lun. Sep 28th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Plan B – Partie 12

18 min read

Khalifa Sow

Je ne peux pas croire que Fatima soit enceinte, ce n’est pas son genre. Je refuse de croire à ça. Je la regarde dormir dans sa chambre, elle n’arrête pas de gémir et d’appeler ses enfants. Elle doit avoir le palu ou autre chose mais elle n’est pas enceinte encore une fois…

– Imam…

Je lève la tête et la vois grimacer de douleur. Elle tremblait de partout.

– J’ai mal au ventre… je veux vomir, dit-elle les yeux fermés

– Je vais appeler de l’aide.

– Je veux rentrer chez moi, je ne veux pas mourir ici. Je ne veux pas, dit-elle en pleurant. Le docteur a dit que je suis enceinte mais il ment… s’il te plait ramène-moi chez moi. Je ne suis pas enceinte… je n’ai pas eu de rapport depuis…

– Chut ma ch… calme-toi. Je sais que tu n’es pas enceinte alors calme-toi !

– J’ai trop mal au ventre Imam ! Je vais mourir à ce rythme ! Ma tête va exploser. Ah j’ai mal… je vais mourir Imam ! Ah…

– Tu ne vas pas mourir. On va bien s’occuper de toi, après tu pourras rentrer retrouver ta famille, dis-je évitant de prendre sa main qu’elle me tendait. Je vais appeler de l’aide

L’infirmière me dit d’une manière très hautaine que le docteur Diop était occupé. Je lui demande de venir voir ce qu’il se passe avec Fatima, elle me devance en faisant un long tchip

– Soxna ci, fi dou salle d’accouchement bangay youkhou. Teudieul sa guémine mba ma nélawal la. Hey madame ici ce n’est pas une salle d’accouchement. Fermez votre bouche ou je vous fais dormir, fit-elle insolente

– Mais vous ne voyez pas qu’elle souffre ? Si vous pouvez l’aider vous le faite sinon vous vous taisez !

– Qui êtes-vous pour me parler sur ce ton ?

– Et vous de quel droit vous traitiez vos patients avec autant de mépris ? N’êtes-vous pas censé soulager vos patients ?

– Hey mayma diam mag bou rew niou tekk ko placam ! Foutez-moi la paix, on ne fait que remettre les personnes malpolies à leur place. En plus, elle n’a rien, y a d’autre qui souffre plus qu’elle, elle est juste enceinte alors pourquoi elle crie ici hein ? Elle tombe enceinte à presque 50 ans et veut les choses soient faciles pour elle ? Si tu ne voulais pas tomber malade fallait serrer les cuisses…

Je vois Fatima tirer serrer ses poings. Elle réussit tant bien que mal à saisir le poignet de l’infirmière qui manipulait la perf…

– Nianal ma bagna tané, kone dinala nokk ba doko guemé ! Prie que je ne me lève pas de ce lit, sinon je vais tellement te corriger que tu ne vas pas en croire tes oreilles ! Imbécile ! Cracha-t-elle vénère

Elle regarde Fatima voulant en rajouter mais je la coupe

– Un mot de plus encore, je porte plainte. Sortez de cette cabine et tout de suite !

Le docteur Diop fait son entrée en ce moment même, l’air paniqué

– Imam, je suis désolé mais nous nous sommes trompés avec les enveloppes contenants les analyses. Les deux patientes ont le même nom, deux Fatima Zahra Sall mais l’autre est moins âgée, elle a 25 ans. Votre épouse a chopé une typhoïde et je vous demande vous aussi d’aller faire des tests pour voir si vous n’avez pas été contaminé, dit-il confus

– Je ne comprends pas comment vous avez pu faire une erreur pareille et en plus votre infirmière se permet d’insulter les patientes sans retenue ? Diop, je suis moi aussi désolé mais le mieux serait de transférer Fatima dans une clinique où elle sera mieux traitée. Merci pour la peine que vous vous êtes donné !

– Non Imam, c’est l’infirmière elle-même qui a confondu les résultats et j’avoue que moi aussi je n’ai pas été trop attentif mais je vous en prie laisser la avec nous. Je vais m’occuper personnellement d’elle !

– D’accord mais je ne veux pas voir cette femme dans cette cabine ! Dis-je en pointant mon doigt à l’infirmière

– Comme vous voulez !

Comment un médecin peut faire ce genre d’erreur ? C’est inadmissible, je ne sais pas ce qui me retient encore ici. Cette erreur aurait pu coûter la vie à Fatima. Une typhoïde, ça ne se néglige pas ! C’est grave !

– On l’amène à la clinique de l’entreprise, il est hors de question qu’on la laisse ici ! Sa famille n’est pas là alors elle sous notre responsabilité ! Cria Rachid. Yaw mom massla dina la ray. On la transfère tout de suite !

Elle saignait déjà du nez quand on la transférait à la clinique, son état avait empiré. Elle délirait carrément…

 

 

 

Fatima Sall

Alhamdoulillah, je vais beaucoup mieux. Heureusement je n’ai contaminé aucune personne de mon entourage et je me demande encore où j’ai bien pu choper ce virus. Je craignais pour mon petit Harouna, cette fièvre pouvait été fatal mais heureusement.

Et ce médecin qui a dit que j’étais enceinte nak ? Kokou sakh ce n’est pas grave je peux pardonner cette erreur qui est sûre, pouvait me couter la vie mais l’infirmière, ah non je ne pardonne pas. Je lui avais dit que je lui ferai sa fête si j’en sors indemne ? Et c’est ce que je vais faire ! Je l’ai aperçue le jour de ma sortie, elle me fuyait même mais comme j’étais avec Sami et Omar je ne pouvais pas la corriger. Elle ne paie rien pour attendre…

Je suis restée 15 jours à l’hôpital, Sami a insisté pour que je m’installe chez elle à ma sortie et j’ai fait une semaine encore avec elle. Je suis de retour chez moi depuis deux jours et aujourd’hui c’est habillé en tenue de sport que je pars faire un tour à l’hôpital.

Une fois à l’intérieur de la bâtisse, par chance ou hasard je ne sais pas. Je la vois se dandiner avec ses grosses fesses devant l’accueil, écouteur aux oreilles. Parfait ! Tay lalay nokou bangay fott say sagar…

Je le prends par derrière et tire sur ses mèches qui collaient entre mes doigts mais ce n’est pas l’heure de donner une leçon de propreté à cette vermine. Je la traine de force jusqu’au jardin, derrière les cabines privées. Elle criait mais je m’en foutais…

– Wakhone nala souma tané ci diam nala nokou ? Je t’avais dit que je te casserai la gueule une fois sur pied ? Dis-je en lui donnant deux grosses baffes

– Madame balma ! Pardonne-moi !

– Ball ? Tu ne vas plus manquer de respects aux malades qui viendront dans cet hôpital !

Je me rue sur elle, je l’ai tellement bastonnée la pauvre qu’au final j’avais pitié d’elle. Je vois des infirmiers venir vers nous j’en profite pour lui faire bouffer le sable plein de crottins avant de me lever  

– Madame que se passe-t-il ? Demande le Dr Diop

– C’était un petit compte rendu entre elle et moi. Dr je vous avais dit que je n’allais pas lâcher l’affaire. Elle ne va plus s’en prendre aux malades !

– Je vais porter plainte ! Pleurnicha-t-elle

Je me rue encore vers elle mais elle se lève plus vite et se cache derrière ses collègues

– Ma plainte est déjà en cours sur la table du procureur et vous risquer de perdre votre job et même une radiation  dans ce corps ! Fo battré rek ma couper ! Sotte !

Je retourne chez moi et prends un très long bain. Mon portable n’arrêtait pas sonner et je suis sûre que c’est Imam mais je ne décroche pas, je ne veux pas qu’il gâche mon bonheur. Je leur avais dit que je n’aurai la paix que lorsque je donnerai à cette pimbêche la correction qu’elle mérite et me voilà soulagée.

Je prends mon déjeuner avec Harouna et décide de rappeler Imam, il décroche à la première sonnerie

– Imam balma déh dama diapone touti. Excuse-moi Imam, j’étais un peu occupée, mentis-je sachant très bien qu’il ne va pas me croire

– Je sais très bien que tu n’étais pas occupée. Wa Fatima ni nanou lay bayé ? A peine guérie tu pars te battre comme si tu n’avais rien d’autre à faire ! Yaw sa yaram neex na ? Réprimanda-t-il calmement

– Imam nak fallait que je le fasse sinon je ne serai jamais en paix dans ce bas-monde. Elle avait une dette contre moi et contre toutes ses malades qu’elle a manqué de respect de sa courte carrière ndeysane…

– Et c’est en allant te battre comme indigène que tu vas solder tes comptes avec elle ?

– Imam nak bayima ma fekh. Je suis tellement soulagée, tu ne peux même pas imaginer à quel point. Ne gâche pas mon bonheur je t’en prie dégue nga ? Merci

– Thiey Ya’Allah je ne sais vraiment pas ce que je vais faire de toi ! Dit-il en riant

– Mougne rek Imam ! Faut savoir endurer Imam !

– Ah c’est certain ! Alors comment tu vas aujourd’hui ? Reprit-il d’une voix plus sérieuse

– Super Alhamdoulillah. Les soupes de Samira me manquent un peu mais bon je préfère être chez moi et dans mon espace mais ce petit gars ne me laisse pas profiter comme il faut, dis-je en m’adressant à Harouna

– Ah oui ? C’est vrai qu’il est parfois intenable !

– Je te jure ! Tu comptes durer à Gaya ?

– Oui comme plus rien ne me retient à Dakar. Je compte rester 6 mois sans me déplacer et m’occuper de mes champs et bétails, répondit-il sans hésiter

– Ah et ton fils nak ? Tu ne vas pas venir voir Harouna ? Sortis-je d’une petite voix. Déjà, il te réclame chaque jour

– Hum, dit-il l’air peu convaincu. Je verrai ce que je peux faire. Je te laisse te reposer…

– Et si je ne veux pas me reposer. Je m’ennuie là et tu sais que depuis que je suis sortie de l’hôpital. Je rattrape ses deux semaines où je n’ai pas ouvert la bouche. Samira me menaçait de scotcher ma bouche si je ne la fermais pas.

– Haha, elle a raison hein. Moi je me demandais comment tu faisais pour parler autant sans respirer. Je ne comprenais pas, dit-il, amusé

– Faut aussi comprendre que j’étais dans le couloir de la mort. J’ai cru que je n’allais plus jamais vous parler. Je n’en revenais pas ce matin-là où je me suis levée et que je n’ai rien senti, aucune douleur, je me sentais bien. Je me suis dit, ça y est, j’ai quitté le couloir de la mort maintenant je peux bien tekk sama tama deff yeufou kouy doundou ! Je devais bien fêter mon retour parmi les vivants

Il ne pouvait plus se retenir et ça me faisait un bien fou de le voir aussi décontracter avec moi. On était très froid avant que je tombe malade et là, j’ai constaté une énorme amélioration depuis que je suis guérie et je sens les liens se recoller naturellement entre nous. Je souris, moi aussi, de l’entendre rire de mes bêtises comme s’il était en face de moi. Comme une ado avec son premier amour, je m’étale sur le canapé et croise les jambes la main derrière la tête…

– J’adore t’entendre rire, ton rire est magnifique Imam, finis-je par sortir n’y tenant plus

– Hum continue à dire des bêtises et j’en rirai autant que tu le voudras, répondit-il lui aussi me faisant un effet inexplicable

– Imam…

– Oui !

– Et si… on se dit à plus tard ? Je dois changer la couche de petit bonhomme et faire une petite sieste ! Finis-je par sortir, rattrapée par ma fierté

– Vas-y, je ne te retiens pas. A plus tard ?

– Des bisous à Oumou !

– In Shaa Allah !

Un mois s’était passé et toujours rien. On se parlait comme de bons amis mais à part ça on ne parlait pas de nous ou du moins, il ne parlait pas de nous. Je commençais par perdre patience mais je ne voulais pas tout gâcher. Je me connais une seule phrase pour tout faire capoter avec ma bouche qui ne sait dire que des bêtises. En tout cas, je guettais ses appels tous les jours après le boulot.

– Qu’est-ce qu’il y a aujourd’hui ? Je t’ai connue bien plus bavarde Fatima ? Dit-il sur un  ton taquin

Je souris ne sachant pas quoi répondre. Qu’est-ce que je vais lui dire ?

– Y a rien, je me sens un peu fatiguée rek !

– Ah, donc je te laisse te reposer jusqu’à demain ?

– D’accord In Shaa Allah !

Des jours après, toujours rien. J’ai arrêté de durer au téléphone avec lui. Je ne voulais m’attacher… afin je ne voulais pas espérer plus alors qu’il est évidement qu’il me voie comme sa sœur et il n’arrête pas de me le répéter. Je souffre tellement mais je pense que c’est mieux comme ça. Il a compris lui aussi, il a arrêté ses appels fréquents. Il appelle juste pour demander des nouvelles de son fils et parler avec lui vite fait…

– Guiss nga danga gawa bayi ! Tout allait bien entre vous et là tu as encore une fois tout fait foiré ! S’exclama Sami

– Mais qu’est-ce que tu veux Sami ? Il ne parle pas d’un possible mariage entre nous beugeu ma fatt avec des tu sais que je te voie comme ma sœur à n’en plus finir…

– Mais Fatima si tu ne lui dis pas, il ne saura jamais que tu veux revenir avec lui !

– J’ai l’impression que tu es en train de te payer ma tête Sami !!! Imam sait parfaitement ce qu’il en est de mes sentiments. Oui je l’aime mais je ne vais pas le supplier de m’épouser s’il ne le veut pas. Et j’en ai marre de tout ça Samira, dama sonou. C’est toujours comme ça avec lui, il pense que je ne suis pas assez bien pour lui mane légui sakh…

Je ne pus terminer ma phrase. C’est dans un sanglot fort que je pleure dans les bras de Sami

– Massa ma chérie. Je te trouve un peu dure avec toi-même !

Je réponds pas ne voulant plus parler de ce sujet. Désormais, Imam et moi, c’est de  l’histoire ancienne…

– Wa arrête de pleurer. Salma m’a appelée tout à l’heure… mais tu ne peux pas partir comme ça… Omar ! Cria-t-elle alors que ce dernier était enfermé dans l’autre salon avec des amis

J’essuie mes larmes et prends mon sac. J’ai besoin de rester seule un moment…

– On en parle demain. J’ai mal à la tête. A demain ! Dis-je en sortant

– Fatima peut-on discuter avant que tu ne partes ? Fit Omar en sortant de son bureau

– Hum wa ok !

Je reprends ma place et Sami quitte le salon sans bruit.

– Tu vas bien ? Commença-t-il avec ce sourire affectueux

– Je vais bien partenaire t’inquiète pas ! Répondis-je en forçant un sourire

– En tout cas, ça n’a pas l’air d’aller. Bref ! C’est quoi le problème avec Khalifa ? Questionna-t-il sans détour

– Il n’y a rien !

– J’ai cru que tout allait bien entre vous. Je l’ai même appelé pour lui demander ce qu’il attendait pour officialiser les choses entre vous mais il m’a dit c’était compliqué. Que se passe-t-il ? Vous vous êtes encore disputés ?

Je respire un grand coup pour refouler mes larmes. Je sens que je vais exploser…

– Non, j’ai juste pris mes distances. Je l’aime c’est vrai mais comme il me voit comme sa petite sœur, je préfère me retirer et le voir, moi aussi, comme le père de mon fils. C’est tout !

– Et s’il venait demander ta main ?

– Tu sais que je ne demande que ça Omar mais il ne le fera pas. Je ne suis pas trop bien pour lui !

– Je ne t’ai jamais dit ça ! Meussou mala wakh louni mell !

Je me retourne et le vois au pas de la porte. Il souriait…

– Omar ?

– Mane dall so wakhé waw rek ma takk seuy bi légui ! Juste un oui de ta part et je scelle le mariage, dit Omar alors que Rachid et Oumou nous rejoignaient dans le salon

– On ne lui demande rien ! Omar takal seuy bi ! Renchérit Oumou

Elle sort des liasses de billets de se son sac avant de se tourner vers moi…

– Thiangue ba ngi sou doyoul rek ma doli Fatima ! Voici la dot, je peux en rajouter si tu veux !

Je regarde le principal concerné pour voir ce qu’il en pense. Là, j’ai l’impression que c’est Oumou qui demande ma main

– Veux-tu m’épouser Fatima Zahra Sall ?

– Si tu promets de me supporter, oui !

– Je ne te lâcherai pas cette fois Fatima Sall, nekk nitt rek mba déh !

Je souris les larmes aux yeux. J’étais contente mais un peu gênée et je ne sais pas pourquoi.

– Légui nak j’y vais, vous avez trois mois pour régler vos problèmes et Lilahi Fatima seuyeul té bayi fontou bi ! Dit Oumou en se levant

– Tu vas où ? Demanda Sami

– Je pars à Fez ce soir pour une semaine. Après je serai à la Mecque pour mon Umra après je compte rester un peu avec ma sœur Zeynab à Djeddah. Je veux me reposer un peu, dit-elle en souriant 

– C’est cool ça ! Omar yaw on repart quand ? Questionna-t-elle à son mari

– Quand tu veux ma chérie ! Répondit-il avec un clin d’œil

Oumou me prend la main et me fait lever…

– Oumou mane diakhal ngama, tu me surprends de jour en jour ! Yaw do nitt, tu dois être un ange ou je ne sais pas moi mais je serai incapable d’agir comme tu fais.

– Fatima, Imam t’aime peut-être que tu ne le vois pas dafla beugeu. On en a parlé et je lui ai dit qu’il est hors de question que je parte sans vous marier et c’est parce qu’il en avait envie. Ne va pas faire la folle, de toutes les façons il ne va pas te laisser faire, fit-elle en riant

– Vient-là que je te prenne dans mes bras !

On se fait un long câlin avant de rejoindre le salon où nous attendaient Imam et Rachid. Il vient se mettre entre nous et passe ses bras sur nos tailles…

– Je vous veux comme ça, unies comme des sœurs. Je suis l’homme le plus heureux du monde, je ne pouvais rêver mieux !

– Ca sera encore plus beau si tu en rajoutes deux pour boucler la boucle quoi ! Sortit Rachid

– C’est ce que je voulais dire, renchérit Omar

Je tourne mon regard vers lui, attendant sa réponse

– Shi boulenn fi indi guerre mondiale ! Elles vont me tuer toutes les deux ! Fit-il en riant 

– Ça vaut mieux pour toi ! Lançai-je tout bas

– Bon Oumou allons-y ! Ajouta-t-il avant de lui prendre la main. Fatima, on se voit demain ? J’accompagne Oumou à l’aéroport !

– Pour ? Demanda Rachid

– Boy Bathily mane douma sa morom ! Je ne suis pas ton égal, je te l’ai dit combien de fois ?

– Pardon Imam !

Je reste encore un peu chez les Dramé, Samira n’arrêtait pas de se payer ma tête et moi je n’arrivais pas à croire que je me suis mariée

– Khipil xolma yaw ! Togay amatoul arsenal yi foumou tolou ? Appelle l’autre Katiapan Salma, elle a de ses perles en cristal et les petits pagnes nak ? Elle m’a envoyé hier des nuisettes très déjantées lolou mom souko Khalifa guissé…

– Samira mbeppé ! Depuis quand tu es comme ça ? Tu ne vois pas que Fatima est toujours sous le choc ! Qu’est-ce que tu as Fatima ?

– Les choses se sont passées mais tellement vite ! Enfin, je rentre.

– je te donne ta journée de demain ok ? J’irai rendre Harouna à la crèche et n’oublie pas de prévenir Arame. Khamna fimné khogn nga ba darr !

– Samira !!! Cria Omar

Elle grommelle je ne sais quoi avant de se tourner pour sourire à son mari

Je rentre chez moi toute bizarre, je suis heureuse mais je suis triste en même temps. Je ne sais pas comment expliquer ce que je ressens en ce moment. Oui je suis contente d’avoir retrouvé mon homme mais j’ai l’impression que c’est un mariage arrangé par Oumou et les autres. J’aurai aimé qu’il vienne me faire sa demande et qu’on s’explique sur nos différends et je ne sais même pas comment gérer ça…

Il est minuit quand je reçois son appel, je ne l’attendais pas puisqu’il m’avait dit qu’il passera la nuit au Lac Rose…

– Tu es au lit ? Dit-il doucement

– Oui mais je ne dormais pas !

– Tu m’attendais ? Tu n’as pas répondu à mon message !

– Non comme tu m’avais dit que tu passais la nuit chez toi.

– Ok…

– A demain alors !

– Qu’est-ce qu’il y a ? J’ai l’impression que tu es fâchée ?

– Non je te jure, c’est juste que… en fait je ne sais pas comment me comporter avec toi. Je suis un peu gênée, c’est tout !

– Je comprends. On en parle demain ?

– D’accord !

– Bonne nuit !

Je raccroche et éteint mon portable. Cette situation est compliquée…

Le lendemain je dépose Harouna à la crèche puis je donne quelques jours de congé à Arame. J’attendais Imam, il a appelé après la prière alors que j’étais encore sur mon tapis. Le petit déjeuner est prêt, il ne reste plus qu’à servir

Des minutes après, il était devant la porte encore plus beau. Il m’attire dans ses bras et me colle un gros bisou sur les lèvres

– Tu as bien dormi ?

– Oui !

– Tu as rêvé de moi… en train de te faire l’amour ? C’est ça !

J’ouvre grand les yeux, choquée

– C’est ça ? Persista-t-il

– Non !

– Hum… c’est sûr ?

Je voulais me sauver tellement j’étais gênée

– Tu as perdu ta langue ? Depuis quand tu es comme ça Fatima ? Tu n’as jamais été timide !

– Le petit déjeuner est servi !

– C’est toi mon petit déjeuner mon amour !

– Je… wa kharal…

Je réussis à me détacher de ses bras et courir pour m’enfermer dans ma chambre mais il était plus rapide. Je me suis retrouvée dans la chambre avec lui et je ne sais plus comment je me suis encore retrouvée dans mon lit toute nue. Mes mains agrippaient fortement le drap, jambes écartées, je savourais ses puissants coups de reins… j’avais soif de lui et j’avais oublié comment il savait me gâter dans ces moments comme celui-ci

– Wouy sama yaye !

– Ma doli ? Tu en veux encore ?

– Oh oui…

– …

Il est 14 heures, je venais de me réveiller, fatiguée. Khalifa était assis sur le tapis, coran à la main. Il me sourit et je baisse les yeux

– Tu t’es bien reposée ? Dit-il la voix cassée

Ay yokhou, yokhou youmou fi yokhou. Ses cris raisonnent encore dans la pièce.

– Un peu rek ! Tu as été à la mosquée. Je ne t’ai même pas senti…

– Tu ronflais quand je sortais de la chambre. Oui je reviens de la mosquée. Allez lève-toi on va aller quelques part, fit-il en se levant de son tapis

– Fane nonou ? Où ? Demandai-je en me levant du lit pour le rejoindre

– Pas très loin d’ici. On passera la semaine là-bas. Tu as faim ?

– Oui mais d’autre chose. Tu partages la douche avec moi ?

– Non !

Nous logions dans l’une des maisons de Rachid à Fann Résidence. Après le déjeuner nous nous mettons sur la terrasse pour discuter

– Je suis désolée pour tout ce qui s’est passé entre nous. Du divorce et tout ce qui s’est passé par la suite…

– On ne va pas reparler du passé. Tout comme toi, je ne suis pas fier de moi. Je t’ai accordé le divorce juste par fierté, j’aurai pu nous épargner tout ça mais c’était la volonté divine aussi. On en parle plus, dit-il sage

– Hum je n’ai pas digérer ta relation avec cette gamine… Hassanatou ! Fallait que ça sorte

– N’en parlons plus alors ! Allons faire une petite sieste, suggéra-t-il en se levant

– Je n’ai pas envie de dormir !

– Qui t’as dit que nous allons dormir tout de suite ?

– Hum… on va faire quoi ?

Je sens mon entrejambe se contracter délicieusement

– J’ai un peu précipité les choses ce matin. Je t’ai presque violé mais là je veux prendre tout mon temps et te prouver à quel point je t’aime, sortit-il alors que son petit doigt s’agiter déjà à l’intérieur de ma culotte

Nous regagnons la chambre et il ferme la porte à clé. Deff yeufou magg lepp ci soutoura !

Fin

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14 commentaires on “Plan B – Partie 12

  1. Waouh encore une superbe partie c’est toujours avec une joie immence que je lit tes parties. Je ne me lasse vrement jamais de tes ecrtits yaw daal doundeul wèreul yokkal tè di gnou djokh histoire you neex lov sur toi❤❤❤ walay je t’adore

  2. Des mots, on en lit partout. Mais des mots qui sont soigneusement sélectionnés, réfléchis et agencé de manière à nous instruire, nous faire prendre conscience de la réalité qu’on réprime inconsciemment ou par peur de lui faire face, je dis oui.
    Des mots qui sont hologrammes de votre champ créatif que vous prenez plaisir à labourer et en partager la semence, je dis encore, je dis encore oui et merci.
    Vous n’usez pas de votre plume pour faire rêver et j’aime son côté sanguinaire qui se doit d’être tu. J’aime la beauté et la franchisse de votre plume qui laisse entrevoir la maturité et la créativité de celle qui la manie.
    Des mots pour vous encourager…

  3. Waouh Machaallah notre Nana adorée très belle partie c’est tjrs un plaisir énorme de lire tes chroniques wallahi je t’adore habibti tu nous as fait voyager, on a appris plein de choses et surtout on a 😂 pleuré et parfois on était énervé 😡 billahi tu nous a fait passer par toutes les émotions merci à Wonibik 😘😘😘😘😘

  4. Juste waouh machallah j’ai adoré.
    Khana di nagn ame une chronique sur Khadija ( fille de Fatima) et mouhamed bou Sami

  5. Merci beaucoup nanah pour la suite cette chro m’a appris trop de choses et des défauts dont j’essaierai de m’en défaire et bonne continuation.
    Pour imam tokhna fatima bamouni radiakh

  6. Merci Nana je t’adore ça a été une histoire fun,belle,illuminant et avec pleins de rebondissement et je te remerci pour tous ses sentiment que tu m’as procuré durant ce voyage mouvementé
    Mé dina namb Fatima,khalé féroce

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