lun. Sep 28th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Soukeurou Koor : Partie 3

7 min read

Awo Bourou Keureum

Assise sur mon lit, je fais mes comptes, je viens de retirer l’argent que m’a envoyé mon frère et ma sœur et en total j’en ai 2.500.000 Fr c’est trop je sais mais il faut que je mette la barre plus haute que ma coépouse, je veux que toute la famille se souvienne de ce ‘’ Sukeurou Korr’’ 2018.

J’entends les pas de Khassim et je me dépêche de cacher l’argent derrière l’oreiller, il entre et me foudroie de son beau regard qui me terrorisait au début de notre mariage mais plus maintenant, afin depuis qu’il a osé regarder une autre jusqu’à l’épouser…

– Inutile de te cacher Rama, j’ai dit ce que j’avais à dire alors fais ce que bon te semble ! Dit-il calmement avant d’enlever sa veste

Je le regarde et je sais que ça ne lui plaît vraiment pas mais pour cette fois je ne compte pas me rétracter. Quand Amina faisait son téralaté grandiose au baptême il ne lui avait pas interdit, alors pourquoi il veut me l’interdire ?

J’ai toujours fait ce qu’il me demandait. J’ai toujours fait passer ses désirs avant les miens, diko diamou gouddi ak beuthieuk néké bobou mingi xol kénén bakoy tak (et pourtant pendant ce temps il était entrain de voir ailleurs).

J’ai rencontré mon mari par pur hasard. C’était un après-midi, j’étais allée voir une copine en ville. En rentrant j’ai remarqué que le ciel était sombre, je pressais le pas pour ne pas que la pluie s’abatte sur moi mais une fois à l’arrêt bus, ce que je craignais, arriva. J’étais toute trempée debout au bord du trottoir attendant impatiemment un taxi parce que je ne pouvais plus entrer dans un bus comme ça, toute mouillée.

Une minute après une voiture s’est arrêtée devant moi et tout d’un coup je vois le vitre de la portière se baisser, je reculais croyant que c’était quelqu’un que je connais mais non, je fus surprise de voir un bel homme en train de me regarder derrière ses lunettes

– Vous allez perdre vos os à force de trembler, montez je vous dépose ! Avait-il dit sans sourire mais je sentais qu’il était amusé

– Non merci je vais attendre un taxi !

Il enlèva ses lunettes et ses beaux yeux waouh ! Je baissai encore les yeux comme à chaque fois que je me sens intimidée

– Ai-je l’air d’un kidnappeur ou un agresseur ? Allez, montez sinon vous allez mourir de froid à force d’attendre un taxi !

J’acceptai parce qu’effectivement j’avais froid. Je montai mais toujours méfiante en récitant des sourates

– Désolée je vais mouiller votre siège, avais-je sorti bêtement

– Ne vous inquiétez pas, c’est en cuir comme vous voyez. Alors je vous dépose où ?

– Grand-Dakar pas très loin du cinéma El Mansour !

C’est comme ça qu’on a échangé nos numéros. Nous ne sommes sortis ensemble que 6 mois avant qu’il ne demande ma main. En dix ans de mariage ce n’est que ce jour où il est venu me dire qu’il allait prendre une deuxième épouse qu’il m’a fait du mal. Même s’il a signé polygamie à la mairie, je n’ai jamais songé que mon mari penserai un jour à épouser une autre, je me suis sentie trahie et je n’oublierai encore jamais ce soir où il est venu me dire qu’il allait rejoindre sa nouvelle femme. C’est là que je me suis rendue compte qu’il n’était réellement pas en train de se payer ma tête. A part ça, je peux dire haut et fort que mon mari est un homme exemplaire avec ses qualités et ses défauts comme tout le monde mais Khassimou est un homme immensément bon. Kenn geunou ko. Il est un excellent mari, un bon père de famille et surtout, il est très pieux. Il ne badine pas avec la religion, un des points qui m’a le plus poussée à accepter sa demande en mariage après l’amour bien-sûr. Je l’aime même s’il est marié à un autre mais je l’aime comme au premier jour et pourtant je sais que cette histoire de ‘’ Sukeurou Koor’’ en jouera gros sur notre ménage mais je ne peux pas faire marche arrière, il faut que je marque mon territoire, moi aussi…

Je travaillais dans une compagnie aérienne il y a quatre ans et malheureusement cette dernière a fait faillite et j’ai perdu mon travail. Mon mari ne m’a pas lâchée pour autant, il voulait que je travaille avec lui mais j’ai voulu rester femme au foyer pour m’occuper de ma famille. Même avec mon salaire c’est lui qui me prenait intégralement en charge, je ne touchais à mon argent que pour en offrir à mes parents. Il y a deux ans j’ai acheté un terrain à Tivouane Peulh avec mes économies et avec le reste j’ai fait le fondement attendant d’avoir assez de moyen pour la terminer mais le Sukeurou Koor vient chambouler tous mes plans. Je vais devoir encore attendre avant de terminer la construction de ma maison.

 Le lendemain vers 09 heures, je demande au chauffeur de me déposer chez ma sœur à la Médina puis on passe prendre maman avant d’aller à la bijouterie pour le collier que j’avais commandé à ma belle-mère. Ça m’a coûté 751.250 Fr et j’ai pris aussi deux paires de boucles d’oreille en or aussi pour les deux grandes sœurs de notre mari. Puis nous sommes allées aux Maristes chez une amie de ma mère qui vend des Thioup Vip on récupère la commande et nous bifurquons vers marché Hlm pour prendre les tissus. Des paquets de Getzner, Brodé Autriche, Brodé simple, Voile brodé, Voile Asli, Soie, Wax, Voile simple, des paires de chaussures, des sacs, parfums de classe, des paniers de Ndogou et des corbeilles de fruits en tout cas j’ai largement dépassé mon budget et j’en dois encore à la vendeuse qui était heureusement une connaissance de ma mère…

Le jour J arriva, ma belle-famille nous attendait déjà à la grande maison. J’étais au salon pour la dernière touche, je porte une taille basse simple sans broderie mais joliment coupée mettant en valeur ma silhouette. Mon tissage est soigneusement attaché par derrière avec un maquillage sobre pour souligner mes traits. Je finis de porter mes sandales à talons noires avant de rejoindre ma mère et mes badiennes dans la voiture.

Quand nous sommes arrivés chez les Fallénes, tout le monde nous attendait. Nous prenons place pendant que le chauffeur et les deux gars qui l’aidaient, posent les valises au milieu du salon. La griotte et les ‘’Bongoman’’ chantaient les louanges de notre famille, c’est à ce moment que mes deux sœurs entrent dans le salon avec le diner, deux bols de méchouis et ses accompagnements.

Je vois ma coépouse de l’autre coté accompagnée de sa mère et une de ses sœurs, je me lève et l’embrasse incitant  la griotte de chanter pour nous, elle danse avec moi et quelques secondes après nos belles-sœurs viennent s’ajouter à la danse…

La séance de ‘’ Diokalanté’’ commence et je vois ma belle-mère en perdre la voix quand elle voit le collier en or que je lui ai donné et les paquets de tissus, elle était juste choquée, pareil avec mes belles-sœurs. Tout comme ma coépouse, elle et sa famille ont eu droit à leur lot de cadeaux, ma mère m’a glissé un ensemble collier en or et je lui ai remis, elle était choquée mais elle l’a quand même accepté. J’étais fière quand toute la famille s’est levée pour chanter todj nga fi, def nga fi lou fi kenn défoul (tu as cassé la baraque, tu as fait ce que personne n’a jamais osé faire) oui, j’étais très fière de moi et ma mère aussi. Mais ma joie n’a duré que quelques minutes quand je vois la mère de ma coépouse et une autre dame traîner une valise au centre du salon…

– Khana elle n’ose pas ? Questionna maman

– Elle ne va pas me voler la vedette nak, dis-je entre les dents

Si elle tente de faire quoi que ce soit, elle va le regretter !

A suivre…

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14 commentaires on “Soukeurou Koor : Partie 3

  1. Mdr j’espère que jaurais des belles soeurs comme sa mdr blague a part votre mari va vs répudier

  2. Mowayyy yallah na samay diabarou makk meill nii 😂😂😂 mane mom khalatoumako deff l’argent peut subvenir d’autres besoins c’est du gâchis

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