et me coucher, je suis fatigué
• Raison de plus, tu as besoin de te détendre et je ne veux pas entendre de non ! c’est déjà prêt, viens
Surement las de polémiquer, il me suivit docilement jusque dans la salle de bain. Je le déshabillais et l’invitais à s’installer dans la baignoire qui sentait tellement bon. Son soupir de plaisir me fit sourire et me prouva que j’avais eu raison d’insister. Je mis le diffuseur aromatique en marche avec quelques gouttes d’un concentré vitalisant aux huiles essentielles de Kunzea et de Fragonia, mariées aux essences relaxantes et optimisantes d’agrumes, un bakh bakh spécial « caresses&baisers ». Je relevais ma robe pour mieux m’installer sur le rebord de la baignoire derrière lui, mes jambes de part et d’autre de son corps puissant. Ensuite j’attirai ses épaules vers moi et naturellement sa nuque se logea au creux de mes cuisses.
• Mmmm, Aminaaa, soupira-t-il les yeux fermés
• Tu es tellement tendu amour…
Je lui massais le cou, insistant ensuite sur sa colonne vertébrale tandis que mes orteils pianotaient ses cuisses
• Qu’est-ce que tu as ces derniers temps, khassimou ?
• …
• Je n’ai pas l’habitude de te voir ainsi. Dou deugn koumpeu nak mais soumala ladjoule lou khéw dou donne sama thieur. Je partage ta vie et Aimer quelqu’un, c’est ressentir ses besoins, partager ses moments de joie mais aussi deviner sa tristesse même s’il fait semblant que tout va bien…
• Ce n’est rien…
• C’est à cause du soukeurou koor ? tu ne vas pas continuer à m’en vouloir parce que j’ai juste formulé l’intention de donner des cadeaux à ta famille amour ? en plus guéneu nassi ba mou sétt, khana légui mérr dina diékh ?
• Tu voulais que je me détende non ?
• Euh oui
• Alors tais toi et continue ce que tu es en train de faire
• Tu fuis la discussion dé
• Wawe
Il n’a ré-ouvert la bouche que pour me donner un long baiser mouillé en sortant de la baignoire.

Khassim moye ko khamni comme tombe pour tout ce qui concerne son autre maison. Donc je savais que ça ne serait pas facile de le faire parler de Rama. Seulement, Dieu était avec moi, le temps qu’il vérifie si toutes les portes de la maison étaient fermées, son téléphone s’est mis à sonner à plusieurs reprises. C’était Mame Kha mais comme Monsieur n’aime pas qu’on décroche son téléphone, ma bayi mou sonner ba couper mais une minute plus tard, c’est mon téléphone qui sonna cette fois-ci
• Allo mame Kha ba diameu ?
• Dou diameu kaye, je n’arrête pas d’appeler Khassim, mais il ne répond pas alors que Bass mi ngui ni danou di yokhou rek, khawma dafa dameu, khawma louko dale
• Wa calme toi, calme-toi. Je vais chercher Khassim
Je l’ai mise en attente et je me précipitai pour sortir avertir mon mari. Heureusement il finissait de monter les escaliers
• Amour, mame kha moye wotté dé néna…
• Yaw amo diome, me coupa-t-il ! tu continues à parler à mame kha après tout ce qu’on s’est dit la dernière fois
• Do déglou ?
• Pourquoi tu es têtue ? yaw ak Rama c’est une maladie wala ?
• En tout cas ton fils est tombé et ta cousine ne sait pas quoi faire.
Je lui tournai le dos et entrai dans notre chambre. Je raccrochai mon téléphone et m’engouffrai dans la salle de bain alors qu’il se précipitait pour prendre son téléphone en jurant tout bas. Je l’entendis crier sur Mame Kha avant de se calmer et lui dicter ses directives. Pffff, il m’avait tellement mis en rogne que je n’avais pas envie de le voir. Je ne sortis que quand je fus sure qu’il était parti. Je priai cependant pour que rien de grave n’arrive au petit Bassirou.
Il ne rentra que vers 2h du mat, me trouvant sur mon tapis de prière. J’avoue que je n’avais pas pu fermer l’œil tellement je stressais. Il est allé direct dans la salle de bain, et en ressortait plus tard, douché et en pyjama. Il traina un peu dans la chambre cherchant surement un moyen de me parler, mais ma seugueu rek yore sama kourouss.

Quand je le rejoignis sur le lit, il ne dormait toujours pas mais je me couchais en lui tournant le dos. Au bout de quelques instants, il me prit par les hanches et m’attira contre lui en me serrant très fort.
• Désolé mon ange, soupira-t-il contre mes cheveux
• Comment va Bassirou ?
• Il a une pronation du coude
• Aïe ! C’est très douloureux ça…
• Unhun, mais ça va maintenant on est passé chez Kara (son pote médecin) et il a remis ça en place. Je les ai laissés, Fatima et lui chez ma mère
• Tant mieux
• Tu es fâchée ? J’ai été injuste tout à l’heure. Je suis un peu sur les nerfs, désolé
• Je suis juste soucieuse car je ne te comprends pas en ce moment.
• …
• Comment tu peux laisser tes enfants sous la surveillance de Mame Kha ? tu as laissé ta colère te guider au point de faire acte d’une telle négligence ?
• Je sais ce que je fais…
• En tout cas, tout ce que je peux te dire c’est qu’une punition a ses limites. Fatima et Bassirou ont besoin de leur mère.
• Tu es en train de te mêler de ce qui ne te regarde pas Amina, gronda-t-il en se détachant un peu de moi.
Je me retournai pour le regarder droit dans les yeux
• Penses-tu ? on est en train de parler de ma famille là ! ce qui touche à tes enfants me touche forcement, mon fils est leur frère donc dommassi séppi !!
• Tu es la dernière personne à qui je vais parler de ça
• Et pourquoi ? tu dois pouvoir tout me dire, car tu sais que je t’aiderai à prendre toujours les meilleures décisions possibles, surtout concernant notre famille. Rama est ma coépouse
• Justement !
• ??
• Bien sûr ! comment veux-tu que je te parle de mes problèmes avec Rama si elle ne représente pour toi qu’une coépouse. Votre relation peut aller au-delà de cette alliance si vous avez confiance en vous-même et que vous ayez réellement envie de former une famille unie. Quand vous aurez dépassé votre égoïsme, cette concurrence absurde, vos coups bas, et toute cette hypocrisie autour de ma personne alors vous serez des sœurs et je ne n’aurai plus peur de parler de l’une à l’autre.
• Cette hypocrisie dont tu parles est culturelle. On fait semblant, oui la plupart du temps mais c’est un reflexe de protection contre une coépouse qui nous souhaite du mal, un mari qui n’est pas juste ou une belle-famille qui divise pour mieux régner. Et en ce qui nous concerne, nous sommes aussi fautives que victimes Rama et moi. Et je pense que toi Khassim Fall, tu es celui qui peut nous faire entendre raison, car aucun être sur terre n’est aussi proche de notre âme. Tu as réussi avec moi, je ne vois pas pourquoi tu ne réussirais pas avec Rama.
• …
• C’est quand le père de famille voit que tout est en train de partir en vrille, qu’il doit avoir le bon jugement pour ressouder les liens. Tu punis mieux la personne qui t’est chère en l’ayant sous la main. L’éloigner c’est t’éloigner de son cœur et de son esprit. Et quand la punition dure trop longtemps, tu la pousses à trop réfléchir, à trop s’en vouloir puis à t’en vouloir pour ensuite à en vouloir à tout le monde. Le risque est de perdre tout emprise sur l’être aimé et la rupture n’est jamais loin.
• …
• Penses-y ! bonne nuit.
Sans attendre de réponse, je me retournais à ma place pour m’endormir et contrairement à ce que je pensais, je le fis facilement. J’ai même failli rater le kheud
Le lendemain samedi, mou kheuy ni zeumeu! falléwoumako sakh, il savait que j’avais raison mais il faisait l’homme pfff !
Au moins il a laissé les enfants avec leur mami, Mame Kha meunoul sakh topato bopame wakhatoumala deux enfants. Mais ce qui me mettait mal à l’aise, c’est que du coup il dormait désormais tous les soirs à la maison. Ok c’est le rêve de toutes femmes d’avoir son homme dans son lit mais je ne pouvais pas faire semblant, ils étaient encore mariés.
Et quand je surprenais son regard perdu dans le vague, j’étais persuadée qu’elle lui manquait. Il m’en donna la preuve très vite ! en fin d’après-midi, il cherchait ses clés de voiture quand il a demandé sans même me regarder :
• Ramatoulaye fo ték samaye thiabi (ou as-tu mis mes clés) ?
Mani ték diko khole! N’entendant pas de réponse, il releva la tête et me regarda méchamment mais dès que nos yeux se croisèrent, il se rendit compte de son erreur. Je me levai prestement du canapé et me dirigeai vers la sortie quand il m’arrêta en me prenant la main
• Bébé, je … commença-t-il
• Quoi sangueu bi ?
• …
• Qui y’a-t-il, danga dioum ??? khame nako ! bientôt 3 ans qu’on est marié meusso ma togne khassim, mais si tu continues sur ce chemin dingua ma amél akeu
• N’exagere pas tu sais que ce loin d’être intentionnel…
• Mais heureusement Monsieur, heureusement que ce n’est pas intentionnel. Seulement si ça se reproduit doumassi sétt intention ou pas, té bala gno agueu fofou nak, démal djeuli sa djabar.
• Je me suis trompé, je m’en excuse et basta.
• Gor dafa wara ame loumouye rousse
• Ça suffit maintenant, ne profite pas de ma gêne
• Ah si si dina si profiter kaye, ndakh il est temps que tu regardes la vérité en face. Je ne vais pas laisser ton orgueil gâcher la sérénité qu’il y’avait dans la famille. Tu as fait partir Rama chez sa mère et depuis tu es ronchon, désagréable et le comble c’est que j’en pâtis : aujourd’hui tu m’appelles par son prénom et je ne vais pas t’expliquer à quel point ça écorche l’égo ! La polygamie te réussit car tu as su trouver l’équilibre entre tes deux femmes dès le début. Mais cette histoire te montrera que la perfection n’existe pas dans un mariage polygame. Rama a réagi ainsi car elle est frustrée par la réaction de ta famille envers elle et elle a peur que tu ne l’aimes plus assez. Ne sois pas naif au point de croire que c’est facile de te partager, alors augmente ta patience à notre égard, nous tes femmes. Pardonne-nous plus facilement nos erreurs, nos imperfections. Je ne me suis pas proclamée avocate de Rama, seulement je me rends compte que ça aurait pu être moi et je n’étais pas loin de laisser TA famille m’influencer. So beuguer gnoulaye mougneule di leu seuyeule ngua diarale gnou lou nékeu SI lou nékh yAllah, rassure-nous, aime-nous, aie notre patience ! Mardi c’est la nuit du destin, si tu ne vas pas récupérer ta femme, j’irai moi-même la chercher et on l’organisera ensemble.

……A SUIVRE…

Commentaire Facebook

14 commentaires on “SOUKEUROU KOOR : PARTIE 6

  1. wawaw mane dale amina contanena thi yow mashalahtothie ngafi tothie ngafi rek sama niarel bou niawoul bi eupeuna waww kaye niarel produit fini ngay ame fofou mouaahhh

  2. AAh mane dal conetane na si Amina tu as parfaitement raison et ça aurait pu etre toi et de ce fait t’aurais voulu qu’on te defende de le sorte

  3. Machalla chapeau a cette niarel mais je voulais savoir si caresses et baisers est une boutique qui vend des trucs de femmes mariées quoi j’ai vu en haut quand Amina préparait le bain de son mari elle a dit plein de trucs et tu as dit bakh bakh spécial caresses et baisers

  4. Waouh elle est mature celle là, j’adore son raisonnement.Et pitié, essayer de traduire les parties wolof en Français puisqu’il n’y a pas que les sénégalais qui vous lisent. Please.

  5. Okay c’est signé mane gnareil lay neikkk 😅😅😅😅🤣🤣🤣🙃🙃 dou ay nakhei mbayyy deh khana sama deugue la neik

  6. Merci Nana pour cette partie mais wallaye les 2/4 sont en wolof et du coup j ai pas profité à 100/100!! Ma chérie Nana s’il te plaît ne nous oublie pas les non sénégalais qui aime le Sénégal et ses chroniqueuses avec les traductions merci merci 😘👍💟

Comments are closed.