lun. Sep 28th, 2020

Merveilles de Femme

Chroniques africaines

Takku Suuf – Partie 15

5 min read

Ibrahim Kane

Après six mois de mariage tout se passe bien, mieux que je ne l’imaginais. Il y a eu certes quelques disputes dû à la jalousie mais à part ça tout est merveilleux. Safia est un ange, une Ouroul Ayni même je vais dire. Elle est merveilleuse ma femme. Elle a apporté beaucoup d’amour dans ma vie mais aussi toute l’attention dont j’avais besoin. Elle s’occupe de moi comme une mère ferait pour son enfant. Elle s’investit à fond lorsqu’il s’agit de moi, même fatiguée, elle trouve toujours le temps pour moi.

Ma femme ne se doute toujours de rien, enfin c’est ce que je pense. Elle a encore retenté son coup là, elle avait encore fait venir ses oncles pour me demander pardon mais cette fois, j’ai été catégorique. Je leur ai carrément signifié qu’elle n’était plus mon épouse et qu’elle reste dans cette maison de son propre gré. J’ai tenté un divorce à l’amiable mais Mme ne veut rien savoir, elle veut la moitié de ce que je possède, la maison et faire sortir ma famille qui lui pourrit la vie, comme elle l’a dit.

Ma mère refuse toujours d’aller vivre à Keur Mbaye Fall et pendant que j’y pense, j’avais mis la maison au nom de mon ami Ndiaga pour la cacher à ma femme, là je me rends compte que j’ai fait une grosse erreur. Je sors mon téléphone de ma poche pour l’appeler, en le posant sur la table je remarque qu’il était emballé dans un tissu noir, de la dentelle pour être plus précis. Je me rappelle avoir entendu Safia me dire que le portable était dans ma poche. Il est éteint depuis hier, j’avais une réunion ce matin avec le ministre et je ne voulais pas être dérangé…

– Oh putain !

J’allume le portable en desserrant le nœud de ma cravate. Safia a emballé le portable avec un son string noir…

– Albi ! Fit-elle coquine

– Tu sais pourquoi je t’appelle non ? Dis-je la voix rauque de désir

– Non monsieur !

– Hum Safia tu sais que je ne vais pas te laisser t’en tirer comme ça ?

– Et qu’est-ce que j’ai fait moi ?

– Tu joues avec le feu ma belle ! Là, je t’imagine en quatre pattes devant moi avec ce magnifique string sur toi, tremblantes de désir et me réclamant en criant mon nom dans la chambre…

– Hum, gémit-elle me laissant dans un état pas possible

– Tu me provoques encore ! On se retrouve à la maison je suis en train de quitter, dis-je en me levant

– Hun Albi, je crains que ça ne soit possible. Mon patron nous a invités à déjeuner et je ne peux pas décliner…

– Tu me fais marcher c’est ça ?

– Je te jure que c’est vrai, d’ailleurs je suis déjà en route là !

– Tu sais que tu vas me payer ça ?

– Oui mon amour et j’ai très hâte de voir ce que tu vas faire à ta gentille petite femme !

– Te faire payer ses heures de frustrations, imagine un peu l’intérieur de mon caleçon ?

– T’inquiète pas mon amour, ce soir je te ferai de petites gâteries ! Promis !

– Oh non mon amour, ce soir tu seras sévèrement punie !

– Hum, j’ai hâte de voir ça ! A plus tard mon cœur, je t’aime !

– Moi aussi ! Bisou

Je raccroche et appelle Ndiaga, on ne s’est pas parlé depuis des mois après notre dispute quand j’ai su qu’il sortait avec Safia. Il décroche à la première sonnerie

– Le revenant ! Aboya-t-il

– Ndiaga comment tu vas ?

– Bien je suppose que tu m’appelles pour les papiers de ma maison que tu es en train de construire ?

– Pardon ! Dis-je en me levant

– Oui mon très cher ami, l’erreur que tu as commise, c’est de m’avoir trop fait confiance, aveuglément je vais dire. Tu as mis les papiers de la maison à mon nom donc devant la loi, elle est à moi cette maison n’est-ce pas ? J’attendais que tu finisses la construction que je…

– Tu vas me rendre ma maison Ndiaga, tu n’oses pas me faire ça !

– Je n’en ai pas encore fini sakh ! Je vais te détruire, je vais tout te prendre, ta femme et tes enfants ! Tu vas finir seul et malheureux comme tu l’as toujours été !

– Yaw ragalo Ya’Allah déh Ndiaga, tu oses vraiment me faire ça ?

– Pleures, comme tu as l’habitude de le faire pendant ce temps je vais habiter dans cette belle maison…

– Je ne vais pas me battre avec toi Ndiaga ! Cette maison tu la porteras sur ta tête le jour du jugement dernier, profites-en tant que tu peux, ndakh mayou malako dafma lew nak ! Profites-en cher ami !

Je raccroche en tremblant. J’ai l’impression qu’il n’y a qu’une seule personne qui m’aime dans cette vie et c’est Safia. Je n’aurai jamais cru entendre ces paroles de la bouche de mon unique ami. Thieuy nitt mo leundeum. J’entre dans les toilettes et fais mes ablutions, je vais tout remettre entre les mains de Dieu, il est l’Unique Juge.

Le soir à la maison, je n’avais pas la tête à faire perdre la tête à ma femme mais cette dernière était déterminée à me faire sourire…

– Tu ne veux pas me dire ce qui se passe dall ? Insista-t-elle

– Amoul solo ma chérie, ça n’en rien à voir avec toi !

– Mais tu peux le  partager avec moi !

– Oui mais pas aujourd’hui… je vais rentrer. On se dit à demain ?

– Wa tu vas rentrer avec cette tête même pas un petit sourire ?

Je force un sourire et la prends dans mes bras pour un très long câlin

– Tu es la seule personne qui m’aime !

– Ma famille t’aime bien, tu sais !

– Et ta famille aussi ! A demain

Les jours passaient et les choses devenaient de plus en plus compliquées. Ma femme commençait à se douter de quelque chose. J’étais obligé de mentir à Safi et lui dire que j’étais en voyage alors que j’étais bien dans le pays.

Ce samedi, j’ai décidé d’emmener les enfants hors de Dakar et passer la journée avec eux. Seulement, Mariama a insisté pour venir avec nous et j’avais d’autre choix que de la laisser venir.

Sur le chemin du retour, la voiture reste coincée dans les embouteillages. J’allais remonter la vitre pour ne pas qu’on me reconnaisse, sentant un regard sur moi, je lève la tête et vois Safia en train de me regarder…

– Pas ça, mon Dieu !

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3 commentaires on “Takku Suuf – Partie 15

  1. Ibrahim mom c est pas un homme, il faut qu’il apprenne a etre moins lache et plus responsible. cette fille a pris tellement de risques pour ton Bonheur que la moindre des choses c est d etre totalement honnete avec elle. Ma Cherie j ai peur qu il n en valent pas la peine…

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