dim. Sep 27th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Plan B – 06

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Fatima Sall

 

Je pénètre le bureau de Sami avec deux gobelets contenant du fondé. Il était 08 heures, je pose son gobelet sur son bureau et me mets en face d’elle…

 

– Copine d’un nez ! Naka souba ci ? Et la matinée ? J’ai fait du fondé et je t’ai amené ta part !

 

– Ca va ! Dit-elle un peu triste

 

– Lou xew ? Pourquoi tu fais cette tête ?

 

– Tu sais qui m’a appelé hier soir ?

 

– Louma ci xam ? Qu’est-ce que j’en sais ?

 

– Bouba mon ex-mari ! Laissa-t-elle sortir

 

– Lane ce con là qu’est-ce qu’il voulait ?

 

– Il dit que sa mère est souffrante et elle demande à me voir ! J’en ai parlé à Omar il m’a dit que c’est à moi de prendre cette décision et moi je ne veux pas voir cette mauvaise femme !

 

– Elle veut te demander pardon avant de mourir ?

 

– Ay Fatima qui t’a dit qu’elle va mourir ?

 

– Mo yaw togal rek bala nio meuneu balou akh rek niouye soucrate ! Elle ne demande pardon que lorsqu’elle sente la mort s’approcher ! Pardonne si tu peux mais n’y va pas si tu ne veux pas !

 

– C’est ce que maman m’a dit et c’est ce que je vais faire, dit-elle en prenant son gobelet

 

– Et c’est à cause de ces gens-là que tu me sers ton visage d’agneau immolé là ? Quand est-ce que tu vas effacer ces gens-là de ta vie ? Heureusement que Souley est mort sinon mom…

 

– Wa merci Fatima ani Khalifa ? Me coupa-t-elle ne voulant pas s’épancher sur le sujet

 

– Bane Khalifa ?

 

– Ki ngay téré nélaw goudi yi ! Il ne t’a pas encore appelé ?

 

– M’appeler pourquoi ?

 

– Arrête de faire la folle. Je sais que ce changement est uniquement pour plaire à Khalifa wala ?

 

– Non c’est pour moi en premier j’en avais marre de m’apitoyer sur mon sort et croire ce qui n’allait jamais venir. Je me sens bien maintenant même sans Imam je me sens vivre même si wadji dama ko nob ba dof mais je vais beaucoup mieux comme ça !

 

– Wadji dall danga ko nop té mom wakhoul dara ci yaw ? Tu l’aimes alors qu’il ne parle plus de toi ?

 

– Malheureusement ! Mais ça ne m’empêche pas de vivre ! Répondis-je très sûre de moi

 

– Kone ouvres-toi aux autres. M. Thiam depuis qu’il t’a vu il ne cesse de parler de toi, il a même osé me demander ton numéro, avoua-t-elle en souriant

 

– Et j’espère que tu ne lui as pas donné rek ?

 

– Mais non en tout cas, il est trop beau !

 

– Il n’a pas assez de condition physique ! J’ai constaté qu’il est tout le temps essoufflé à chaque fois qu’il prend les escaliers ce qui prouve qu’il est incapable de tenir 10 mn té khamnga ce n’est pas sûr… tu comprends ce que je veux dire ? Expliquai-je sérieuse

 

– Thiaga nga rek yaw ! Perverse !

 

– Je peux me prendre en charge toute seule. Mais il y a le minimum. Douma diougué ci avion nak di dawal charrette hors de question !

 

– Tu es terrible mais si que j’avoue que tu as raison !

 

– Actuellement mes nerfs sont tendus alors il me faut un homme robuste et athlétique waw kaye !

 

– Du genre de Khalifa han ?

 

– Oui, tu as tout compris ! Aller ma belle au travail mais j’ai subitement envie de dormir !

 

– Nou gnouy def ak sa fondé ! C’est bon le matin mais ça rend paresseux !

 

 

 

 

A dix-huit heures je me gare devant chez Salma, j’avais commandé des tenues pour ma mère et Khadija que je dois aller déposer chez le gp et récupérer en même temps mon colis. Je la trouve assise dans le salon avec ses enfants…

 

– Pourquoi tu n’es pas à l’institut ? Demandai-je après les salutations

 

– Les jumeaux ont choppé un gastro à la crèche et je suis rentrée pour les surveiller. Et toi naka Harouna ?

 

– Ca va il va bien, juste qu’il est devenu intenable !

 

– Ah mais c’est l’âge nak ! Attends je te ramène tes affaires !

 

Elle revient quelques minutes après avec mes commandes. Les tenues étaient parfaites. J’en profite pour prendre des voiles et chaussures pour ma mère

 

– Truand nga rek tu en profites toujours pour me faire dépenser plus ! Rouspétai-je en voyant la facture

 

– Eh ma chérie ça ce n’est rien c’est juste des billets en moins dans ton compte bien chargé là ! Fit-elle en riant

 

– Ouais c’est ça !

 

Son téléphone et elle répond avec sa douce voix

 

– Oumou Salamata ! Namenala comment tu vas ? Dit-elle

 

– …

 

– Non Imam est sorti depuis ce matin ? Qu’est-ce qu’il y a tu as l’air inquiète et lui aussi il n’a pas l’air d’aller bien depuis hier quand il est rentré !

 

– …s²

 

– Ah attend, il vient de faire son entrée ! Imam c’est Oumou, dit-elle en lui tendant le téléphone

 

– Je n’ai pas envie de lui parler ! Dit-il sèchement avant de quitter la pièce

 

– Wa ? Sortit-elle en me regardant

 

Je hausse les épaules ne comprenant rien moi aussi

 

– Oumou ?

 

– …

 

– Calme-toi ma chérie. Je vais lui parler après je te rappelle !

 

– Imam louko dall ? Questionna-t-elle en me regardant comme si j’en savais quelque chose mais en y repensant…

 

– Hum, il a surpris Oumou en train de me parler au téléphone et on parlait du plan pour le faire tomber, je crois qu’ils se sont disputés à cause de ça. Oh mon Dieu, tout est de ma faute !

 

– Même si tu as ta part de responsabilité dans cette histoire, il n’a pas le droit de parler de cette manière à Oumou ! C’est pour cela qu’il faut toujours se méfier des personnes calmes, quand elles sont en colère elles deviennent méconnaissables !

 

Je me sentais un peu triste pour Oumou, tout ça est de ma faute. C’est vrai que le plan était son idée mais de là à risquer son mariage pour moi… je me sens tellement coupable et je ne sais pas comment l’aider.

 

Je prends mes sachets et quitte la maison après avoir dit au revoir à Salma et les enfants. J’allais monter dans la voiture quand j’entends Imam m’appeler. Je me retourne et le vois s’avancer vers moi, inutile de vous dire qu’il est en colère

 

– Je veux que tu cesses toutes relations avec ma femme, tu as une très mauvaise influence sur elle. Oumou a été toujours soumise mais j’ai l’impression que depuis que tu as commencé à lui mettre ses idées de femmes rebelles elle croit que je lui appartiens mais je ne vais pas te laisser gâcher mon mariage comme tu l’as avec le tien ! Je ne compte pas te reprendre mais ça dans ta tête une bonne fois pour toute, je suis passé à autre chose. Je te considère tout simplement comme la mère de mon fils c’est tout ! Je ne veux plus te voir roder autour de ma femme, c’est clair ?

 

Ca y est, il vient de piétiner mon égo à jamais !

 

– Très clair Khalifa Sow autre chose ? Crachai-je l’air de rien

 

Il me regarde pour m’intimider mais je reste de marbre. Je soutiens son regard entendant qu’il en rajoute mais il ne dit. Je me retourne et grimpe dans ma voiture. Je démarre sans lui accorder ne serait-ce qu’un petit regard. Ki dafa commencer fouy wayé mane lafiy fekk !

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