mar. Sep 22nd, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Plan B – Partie 11

10 min read

Khalifa Sow

 

Alhamdoulillah, je retrouve le chemin que j’avais tracé. Je me suis laissé distraire par les loisirs de ce bas-monde alors que je n’aurai pas dû. Je me suis toujours efforcé à marcher dans le droit chemin et suivre les recommandations du Très-Haut à la lettre. Je ne suis pas un saint mais je suis persuadé que je peux devenir meilleur mais pour cela il faut que je sois juste, honnête avec moi-même, avec mon entourage.

Je suis resté des jours sans parler à Oumou alors qu’elle ne m’a rien fait. Je suis allé jusqu’à vouloir lever la main sur une femme, ce que je n’ai jamais fait de ma vie. Je perds le contrôle de ma vie, je laisse mon Nafs me guider sur des choses inutiles. J’ai toujours été calme, patient, droit. Mon défis, être meilleur chaque jour qui passe pour être plus proche de Soubhanahou wa Ta’Ala. Mais aujourd’hui, j’ai bafoué les règles que je m’étais forcées de respecter à cause d’une femme et c’est Fatima. Je le reconnais aujourd’hui moy sama seytané !

J’ai tellement mal quand je pense à tout ce que j’ai fait à cause cette femme. Je suis allé jusqu’à vouloir épouser une femme que je n’aime pas juste pour la rendre jalouse sans penser aux répercussions que ça pouvait avoir dans ma vie. Heureusement Allah m’a ouvert les yeux a temps afin, la vérité à éclater à temps sinon j’allais vivre dans l’adultère sans le savoir. Kou nekk ak sa natou mane Fatima moy sama natou et quoi que je puisse faire ou dire, je l’aime toujours.

Je suis au Lac Rose depuis un mois pour une retraite spirituelle, le temps de remettre de l’ordre dans ma vie. La maison est presque finie et je l’ai construite pour Oumou, ça sera son cadeau pour notre anniversaire de mariage. Je sais qu’elle n’habitera pas dans la maison mais elle pourrait la mettre en location ou je ne sais pas, c’est sa maison. C’est ma manière à moi de lui dire merci pour toutes ses années qu’elle a été à mes côtes à supporter mes longues absences. C’est clair que je ne trouverai jamais dans ce monde une femme qui m’aime comme Oumou. Elle est l’incarnation de la femme parfaite. Elle est belle mais une beauté pure, soumise, chaste, une Hafizoul Qur’an qui consacre la majeure partie de son temps à la lecture du Saint Coran, elle est parfaite Oumou, zéro défaut. Toutes les richesses du monde ne suffiront pas à lui prouver mon amour et ma gratitude.

Je suis sur le chemin du retour, j’avais envoyé un message à Fatima pour lui dire que je vais passer le week-end avec Harouna, elle n’a pas répondu mais je vais quand même passer voir…

Cela fait trente minutes que j’attends devant sa porte. Sa voiture est là mais, elle doit surement être à l’intérieur à faire la sourde oreille comme à son habitude et elle ne décroche pas non plus son téléphone. Je vais quand même patienter et si elle ne vient pas d’ici 19 heures je rentre. Je sors de la voiture pour marcher un peu quand je la vois sortir de la voiture de son ami, elle me regarde esquissant un léger sourire, puis se courbe et envoie un bisou  à son ami avant de s’avancer vers moi

– Fatima, Sall. Allez vient cœur de lion ! Dis-je en prenant mon fils dans les bras

Elle s’attendait peut-être à ce que je fasse une crise de jalousie comme la dernière fois même si j’avoue que j’ai eu un petit pincement au cœur mais bon… nitt day xam boppam. Je ne vais plus lui donner l’occasion de me manquer de respect, plus jamais.

Fatima Sall

Comme la vie est compliquée, je suis là en train de faire bonne figure mais ce qu’il dit ne m’intéresse pas du tout. Khalil est gentil oui mais il parle trop comme kounou faté radio ci birr bi ! Comment lui dire que j’en ai assez de l’écouter ?

– Shi ya beuri wakh ! Tu parles trop !

Oups j’ai dit haut ce que je pensais. Il me regarde avec ses gros yeux là… choqué ou surpris. Je baisse immédiatement les miens…

– Euh je voulais dire… euh… le serveur… il parle trop voilà, sortis-je forçant un sourire.

La poisse !

– Quel serveur ? Ici y a que toi et moi Fatima ? Si je t’ennuie dis le moi et on rentre ça ne pose aucun problème ! Dit-il, vexé

– Non… enfin !

– Serveur ? L’addition s’il vous plait ?

Quelques minutes après nous étions dans sa voiture. J’avais tellement honte que je ne savais pas quoi dire.

Arriver devant mon immeuble, je ne voulais pas sortir sans m’excuser mais je ne sais pas quoi dire…

– Fatima, je pense qu’il serait mieux qu’on arrête notre relation. Tu viens encore une fois de me prouver que tu n’en as rien à faire de moi. La dernière fois s’était quand tu voulais rendre jaloux ton ex, tu m’as pris pour ton cobaye et aujourd’hui tu me dis que je parle trop c’est parce que tu n’arrives pas à me supporter. Nitt nak soko beugoul meuno ko seuyal. Mane je veux une relation sincère, je cherche une femme mais pas une copine pour sortir quand je m’ennuie. Va retrouver ton ex-mari apparemment, c’est lui que tu aimes. Vas-y je te libère de cette relation. C’était un plaisir de te connaitre…

– Khalil…

– S’il te plait, n’en rajoute pas !

Je sors de la voiture honteuse. Je ne pouvais même pas marcher correctement tellement que j’avais les jambes qui tremblaient. J’ai mal pour lui et j’ai honte.

– Tu n’as pas fait ça Fatima ? Questionna Samira, offusquée

– Je te jure Sami ! Dama rouss beuh…

– Mane sakh dama rouss ! Comment as-tu pu ? Mon Dieu… guiss nga soula Ya’Allah naré werr rek ! Tu prenais ce pauvre mec comme ton gigolo et voilà aujourd’hui, il t’a remis à ta place sans te toucher ! Retourne avec imam nakh c’est le seul qui peut supporter ton mauvais caractère

– Moo kokou déh souma xolé yama xol ! Sami j’ai vu un autre Khalifa Sow. Il ne me regarde plus dans les yeux avant il montait prendre Harouna mais légui il reste en bas ou appelle la nounou. Je… j’ai l’impression qu’on lui a fait un lavage de cerveau et ça me fait tellement mal qu’il m’ignore comme ça…

– Ndeysane yangi dora wakh pourquoi tu as perdu du poids. Ndeysane dangay misère ? Fatima tu n’es plus une petite fille bakhna !

– Sheut, je retourne à Paris sakh ! J’en ai marre de cette vie !

– Tu as juste besoin de grandir et rien de plus ma chère copine. Penses-y !

– Pfff…

Le soir, seule dans mon lit, je prends la ferme résolution de ne pas me laisser faire. Non je ne vais pas recommencer à déprimer. Ça n’a pas marché avec Khalil et ça ne risque pas de le faire avec Khalifa. Je vais essayer de vivre comme avant. Je serai heureuse avec ou sans un homme à mes côtés.

Des semaines plus tard, un vendredi soir. Samira était partie en week-end avec sa famille à Toubab Dialaw. Elle a insisté pour que je vienne avec eux mais je n’allais pas bien et je ne voulais pas l’inquiéter.

– Tu ne fais rien kay Fatima, vient avec Harouna ! Insista-t-elle encore

– Laisse-moi ici rek yaw et profite de ton week-end. Et puis Khalifa passera prendre Harouna, ils seront au Lac Rose avec sa famille aussi. Je vais profiter de mon week-end et aller me refaire une petite beauté chez Salma ! Mentis-je

– Hum tu es sûre que tu ne déprimes pas ma chérie ?

– Je t’ai dit que je vais bien Sami. Lane la ? On t’a dit que je ne suis pas assez grande pour m’occuper seule de moi ?! Sortis-je énervée

– Hey ne te fâches pas ma belle. Je te demande tout simplement !

– Pfff !

– Wa balma ! J’y vais ma belle, tu m’appelles s’il y a le moindre souci. Tu sais que je suis là pour toi-même au fin fond du monde, je serai toujours là pour toi !

– Hein ? Wa bakhna, reviens-moi avec une petite Fatima rek fofa tothie !

– Doul ! Fit-elle en raccrochant

Elle m’arrache un sourire, j’ai le corps engourdi. J’ai mal partout. J’ai la diarrhée et je vomis tout ce qui entre dans mon ventre. Je pense que j’ai attrapé une grippe ou le palu. J’ai mal…  

 A 04 heures du matin, je ne tenais plus. Je me lève pour rejoindre encore la salle de bain. J’ai le corps en feu, une forte fièvre et je vomis encore. Là, c’est sérieux je suis clairement malade…

– Tata Fatima qu’est-ce que tu fais coucher là ? Tata Fatima lève-toi ?

J’entends Arame m’appeler de loin mais j’étais incapable d’ouvrir la bouche. J’avais terriblement mal et je sens que je vais bientôt rejoindre Harouna. Mon Dieu aidez-moi à me lever. Je souffre !

Khalifa Sow

 

C’est la deuxième fois que je sonne chez Fatima et aucune réponse. J’allais retourner à la voiture prendre mon portable pour l’appeler quand la porte s’ouvre brusquement sur Arame. Je sursaute de peur

– SoubhanAllah ! Fis-je en reculant

– Balma tonton ! Excuse-moi tonton mais y a tata Fatima… elle est malade… elle…

– Calme-toi Arame. Où est Fatima ?

– Elle est couchée dans le salon mais on dirait qu’elle est morte !

– Astaghfiroullah !

Je dévale les escaliers en trois. Je trouve Harouna devant la porte en train de pleurer. Je le porte dans mes bras et entre dans le salon, effectivement Fatima était couché sur le tapis, inerte !

– Oh mon Dieu, elle est brulante ! Fatima, Fatima tu m’entends ?

Elle ne réagit pas. Je tate son pouls mais elle respire difficilement.

– Arame apporte-moi un voile pour couvrir sa tête !

Elle revient en pleurs. Je noue le voile sur la tête de Fatima avant de la porter dans mes bras.

– Occupe-toi de Harouna. Je vais amener Fatima à l’hôpital. Tata Salma va passer vous prendre et vous amenez chez elle !

Je descends difficilement les escaliers. Je me dirige à l’hôpital Principal de Dakar. J’appelle un ami Dr Diop qui la prend tout de suite en charge sinon on allait nous laisser trainer dans le couloir.

Je fais les cent pas devant la salle de consultation en égrainant mon chapelet. J’espère qu’elle n’a rien de grave. Pendant que j’y pense, je n’ai pas appelé Salma

– Oustaz ? Dit-elle après avoir décroché

– Salma, écoute. Faut que tu passes chez Fatima prendre Harouna et Arame la nounou. Je suis aux urgences avec Fatima !

– Qu’est-ce qu’elle a ?

– Je ne sais pas ! Essaie aussi de prendre son portable au cas où ses enfants appellent !

– D’accord Imam. J’y vais tout de suite !

Je raccroche et appelle Oumou qui nous attendait à la maison de Lac Rose. Elle panique évidemment mais je parviens à la rassurer. Elle raccroche en faisant des prières pour elle.

Le docteur ressort avec Fatima allongée sur un lit d’hôpital

– Diop ?

– Ne t’inquiète pas imam. On l’amène juste faire des examens…

Je les laisse passer et continue mes wirds et prières. Elle n’allait vraiment pas bien et je ne sais pas pourquoi elle n’a pas appelé de l’aide. J’espère que ce n’est rien de grave.

– Nous aurons les résultats d’ici 30 mn In Shaa Allah ! Sa fièvre a baissé pour le moment et elle s’est réveillée. J’arrive j’ai un autre malade à consulter, expliqua-t-il en s’éloignant de moi

Je ne pouvais pas la voir, elle était toujours en consultation. Salma et Rachid me retrouvent dans le jardin de l’hôpital

– Comment va Fatima ? S’empressa de demander Rachid

– On attend les résultats des analyses mais ils ont réussi à faire baisser la fièvre, répondis-je

– Qu’est-ce qu’elle a ? Arame n’arrête pas de pleurer ! Questionna encore Salma

– Je l’ai trouvée évanouie dans le salon, le corps bouillant de fièvre !

– Mon Dieu !

– Samira et Khadija ont appelé mais je leur ai dit qu’elle a oublié le portable dans ma boutique pour ne pas les inquiéter.

– C’est bien !

Le Dr Diop m’appelle et je le suis dans son bureau tout en priant que ça ne soit rien de grave

– Comment va-t-elle ?

– Bien ! Dit-il. On va la garder pour cette nuit, elle a encore un peu de fièvre. Ça serait plus prudent de la garder en observation

– Alhamdoulillah alors !

– Oui il faut juste veiller à ce qu’elle se repose et qu’elle mange surtout. A cet âge les grossesses sont à risque…

– Pardon qui est enceinte ?

– Ta femme… elle est enceinte ! Tu ne le savais pas ?!

– NON, meunoul nek ! C’est IMPOSSIBLE !!!

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11 commentaires on “Plan B – Partie 11

  1. Hein qui m’explique la situation pour moi fatima n’avait jamais embrassé cette homme comment elle peut se retrouver avec une grossesse la je comprends plus
    Nanah belle partie mais arrête ce que tu fais c’est pas bon pour le cœur de mon imam hé allah pourvu que ça soit un rêve way

  2. Ohhh merciiii nana😍😍😍
    Ani sama wa team? Team verifier chaque jour baham suite amna😂😂😂

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