L’AVENTURE AMBIGUE 2.0 – CHAPITRE 1

Ce soir-là, dans un bureau à Dakar, un patron était en train de faire une étrange proposition à son assistante…

Tidiane: J’ai besoin de me marier et tu seras parfaite

Khadija: Qui ? moi ? mais tu es fou ma parole !

Tidiane: Non je suis sérieux ! écoute, le conseil d’administration est prêt à me nommer patron de tous les pôles du cabinet en Afrique

Khadija: Et u veux casser ton image de coureur de jupon, hein c’est ça ?!?!

Tidiane: Arrête de dire des bêtises. Je ne suis pas un coureur de jupon. Ils ont des conditions très bizarres comme si on se présentait pour être président de la République pff : avoir 35 ans être marié et patati et patata

Khadija: Tidiane, Tidiane, tu es incroyable quand même ! encore hier tu adorais me détester et aujourd’hui tu me proposes le mariage.

Tidiane: Réfléchis bien à ce que tu vas gagner dans cette union : tu garderas ta liberté d’une certaine manière car je n’exige ni sentiment ni fidélité. Tu auras tout l’argent que tu veux, des voyages partout dans le monde, tu descendras dans les plus grands hôtels de la planète, faire du shopping dans les grands magasins

Khadija: Eh bim dans ma face ! ça c’est un sacré coup de poing !

Tidiane: Oses dire que tu n’es pas intéressée par tous ces points ?

Khadija: Et Même, est-ce une raison pour me balancer tout ça en pleine face ? tu es en train de me demander en mariage là ! même si c’est juste un contrat ta demande est insultante…

Tidiane: Didi, ne me la joue pas vierge effarouchée ! ton étiquette de femme matérialiste n’est plus à prouver. Et puis on adore se détester c’est un fait mais au fond avoue qu’on s’entend plutôt bien. On forme une bonne équipe au boulot, c’est incontestable

Khadija: Pourquoi moi ?

Tidiane: C’est un contrat de 3 ans que je te propose et tu as beaucoup à y gagner. Tu es belle et intelligente et je sais que tu pourras assurer dans mon milieu et en tant que femme de DG. Notre attirance mutuelle bien qu’agaçante n’est pas plus mal finalement, ça nous promet des nuits torrides. Et entre nous, je suis sûr qu’on ne risque pas de voir naitre des sentiments déplacés. c’est un contrat en or, Khadija Ndiaye!

Il finissait son speech avec son sourire en coin qui le rendait si irrésistible, fier de lui, de ses arguments. Il me regardait tél un prédateur guettant sa proie, convaincu de m’avoir à tous les coups. Mon passé de matérialiste et professionnelle en Mbaraane me rattrapait mais ce qu’il ne savait pas c’est que je l’aime ce Con…

Deux ans plus tôt…

Notre rencontre reste encore l’une de mes plus grandes humiliations, même si j’en rigole aujourd’hui. C’était à mes débuts de jet-setteuse, mon pigeon du moment m’avait invitée à l’accompagner à un gala de charité à l’hôtel Méridien président actuel king fahd palace. J’étais, mais juste sublime dans ma robe, faut dire que le bonhomme m’avait laissé sa carte gold, (si, si), pour faire mes achats. Et comme je ne sais pas faire les choses à moitié je suis allée chez la styliste Diouma Dieng Diakhaté, et elle a laissé exploser tout son talent sur moi. On aurait dit une princesse peulh. Tous les yeux étaient rivés sur moi, je faisais sensation ! Nous avions passés une excellente soirée, et vers la fin, Sall m’a demandé de le suivre dans un salon privé car il devait y rencontrer des futurs collaborateurs influents. Je le suivais donc gentiment…

Dès notre entrée dans le salon, j’ai su immédiatement que les gens qui étaient à l’intérieur étaient à un niveau supérieur du commun des mortels. C’était dans leur posture, leur élégance leur façon de parler… c’était un tout. Nous avancions lentement vers le milieu de la pièce quand je le vis.

Il se tenait là, entouré des autres mais les yeux braqués sur moi. Pendant tout le temps ou Sall et moi avancions vers le groupe, il ne m’avait pas quitté des yeux, un regard tout en profondeur. Il était grand, très grand, le teint clair avec une barbe de deux jours qui lui donnait l’air, comment dire, DANGEREUX ! Sall fit les présentations, me désignant comme sa petite amie et il eut l’arrogance de l’interrompre et de lui demander devant tout le monde :

Tidiane : Mon cher Sall, n’êtes-vous pas marié ?
Sall : Bien sûr que oui répondit l’autre avec aplomb ! mais nous sommes musulmans et au Sénégal de surcroit je te rappelle et la polygamie y est autorisée. Et voyez-vous ce diamant-là, à mes côtés, est ma future deuxième épouse, in chaa Allah.

Tout le petit groupe souriait et regardait Sall, avec envie, faire le coq. Tous, sauf lui. Il continuait à me fixer seulement en y mettant à ce moment-là tout son mépris. J’étais subitement glacée ! Pourquoi j’étais tout d’un coup aussi mal à l’aise ?! Personne n’avait pu deviner que je me foutais de Sall et que j’avais juste besoin de son porte-monnaie ! Apparemment si ! Lui.

Je me suis excusée en vitesse en prétendant vouloir aller me repoudrer le nez et j’ai littéralement fuit de la Salle privée. Je m’éloignais vers les toilettes pour dames quand en me retournant, je l’ai vu sortir à son tour de la pièce. Essayant de faire vite pour ne pas qu’il me voit, je me suis prise le tapis du couloir dans mes 15 cm de talons et une seconde après je m’étalais intégralement par terre et en prenant soin de bien manger le sol, face contre terre. Mon Dieu, je ne vous parlerais pas de ma douleur qui était juste horrible, mais de ce sentiment déboussolant, qui vous brise de l’intérieur qu’on appelle la Honte. Je ne savais même plus comment me relever, j’en tremblais. Soudain j’entendis sa voix rauque et profonde

Tidiane : Vous n’allez pas en mourir, relevez-vous dit-il en me tirant par ma main qui trainait encore sur le sol.

Pendant quelques secondes super-angoissantes, je ne pus même pas relever la tête puis je commençai à ressentir la chaleur de sa main qui gagnait mon corps. Je restais figée, comme hypnotisée. Sans effort, il me souleva avec un soupir désabusé (qui m’irrita encore plus) comme une poupée gonflable.

Tidiane : Vous avez de la chance, il n’y a que moi qui ai assisté à votre dégringolade ce soir, mais méfiez-vous la prochaine fois le monde risque d’en être témoin et vous en prendriez pour votre grade
Tidiane : Vous avez l’air heureux de mon malheur, articulais-je lentement
Tidiane: Moi au moins je ne prétends pas être ce que je ne suis pas.
Moi: Et qu’est-ce que je prétends être, Mr je sais tout ?
Tidiane : Une jeune femme très belle et désirable, amoureuse d’un vieux pervers pour ses beaux yeux.
Moi : Ça vous dérange ? Et qui êtes-vous pour me juger ?
Tidiane : Ça me dérange Mademoiselle ! Vous êtes méprisante, de par votre façon d’être et par votre façon de faire… termina-t-il d’un ton tellement condescendant et arrogant avant de se retourner et s’en aller

J’étais choquée ! Pourquoi tant de méchanceté ?? Un homme si beau avec une langue tellement acérée !! Dans l’état actuel des choses, ma honte faisait encore que je n’avais pas pu lui répondre comme je le voulais. Mais il ne perdait rien pour attendre !

Ahhhh, donc j’étais belle et désirable, hein ? Dakar était tout petit et je me promettais de lui faire vivre un enfer… visuel. (Dineu guiss té dou lale, maye andeu ak kouma nékh té doussi meune touss, connard !!)

Au fait ce connard, c’est Ahmed Tidiane Ly…

Une réflexion sur “L’AVENTURE AMBIGUE 2.0 – CHAPITRE 1

  • 6 novembre 2021 à 19 h 47 min
    Permalien

    Oulala ça promet dh

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