L’AVENTURE AMBIGUE 2.0 – PROLOGUE
*****KHADIJA NDIAYE*****
Quand on dit que l’amour vous tombe parfois dans des circonstances aussi absurdes que désastreuses, on n’y croit pas, car on aime rêver de coup de foudre à la plage, de rencontre sous la pleine lune, et encore d’autres niaiseries comme dans un film indou. Mais moi je peux vous affirmer que c’est vrai.
Ma rencontre avec l’amour demeure l’une de mes plus grandes humiliations, bien que j’en rie aujourd’hui.
À l’époque où je débutais dans le monde de la jet-set, mon prétendant de l’époque, Alioune Sall m’avait conviée à un gala de charité au Méridien, aujourd’hui appelé King Fahd Palace. J’étais absolument éblouissante dans ma robe, il faut dire que cet homme m’avait généreusement confié sa carte gold pour mes emplettes. Ne faisant jamais les choses à moitié, je me suis rendue chez la créatrice Diouma Dieng Diakhaté, qui a déployé tout son talent sur moi. J’avais l’allure d’une princesse peulh.
Tous les regards étaient tournés vers moi, j’étais le centre d’attention ! La soirée s’était merveilleusement bien passée, et vers la fin, Sall m’a invitée à le rejoindre dans un salon privé pour y rencontrer des collaborateurs potentiels influents. Je l’ai donc suivi avec plaisir …
Dès que nous avons franchi le seuil du salon, j’ai compris que les personnes présentes appartenaient à une classe au-dessus de la moyenne. Leur port, leur élégance, leur manière de s’exprimer… tout en eux en témoignait. Nous progressions doucement vers le centre de la salle lorsque mon regard fut captivé par un homme, comme si une force magnétique m’y attirait.
Il se tenait là, au milieu des autres, mais son regard était fixé sur moi. Tout le long de notre approche, alors que Sall et moi nous dirigions vers le groupe, il ne détachait pas ses yeux de moi, un regard intense et pénétrant. Grand, très grand, avec un teint clair et une barbe de quelques jours qui lui conférait un air, disons, DANGEREUX !
Sall était en train de faire les présentations, me désignant comme sa petite amie, quand il eut l’audace de l’interrompre pour lui poser une question devant tout le monde :
- Mon cher Sall, n’êtes-vous pas marié ?
- Bien sûr, répondit-il avec assurance. Mais nous sommes musulmans très cher, et au Sénégal, je te rappelle, où la polygamie est autorisée. Et cette perle que vous voyez, ce diamant qui se tient à mes côtés, sera ma future deuxième épouse, si Dieu le veut.
Le petit groupe souriait en regardant Sall se pavaner avec envie. Tous, sauf cet homme mystérieux et sarcastique qui faisait battre mon cœur si fort.. Son regard restait fixé sur moi, empli de mépris à cet instant précis. Je me sentais soudainement transie de froid ! Pourquoi étais-je si mal à l’aise tout à coup ? Personne n’aurait dû deviner mon indifférence envers Sall et le fait que j’avais uniquement besoin de son compte en banque ! Mais apparemment, quelqu’un l’avait fait, et c’était lui.
Je me suis excusée rapidement, prétextant un besoin de me repoudrer le nez, et j’ai quitté précipitamment la salle privée. Alors que je me dirigeais vers les toilettes pour dames, un regard en arrière m’a permis de le voir sortir à son tour de la pièce. Essayant de faire vite pour ne pas qu’il me voit, je me suis prise le tapis du couloir dans mes 15 cm de talons et une seconde après je m’étalais intégralement par terre et en prenant soin de bien manger le sol, face contre terre.
Mon Dieu, je ne vous parlerai pas de ma douleur qui était simplement insupportable, mais plutôt de ce sentiment déroutant qui vous ébranle de l’intérieur, que l’on nomme la honte. J’étais tellement bouleversée que je ne savais plus comment me redresser, je tremblais. Soudain, j’ai entendu sa voix rauque et profonde :
- Vous n’allez pas en mourir, allez, levez-vous, dit-il en me tirant par la main qui traînait encore sur le sol.
Durant ces quelques secondes extrêmement angoissantes, je fus incapable de lever la tête, puis peu à peu, je sentis la chaleur de sa main se diffuser dans mon corps. Je restais figée, comme hypnotisée. Sans effort, il me souleva comme une poupée gonflable, accompagné d’un soupir désabusé qui m’irrita d’autant plus.
- Vous avez de la chance, il n’y a que moi qui ai assisté à votre dégringolade ce soir, mais méfiez-vous la prochaine fois le monde risque d’en être témoin et cela pourrait nuire gravement à votre réputation.
- Vous semblez vous réjouir de mon malheur, dis-je lentement.
- Au moins, je ne prétends pas être ce que je ne suis pas.
- Et qu’est-ce que je prétends être, Mr je sais tout ?
- Une jeune femme très belle et désirable, amoureuse d’un homme âgé et dépravé pour ses beaux yeux.
- Est-ce que cela vous dérange ? Et qui êtes-vous pour me juger ?
- Cela me dérange, Mademoiselle ! Vous êtes méprisante, tant dans votre attitude que dans vos actions… conclut-il sur un ton condescendant et arrogant avant de se retourner et de partir.
J’étais choquée ! Pourquoi tant de méchanceté ?? Un homme si beau avec une langue tellement acérée !! Dans l’état actuel des choses, ma honte faisait encore que je n’avais pas pu lui répondre comme je le voulais. Mais il ne perdait rien pour attendre ! tontou dou forokh !!! Ahhhh, donc j’étais belle et désirable, hein ? Dakar était tout petit et je me promettais de lui faire vivre un enfer… visuel.
Cet homme, c’est Ahmed Tidiane Ly..;
Oulala ça promet dh