COEUR SOMBRE 2 – PARTIE 02
La salle de réunion est encore remplie de l’écho des discussions lorsque Nafissa prend la parole, calme mais ferme. Elle fixe son regard vers le tableau avant de se retourner avec grâce et assurance, tous les yeux sur elle maos elle ne fléchit pas, elle a l’habitude de prendre parole en public et elle maitrise ses sujets.
— Il est temps de réformer certaines branches de la banque, dit-elle en balayant la salle du regard. On doit structurer les services, clarifier les responsabilités et mettre en place un suivi précis des opérations quotidiennes !
Les membres du conseil hochent la tête, notent, approuvent. Les mots coulent naturellement, précis et efficaces, reflétant son autorité et sa vision claire de l’avenir de la banque.
— Il faudra revoir le protocole des prêts, renforcer le contrôle interne et améliorer la communication entre les départements, ajoute-t-elle, le ton posé mais déterminé. Tout le monde est d’accord ?
Les regards se croisent, quelques hochements de tête, un murmure d’approbation généralisé. La réunion continue encore et elle prend fin deux heures après.
— Parfait, conclut-elle. Alors nous appliquons ces mesures dès la semaine prochaine In Shaa Allah !
L’assemblée se lève, les dossiers se rangent, les chaises grincent. La salle se vide peu à peu, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que Nafissa et son frère Khalifa. Elle le regarde, une légère inquiétude dans les yeux.
— Tu as l’air fatigué… dit-elle.
Khalifa hausse les épaules, un sourire pâle sur les lèvres.
— Une indigestion… ça arrive beaucoup ces temps-ci, il faut que j’aille voir le médecin !
Nafissa fronce les sourcils.
— Alors va te faire consulter, pas question de jouer avec ta santé frérot !
Un silence s’installe quelques secondes, puis Nafissa change de sujet, curieuse
— Et Oulèye ? Comment va-t-elle ?
Khalifa sourit doucement.
— Elle va bien… dit-il, le regard perdu un instant. C’est bientôt notre anniversaire de mariage et… je ne sais pas quoi lui offrir !
Nafissa s’emballe aussitôt, les yeux brillants.
— Laisse-moi t’aider ! Tu devrais la surprendre, faire quelque chose d’inoubliable.
Khalifa secoue la tête.
— Non ! Guenn ci ba sett ! Si je te laisse faire, tu vas organiser une grande fête et moi je veux juste quelque chose de simple… un tête-à-tête !
Nafissa réfléchit un instant, un sourire malicieux aux lèvres.
— Alors on va faire simple mais mémorable. Une journée au spa et des bijoux avec des perles somptueuses… ça lui fera plaisir sans exagération !
Khalifa hoche la tête, amusé mais sérieux.
— Je vais y penser… mais là, je dois vraiment aller voir le médecin, je ne tiens plus !
— Tu veux que je t’accompagne ? propose-t-elle, soucieuse.
— Non, je peux y aller seul avec mon chauffeur !
Elle soupire, regardant son frère s’éloigner, l’inquiétude la ronge un peu. Quelque chose dans sa fatigue et ses gestes ne la rassure pas totalement. Elle reste seule dans la salle de réunion vide, les échos de sa voix et de ses conseils flottant dans l’air et se surprend à espérer qu’il prenne soin de lui comme il le devrait.
…
Khalifa s’assoit face au médecin, le visage tiré, la fatigue visible sur ses traits.
— Alors, qu’est-ce qui t’amène ? demande le médecin en feuilletant ses notes.
— J’ai des nausées, des étourdissements… et je me sens fatigué presque tout le temps, répond Khalifa. Ça arrive de plus en plus ces derniers jours !
Le médecin hoche la tête et commence l’examen… tension, cœur, poumons, palpation et tout semble normal.
— Pour être sûr, on va faire quelques analyses… sang, urine et une échographie pour vérifier les organes internes, dit-il calmement. Rien ne semble inquiétant pour l’instant mais il vaut mieux être prudent !
Il rédige ensuite une ordonnance pour les examens et quelques recommandations simples.
— Fais attention à ton alimentation et à ton rythme de vie, ajoute-t-il. Et reviens me voir quand tu auras les résultats, on fera le point !
Khalifa prend l’ordonnance, l’accepte sans un mot de plus. Il se lève, remercie le médecin et sort du cabinet, le pas un peu plus lourd, conscient qu’il doit passer ces examens mais persuadé que tout est sans doute banal.
…
Djamil est allongé sur le canapé, la tête posée sur les cuisses d’Amina. Ses yeux sont mi-clos, fatigués et pourtant une étincelle de nervosité brille encore dans son regard.
— Pardon… murmure-t-il doucement. Je… je ne parlerai plus de ton travail avec toi, je te promets !
Amina passe ses doigts dans ses cheveux, lui caressant doucement la tempe.
— Chut… ça va aller, répond-elle, d’une voix tendre.
Djamil respire profondément, comme pour rassembler ses pensées.
— Je… je ne sais pas pourquoi je suis si tendu ces derniers jours, avoue-t-il. Pour un rien, je m’énerve et… je sens des choses que je ne peux pas expliquer !
Il fronce légèrement les sourcils, son regard se perd dans le vide.
— Et ce rêve… ma mère… elle me disait “maytoul, fais attention”… je ne comprends pas… et ça m’énerve de ne pas savoir !
Amina reste silencieuse le laissant parler, sentant la gravité de ses mots.
— À Kalthoum Motors, il se passe quelque chose, je le sens. Les chiffres ne collent pas, les dossiers sont étranges… je sais qu’il y a des choses qui se trament et je vais découvrir quoi !
Sa voix devient plus basse, presque un murmure, ses lèvres à quelques centimètres d’Amina.
— Je ne fais plus confiance à Oulèye…
Amina sourit doucement et lui caresse la joue.
— Tu es parano…
Djamil secoue la tête, les yeux sombres, le corps tendu.
— Je ne sais plus… mais il y a quelque chose qui ne va pas, je ne la sens plus… Pfff
Un silence tombe entre eux, lourd de mots non-dits. Puis Djamil se redresse, le visage grave…
— Je dois y aller… j’ai des tonnes de dossiers à gérer !
Il attrape le visage d’Amina entre ses mains, la serre doucement mais fermement.
— Je t’aime et je t’aime plus que ma vie Amina, murmure-t-il avant de l’embrasser, fort, avec toute l’intensité qu’il n’avait pas mise depuis plusieurs jours.
Amina répond à son baiser, ses mains sur son torse, sentant à travers lui toute la tension accumulée et la promesse silencieuse qu’il ne briserait plus ce lien entre eux.
Djamil quitte sa femme à contre cœur, l’air lourd, le regard encore perdu dans ses pensées. La rue défile sous ses yeux mais il ne voit rien. Chaque feu rouge, chaque piéton lui semble secondaire. Son esprit est concentré sur ce qui l’attend… les dossiers, les chiffres, les anomalies. Ce sentiment que quelque chose ou quelqu’un cherche à le nuire l’empêche de vivre comme il le veut.
Il entre dans son bureau, ferme la porte derrière lui, le silence l’accueille, presque oppressant. Il s’assoit, respire un grand coup et ouvre les classeurs, les feuilles, les bordereaux, les bons de sortie. Ses doigts parcourent les documents avec précision, ses yeux scrutent chaque ligne, chaque chiffre, chaque signature.
Les piles de papiers s’accumulent autour de lui, il retrouve les factures de l’ambassade, les bons de livraison… mais certains manquent. Son regard se durcit, ses mâchoires se serrent, il sent cette colère sourde, prête à exploser.
— Putain… mais qu’est-ce que vous foutez tous ?! murmure-t-il entre ses dents.
Il retourne chaque document, vérifie chaque bordereau, compare les dates, les signatures. Il commence à voir des incohérences, des décalages dans les envois et les validations. Son esprit bouillonne, son cœur bat à tout rompre. Il attrape son téléphone et envoie un message rapide à Oulèye
« Il y a un problème avec les bons de sortie de l’ambassade. Je veux tous les documents complets sur mon bureau demain matin ! Pas d’excuse ! »
Puis, sans attendre de réponse, il replonge dans ses dossiers, des mains tremblent légèrement de colère et de fatigue mais il continue, méthodique, déterminé à découvrir ce qui se trame.
Un frisson le parcourt, il sent que ce qu’il cherche n’est pas seulement dans les papiers, qu’il y a quelque chose de plus derrière ces incohérences mais pour l’instant, il n’a que les chiffres, les documents et une certitude, il ne laissera rien passer. Le bureau est silencieux, seulement troublé par le froissement des papiers et le souffle régulier de Djamil qui se bat contre sa colère pour rester concentré. La tempête pousse encore en lui mais il sait qu’il est sur la bonne piste.
…
Le restaurant est animé mais à leur table, Amina, Nafissa et Oulèye semblent dans leur propre bulle. Les assiettes à peine servies, les trois femmes commencent à discuter, rires et paroles se mêlant aux bruits du lieu. Oulèye se penche légèrement vers Amina, un sourire curieux sur les lèvres.
— Alors… comment ça se passe avec Djamil ? demande-t-elle, un brin malicieux.
Amina secoue doucement la tête, un sourire calme sur le visage.
— Tout va bien, vraiment ! Tay la sama dieucoeur gueneu nop ! Mon homme est de plus en plus fou amoureux et il me le démontre tous les jours Ma Shaa Allah ! Oui parfois quelques moments de jalousie mais qui ne durent jamais !
Oulèye fronce les sourcils, surprise.
— Mais il est grincheux, non ? ajoute-t-elle. Il passe tout son temps à gueuler sur les employés… je pensais que vous aviez des problèmes mais apparemment non !
Amina rit doucement, posant une main sur la sienne.
— Non, tout va bien entre nous, tu sais que ton frère est tellement méticuleux qu’il pense que tout doit être parfait autour de lui !
Oulèye se tourne alors vers Nafissa, curieuse, les yeux pétillants.
— Et toi alors ? Comment ça se passe avec Lass ?
Nafissa répond sereinement, un sourire tranquille sur le visage. Il n’aime pas ce genre de question, elle sent une curiosité malsaine derrière les mots de sa belle-sœur…
— Tout va bien aussi !
Elle ne s’épenche pas, elle garde néanmoins un sourire respectueux. Oulèye, toujours un peu malicieuse, enchaîne…
— Mais… ça ne te gêne pas d’être mariée à un coach sportif alors que toi… tu es beaucoup plus riche que lui ?
Nafissa retient un éclat de rire, mais son sourire se fait plus assuré, presque satisfait. Elle plonge son regard dans celui d’Oulèye et réplique doucement
— Alors Khalifa devrait avoir honte de s’afficher avec toi, Oulèye… toi qui es la fille de Maimouna Hanne !
Amina, prise de court, recrache son jus de bissap, tandis qu’Oulèye reste figée, gênée et presque morte de honte. Nafissa savoure l’effet de sa réplique, un petit plaisir intérieur qu’elle ne cache pas. Amina ouvre la bouche, gênée, mais aucun mot ne sort. Oulèye tente de rattraper maladroitement
— Non… ce n’est pas ce que je voulais dire…
Nafissa penche la tête avec un sourire désarmant, calme et sûr de lui.
— Ne t’inquiète pas, tu as ta réponse, dit-elle simplement, laissant flotter une pointe d’ironie et de supériorité tranquille.
Le silence qui suit est chargé mais l’atmosphère se détend légèrement, teintée d’un mélange de gêne, de rire contenu et de rivalité subtile que seules elles peuvent vraiment comprendre. Oulèye regarde sa montre, soudain nerveuse.
— Je… j’ai un rendez-vous, je dois y aller, dit-elle, la voix légèrement tremblante.
Elle se lève précipitamment, récupère son sac et quitte le restaurant, le pas rapide et mal à l’aise. À peine la porte se referme-t-elle derrière elle qu’Amina tourne son regard vers Nafissa, les yeux mi-clos et une pointe d’inquiétude dans la voix.
— Tu avais besoin d’être aussi… méchante avec elle ? demande-t-elle doucement.
Nafissa croise les bras, un sourire tranquille sur les lèvres et répond calmement
— Je ne permets à personne de manquer de respect à mon mari… même pas elle !
Amina hoche la tête, comprenant le mélange de fierté et de fermeté dans la voix de sa sœur. Après un instant, elle change de sujet avec un petit sourire
— Et nos parents alors… ils sont toujours au Qatar ?
Nafissa acquiesce.
— Oui… ils profitent un peu, je suppose mais ils ne nous laissent jamais tranquilles ! Papa veut des mails détaillés tous les jours et c’est moi qui m’en charge !
Amina éclate de rire.
— Maman mom elle passe tout son temps à m’envoyer des photos…
Nafissa sourit en secouant légèrement la tête.
— Ah… ils ne vont jamais changer, toujours à vouloir nous surveiller, à partager chaque détail !
Leurs regards se croisent, complices et un léger rire s’échappe, léger et sincère, un moment de tendresse simple entre sœurs au milieu d’un déjeuner chargé de petites tensions et rivalités.
…
Djamil est toujours penché sur ses dossiers, les yeux rivés sur les factures et les bons de sortie. Il compare les factures de l’année dernière, les signatures. On toque à la porte…
— Entrez, dit-il d’une voix ferme.
Moussa le comptable entre l’air un peu hésitant.
— Monsieur… je viens de voir dans les dossiers les chèques et les bons de sortie qui manquaient… commence-t-il, la voix tremblante. Je ne comprends pas… j’ai vérifié des dizaines de fois et rien… mais là, tout est là !
Djamil prend le dossier que Moussa lui tend, le feuillette rapidement. Les documents sont complets, impeccables mais il fronce les sourcils dans les mails qu’il a reçus quelques jours plus tôt, il n’y avait rien. Il lance un regard lourd de doute à Moussa.
— Alors explique-moi… murmure-t-il, les doigts crispés sur le dossier.
Moussa croise les bras, défiant malgré son malaise.
— Si tu veux me virer, fais-le mais je te jure… je n’ai rien à voir avec ce qui vient de se passer !
Djamil inspire profondément, relâche légèrement la pression.
— Non, je ne vais pas te virer, répond-il calmement mais avec fermeté. J’ai toujours confiance en toi mais sois encore plus vigilant. Ne te laisse pas intimider par Oulèye même si elle est ma sœur ! Vérifie tout même si c’est elle qui gère, tu t’en fiches ! Tu es le seul en qui j’ai totalement confiance dans mes affaires, tu es là depuis le début alors et tu as toujours bien fait ton travail !
Moussa hoche la tête, un peu soulagé et sort du bureau.
Djamil reste seul, le souffle un peu plus calme mais l’esprit toujours en alerte. Il sent un poids se lever, l’ordre reprend enfin dans ses comptes mais une conviction le traverse, glaciale et nette, s’il n’avait pas vérifié lui-même, cet argent aurait pu disparaître sans laisser de trace. Une main invisible s’agite quelque part, manipulant les choses dans l’ombre. Il serre les poings, le regard dur, la mâchoire crispée.
— Je la trouverai… et je la couperai net… murmure-t-il pour lui-même, une promesse silencieuse, déterminée, sans crier ni perdre son sang-froid.
Nafissa sort de son bureau, le pas léger mais déterminé. dans le hall, elle aperçoit Khalifa qui quitte lui aussi son buerau, elle accélère le pas pour le rejoindre.
— Tout va bien ? demande-t-elle, un sourire rapide aux lèvres, mais ses yeux attentifs scrutent son frère.
Khalifa hoche la tête, un air sérieux sur le visage.
— Oui… je dois passer voir mon homonyme, Oustaz Khalifa, répond-il, un brin distrait, puis il lève les yeux vers elle et ajoute d’une voix plus basse, mais ferme…
— Oulèye m’a dit que vous avez eu une petite dispute… que ce soit la dernière fois que tu parles comme tu l’as fait avec à ma femme !
Nafissa s’arrête net, un sourcil haussé, ses lèvres se plissent, son regard devient perçant, presque défiant. Elle penche légèrement la tête, le fixe de haut…
— Ah… alors, si Oulèye me reparle comme elle l’a fait tout à l’heure… je la remettrai encore à sa place, répond-elle calmement mais chaque mot est chargé de défi.
Elle pivote sur ses talons, marche d’un pas assuré, laissant Khalifa immobile, la mâchoire crispée, les poings presque serrés. Il regarde sa sœur s’éloigner, le mélange d’énervement et de respect mêlés dans le regard, conscient qu’avec Nafissa, il ne peut jamais vraiment gagner la partie.
Le hall reste silencieux un instant, Khalifa inspire profondément, ronge sa frustration, tandis que Nafissa disparaît derrière les portes du bâtiment, triomphante, prête à continuer sa journée sans se laisser intimider.
…
Le restaurant turc est chaleureux, les lumières tamisées font danser des reflets dorés sur les murs décorés de mosaïques. Salma et Rachid sont assis l’un en face de l’autre, un petit bouquet de fleurs posé entre eux, chacun avec un verre de jus frais à la main. Rachid sourit en regardant sa femme…
— Trente ans… tu te rends compte, Salma ? Trente ans à mes côtés… et je ne me lasse jamais de toi !
Salma rit doucement, posant sa main sur la sienne.
— Moi non plus… trente ans et je t’aime encore comme au premier jour, Rachid !
Leurs doigts s’entrelacent, les yeux brillants, ils se regardent avec une tendresse infinie, le monde autour d’eux semble disparaître.
— Tu sais… je n’aurais jamais cru que je pourrais aimer autant et surtout que notre mariage tiendrait encore malgré tout ce qu’on a traversé… murmure Rachid, sa voix tremblante d’émotion. Chaque jour avec toi est un cadeau, Salma…
— Oh Rachid… souffle-t-elle en s’inclinant légèrement vers lui. Et moi qui pensais que tu avais atteint ton maximum… tu me surprends encore et encore..
Ils éclatent de rire mais la chaleur de leurs mains jointes, la douceur de leurs regards restent, suspendus dans le temps. Après quelques instants, Rachid reprend, un sourire malicieux aux lèvres
— Et nos enfants surtout Amina, Nafissa, Khalifa… je suis fier d’eux mais parfois… je me demande si j’ai bien fait de leur laisser la banque ?
Salma hausse un sourcil, taquine.
— Tu te prends encore pour un papa avec des bébés à la maison ? dit-elle en riant. Ils sont grands, majeurs, vaccinés… et ils se débrouillent très bien sans toi !
Rachid secoue la tête, amusé et un peu penaud.
— Je sais… mais parfois, je me sens encore responsable… tu sais, comme si c’étaient des bouts de moi !
Salma penche la tête, sourit tendrement et effleure sa joue du bout des doigts.
— Rachid… regarde-moi… ils sont magnifiques parce que tu les as bien élevés. Et moi, je suis là pour te rappeler que nous avons fait un excellent travail maintenant, profitons de ce dîner, toi et moi… rien que nous deux !
Rachid se penche doucement vers elle, prend sa main et y dépose un baiser tendre, puis un autre sur le dos de sa main.
— Rien que toi et moi… murmure-t-il.
Ils replongent dans leur repas, riant, se taquinant, échangeant des regards complices et des mots doux. Le serveur apporte les plats mais leurs mains restent entrelacées, leurs sourires ne quittent pas leurs visages, comme si le temps s’était arrêté pour eux.
— Je t’aime, Salma, dit Rachid entre deux bouchées, les yeux plongés dans les siens.
— Je t’aime encore plus, Rachid, répond-elle, posant sa tête contre son épaule un instant.
Le reste du dîner se déroule dans cette atmosphère douce et romantique, un mélange parfait de complicité, d’amour ancien mais jamais fané, et de souvenirs de trente années partagées.