dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Soukeurou koor : Partie 2

6 min read

***AMINA CISSE NIAREL KHARITOU KHASSIM D’AMOUR***

Depuis ce matin, je suis pensive. Il est vrai que la visite de mame khary la cousine de mon mari m’a un peu perturbée. J’avais décidé cette année de ne pas donner de soukeurou koor à ma belle-famille pendant le ramadan, car déjà que Khassimou n’aimait pas ça, mais il y’a à peine six mois pour le baptême de mon fils ma mère avait fait les choses en grand question téranga.
Je connais bien Mame Kha et je suis quasi certaine qu’elle m’a raconté cela juste pour raviver la tension, attiser la concurrence entre ma co-épouse et moi. Je me suis toujours jurée de ne jamais tomber dans leur piège, mais cette histoire de soukeurou koor me fait douter. Je me demande si ne rien donner du tout à ma belle-famille ne va pas me nuire, en fin de compte, surtout si Rama casse la baraque. Le Sénégalais oublie vite, et je sais que malgré tous les cadeaux qu’on leur a donné lors du baptême de bébé Djamil, il y’en a qui attende un geste de ma part durant le ramadan.
Cela fait deux ans que je me suis mariée à Khassim Fall, Garmi bi, sama bonheur founé, sama sangueu, ki maye takha daw lou melni safa ak marwa nguir mouye ame louko nékh sa souné (je suis prête à me sacrifier pour son bonheur). Aka mako nopp (comme je l’aime) ! je ne connais personne au monde d’aussi humble, pieux, doylou, mais malheureusement toute sa famille n’est pas comme lui. Je me souviens qu’avant que je ne fasse mon premier khéw, j’entendais souvent les critiques derrière mon dos comme quoi malgré tout l’argent de mes parents nakaté dagnou naaye (on est pingre). Mais depuis la cérémonie, je suis devenue la belle-fille préférée, donc je peux comprendre la frustration de Rama et ce qui la pousse à vouloir faire des choses grandioses si bien sur mame khary ne m’a pas raconté des bobards té je la connais sagne na lou raw lolou !
Maintenant, bien évidemment mes plans vont changer car il est hors de questions que je sois sur la touche. Mon problème est désormais comment je vais convaincre « mon bonheur » et ma mère, à coup sûr, ils ne seront pas d’accord. Mais dans la mesure ou khassim a donné l’autorisation à Rama, je ne vois pas pourquoi il me la refuserait, hein ?!!

J’en étais à ces réflexions tout en donnant le sein à Djamil, quand le loup finit par montrer sa tête
• Assalamou aleikoum, soxnassi no yendo (et ta journée) ? me salua-t-il depuis la porte de la chambre de bébé djamil
• Wa aleikoum salam sangueu bi. Alhamdoulilah, approche !
• Non laisse je ne veux pas vous transmettre mes microbes, je vais aller prendre une douche
• Microbe dou réy négre, viens la wakh
• Wakhou negre leu rek ! en plus ça va bientôt être l’heure de la coupure, à tout à l’heure
Il fila, et comme il avait l’air d’humeur moqueuse, je me dis que j’allais attendre gnou doggou ba parer pour l’amadouer à ma manière…

J’ai connu mon mari à travers notre travail, j’étais l’assistante du procureur de la république alors que lui, avocat de renom, était souvent confronté à mon patron. Je l’avais toujours trouvé froid, impassible et diablement doué. Sérieux comme un pape, jamais un regard de travers, je n’aurais jamais pensé qu’il puisse avoir un quelconque sentiment pour moi. Mais yAllah sou touder seuy digueunter niari nite kéneu meunoussi dara, un jour après un procès extrêmement pénible, il m’a demandé mon numéro de téléphone. Pendant deux mois, il m’a appelée régulièrement au téléphone, ne tentant rien d’autre, et le jour ou pour la première fois, on s’est vu en dehors du boulot c’était chez mes parents et c’est ce jour-là qu’il m’a demandé de l’épouser. Je n’avais jamais envisagé m’engager dans un mariage polygame, car étant très possessive mais je me suis rendue compte que depuis qu’on était devenue proche tout ce que je voulais c’était être encore plus proche de lui. Alors le partager n’était qu’une petite épine dans mon pied, et la douleur devenait presque inexistante tellement, il savait chouchouter mon cœur.
A la naissance de mon fils, j’ai pris une année sabbatique pour pouvoir m’occuper personnellement de lui, j’avais mon commerce de quincaillerie générale donc je restais indépendante financièrement même si walay mon mari m’assumait de bout en bout. Alors désormais, j’ai encore un peu plus de temps pour m’occuper de mon homme, et en temps que niarél kharitou dieukeureum, teugueuzebeum rek si loukoye nékh rék laye dokh (je ne vis que pour lui faire plaisir).

Durant tout le ndoggou, je réfléchissais à comment aborder le sujet du soukeurou koor, j’appréhendais tellement sa réaction. Mais dès son retour de la mosquée après le nafila, je me suis installée entre ses jambes et je me suis lancée.

• Bonheur ?
• Hum
• Réne khamna pour soukeurou koor bi, je vais faire simple rek
• …
• Au lieu de togueu aye ndoggou, on ira voir maman, tes oncles et tantes et leur donner khaliss rek directement
• J’ai déjà fait tout ça alors ce n’est plus la peine que tu y penses
• Mais c’était à ton nom, ils ne vont pas considérer que je leur ai donné quelque chose.
• Toi et moi amoule différence, ça toute ma famille l’a compris
• Toi, moi et Rama tu veux dire ?
• …
• Ne me regarde pas comme ça, tu vois bien ou je veux en venir
• Qu’est-ce que Ramatoulaye vient faire dans notre discussion ?
• C’est que…
• Oui ?
• Euhh…
• J’attends !
• Il parait qu’elle va faire ses terangas pour le soukeurou koor…
• Comment tu le sais, tu l’espionnes ?
• Mo, moi espionner Rama ?? (douggueule na sama bopeu nak tchioler (je me suis mise dans le pétrin))
• Comment tu peux être au courant de ça, amina ?
• C’est que mame kha était venu me voir et dans la discussion on a parlé de soukeurou koor et elle m’a dit…
• Stop ! cria-t-il, ma tiite ba figée. Djougueul, ajouta-t-il en me poussant pour que je me lève de ses jambes. Tu me deçois amina, loye niakeu fayda ba di bayi ak koumou meunti done di la gneuw nétali quelque chose qui ne te concerne pas
• Mame Khary yaw la bokale, elle est de ta famille, je ne vais pas la mettre dehors ou diko niakale kersa (ou la ridiculiser)
• So amone fouleu dou ame sakh fiite di gneuw pour te raconter la vie des autres (tu ne dois permettre à personne de venir te raconter la vie des autres)
• Wa…
• Je vais te dire deux choses et je ne me répèterai pas : d’abord je ne t’ai pas épousé pour que tu fasses la concurrence de Ramatoulaye, ce qu’elle dit ou fait ne te concerne en rien, ensuite tu voulais ma permission pour ton soukeurou koor eh bien c’est non, à moins que tu aies l’intention d’agir sans mon consentement je t’interdis formellement de donner quoi que ce soit si le but n’est qu’exhibition et concurrence.
• Pourtant chéri, cette concurrence dont tu parles, c’est ta famille même, qui consciemment ou pas, la favorise et nous entraine dans ce terrain. C’est soit on le fait, on est digne d’être leur belle-fille, ou on ne le fait pas, et c’est le contraire
• Vous n’êtes pas mariées à ma famille, le respect de mes proches vous ne l’aurez que si moi je suis content de vous
• …
• Tu fais comme tu veux, mais tu connais ma position et je ne vais pas y revenir. Maintenant sers le diner, la discussion est close…

Wa mane Cissé légui qu’est-ce que je fais ? il faut que je trouve une solution pour faire plaisir à ma belle-famille sans que mon mari ne se fâche contre moi…
A suivre…

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25 commentaires on “Soukeurou koor : Partie 2

  1. Wa mais attendez est ce que toudeiwouniouma niarelll bi Mayadidi wakh ma bokkk contane na trop je rêve tjrs d’être niarell nekk sama favori dieukeur ay waaay

  2. Ah les femmes toujours prêtes pour des choses mondaines il fallait écouter ton mari dans ce cas tout ceci ne serait arrivé. té niit boy dougou dangay dougou cii louy ame moudjou

  3. Mois de promotion par excellence pour les musulmans,le ramadan rime avec multiplication des gestes de solidarité et de partage, c’est dans cette logique que s’inscrit le fait de donner « du SOUROKOU KOOR »! mais légui c’est devenu un lourd fardeau allant méme jusqu’a nuir la stabilité des certains ménages doyna warr! délossi léne séne khélyi si yalla! ses sourokou koor comme vous dites ! faut les partager avec les gens qui n’ont pas les moyens (néw di dolé)!!

  4. Mois de promotion par excellence pour les musulmans,le ramadan rime avec multiplication des gestes de solidarité et de partage, c’est dans cette logique que s’inscrit le fait de donner « du SOUROKOU KOOR »! mais légui c’est devenu un lourd fardeau allant méme jusqu’a nuir la stabilité des certains ménages doyna war! délossi léne séne khélyi si yalla! ses sourokou koor comme vous dites ! faut les partager avec les gens qui n’ont pas les moyens (néw di dolé)!!

  5. diokhé soukourr rou koorr takhoul niou diokh la thier wala niou bagn la ko diokh, les relations ne doivent pas se baser sur les terangas

  6. Soukeur koor melné boléneu ko défoul daguéneu di deh respecté vos maris moy séneu kilifa belle famille si pott

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