dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

BAYE REK (11) : T’OUBLIER…

15 min read

***yama****

· Ta Mintou (la femme de mon père) : yama télé, je peux entrer ?

· Moi : chérie papa, vas-y entre ? naka sa journée?

· Ta Mintou : alhamdoulilah et toi

· Moi : je suis fatiguée, heureusement que c’est le weekend. Doléne meu yobaler Nianing sakh papa et toi ( je peux venir avec vous à Nianing)?

· Ta Mintou : shiii dagnou sokhla sougnou bopeu (on a besoin de se retrouver lui et moi)

· Moi : pourquoi tellement nobater, akhhh !

· Ta Mintou : wawawe ba mou nékh !!! tu faisais pire avec ton mari, si xalé you ndaw !!! wa yaw sakh, tu as des nouvelles de Baye ?

· Moi : S’il te plaît, je n’ai pas envie de discuter de lui. Je t’en prie, ne prononce plus son nom

· Ta Mintou : je sais que tu déprimes même si tu ne veux pas l’avouer. Ce dont tu as besoin c’est de ton mari pas de partir en weekend avec tes parents. Tu as besoin de « petit bocar », tu es en manque.

· Moi : ne parle pas des sujets qui fâchent nak

· Ta Mintou : dangaye seuye wala seuyo, mariama (tu ne veux plus de ton mariage)? ça fait 5 mois que tu es là et tu n’as pas pris de réelles décisions à propos de ton mariage.

· Moi : …

· Ta Mintou : parle-moi…

· Moi : que te dire, tata ? moi-même je ne sais pas où j’en suis. Ça me fait souffrir de penser à lui, tu ne comprends pas ? Quand je suis partie de la maison, il y a 5 mois, je croyais que Baye se rendrait compte que notre mariage était en train de partir en couille, et qu’il allait réagir. Mais rien, depuis qu’il m’a répondu « OK » à mon message le soir de mon départ, je n’ai plus aucune nouvelle de lui. Chaque mois il me vire 150 000cfa sur mon compte, et c’est tout.

· Ta Mintou : il continue à t’entretenir donc tu sais que c’est toi qui est en tort, actuellement

· Moi : mais, le mariage ce n’est pas que l’argent qu’il me verse…

· Ta Mintou : écoute-moi bien, tu es en tort, car c’est toi qui a quitté le domicile conjugal. Sa djeukeur foumoula deukeulo nguaye deukeu (la femme doit habiter là où son mari veut), tu lui as demandé du temps pour réfléchir il te laisse réfléchir. Tu t’attendais à ce qu’il te coure derrière pour pouvoir exiger des choses, mais c’est le contraire qui s’est produit. Il continue de te nourrir et pourtant tu ne vas pas vivre avec lui et jouer ton rôle de femme. Abandon de domicile ngua déf, tu es en tort autant sur la religion que par rapport à la loi. Si tu ne veux plus de ce mariage, tu dois demander le divorce. Vu comme c’est parti, je pense que Baye ne te facilitera pas les choses. Mais ma chérie dis-toi que lui, il n’a rien à perdre, il a sa femme et son fils avec lui, il vit sa vie ! alors que toi ngua ame djekeur ba parer mélni celibataire (tu es une mariée qui vit comme une célibataire). Moi je te conseille de parler avec ton mari

· Moi : lingua wakh yeup deugueuleu (tout ça c’est vrai), tata. Mais parler avec Baye pour lui dire quoi ? Il est conscient du pourquoi ma djouguer keur gua (je suis partie). Mais lima deneu diakhal moye son silence (je suis choquée par son silence). Baye Demba moma meuneu mougne des mois ni ( peut vivre autant de temps sans moi)? Tu te rends compte. Je crois que je ne compte plus à ses yeux…

· Ta Mintou : lolou mome meunoumako gueume ( ça ne peut pas être vrai). Yaw ak Baye rek ! je pense plutôt que vous êtes tous les deux de foutus orgueilleux. Tu n’aurais pas du tomber dans le piège de Samba, et je suspecte que l’ascendant psychologique qu’il a sur son fils ne soit pas naturel. Tu dois te battre pour ton mariage, pour l’homme que tu aimes

· Moi : ah tata mane dama tayi, ils m’on tellement manqué de respect. Je crois que dina beuss sama khole rek té demander divorce

· Ta mintou : badou Momar mimafi guiss sankeu motakh ( est ce à cause de momar que parle comme ça)

· Moi : Mo, Momar mane ? tchipp ! tolouwoule Baye si cheville (il n’arrive pas à la cheville de Baye), même si mon mari est devenu aussi con

· Ta Mintou : surveille ton langage, sa kilifeu nguaye traiter de con han ? même s’il a fait pleins d’erreurs dernièrement, ce n’est pas une raison pour lui manquer de respect. Et il voulait quoi Momar ?

· Moi : il venait aux nouvelles, khana ! il voulait savoir si j’étais à nouveau libre ! pfff il me l’a demandé avec une telle arrogance, kidale dou changer !

· Ta Mintou : en tout cas, sache que tu es toujours mariée ! si ton père l’avait trouvé ici, il te ferait passer un mauvais quart d’heure.

· Moi : c’est clair, motakh ma tél ko libérer !(C’est pourquoi je lui ai demandé de partir)

· Ta Mintou : fais gaffe dale ! djiguéne lou yakeu dérame dafa gaw. (Il est tellement facile de tâcher la vertu d’une femme)

· Moi : t’inquietes dinako gerer.

· Ta Mintou : tu as des nouvelles de Maréma (ma belle-mère) ?

· Moi : depuis que je l’ai appelée pour justifier ma décision, non. C’est vrai que j’aurai dû l’appeler plus tôt, elle a toujours été mon allier dans la maison, mais j’étais trop bouleversée à l’époque. Elle avait l’air de m’en vouloir, je l’ai trouvé froide.

· Ta Mintou : tu as attendu 1 mois pour l’appeler, yama ! et le pire est que, elle t’a appelée plusieurs fois après ton départ, et tu l’as zappée ! erreur ngua def fofou

· Moi : …

· Ta Mintou : wa légui appelle Baye ! n’aie pas honte de faire le premier pas ou si tu n’en veux vraiment plus, dis à ton père d’envoyer des émissaires soit ils vont trouver un terrain d’entente ou répondre favorablement à ta requête. Mais je suis d’avis que vous devez régler ça vous deux

· Moi : d’accord chérie papa, je vais y réfléchir

· Ta Mintou : ok ma belle, je te laisse ! je vais préparer nos bagages bala papa di gneuw

Après le départ de ma tante, je prends mon ordi et glisse les écouteurs dans mes oreilles, mais c’est pire que tout parce qu’à chaque chanson je pense à lui en me demandant ce qu’il en penserait. On adorait écouter ensemble de la musique, et au début de notre relation, on se servait des chansons pour exprimer nos sentiments. J’ai du mal à me reconnaître, je n’ai jamais été aussi émotive, ni aussi faible. Quand j’ai rompu avec Momar je ne me rappelle pas avoir autant pleurer pourtant c’était mon premier amour, et je l’avais vraiment aimé. J’éteins donc la musique et j’essaye de refouler les images de Baye, m’ignorant devant son père, alors que j’étais allée à son bureau pour essayer de recoller les morceaux.

Oui je suis déjà partie le voir un mois après notre séparation, mais je ne l’ai avoué à personne.

J’ai craqué, j’ai craqué, je n’en pouvais plus d’être loin de lui ! je ne me sentais même plus moi-même ! C’est vrai que je croyais qu’il allait venir me supplier de revenir avec lui, alors son silence m’a rendue folle. J’étais à mon bureau quand j’ai subitement senti comme une déchirure au niveau de mon ventre. J’avais des crampes, j’avais mal et tout mon esprit était focalisé sur lui. Alors j’ai pris mon sac et j’ai foncé vers son entreprise. J’étais en train de me garer quand je l’ai vu sortir de leurs locaux avec son père. Pa Samba lui tenait le bras, ils avançaient vers sa voiture. Faisant fi de mon ressentiment contre son père, j’avançais presque en courant pour lui parler.

· Pa Samba : qu’est-ce que tu fous ici ?

· Moi : Baye, il faut qu’on parle, dis-je comme si je n’avais pas entendu l’autre la

· Pa Samba : djiguéne dafaye ame diom (tu n’as aucune vergogne)

· Baye : … (il me regardait comme s’il ne me connaissait pas)

· Moi : stp bébé, on a besoin de parler toi et moi

Il se contenta de secouer la tête et entra dans la voiture de son père, côté passager, me laissant perplexe et déboussolée. Pa Samba passa devant moi en me bousculant

· Pa Samba : tu ne comptes plus pour Baye Demba, mariama, mets-toi ça dans la tête ! tu t’es cru plus maligne mais tu as perdu mon fils pour de bon ! en quittant la maison tu nous as facilité les choses ! maintenant dégage et que je ne te revoie plus roder autour de mon fils.

Il se précipita pour monter dans la voiture et démarra.

Je suis restée deux bonnes minutes sur le trottoir en me demandant ce qui venait de se passer. Et puis Baye qui refusait de me parler…

Il m’a totalement ignorée et son père m’a salement insultée !

Quand j’y pense encore, je m’en veux d’y être aller et je me sens si stupide ! je me rendais compte que c’était réellement fini entre nous deux et c’était douloureux. Il fallait que je me raccroche à quelque chose et c’est pour ça que j’ai appelé ma belle-mère. Elle m’en voulait de ne pas lui avoir fait part de mes plans et surtout de ne pas avoir voulu lui parler après mon départ. Je me suis excusée, mais elle est restée froide. Je lui ai dit que j’avais vu baye ce matin-là, mais qu’il n’avait pas voulu me parler, et elle me dit une phrase qui trotte encore dans ma tête à chaque fois que j’ai envie de tout envoyer bouler : « mariama, si tu veux récupérer ton mari, il te faudra beaucoup de patience, reste chez toi et attends que nous venions te chercher, sinon tu n’auras plus aucune valeur dans cette maison. Baye a beaucoup de problèmes en ce moment, alors laisse moi gérer ici. Prend soin de toi ».

Je cogitais encore sur ses paroles quand ma petite sœur Amina est entrée en criant dans ma chambre :

· Yama yama yama

· Yaw lane la, lou khéw ?(qu’est-ce qu’il y a)

· Baye mo nékeu si souff (est en bas)

· Baye mane ? (Quel Baye)

· Sa baye khana (le tien), il est en bas et il semble très énervé

· T’es sérieuse ?

· Pourquoi je mentirai ???

Je la regardais comme si j’hallucinais, avant de me lever du lit comme un robot. Je mis un meulfeu noir-doré et lâchai mes cheveux. Un peu de parfum, une touche de bordeaux sur mes lèvres et je descendis sereinement.

Dès que je fis mon entrée dans le salon, il se leva et me fixa comme s’il allait me manger, il ne ressemblait à rien, débraillé et barbu. J’avais l’impression qu’il avait maigri et les cernes soulignaient ses gros yeux ! Je soutenais son regard pendant de longues minutes, puis il avança vers moi et me prit durement le bras.

· Qu’est-ce que Momar Dieng faisait ici ? cria-t-il

· Bonsoir Baye Demba, je vais bien alhamdoulilah ! Merci de t’en soucier, répondis-je en me dégageant de lui, sa proximité était trop troublante !

· Tu es mariée et tu accueilles chez toi des hommes, depuis quand tu te comportes comme une trainée ???

· Ma taye si je suis une pute, en tout cas sache que je ne serais plus la pute de Baye Demba Sow !!! Ahh ça t’intéresse maintenant, ce que je vis ? en quoi ça te dérange que j’invite des hommes chez moi ? Je te rappelle que ça fait 5 mois qu’on est séparé, SE-PA-RER !!!! et tu arrives aujourd’hui comme une fleur en me demandant des comptes !!!!

· 5 mois, chuchota-t-il

· Je fais ce que je veux désormais, continuais-je sans prendre en compte son air perdu ! tu m’as bien démontrée que tu n’avais plus rien à faire de moi, alors je n’ai pas de compte à te rendre. Comme il était hors de question que je revienne chez toi, j’attendais juste que tu viennes ici pour demander le divorce ! LIBERE-MOI Baye Demba

· TAIS-TOI, TAIS-TOI !!! tu ne sais même pas ce que tu dis ! il est hors de question que l’on se sépare, tu m’entends ! tu resteras ma femme à jamais, tu n’appartiendras qu’à moi ! tu es à moi Mariama Sylla

· Eh bien ça il fallait y penser avant de faire toutes ses choses qui m’ont poussée à partir ! tu m’as humiliée Baye, alors que tu prétendais m’aimer ! pfff comme j’ai pu être bête et te faire aveuglement confiance !

· Yama, yama, je…

· Ne dis plus rien stp, je ne veux plus t’entendre

Il s’avança jusqu’à moi et encercla mon cou de ses mains ! la lueur dans ses yeux me fit peur, et je crus qu’il allait m’étrangler mais il se pencha rapidement et posa sa bouche sur la mienne ! mais je le repoussais de toutes mes forces et le giflai.

Il est resté dix secondes sans réagir tellement il était choqué ! et je l’étais aussi, je restais pétrifiée par mon geste. Heureusement, au même moment, mon père entra dans le salon. Je courus vers lui

· S’il te plait papa, dis-lui de partir…

· Mais… commença-t-il

· Qu’il parte…

Je me précipitai vers les escaliers et j’allais m’enfermer dans ma chambre pleurant toutes les larmes de mon corps.

Mon père me trouva dans un état épouvantable

· Mariama Sylla, djougueul fi wakh ak mane (lève toi et parle moi)

· Papa…

· Si tu ne m’as pas demandé d’aller voir les parents de ton mari depuis le temps je croyais que c’est parce que tu gardais l’espoir d’une réconciliation

· …

· Alors pourquoi, aujourd’hui qu’il vient enfin te voir, tu lui demandes de te libérer ?

· Papa il n’est pas venu pour que je lui pardonne, il était là pour m’engueuler

· Comment ça ?

· Dès que je suis descendu, il m’a reprochée de faire entrer des hommes chez moi (j’ai omis le mot « trainée » que baye a utilisé, car je connais mon père. Il serait capable dém aki ko si tangueu tangueu bi)

· Ou t’a-t-il vu avec d’autres hommes ?

· Papa yaw tamite, je n’ai fréquenté aucun homme à part mes collègues durant ces 5 derniers mois ? il a cité Momar alors que depuis que ce dernier est au Sénégal je ne l’ai vu que sankeu et c’est parce qu’il est venu ici à la maison

· Ah, et s’il l’a vu ici en venant te voir nak

· …

· Peut-être qu’il venait dans l’intention de te demander pardon et il a vu ton ex sortir d’ici. Sa réaction serait juste de la jalousie pure et dure !

· Peu importe papa ! j’ai accumulé tellement de rancœur durant ses derniers mois que je te jure que je ne veux plus de ce mariage

· Mariama sétale linguaye wakh (réfléchis bien à ce que tu dis)! et puis tu as vu ton mari ? toi qui le connais si bien, tu penses réellement qu’il est dans son état normal ?

· Papa vraiment, ce n’est plus mon problème ! je ne veux plus de lui…

· Je pense que tu as accumulé beaucoup de colère et de frustration à cause de son silence mais si j’étais toi, je le laisserais s’expliquer

· Non, répétais-je butée.

· Tu as tout le weekend pour y réfléchir

· Je voudrais venir avec vous à nianing, promis je ne vous dérangerais pas

· Tu ne pourras pas toujours fuir

· A notre retour tu iras lui parler pour qu’il me libère

· Hun ? ok. On en reparlera…

Dès que papa sortit de la chambre, mon téléphone se mit à sonner et c’était Baye ! Je l’éteignis et fis mes bagages

Je n’ai pas fermé l’œil de tout le weekend, du coup, je suis rentrée fiévreuse à Dakar le dimanche. Mon cœur et mon corps voulaient Baye mais mon esprit se rebellait et ce dilemme était en train de me rendre folle. À notre retour, je le trouvais dans le salon à m’attendre. Je suis montée directement m’enfermer dans ma chambre. Il parait qu’il n’est parti que vers 23h, sans parler à personne.

Le lendemain rebelotte. Il est arrivé alors qu’on était en train de diner. Mon père l’a invité à venir manger. Il a dit non merci et s’est installé à la même place que la veille. Il avait les yeux rouges, les pupilles dilatés et j’avais l’impression que sa jambe droite trembler. Je remontais dans ma chambre après avoir fini de manger mais mon père m’en fit ressortir avec des menaces. Énervée, je le retrouvais dans le salon

· Bon sang qu’est-ce que tu me veux ??? Baye Demba Bayima nguir yAllah laisse moi tranquille

· Je veux que tu reviennes, à la maison. Yama, tu ne sais pas beaucoup de choses

· Dis-les-moi alors, je t’écoute !!! allez !

· Je… je

· En fait tu n’as rien à dire ! tout ce que tu voulais c’était me faire souffrir, que je regrette de t’avoir quitté !!! j’ai eu mal c’est vrai, allant jusqu’à piétiner mon orgueil en venant te voir pour qu’on parle, mais tu as tout écrasé d’un coup de pied ! c’est fini desormais va-t’en, ma beugonne beugueutouma ! et dis à ton père qu’il a gagné ! maintenant rentre chez toi, je n’ai pas envie de te haïr, alors laisse-moi stp.

· Je t’aime et j’ai besoin de toi. Reviens stp

· Ce sera dans une autre vie, alors

Je sortis du salon pour ne pas craquer, et j’allais me refugier dans les bras de ta Mintou qui m’attendais dans ma chambre. Je ne sais plus combien de temps je suis restée comme ça, à pleurer comme une âme en peine quand soudain, mon père est entré en trombe dans ma chambre.

· Tes beaux-parents sont en bas, déclara-t-il tout de go

· Comment ? demanda ta mintou

· Que me veulent-ils, papa ? Pa Samba est venu savourer sa victoire ?

· On le saura que si on descend, ma chérie

· Je n’ai plus de force papa, je ne veux pas les voir.

· Diourouma ma tapéte Mariama Sylla ma fille n’est pas une poule mouillée!!! Baye Demba yako beugonne ma maye lako( tu étais amoureuse de Baye, j’ai accepté votre mariage), aujourd’hui si tu n’en veux plus, garde la tête haute et ose le dire haut et fort !

· Seuy rek ngua déf si keur gogou tu as accompli tous tes devoirs d’épouse dans cette maison, tu ne dois avoir honte de rien deugueu degueu renchérit ta mintou

Je soupirais lourdement, et me levai pour les suivre en bas. Mon avenir était en train de se jouer. Quand on arriva dans le salon, je lançais un Salam et m’avançais vers ma belle-mère pour la saluer plus chaleureusement. Elle se leva et me prit longuement dans ses bras. Elle me fit m’asseoir à ses cotés en tenant mes deux mains

· Mangui djéguelou si heure bi gnou fi gneuw (désolée de venir si tard)! mais il est nécessaire que les choses soient claires ce soir pour tout le monde et surtout pour toi yama

· Maman Baye sankeu la fi djouguer (était là tout à l’heure), et je lui ai demandé de me libérer

· Aye yama boul déf lolou ne fait pas ça, cria-t-elle avant de se tourner vers son mari ! tu es content Samba Sow, c’est ça que tu voulais, han ?

· Maréma…, commença-t-il avant de baisser la tête

· Ne vous inquiétez pas, papa ! votre fils est libre désormais, moi en tout cas je n’en veux plus. J’espère juste qu’il sera heureux avec Poleel, c’est tout le mal que je lui souhaite

· Ne dis… ne dis pas ça ma fille. Je… je

« Ma fille » ? damaye guénteu wala (je rêve ou quoi)??? Ou étais passé le Pa Samba, virulent et odieux ? il bégayait et semblait si confus que je me demandais s’il avait bu ou fumé !!! mon père me fit un geste pour que je ne m’enflamme pas et je me retournais vers maman avec beaucoup d’interrogations dans les yeux.

· Ne prends pas de décision tout de suite ma chérie, laisse-moi d’abord te raconter tout ce qui s’est passé depuis que tu as quitté la maison… commença-t-elle

Mon cœur se mit à battre très, très fort…

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10 commentaires on “BAYE REK (11) : T’OUBLIER…

  1. J’aime bien vos histoires Maya Didi. Mais si vous le permettez , en inbox, je voudrais qu’on échange sur un aspect que je retrouve dans tous vos textes et qui vraiment me titille.

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